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Intervenir auprès des réfugiés : un enjeu en soi


Une bonne intégration des réfugiés politiques dans leur nouveau pays d’accueil dépend grandement de l’approche des intervenants. Une recherche faite auprès de la clientèle du Centre de santé de Hamilton et de Niagara, qui est le 3e plus grand centre d’accueil d’immigrants au Canada incluant un grand nombre de réfugiés (Diallo et Lafrenière, 2007), démontre une importante lacune dans l’intervention auprès de cette classe d’immigrants fragiles. Certes, les premiers en contact avec les réfugiés n’ont pas les aptitudes nécessaires pour répondre à leur situation particulière.


L’état des réfugiés à leur arrivée au Canada

   Les réfugiés qui s’installent au Canada proviennent majoritairement des régions d’Amérique Latine, d’Asie et d’Afrique. Les pays de ces régions sont malheureusement très familiers avec de graves maladies, avec la guerre, la torture et la violence organisée. En raison de cela, la santé physique de la population de ces pays est alarmante. Donc, le processus d’immigration du Canada oblige tout le monde à passer un examen médical sous le contrôle d’un médecin agrée par l’Ambassade du Canada.

 En plus des nombreux problèmes physiologiques, les survivants de guerre et de torture ayant intégrés leur pays d’accueil ont des problèmes de santé mentale et émotionnelle du à plusieurs faits, notamment du au processus d’intégration et le stress de l’immigration, la séparation familiale, la perte d’identité et des repères culturels propres à leurs pays d’origine. Ces derniers causent des symptômes de dépression et de stress post-traumatique chez les réfugiés.

 Pour connaître cet autre grand problème qui fait partie de la réalité des réfugiés, vous pouvez consulter l’article détaillé d’Ariane Primeau concernant la situation difficile des demandeurs d’asile.

 Le grand problème des intervenants

            Les travailleurs du Centre de santé de Hamilton et de Niagara ont pour la majorité une formation générale sur les soins de santés primaires et services sociaux, comme un Ph D., une Maîtrise, un Baccalauréat, les Sciences ou d’autres formations plus spécialisés.

 Le grand problème est que la majorité est de même avis en disant ne pas avoir reçu de formation particulière concentrée sur l’aide aux personnes victimes de traumatisme. D’ailleurs, seulement 25% disent avoir eu cette formation à travers des programmes spécialisés. Tout de même, ils y apportent un bémol en disant que ces programmes sont plus adaptés à la réalité des immigrants en général. Donc ils sont insuffisants lorsqu’il s’agit d’intervenir auprès des réfugiés victimes de traumatisme et en provenance de communautés culturelles loin de notre réalité. Les autres travailleurs sociaux du domaine n’ont jamais eu de formation spécifique au traumatisme. Néanmoins, ils croient tous qu’une telle formation est primordiale pour pouvoir bien aider. À cela s’ajoute l’importance de mieux connaître le pays d’origine, ce qui s’est passé à l’intérieur de ce pays et d’obtenir des informations continuelles sur sa situation politique, en plus de connaître les pratiques et les croyances culturelles et religieuses de ces pays. Le manque de savoir sur le traumatisme et sur les derniers aspects énumérés fait en sorte que les intervenants n’osent pas aborder la question du traumatisme par peur de ne pas savoir comment procéder par après (Diallo et Lafrenière, 2007).

Les défis rencontrés lors des interventions 

             Les intervenants affirment que plusieurs défis font obstacles à leur travail auprès de cette clientèle particulièrement fragile.

La communication et la langue sont notées comme étant le défi le plus important. Plus précisément, un manque d’information et de compréhension rend le diagnostic et le traitement plus difficile. Ils ne savent souvent pas si la personne a été torturée ou pas, si oui dans quelles conditions, et ne connaissent pas les pratiques culturelles du pays d’origine. Outre, plusieurs réfugiés souhaitent recevoir des services en français, cependant les ressources francophones dans le domaine spécifique du traumatisme sont limitées au Canada. Conséquemment, les enfants jouent le rôle d’interprète et cela joue un rôle important sur la dynamique familiale. Également, les termes et les questions liés au traumatisme et à la santé mentale sont souvent trop complexes pour ces personnes, d’où la difficulté de simplifier les termes le plus possible sans perdre de précision sur leur état.

Une autre grande difficulté que rencontre les intervenants lorsqu’ils tentent d’aider les réfugiés est le manque de confiance. D’une part, le vécu du survivant dans son pays et son expérience des camps de réfugiés et de tout le processus englobant son immigration viennent fragiliser sa personne. Ainsi, une fois au Canada, ils ont une certaine difficulté à établir un lien de confiance avec les personnes censées de les aider. D’autre part, certains intervenants se sentent manipuler par les réfugiés afin d’obtenir plus de soins, et d’autres restent sceptiques face aux histoires qu’ils entendent.

Aussi, il y a un certain manque de connaissance du système canadien par les réfugiés. Ceux-ci ne sont pas familiers avec le fonctionnement et pour cette raison, on remarque beaucoup d’absences et de problèmes de ponctualité. Ce qui cause un autre grand problème dans le processus du travail des intervenants.

Dernièrement, l’incompréhension culturelle entre le monde de l’intervenant et celui d’où provient le réfugié vient compliquer les choses. Il y a dans certaines régions du monde de nombreux tabous liés à la peur et aux stéréotypes, ce qui cause des difficultés culturelles. Par exemple, la santé mentale peut être synonyme de folie pour certains. Il faut donc beaucoup de temps à familiariser les réfugiés à la thérapie individuelle et au vocabulaire qu’elle comporte. Rarement, on peut également voir un manque de sympathie de la part de l’intervenant.

