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Éditorial d’équipe

Avec une population de 1.3 milliards d’individus (ce qui représente 20% de l’humanité), la Chine est le pays le plus peuplé du monde et possède le plus grand nombre d’émigrants (Maurel, 2008). Les chinois composent 20% de l’immigration totale au Canada et ce groupe augmente rapidement en nombre. De 1996 à 2001, la population chinoise au Canada a augmentée de 20% par rapport à une augmentation de seulement 4% pour la population canadienne d’origine. Aujourd’hui, il y a 1.3 millions de chinois au Canada ce qui représente 4% de la population du pays (Cao, 2006).

Afin de comprendre les causes, enjeux et impacts de ce phénomène une recherche historique autant qu’actuelle est nécessaire. C’est le défi que cette équipe de recherche relève en faisant une synthèse des informations existantes sur le sujet tout en s’assurant de la validité de ces informations sur le terrain.

Cette recherche sera divisée en 3 parties à savoir une analyse des causes de l’immigration chinoise au Canada, une analyse de l’intégration des nouveaux arrivants à la société canadienne et une analyse des impacts de cette migration d’individus sur le Canada.

Les causes de l’immigration chinoise seront tout d’abord travaillées selon un approche premièrement historique à l’aide de laquelle sera présenté l’évolution des causes qui ont poussés à l’immigration au Canada au fil du temps. Ensuite, les causes seront travaillées par rapport à une approche actuelle qui utilise des études scientifiques récentes et fiables afin de dresser un portrait complet des raisons derrière ce phénomène. C’est causes seront également vérifiées à l’aide d’une entrevue dont plusieurs questions auront pour but de cerner les différences entre la Chine et le Canada qui ont poussées au départ de l’individu. Cette première partie est traitée par Marc-Antoine Ricard.

Pour ajouter, le phénomène de l’immigration chinoise sera analysé à l’aide d’une description des politiques d’immigration canadienne ainsi qu’un portrait d’un immigrant chinois économique. Cette description illustre le fait que la présence  des immigrants chinois est favorable à la croissance économique du pays. Ensuite, les  programmes offerts par le gouvernement canadien seront analysés ainsi que les impacts qu’ils ont sur l’intégration sociale des immigrants.

Enfin, l’étude sera terminée par une analyse des impacts de l’immigration chinoise sur le Canada. Ces conséquences seront divisées en deux parties, les conséquences directes et les conséquences indirectes. Les différentes conséquences engendrées par ce flux migratoire chinois touchent toutes les sphères de la société canadienne. En particulier les grandes métropoles urbaines surtout Toronto et Vancouver, sont affectés par ce flux.

Le but de cette recherche est de s’informer sur les différentes dimensions de ce phénomène, en comprendre les mécanismes et les impacts dans le but d’assurer la prospérité du Canada.

Les résultats de cette recherche seront disponibles sur ce site dans un rapport complet, mais également sous la forme d’articles présentant une synthèse des points les plus importants. Il y aura également publication d’un montage vidéo présentant plusieurs  entrevues qui seront réalisées avec des immigrants chinois racontant leur expérience.

 

Marc-Antoine Ricard, Carl Kilajian, Simon Domaine

Entrevue avec madame Chung

Le 8 avril 2015, nous nous sommes au centre-ville au restaurant, O’burger Le Resto (1777 avenue McGill College, Montréal) , de madame Chung et monsieur Feng. Nous avons eu la chance d’interroger madame Feng sur divers aspects de l’immigration chinoise. Nous avons choisi cette personne en particulier, car elle correspondait au profil d’immigrant chinois qui nous intéressait. Elle est arrivée au Canada assez récemment, il y a un peu plus de 10 ans. Ce qui fait d’elle une immigrante chinoise de la nouvelle vague. Notamment, parce que celle-ci a fréquenté un institut d’études supérieures à l’école en Chine et elle savait se débrouiller dans les deux langues officielles du pays au moment de son admission. Elle représente l’immigrant typique de cette nouvelle vague d’immigration qui es caractérisée par des individus très scolarisés et possédant les moyens d’investir.
Quelles ont été vos raisons de quitter la Chine ?

Elle souhaitait que ses enfants soient élevés au Canada, parce qu’elle trouve que le climat est davantage favorable au développement d’un enfant. De plus, elle trouve que la Chine est devenue un pays trop pollué contrairement au Canada.
Quelles ont été vos raisons d’immigrer au Canada?
Elle a eu de la facilité à se faire accepter comme immigrante et elle aime la diversité culturelle de Montréal. De plus, la condition de l’environnement canadien est bien mieux que celui de la Chine.
À votre arrivée au Canada, maîtrisiez-vous une des langues officielles? Si oui, laquelle?
Elle a étudié l’anglais et le français en Chine. Elle maîtrisait assez bien les langues pour ce faire accepter au Canada, puis au Québec.
Où vivez-vous?
Elle vit au sud-ouest du centre-ville de Montréal. Aucune information supplémentaire n’a été fournie.
Avez-vous déjà habité dans un quartier chinois?
Non, elle n’a jamais habité dans le quartier chinois.

Pourquoi avez-vous choisi Montréal comme ville d’accueil, plutôt que Vancouver ou Toronto?
Elle est venue, car son professeur de français en Chine lui avait fortement conseillé et elle avait des amis qui avaient déjà émigré au Canada.
Aviez-vous fait des études supérieures en Chine?
Elle a étudié en commerce international.
Avez-vous fait des études supérieures au Canada?
Non, elle n’a pas fait d’études supérieures. Par contre, elle a fait une année de cours d’intégration.
Avez-vous eu de la difficulté à vous trouver un emploi?
Elle n’a pas eu de difficulté à se trouver un emploi. Aucune spécification supplémentaire
Quelles sont les principales différences dans le fonctionnement de l’économie canadienne et l’économie chinoise?
L’économie chinoise augmente beaucoup plus rapidement que celle du Canada. Par contre, elle croit que l’économie canadienne est plus stable et cela la rassure.
Êtes-vous impliqué dans la communauté chinoise?
Non, elle n’est pas active dans la communauté. Tout de même, elle a réussi à se faire un petit groupe d’amis, mais ne connait pas nécessairement les autres immigrants chinois à cause de la diversité de leur provenance à travers la Chine qui est vaste.
Entretenez-vous toujours des liens avec vos proches qui vivent toujours en Chine?
Elle n’a aucun lien avec de la famille en Chine.
Quelles sont les principales différences dans les valeurs, la culture et la population entre le Canada et la Chine?
La Chine est beaucoup plus matérialiste et les inégalités sociales sont beaucoup plus marquées. Il y a également de la discrimination envers les pauvres là-bas tandis que le Canada est beaucoup plus égalitaire.

Quelles sont les principales différences environnementales entre le Canada et la Chine?
L’environnement est beaucoup plus pollué en Chine, la Chine est beaucoup plus bruyante et les habitations en Chine sont moins spacieuses.
En somme, les diverses réponses que nous a transmises madame Feng concordent avec les recherches que nous avions fait.

Vancouver: Territoire canadien ou ville chinoise?

Coup d’œil sur Vancouver

Le 1ier  juillet 1997 s’avéra être une date mémorable pour la République Populaire de Chine et pour le Canada. Les citoyens du Canada, quant à eux, fêtaient la 130 ième année d’existence de leur pays. Quant aux citoyens de Hong Kong, le 1ier juillet 1997 ne représentait pas une journée toute aussi joyeuse. Ces derniers craignaient, plutôt, que les autorités communistes prennent leur capital. Cette ville, précédemment dirigée d’une manière capitaliste par les Britanniques fut léguée, en cette date, aux mains communistes de la Chine. (Vancouver Sun, 2007) Ce changement de régime politique poussa des centaines de milliers de Chinois à quitter la Chine pour venir habiter à Vancouver par peur de voir leur richesse disparaître dans les mains des communistes. Ils choisirent Vancouver comme destination à cause de sa proximité.  Près de 360 000 immigrants chinois se sont installés à Vancouver entre 1990 et 2000.