Dans ce dernier point abordé, la question de l’importance de la spiritualité fait souvent surface. Les travailleurs sociaux travaillant auprès des réfugiés sont tous d’accord sur le fait que les croyances religieuses sont un aspect important de l’intervention. Ce point de vue est controversé chez les écoles de travail social, et chez les médecins et infirmières, car ils croient qu’il n’est pas favorable d’inclure la foi et la religion dans la thérapie. Leurs apprenants disent cependant qu’ils sont à l’aise d’aborder cette question lorsqu’ils aident les réfugiés. Cela leur permet d’établir une relation plus confortable avec leurs clients, en plus de mieux les connaître pour pouvoir mieux les aider par la suite. Si les questionner sur ce sujet n’est pas possible, les intervenants affirment qu’ils doivent au moins être informés sur le rôle de la spiritualité dans la vie de ces personnes. De nombreux réfugiés reconnaissent leur religion comme seul point de repère avec leur passé, et cette dernière devient un moyen d’alléger certains troubles et douleurs. Bref, la spiritualité est en quelque sorte un mécanisme de survie très important, ce pourquoi les intervenants doivent avoir les connaissances nécessaires sur celle-ci.

 Résultat 

            Ces défis ne sont pas sans conséquences, au contraire, ils viennent aggraver le traumatisme des réfugiés. Ces derniers vont souvent dénier l’existence d’un traumatisme, ou bien ils vont refuser de le reconnaître pour diverses raisons. Les intervenants peuvent parfois sous-estimer la sévérité de leur état de santé, ce qui peut retardé le diagnostic et le traitement au complet. Il y a également une détérioration de leur santé physique : les réfugiés sont souvent inconfortables dans les salles d’hôpitaux puisqu’il est reconnu que dans de nombreux pays, les spécialistes de la santé participes au tortures avec leurs instruments.

Résultat sur les intervenants 

             Les intervenants qui travaillent constamment avec les réfugiés et qui entendent des histoires lourdes non communes finissent par en subir des conséquences. En effet, il est fréquent de voir les intervenants ouvrir leur cœur aux histoires tranchantes des réfugiés, à un tel point qu’ils remettent en question leurs propres croyances, et cela les transforme énormément. Ce fait s’appelle le traumatisme par empathie. Il faut donc que les intervenants apportent une attention toute particulière à leur propre état de santé mentale.

Voici un tableau résumant les effets de ce métier sur les professionnels du domaine :

Lamine DIALLO, Ginette LAFRENIÈRE, « Intervenir auprès des survivants de guerre, de torture et de violence organisée », Revue d’intervention sociale et communautaire, [En ligne], vol. 13, nº1, 2007, p.41-77, dans Érudit, (page consulté le 26 février 2015)
Lamine DIALLO, Ginette LAFRENIÈRE, « Intervenir auprès des survivants de guerre, de torture et de violence organisée », Revue d’intervention sociale et communautaire, [En ligne], vol. 13, nº1, 2007, p.41-77, dans Érudit, (page consulté le 26 février 2015)
CONCLUSION

Suite à la compréhension de ces enjeux importants dans le travail des intervenants sociaux auprès des réfugiés, il devient sans doute que le gouvernement doit porter une attention toute particulière à leur formation. Ainsi, ces derniers seront mieux adaptés pour aider les survivants ayant fuient des situations traumatisantes dans des pays ayant une réalité complètement différente de celle du Canada.

 

par Elmira Oskuizadeh


MÉDIAGRAPHIE

1. Articles tirés d’une base de données

Lamine DIALLO, Ginette LAFRENIÈRE, « Intervenir auprès des survivants de guerre, de torture et de violence organisée », Revue d’intervention sociale et communautaire, [En ligne], vol. 13, nº1, 2007, p.41-77, dans Érudit, (page consulté le 26 février 2015)

 

 

Une arrivée en douceur…

Centre culturel chinois
Greenwood714, «Chinese Cultural Centre in Calgary», sur le site Wikepedia,[En ligne].http://en.wikipedia.org/wiki/Chinese_Canadian#/media/File:ChineseCulturalCentre.JPG (Page consultée le 25 avril, 2015)

Le Canada est considéré une nation d’immigrants. 

Cette phrase a un double sens. D’une part, cette affirmation est vraie parce qu’un Canadien sur cinq est né à l’étranger (Mulholland, 2004). D’autre part, il est incontestablement vrai d’affirmer que la diversité culturelle est non-seulement présente au Canada, mais elle a faconné le paysage du pays.

Pour comprendre l’immigration au Canada, il faut assimiler le  concept de l’intégration:

L’intégration désigne l’opération consistante à adjoindre un élément à d’autres, afin de former une totalité (Ferreol).

L’intégration est un mot qui traduit très bien le modèle canadien de l’immigration:

«Tous les Canadiens sont engagés dans la construction et la reconstruction sans fin de ce que cela signifie que d’êtres Canadiens et de ce que serait la voie que nous aimerions suivre comme société» (Mulholland, 2004).

 

Sgt. Karen M. Hermiston, «Chinese-Canadian soldiers from Vancouver serving in the Second World War», Chinese-Canadian soldiers from Vancouver serving in the Second World War», sur le site wekepedia, [En ligne], http://en.wikipedia.org/wiki/Chinese_Canadian#/media/File:Chinese-Canadian_Soldiers-WW2.jpg. (Page consulté le 28 avril, 2015)
Sgt. Karen M. Hermiston, «Chinese-Canadian soldiers from Vancouver serving in the Second World War», Chinese-Canadian soldiers from Vancouver serving in the Second World War», sur le site wekepedia, [En ligne], http://en.wikipedia.org/wiki/Chinese_Canadian#/media/File:Chinese-Canadian_Soldiers-WW2.jpg.
(Page consulté le 28 avril, 2015)
C’est grâce à ce modèle que divers programmes ont été mis en place pour faciliter l’intégration des immigrants, dont plusieurs de ces programmes ont été fort utiles pour les immigrants chinois. De plus, ce modèle, qui représente en quelque sorte la philosophie du pays (la liberté, l’égalité, la démocratie, la diversité culturelle), incite les immigrants à venir au Canada. Autrement dit, la diversité culturelle, qui est si présente, acceptée et chérie au Canada, stimule les immigrants chinois de venir s’y installer.