Bien qu’ils ne quittent pas la Chine pour les mêmes raisons, ces immigrants de la fin des années 90, provenant majoritairement de Hong Kong, présentent des ressemblances frappantes avec les immigrants chinois d’aujourd’hui qui s’installent un peu partout au Canada. Tous deux sont moindrement fortunés et possèdent un bon niveau de scolarité.

Cette forte augmentation de la communauté chinoise à Vancouver lors des années 2000 a fait subir des conséquences drastiques à toutes les sphères de la ville. Les répercussions de l’immigration chinoise touchent particulièrement les villes d’accueil de ces nouveaux venus. Analysons une à une les conséquences de cette quasi invasion de Vancouver afin d’éviter que ces phénomènes ne se reproduisent dans d’autres villes.

L’immobilier de Vancouver bouleversée par le raz-de-marée chinois

Le premier impact de l’immigration chinoise sur l’économie de Vancouver fut la transformation de son marché immobilier. Plusieurs de ces nouveaux arrivants détenaient des diplômes d’études supérieures. Quelques uns d’entre eux avaient étudié en architecture. De plus, ces immigrants étaient riches, donc ils détenaient le capital nécessaire pour lancer de gros projets immobiliers. Ainsi, l’architecture des projets qu’ils démarrèrent ressemblaient beaucoup à celle des infrastructures de Hong Kong, prenons comme exemple la tour Nina située à Hong Kong.  Cette transformation de l’architecture donna un nouveau cachet à la ville de Vancouver, mais elle causa aussi une augmentation de la densité de la population, particulièrement au centre-ville, en augmentant la demande immobilière dans ce secteur de la ville. Ce qui m’amène à parler du second point, l’impact sur le coût de l’immobilier. (Vancouver Sun, 2007)

crédit: Wing,  http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_tallest_buildings_in_Hong_Kong#/media/File:HK_Nina_Tower_200803.jpg
crédit: Wing,
http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_tallest_buildings_in_Hong_Kong#/media/File:HK_Nina_Tower_200803.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le second impact fut l’augmentation du coût de l’immobilier à Vancouver. En effet, le nombre d’immigrants chinois et le capital qu’ils avaient à leur disposition causèrent cette augmentation. (Vancouver Sun, 2007) Comme nous l’avons appris dans notre cours d’économie, le marché économique suit les règles de l’offre et de la demande. Si l’offre reste constante, mais que la demande augmente, le prix d’équilibre du produit, son prix de vente, augmentera. Voilà ce qui s’est produit au sein du marché immobilier de Vancouver.

Par ailleurs, on pourrait croire que je me contredis. Précédemment dans le texte, j’ai mentionné que les immigrants chinois lançaient de gros projets immobiliers à Vancouver. Ceci ne devrait-il pas causer une baisse au sein du marché immobilier de Vancouver à cause de l’augmentation de l’offre ? Non, puisque les nouveaux immigrants chinois ne cherchent pas à habiter n’importe où. Ceux-ci sont fortunés et ne veulent pas habiter dans le sous-sol des édifices; ils veulent le plus beau  penthouse de Vancouver. (Vancouver Sun, 2007)

Au sein de la population locale, cette hausse du coût de l’immobilier a eu un effet positif pour certains d’entre eux, mais, pour la majorité, elle a apporté de bien tristes conséquences. En effet, pour la petite partie de la population qui détenait une propriété, cette hausse fut la nouvelle du siècle pour eux, puisqu’ils ont vu la valeur de leur propriété augmentée de manière fulgurante. Par contre, pour les originaires de la région qui ne possédaient pas de propriété, la hausse de l’immobilier les obligea à quitter Vancouver.