D’ailleurs, c’est le cas de Madame Chung, notre interviewée, qui nous a expliqué qu’elle avait préféré venir au Canada, au lieu des États-Unis ou de l’Europe, entre autres, parce que le Canada accueille plus facilement les immigrants et aussi à cause de la diversité culturelle déjà existante.

Le gouvernement du Canada offre plusieurs programmes dont le but est d’aider les immigrants qui ont de la difficulté à s’intégrer dans la société. Ces services comprennent une évaluation linguistique, des cours de langue, une aide liée à la vie quotidienne, un service pour trouver un logement, un service d’information sur les services communautaires et un programme de prêts. Pour certains immigrants chinois, l’utilisation de ces outils est primordiale afin de pouvoir bien s’intégrer, car environ 44 % de ceux-ci ne savent pas comment communiquer dans l’une des deux langues officielles canadiennes (Wang, 2005).

Programmes offerts par le gouvernement en vue de répondre aux principaux obstacles que font face les immigrants chinois:
La langue

La connaissance d’une des langues officielles canadiennes est primordiale afin de pouvoir s’intégrer dans la société.  Le gouvernement du Canada a pris plusieurs actions afin de diminuer cette contrainte à l’intégration. Citoyenneté et Immigration Canada offrent des cours de français et d’anglais de base pour les immigrants. Cours de langue pour les immigrants au Canada (CLIC)  est d’ailleurs le programme où ils investissent le plus d’argent.  De plus, CIC offre aussi des cours de langues de niveau avancé, après avoir été le sujet de plusieurs critiques.(Mulholland, 2004).

Aide liée à la vie quotidienne                               

Le Programme d’établissement et d’adaptation des immigrants (PEAI) est un autre programme très important. Ce programme finance des organismes qui aident les immigrants à avoir accès aux services et à s’intégrer dans la société. Des services qui sont primordiaux pour un immigrant qui s’installe au Canada.(Mulholland, 2004).

  • Le service d’accueil prend en charge des besoins urgents des immigrants comme le logement, les vêtements, effet mobilier et le transport).
  • Le service d’aiguillage explique aux nouveaux arrivants les ressources et les services de collectivité qu’il dispose en tant que Canadien (banques, boutiques, logements, services de santé, établissements culturels, d’enseignement, de loisirs, services juridiques).
  • Le service d’information et d’orientation est mis en place pour résoudre les problèmes de la vie quotidienne, comme l’inscription scolaire, le magasinage, l’établissement d’un budget, la préparation des aliments, la sécurité, la police, les valeurs canadiennes, etc.
  • Il y a même un service d’interprétation, de traduction et de counseling .

Bref, il n’y a presque rien que ce programme n’offre pas. On peut comprendre l’importance ainsi que l’investissement du gouvernement canadien doit mettre pour l’intégration des immigrants avec des taux d’immigration aux environs de 250 000 par année. Par ailleurs, le Canada peut se permettre d’accueillir un grand nombre d’immigrants chaque année parce que le gouvernement, ainsi que les citoyens qui composent le pays, font en sorte que l’immigrant peut facilement s’intégrer à la société. L’obstacle le plus grand pour un immigrant est la langue. Le gouvernement devrait offrir des cours ou un programme de langue sur l’internet  pour que les immigrants chinois puissent apprendre une des langues officielles canadiennes avant d’être arrivés au Canada.

La langue est en effet un obstacle important à l’intégration et à la compréhension de la vie en société au Canada.

-Carl Kilajian

Médiagraphie:

1-Photo 1: Greenwood714, «Chinese Cultural Centre in Calgary», sur le site Wikepedia,[En ligne].http://en.wikipedia.org/wiki/Chinese_Canadian#/media/File:ChineseCulturalCentre.JPG (Page consultée le 25 avril, 2015)

2-Photo 2: Sgt. Karen M. Hermiston, «Chinese-Canadian soldiers from Vancouver serving in the Second World War», Chinese-Canadian soldiers from Vancouver serving in the Second World War», sur le site wekepedia, [En ligne], http://en.wikipedia.org/wiki/Chinese_Canadian#/media/File:Chinese-Canadian_Soldiers-WW2.jpg.<br />
(Page consulté le 28 avril, 2015)

3-Mulholland, Mary-Lee, et Biles, John, «Les politiques d’intégration des nouveaux arrivants au Canada», [En ligne], août 2004, http://p2pcanada.ca/files/2013/01/les-politiques-dintegration-de-nouveaux-arrivants-au-canada.pdf (Page consultée le 18 avril, 2015)

4-Gilles FERREOL, « INTÉGRATION, sociologie  », Encyclopædia Universalis [en ligne].http://www.universalis.fr/encyclopedie/integration-sociologie/ (Page consultée le 20 avril 2015)

5-WANG, Shuguang, et LO, Lucia. «Chinese Immigrants In Canada: Their Changing Composition and Economic Performance»,International Immigration,[En ligne], Volume 43, août 2005, (Page consultée le 18 février2015).