Nouveau phénomène: les immigrants astronautes

Aujourd’hui, Vancouver n’est plus la destination primée par les nouveaux immigrants chinois. Ceux-ci préfèrent se rendre à Toronto où l’économie locale connaît un meilleur taux de croissance qu’à Vancouver. Dans la même ordre d’idée, plusieurs immigrants chinois décident de retourner en Chine, où les chances d’accéder à un bon emploi sont bien meilleures qu’à Vancouver. Par contre, ceux-ci gardent leur résidence de Vancouver et vont y vivre quelques mois par année. (Vancouver Sun, 2007) Ce phénomène occasionne des conséquences désastreuses pour la population locale qui ne peut pas bénéficier des mêmes opportunités d’emplois que les immigrants chinois. En effet, lorsque les immigrants chinois reviennent à Vancouver dépenser leur paye, ils amènent avec eux un énorme capital. Cette augmentation du capital à l’intérieur de Vancouver cause une hausse du coût de la vie. Cette hausse est occasionnée par des résidents non permanents, mais doit être subit par les originaires de la place.

Suis-je vraiment à Vancouver?

L’augmentation fulgurante de la communauté chinoise de Vancouver a profondément modifié le profil des universités de la région.

Commençons par les écoles. Évidemment, la première conséquence qu’apportera l’augmentation de la communauté chinoise sera l’augmentation du nombre de Chinois dans les classes. Par contre, la seconde conséquence est plus difficile à voir, car elle est en lien avec la culture chinoise. Les jeunes Canadiens sont reconnus pour être des enfants équilibrés. Ils étudient, pratiquent des sports et ont une vie sociale active, mais la réalité des jeunes Chinois n’est pas la même. Ceux-ci subissent souvent une pression épouvantable de la part de leurs parents pour qu’ils parviennent à exceller à l’école. Les conséquences de cette différence de mentalité est particulièrement visible dans les universités. Celles-ci sont dominées par des étudiants de descendance asiatique.

En conclusion, il est indéniable que l’ampleur de l’immigration chinoise de Vancouver soit bien différente de celle du reste du Canada. Mais, il n’en demeure pas moins intéressant d’analyser les conséquences qu’a eu ce flux migratoire sur cette ville pour ne pas reproduire les mêmes erreurs à l’échelle nationale.

Il est vrai qu’il peut être intéressant à court terme d’accueillir des immigrants très fortunés, car ceux-ci démarrent des projets, mais à long terme c’est la population locale qui en subit les conséquences. En guise de solution, le Canada devrait mettre en vigueur des politiques qui valoriseraient l’implication des immigrants chinois dans l’économie locale, pour ainsi réduire l’exode des cerveaux vers la Chine.

Simon Domaine

 

 

Médiagraphie

CAO, Huhua. DEHOORNE, Olivier. ROY, Vincent. « L’immigration chinoise au Canada : logiques spatiales et nouvelles territoriales », Norois ,février 2006, [En ligne], http://norois.revues.org/1895#tocto1n2 (2015-02-21)

CHAN, Anthony B. « Sino-Canadiens »,  L’encyclopédie Canadienne, [En ligne], 2013, http://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/chinese-canadians/ (2015-02-19)

« Chinese Vancouver : a decade of change», Vancouver Sun, Juin 2007, [en ligne], http://www.canada.com/vancouversun/story.html?id=011b7438-172c-4126-ba42-2c85828bd6ce (2015-04-26)

Ottawa: Territoire canadien à caractère chinois

Portrait de l’immigration chinoise au Canada

Depuis les années 1990, les immigrants d’origine chinoise forment, annuellement, la plus grosse partie de l’immigration  au Canada, soit environ 20%. (Norois, 2006) En 2011, on comptait un peu plus de 1,3 millions de Canadiens d’origine chinoise, formant 4% de la population canadienne. (Chan, 2014)

Ainsi, on ne peut nier l’importance de ce groupe au sein de la population canadienne. Par le passé, les sino-canadiens ont laissé leurs traces en sol canadien grâce, entre autres, à l’implantation de différents quartiers chinois à travers le pays. La croissance rapide du nombre de Chinois au Canada ne fera qu’accentuer les diverses conséquences occasionnées par l’augmentation importante de ce groupe d’immigrants. Donc, il est important de bien connaître ce phénomène pour s’assurer de la cohésion de la population canadienne dans le futur.

Même si la majorité des immigrants chinois se dirigent vers Toronto et Vancouver, quelques immigrants chinois ont choisi la ville d’Ottawa comme terre d’accueil modifiant ainsi l’environnement de la capitale nationale. Les modifications apportées sur la ville d’Ottawa par sa croissante communauté chinoise est un bon exemple des conséquences directes de ce flux migratoire, puisque les conséquences engendrées par l’immigration chinoise affectent majoritairement les villes d’accueil.

L’immigration chinoise d’Ottawa en chiffres

Située en Ontario et étant le centre de l’activité politique canadienne, la ville d’Ottawa et ses arrondissements comptaient, en 2006, 1 133 633 personnes (wikipédia, 2015) et formaient la quatrième région la plus peuplée au Canada. Entre 1996 et 2006, un peu plus de 7000 Chinois (Ray, 2010) se sont installés à Ottawa,soit une augmentation de 40%.(Ray, 2010) Ils forment la plus grosse communauté ethnique de la ville d’Ottawa.(city of Ottawa, 2006) De plus, ce qui est remarquable au sein de ce groupe d’immigrants est leur niveau de scolarité. En effet, 56% des Chinois habitant à Ottawa en 2006 détenaient au moins un baccalauréat et 24,5% de cette population avaient obtenu un diplôme d’un institut canadien.

La logique derrière la répartition des sino-canadiens sur le territoire d’Ottawa

Autrefois, les nouveaux arrivants d’origine chinoise étaient, pour la très grande majorité, confinés dans des secteurs clos à l’abri du reste de la population. Ces secteurs fermés sont, aujourd’hui, appelés quartiers chinois. Les sino-canadiens s’y réfugiaient pour se protéger de la population locale qui accusait les Chinois de voler leurs emplois. Ceux-ci, peu éduqués, habitués à travailler dans des conditions pitoyables et rémunérer de manière grotesque en Chine, étaient prêts à accepter n’importe quel emploi au Canada. De plus, les quartiers chinois permettent aux immigrants chinois de préserver un morceau de leur ancienne vie. Ceci était le scénario des premières vagues d’immigrants chinois.

Aujourd’hui, c’est très différent. Le profil des immigrants chinois n’est plus du tout le même. Ceux-ci possèdent, pour la plupart, un très haut niveau de scolarité et maîtrisent une des deux langues officielles. Ceux qui choisissent de se rendre à Ottawa, Vancouver et Toronto pour y habiter maîtrisent l’anglais. Ils ne choisissent pas le Québec, car la langue est une très grosse barrière à l’intégration et le fait de ne pas parler le français leurs rendraient la tâche bien plus difficile, comme l’explique madame Chung dans notre interview. Enfin, les nouveaux arrivants chinois ne sont plus portés à habiter dans les quartiers chinois, car ils s’intègrent bien mieux dans la population que leurs prédécesseurs. Ils occupent des emplois bien rémunérés demandant un haut niveau de scolarité, comme au sein de la compagnie Nortel. Cette compagnie, installée à Kanata, une banlieue d’Ottawa, a engagé près de 10 000 chinois entre 1990 et 2006. (Norois, 2006) L’immigration chinoise a causé l’apparition d’un  quartier chinois sur le territoire d’Ottawa et la suburbanisation de celui-ci.