Portrait des Roms en Italie

Les Roms ou Sintis sont présents en Italie depuis le 15e siècle, ils proviennent pour la plupart, des régions du sud-ouest de l’Europe d’où ils ont été repoussés par l’expansion de l’Empire ottoman vers le nord. Suite à la Première Guerre mondiale, tous les Roms présents sur le territoire italien se sont vu donner la citoyenneté italienne, donc pendant quelques années, il n’y avait presque qu’aucun Rom sans papiers dans le pays. C’est seulement après des évènements comme la Deuxième Guerre mondiale; la guerre des Balkans et l’abolition du régime de visa en Italie en 2002 que de nombreuses vagues d’immigrants Roms ont eu lieu vers le pays. Au dernier recensement, on comptait environ 140 000 Roms en Italie, et de ce nombre, 80 000 avaient leur citoyenneté italienne. De plus, environ 12 000 d’entre eux vivent dans des camps aux alentours des grandes métropoles de Rome, Naples et Milan, mais ont les retrouves aussi par milliers dans les autres grandes villes du pays.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c9/Roma_boy_in_bear_costume_sm.jpg
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c9/Roma_boy_in_bear_costume_sm.jpg

Un des grands problèmes dans ce pays est le fait que les Italiens ne voient pas les Roms d’un bon œil, que ce soit les autorités ou bien la population en général, ils préfèrent ne pas trop s’en approcher. En effet, les Roms sont souvent perçues comme des voleurs, des arnaqueurs, des bandits, ou simplement des hors-la-loi. Les Roms sont donc victimes de beaucoup de racisme de la part des Italiens, ils sont entre autres considérés comme des étrangers, car ils vivent, pour la plupart dans des camps en marge de la société, même si 70% de leur population est sédentaire depuis des décennies. Cela provoque des préjudices à leur égard et résulte à de la discrimination dans la vie de tous les jours, ils ont donc de la difficulté à se trouver un emploi, ils sont expulsés de plusieurs endroits public et constamment mis à l’écart par les Italiens. Donc, les Italiens attribuent souvent la communauté rom à une classe inférieure, illettrée, sans emploi, qui doit mendier et voler pour survivre et préfèrent n’être en aucun point associés à eux. (Scicluna, 2008)

À cause de cette mauvaise perception, les Roms se font constamment maltraiter par les Italiens. Il y a par ailleurs, le maire d’une ville au nord du pays qui propose que sa ville possède deux services de bus public, un pour les Italiens et un autre pour les Roms, car il affirme que les gens de sa commune ne sont pas en sécurité avec ces personnes dans les autobus. On lui reproche d’ailleurs d’agir comme en Afrique du Sud à l’époque où la ségrégation raciale était en vigueur. (2014) C’est un cas comme tant d’autres où la population exprime une certaine appréhension envers ce groupe d’individu. En Italie, même la police les maltraite, parfois les policiers amènent des Roms hors de la ville et les laisses sur le bord de la route, sans chaussures, à eux même et ils doivent revenir en marchant, parfois pendant plusieurs heures. La haine envers les Roms en Italie peut aller loin, le 14 juin 2004, cinq Italiens ont lancé des cocktails Molotov sur un camp rom et ont gravement blessé une jeune fille de 7 ans en plus de détruire la majorité de ce que possédait cette communauté. (Scicluna, 2008)

En plus de subir une discrimination de la part des Italiens, les Roms sont constamment expulsés des endroits où ils vivent et les autorités n’y vont pas de main morte pour le faire, ils commettent plusieurs violations au droit de l’homme, dont notamment, le droit à l’éducation des enfants. Même si plusieurs familles roms réussissent à envoyer leurs enfants dans les écoles publiques d’Italie, les autorités essayent de les empêcher, ils les expulsent du pays sans tenir compte des enfants, de leur famille et surtout de leur droit en tant qu’être humain. Selon Thomas Hammarberg, commissaire au droit de l’homme : « Les autorités italiennes devraient respecter les normes internationales et du Conseil de l’Europe en matière de logement et d’expulsions et rendre la situation pleinement conforme à la Charte sociale européenne révisée » (2011). M. Hammarberg n’est pas le seul à avoir critiqué les Italiens, l’«European Roma Rights Centre» est sans contre dit le joueur le plus important dans cette histoire, ce groupe a vu le jour précisément pour faire face aux problèmes que vivent les Roms à travers l’Europe.  (Scicluna, 2008)

S’il est si compliqué de régler la situation des Roms en Italie, c’est qu’il n’y a aucune loi nationale à leur sujet, c’est la responsabilité des villes de décider du sort des camps roms et de leurs habitants. La plupart des municipalités les voient comme des nuisances à la vie en société, mais au fond, les Roms ne sont que des gens qui tentent de se trouver un boulot pour pouvoir manger et se loger. (Culurgioni, 2010)

Renaud B. Leblanc

Mediagraphie

 

Réunification ou complication familiale ?

 


Exposés à des situations d’extrêmes dangers, les réfugiés ne doivent que penser à s’enfuir pour assurer leur survie. Résultat : ils se retrouvent séparer de leurs parents, enfants et conjoints en partant dans des directions différentes, ou bien seul. 


            Une personne immigrante s’implique dans une situation bouleversante de changement à tous les niveaux avec le passé. Dans le cas d’un réfugié, le changement le plus difficile est la rupture radicale avec la famille. En effet, 80% des refugiés arrivent au Canada sans leur conjoint ni leur enfants. Les parents les plus fortunés ont la chance de confier la responsabilité de leurs enfants à d’autres membres de famille avant de quitter, mais plusieurs n’ont pas cette possibilité. Dans les deux cas, la distance entre conjoints, parents et enfants est une épreuve difficile pour tous les membres de la famille et reste un enjeu de taille pour le pays d’accueil. Même les réfugiés acceptés et ceux ayant obtenu le statut de résident permanent depuis déjà presque quatre ans restent majoritairement séparés de l’ensemble de leur famille (Moreau, Rousseau, Mekki-Berrada, 1999).

Le plus grand responsable de ce problème est le processus gouvernemental en place. Pourtant, le regroupement des membres d’une famille est autant un intérêt personnel pour les réfugiés en question qu’un intérêt pour toute la collectivité. En effet, un des objectifs relatifs aux réfugiés inclus dans les lois sur l’immigration et la protection des réfugiés consiste à « encourager l’autonomie et le bien-être socioéconomique des réfugiés en facilitant la réunification de leurs familles au Canada (Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés, gouvernement Canada, 2001). On parle de bien-être socioéconomique puisqu’une séparation plus longue finit par être plus couteuse. C’est ce que mentionne une spécialiste du domaine, Sarah Wayland :

 « Les coûts associés à une séparation familiale prolongée incluent une détresse émotionnelle, les risques pour l’intégrité physiques des personnes restées au pays d’origine (en raison de la guerre, de la violence, de la pauvreté ou de l’insécurité), la perte de confiance, le besoin accru de services au moment de la réunion des membres de la famille et les coûts économiques associés au maintien de plusieurs foyers ».

Alors pourquoi le grand pays d’accueil qu’est le Canada ne parvient-il pas à mettre en place les mesures qui faciliteraient la réunification des membres d’une famille sous un même toit?

Obstacles à la réunification

              Pour les réfugiés arrivés avant 1989, la durée excessive de séparation est en grande partie du au processus pénible en place de l’époque. Malgré les changements législatifs et administratifs apportés au processus de réunification familiale dans le but de l’améliorer, les vieux cas de séparation prolongée comme les nouveaux ne sont toujours pas réglés. Pour les arrivants après 1989, la durée du processus a raccourci de peu pour atteindre une moyenne d’attente de 15 mois. Cependant, la liste de problème qui rend la tâche de regroupement familial difficile n’a pas raccourci : « coûts élevés pour la demande de la résidence permanente, frais pour les examens médicaux de la famille, exigences de preuves d’identité, de certificats de mariage ou de naissance inexistants au pays d’origine, exigences des autorités d’immigration de fournir la preuve d’une capacité financière élevée pour faire venir les enfants de plus de 19 ans » (Moreau, Rousseau, Mekki-Berrada, 1999).

 Ceux qui réussissent le plus souvent à contrer ces problèmes et se réunir sont les conjoints, plutôt que les parents avec leurs enfants. Au Canada, dans des situations semblables, 52% de personnes sont en mesures de se réunifier avec leur amoureux ou amoureuse, alors que seulement 30% réussissent à faire venir leurs enfants dans le nouveau pays d’accueils (Idem Moreau).

MOREAU Sylvie, ROUSSEAU Cécile et MEKKI_BERRADA. « Politiques d’immigration et santé mentale des réfugiés : profil et impact des séparations familiales », Nouvelles pratiques sociales, [En Ligne], vol. 12 nº1, 1999, p186
MOREAU Sylvie, ROUSSEAU Cécile et MEKKI_BERRADA. « Politiques d’immigration et santé mentale des réfugiés : profil et impact des séparations familiales », Nouvelles pratiques sociales, [En Ligne], vol. 12 nº1, 1999, p186

 Moyens légaux, mais pas gouvernementaux

            Une analyse auprès des personnes désormais réunies démontre que celles-ci on été séparées 17 mois de leur conjoint et 42 mois de leurs enfants, en moyenne. Cet écart est justifié par le fait que la majorité des personnes réunies n’ont pas utilisé le processus de réunification familiale proposé par les services gouvernementaux. Ils ont pris leurs propres moyens pour faire venir leurs proches auprès d’eux, ce qui implique des risques élevés de voyagement migratoire, souvent dans des conditions précaires. Donc, les enfants sont moins favorisés à rejoindre leurs parents. La différence entre les deux moyens est immense : les personnes optant pour le processus gouvernemental peuvent attendre jusqu’à 69 mois avant de se réunir, tandis que s’occuper soi-même de la réunification peut prendre aussi peu qu’un mois jusqu’à 44 mois (Idem Moreau). Parmi les autres moyens, certains disent qu’ils sont allés eux-mêmes dans le pays d’origine pour chercher leurs proches, ou encore, ils achètent et mettent en place tous les papiers nécessaires pour que leurs proches voyagent en solitaire. Dans les faits, plusieurs enfants sont laissés derrière ou confiés à d’autres membres de famille pour permettre la survie de la famille, avec la seule promesse d’être un jour réunis à nouveau sous le même toit que leurs parents.

Conséquences des séparations sur les individus : toujours en attente

           La séparation familiale comporte évidemment plusieurs impacts sur les membres de la famille des deux côtés.

Pour les personnes qui attendent de revoir leurs proches, les inquiétudes face à ces derniers restés outre-mer demeurent une préoccupation constante causée tant par la situation d’insécurité du pays d’origine que par les problèmes financiers et de santé. Ces inquiétudes ne cessent de creuser avec le temps qui passe et avec les conflits politiques qui ne font qu’augmenter dans les pays du tiers-monde. De plus, les réfugiés se sentent impuissants face à la séparation avec leurs enfants qui pensent être abandonnés. Certains réfugiés disent même qu’ils n’osent plus écrire à leurs proches puisque ceux-ci n’attendent qu’impatiemment une date de départ. Et même ceux qui écrivent n’ont pas la garantie de rentrer en contact avec leur famille à cause des moyens de communications plus ou moins à point dans certains pays.

 De plus, les personnes longtemps séparées de leur famille finissent souvent par se sentir inutiles, et la rupture radicale familiale vient amplifier leur perte d’identité dans le nouveau pays où elles se trouvent. La plupart des réfugiés racontent qu’ils sont déstabilisés et ne savent plus quoi faire, entre autres mots, ils ne voient plus de signification à leur vie et tombent ainsi en dépression. Cette rude épreuve fait même en sorte que quelques réfugiés ne souhaitent plus de se réunir avec le conjoint ou leurs enfants à cause des raisons historiques et familiales.

Dans le cas des conjoints, la distance entre le couple vient désintégrer leur relation. En effet, pendant la séparation, certaines femmes restées dans le pays d’origine sont obligées de divorcer pour changer de pays par elles-mêmes. Ou encore, elles se séparent pour se trouver un nouveau mari pour des raisons tant émotionnelles que financières. Parallèlement, les réfugiés ayant obtenus le statut de résident permanent canadien perdent toute espoir de pouvoir recommencer une vie avec leur conjoint dans le pays d’accueil, donc ils se marient à nouveau au Canada afin d’en commencer une nouvelle.