Ce phénomène est illustré dans la carte d’Ottawa et ses arrondissements du site web de l’université d’Ottawa : http://artsites.uottawa.ca/ottawaproject/doc/Ottawa-Chinese-Distribution.jpg

L’apparition de la culture chinoise à Ottawa

Avant 1991, 2950 (Ray, 2010) Canadiens d’origine chinoise habitaient dans la ville d’Ottawa. À cette époque, la grosseur de la communauté chinoise était très petite comparée à celle d’aujourd’hui et la demande de produits chinois était infime à l’époque. Selon les données les plus récentes, déjà, en 2006, on comptait 12 740 sino-canadiens à Ottawa. Cette forte augmentation a eu de fortes conséquences sur, non-seulement, la demande de produits chinois, mais, aussi, sur la présence de la culture chinoise à Ottawa. Puisque le quartier chinois servait de premières destinations aux premiers immigrants chinois, il est normal que la plus vaste partie des institutions chinoises s’y soient installées. On retrouve, notamment, des groupes de support pour les nouveaux arrivants. Ces groupes permettent une transition moins brusque entre la culture chinoise et la culture canadienne.  De plus, comme plusieurs autres communautés ethniques, ils existent des écoles enseignant la culture d’origine aux plus jeunes la fin de semaine. Cela permet aux générations futurs d’immigrants de s’intégrer à la population canadienne, tout en préservant une partie de leur culture natale. On retrouve divers autres services de nature chinoise comme des restaurants chinois, des écoles d’arts martiaux, des librairies de livres chinois, des magasins de médecines chinoises et j’en passe.

Enfin, la culture chinoise n’est pas uniquement représentée par des institutions, celle-ci s’illustre aussi dans les médias et les festivals. En effet, dans la région d’Ottawa, on peut trouver cinq magazines différents qui couvrent l’actualité  chinoise. Par ailleurs,  le médium d’information de nouvelles chinoises le plus fréquenté par la société chinoise d’Ottawa est le site web comefromchina.com. Cette toile numérique d’information permet aux Canadiens d’origine chinoise de s’informer sur les nouvelles de la communauté, les prochains événements et les différentes offres d’emplois. En 2009, ce site web était fréquenté 11 500 (Ray, 2010) fois par jour et un chinois sur trois habitant dans la région d’Ottawa-Gatineau le fréquentait au moins une fois par jour. (Ray, 2010)

De plus, la culture chinoise s’illustre aussi à l’aide de différents festivals. Toutes ces fêtes, à connotation chinoise, sont tenues à Ottawa. Le plus important parmi eux est une course se nommant, The Chinese Dragon Boat Race, et se déroulant en début juin.

Voici une courte vidéo de cette fameuse course:

En somme, à l’échelle nationale, les diverses conséquences apportées par l’immigration chinoise sont semblables à celles issues au sein de la communauté chinoise d’Ottawa. Les premières vagues d’immigrants chinois créent et habitent le quartier dit chinois, tandis que les plus récents immigrants chinois, puisqu’ils ont plus de faciliter à s’intégrer, ont tendance à habiter et à développer les banlieues. Aussi, plus la communauté chinoise d’un endroit prend de l’ampleur, plus l’exposition de la culture chinoise augmente. La population chinoise ne cause aucun tort au sein de la population canadienne. Au contraire, la population chinoise contribue, participe activement au développement des centres urbains du Canada.

Simon Domaine

Médiagraphie

CHAN, Anthony B. « Sino-Canadiens »,  L’encyclopédie Canadienne, [En ligne], 2013, http://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/chinese-canadians/ (2015-02-19)

CAO, Huhua. DEHOORNE, Olivier. ROY, Vincent. « L’immigration chinoise au Canada : logiques spatiales et nouvelles territoiraleés », Norois,février 2006, [En ligne], http://norois.revues.org/1895#tocto1n2 (2015-02-21)

«Kanata», ottawa statistics, 2006, [en ligne], http://ottawa.ca/en/city-hall/get-know-your-city/statistics-and-economic-profile/11-kanata (2015-04-25)

RAY, Brian. VERONIS, Luisa. FENG, Jing. MCALONEY, Brie. «Chinese immigrants and the border», 2010, [en ligne], http://artsites.uottawa.ca/ottawaproject/doc/Chinese-2010-Feb.pdf (2015-04-25)