 La situation des enfants englobe autant de problèmes, cependant, presque à l’unanimité, tous souhaitent les avoir près d’eux à nouveau. Un des plus grands problèmes est celui de faire parvenir les enfants âgés de plus de 18 ans, car le gouvernement demande aux réfugiés de prouver qu’ils ont des capacités financières suffisamment élevées à cette fin. Pour les enfants plus jeunes, les délais administratifs et les sommes dont les procédures et le voyagement nécessitent compliquent énormément la réunification familiale. En bout de ligne, la réunification impose des choix difficiles à ces personnes en détresses, et elle tranche des cœurs à chaque jour. Souvent, les parents partent sans leurs enfants en leur promettant qu’ils vont amasser assez d’argent pour les faire parvenir près d’eux sans tarder. Par contre, cette promesse est d’une grande fragilité puisque certains se retrouvent dans une situation où l’argent ne vient pas facilement ou assez vite. Pendant ce temps, la situation du pays d’origine peut se complexifier, le contact peut être perdu, les enfants finissent par dépasser les 18 ans, et certains meurent même avant. Donc, le rêve d’être à nouveau l’un près de l’autre semble de plus en plus loin.

Cependant, il ne faut pas oublier que la grande majorité des réfugiés espèrent se réunir avec leur famille, tôt ou tard, même s’ils craignent que la relation soit grandement changée. Cette rencontre est pour ces personnes une source de motivation, mais encore plus important, elle devient le seul pont de repère avec leur passé.

Conséquences des séparations sur les individus : une fois réunis

            Les familles qui ont finalement réussi à s’unifier avec leurs conjoints et enfants éprouvent d’autres complications. Tout n’est pas rose dès l’arrivée de toute la famille dans le pays d’accueil. Plus particulièrement, les enfants qui retrouvent leurs parents après des années de séparation sont plus distants avec ces derniers. Ils se méfient de leurs parents, car à un jeune âge, il est difficile de comprendre les choix que ceux-ci ont du prendre, et ils se sont sentis abandonnés et trahies avant tout. D’autres enfants, habituellement plus âgés, montrent des signes de violence à cause de la colère et des nombreuses souffrances en eux, et parce que certains parents ne leur avaient pas envoyé de l’argent pendant la séparation (Moreau, Rousseau, Mekki-Berrada, 1999).

Le phénomène de réunification familiale comporte même des complications suite à plusieurs années de résidence au Canada. Ces observations on été émises sur plusieurs années de recherche afin de connaître les conséquences à long terme, ce dont pourquoi les sources disponibles à cette fin datent d’il y a 20 ans.

 Les parents ont tendance à avoir un choc culturel plus important que les enfants face aux ruptures avec le pays et la famille et le pays d’origine. Alors, ils ont une grande difficulté à comprendre l’indifférence de leurs enfants face à leur culture natale, et leur attachement au nouveau pays. Les parents réfugiés tentent donc d’imposer un lien artificiel à leurs enfants avec les valeurs et coutumes du pays qu’ils ont du fuir. Le détachement des enfants est donc un autre problème qui pèse sur tous les immigrants comme sur les réfugiés (Jacob, 1995).

CONCLUSION 

            La séparation familiale met en évidence des complications dont plusieurs ignorent, mais en réalité ces complications font parties du processus habituel des réfugiés, au même titre que les traumatismes. Ce pourquoi le gouvernement canadien doit mettre autant, sinon plus d’effort à faciliter le regroupement familial que l’aide qu’il apporte afin d’assumer leur survie immédiate. Le temps prolonge les séparations, rend la relation des couples plus vulnérable, et celle ave les enfants plus fragile à cause des inquiétudes et des peurs de l’abandon. Plus la durée de séparation sera courte, moins les tensions familiales seront grandes. Donc, une durée moyenne de plus de trois ans reste excessive et inacceptable. Le Canada se doit de prendre cette situation à cœur et d’y amener les modifications nécessaires, comme il l’a fait avec le processus de reconnaissance du statut de réfugié, afin d’éliminer les complications de la réunification familiale. Ce pour sont propre bénéfice, comme pour celui des réfugié.

par Elmira Oskuizadeh


MÉDIAGRAPHIE

1. Articles d’un périodique électronique en ligne:

Sarah V. WAYLAND, Ph. D., S’établir au Canada? Entraves politiques et juridiques, [En ligne], 2006, http://canada.metropolis.net/publications/pf_2_FRE_Immigration.pdf, (page consultée le 23 février 2015)

2. Articles tirés d’une base de données

JACOB, André. « Le récit sociobiographique dans l’intervention sociale avec les réfugiés », Comprendre la famille, [En ligne], 1995, Pages 397-410, dans Érudit, (page consulté le 24 février 2015)

MOREAU Sylvie, ROUSSEAU Cécile et MEKKI_BERRADA. « Politiques d’immigration et santé mentale des réfugiés : profil et impact des séparations familiales », Nouvelles pratiques sociales,  [En Ligne], dans Érudit, vol. 12 nº1, 1999, p.177-196

3. Publication gouvernementale

CANADA, SITE WEB DE LA LÉGISLATION, Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés, [En ligne], http://laws-lois.justice.gc.ca/fra/lois/I-2.5/page-1.html, (page consultée le 23 février 2015)

Les Hongrois et les Roms : Deux populations distinctes

Certes, les Roms et les Hongrois partagent le même territoire, mais cela ne signifie pas que ceux-ci ne forment qu’un seul peuple. En fait, la plupart des Hongrois rejettent l’idée que les Roms habitant le même pays soient reconnus par le même statut social et national qu’eux.

La marginalité des Roms se définit dans la mesure où la communauté vit différemment du reste de la société. En effet, ils n’ont pas accès aux mêmes services et les lois ne sont pas appliquées de la même manière pour la minorité et la population hongroise. Notamment, le milieu éducatif de Hongrie n’est pas égalitaire pour les deux communautés et il représente une filiation discriminatoire. Les enfants Roms étudient dans des classes séparées des autres étudiants, pour cause de « besoins spécifiques » et « d’handicap éducatif ». Cette séparation scolaire se poursuit jusqu’au lycée, où 86% des élèves d’environs 16 ans n’étudient toujours pas dans les mêmes classes que les Roms.(Pierre Verluise, 2013) Aussi, certains Roms ont été placés dans des écoles spécialisées pour déficients mentales, pourtant ces derniers n’affichent aucun handicap. Ils représentent 90% des élèves de ces écoles. Seulement un tiers des Roms vont à l’école mixte, le deux tiers restant se partagent les écoles réservées à la minorité et les centres pour déficients (Global Voices, 2013). Les parents hongrois qui ne veulent pas voir leurs enfants assis à côté d’un Rom à l’école représentent un taux de 70%. L’origine de cette séparation volontaire entre les deux civilisations est l’idéologie qui soutient que le Rom est un individu dangereux et qu’il est préférable de s’en tenir à l’écart. Ensuite, la minorité ethnique est assujettie à une forme de discrimination qui brime leurs droits, au niveau du respect de la réglementation. L’appel à la cours est généralement plus long et les procès concernant des Roms se terminent par un jugement beaucoup plus sévère qu’à la normale (Markus Salzmann, 2012).  Par exemple, la justice hongroise a mise cinq ans pour poursuivre des assassins six de Roms ayant exécuté les meurtres entre mars 2008 et août 2009. Ils ont finalement été condamnés en 2013 (L’OBS, 2014). Bref, les hongrois jugent que les Roms ne doivent pas être traités de la même manière que le reste de la population. La minorité ethnique demeure conséquemment en marge et s’exclue de la vie citoyenne hongroise.

Par ailleurs, l’opinion publique veut que les Roms soient tenus responsables de tous ce qui ne va pas dans la société. Ils sont généralement considérés comme un fardeau pour la Hongrie. Plusieurs politiques et mesures gouvernementales ont été mises en place afin de favoriser l’intégration sociale de la minorité Rom. Notamment la loi LXXVII de 1993 sur les droits des minorités nationales et ethniques qui garantie une autonomie individuelle et collective aux treize minorités reconnues autochtones de Hongrie (Ministère des affaires étrangères Budapest, 2004). Par contre, le gouvernement présentement en fonction tente de plus en plus de les exclure de la société et de dissuader les Roms d’intégrer la vie publique et sociale de la Hongrie. Certaines mesures ont été mises en place pour favoriser indirectement la marginalisation des Roms. Par exemple, une loi abaissant l’âge auquel l’école est obligatoire a été instauré. Sachant que le taux de scolarisation de la population nomade est faible, cette loi encourage indirectement les jeunes Roms à ne pas aller à l’école, cela a donc pour effet de les tenir loin de la société (Pierre Verluise, 2013). Aussi, le gouvernement hongrois est étroitement lié avec le parti fasciste Jobbik. Celui-ci aborde la question Rom avec une idéologie raciste qui consiste à éliminer le peuple nomade « pour une meilleure Hongrie ». Les convictions des dirigeants du pays ont une incidence sur l’opinion publique et la manière dont les structures de la société vont façonner l’identité Rom (Markus Salzmann, 2012).

D’autre part, les Roms n’ont pas la confiance des hongrois. En effet, 60% des gens considèrent la minorité comme étant « généralement criminelle » (Sébastien Gobert, 2012). Pour remédier à leur position inférieure en société, un gouvernement national garanti par la loi hongroise sur l’autonomie des minorités a été développé. Cinquante-trois représentants dotés de quelques connaissances en éducation et en culture s’impliquent pour les droits de la communauté. Par contre, ce gouvernement est fortement critiqué pour son inefficacité et son haut niveau de corruption. La manipulation politique dont fait preuve le gouvernement rom rend difficile leur crédibilité face au reste de la société hongroise. Le haut taux de chômage des nomades attire également beaucoup de reproches à la communauté ainsi que leur vie professionnelle au noir très active. Aussi, étant donné la frontière idéologique et traditionnelle des deux populations, les relations entre celles-ci sont limitées et restreintes. Méfiants, les Hongrois n’osent pas créer de liaisons avec les Roms. Il existe une crainte de cette population partagée par la majorité des Hongrois (Sébastien Gobert, 2012).

Pour démontrer la perception critique de la population hongroise face aux Roms, il est inévitable d’aborder le concept de discrimination, de préjugé et de stéréotype. Ce sont d’anciennes croyances, des faits divers, la perception à première vue des Roms, qui justifient l’exclusion de la minorité ethnique de la société. Certains les considèrent comme « paresseux », d’autres comme « dangereux », et même « inutiles ». Le peuple de Hongrie partage son territoire avec des communautés Roms et il semble que ce soit un combat continu qui concerne le peuple nomade, la population hongroise civile et le gouvernement. Les relations interculturelles sont un débat d’actualité toujours présent dans le pays et aucune solution n’a encore été élaborée. Par exemple, le premier bébé hongrois de 2015 est d’identité rom. L’évènement s’est retrouvé dans l’actualité, accompagné de commentaires du vice-président, projetant la déperdition des hongrois à l’avantage des Roms (Le Monde, 2015).

Comme cela a été mentionné plus haut, il existe tout de même en Hongrie certaines organisations visant la lutte pour la protection des droits des minorités et pour la sauvegarde de leur identité, de leurs valeurs culturelles, de leur langue et de leurs traditions. Ces organismes, telles que le Centre Européen des droits des Roms, ou certains représentants au gouvernement, soutiennent la thèse que les communautés Roms ont leur place dans la société hongroise. Elles travaillent donc très fort afin de favoriser l’intégration de ces derniers et de les protéger contre toutes sortes d’injustices faites à leur égard dues à la mauvaise perception de la majorité de la Hongrie face à eux (Ministère des affaires étrangères Budapest, 2004). La Cour européenne des droits de l’Homme a notamment dénoncé la scolarisation isolée des Roms se retrouvant dans des centres pour handicapés. La présidente de l’ONG « Chance pour les enfants » réfute la directrice de l’institution, qui affirme que le but d’accueillir les jeunes Roms à cet école était de favoriser leur réinsertion au programme scolaire régulier en réglant leur troubles d’apprentissage, en affirmant que les faits démontrent le contraire (L’OBS, 2014).

Discours contre les expulsions forcées

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Erwan DEVERRE, Journée Internationale des Roms, 2013, sur Flickr, https://www.flickr.com/photos/38737012@N04/8627697080/, (page consultée le 27 avril 2015)

Arielle Desjardins

 

VERLUISE Pierre, Les Roms en Hongrie : sont-ils discriminés, 2013, http://www.diploweb.com/Les-Roms-en-Hongrie-sont-ils.html [En ligne], Diploweb (page consultée le 25 avril 2015),

Global Voices, Les Roms victimes de la lenteur de la justice hongroise, [En ligne], 2013, http://fr.globalvoicesonline.org/2013/09/18/153836/ (page consultée le 25 avril 2015)

SALZMANN Markus, Des pogroms anti-Roms organisés en Hongrie, 2012, World Socialist Web Site, , [En ligne], https://www.wsws.org/fr/articles/2012/sep2012/roms-s11.shtml (page consultée le 25 avril 2015)

L’OBS, Hongrie. Des enfants roms dans des écoles pour handicapés mentaux, [En ligne], http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20140128.OBS3989/hongrie-des-enfants-roms-dans-des-ecoles-pour-handicapes-mentaux.html, 2014, (page consultée le 25 avril 2015)

Ministère des affaires étrangères Budapest, Les Tsiganes/Roms en Hongrie, Dossiers sur la Hongrie, 2004, http://www.mfa.gov.hu/NR/rdonlyres/4B99AAD3-E9CC-4AAF-81C3-C3DE23278D91/0/Roma_fr.pdf

GOBERT Sébastien, Roms de Hongrie : un « non-enjeu » politique. Et pourtant…, [En ligne], revue Regard sur l’est, 2010, http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=1057 (page consultée le 25 avril 2015)

Le Monde, En Hongrie, un bébé rom au cœur d’une polémique sur le racisme, [En ligne], M Blogs, 2015, http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2015/02/09/en-hongrie-un-bebe-rom-au-coeur-dune-polemique-sur-le-racisme/ (page consultée le 25 avril)

 

L’intégration des immigrants au Québec

Trouver un travail n’est pas toujours évident!

Lors de l’immigration au Québec, il est difficile de s’intégrer dans la société et dans sa vie personnelle. Le Certificat de sélection du Québec ne garantit pas pouvoir trouver rapidement un emploi dans le domaine voulu. Il serait même surprenant pour l’immigré de trouver le même travail que celui qu’ils avaient dans leur pays d’origine.

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http://en.wikipedia.org/wiki/Rat_race

Un des plus grands défis auquel font face les nouveaux arrivants pour entrer sur le marché du travail se rapporte à l’épreuve pénible et éprouvante de la reconnaissance des titres de compétences étrangers (RTCE) (Lapierre, 2005). La reconnaissance des titres de compétences étrangers a été définie comme le processus qui consiste à vérifier si la formation et l’expérience de travail acquises dans un autre pays respectent les normes établies pour les travailleurs canadiens. Parmi tous les obstacles, celui qui a possiblement fait l’objet du plus grand nombre de cas est la question des qualifications des immigrants, si souvent dévalorisées ou effectivement encartées

Le manque de connaissance de la langue française ou anglaise dans certains cas, peut être un obstacle qui empêche les candidats à la recherche d’un emploi de s’en procurer un. Au Québec, le français est la langue du commerce et elle est majoritairement utilisée. Sa connaissance est nécessaire pour fonctionner au quotidien et pour trouver un emploi. L’anglais est un atout dans certains domaines et est parfois exigé par certains employeurs. L’absence de réseaux de connaissances, la difficulté de faire reconnaitre l’expérience et la formation acquises à l’étranger comptent aussi parmi les principaux obstacles pour trouver un emploi (Labelle, Rochet et Field, 2004).

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http://www.emprunter-malin.com/assurance-credit-garanties/

Il y a plusieurs obstacles à l’intégration sociale et professionnelle des immigrants au Québec sont bien documentés et comprennent: la non-reconnaissance des capacités et des compétences, les barrières linguistiques, les préjugés et la discrimination. Malgré ces obstacles, plusieurs réseaux sociaux peuvent venir en aide aux immigrés, en ce que les immigrants sont plus susceptibles d’avoir accès à l’information, les possibilités et les ressources qui peuvent les aider à obtenir un emploi correspondant à leurs attentes. En outre, l’accès à un réseau ethnoculturel peut être une source de soutien et aider à se régler et ne pas limiter l’intégration sociale et professionnelle des immigrants, mais, plutôt l’agrandir. Plusieurs programmes d’aides, que ce soit en personnes ou sur internet est disponible pour aider le nouvel arrivant pour le guider dans toutes les sphères de la vie dans le but d’assurer une intégration complète de l’immigrant et qu’il apprenne tout sur notre société et son fonctionnement (Baggioni, 2009).

Certains peuvent passer des mois et des années sans travail ou avec un travail plutôt médiocre comparativement à celui qu’ils possédaient dans leur pays d’origine à cause de la non-reconnaissance de leur diplôme. Plusieurs vont avoir un emploi, mais ont un salaire moindre et donc, pas assez pour faire vivre sa famille ou la gâter (Paillé, 2007). Par contre, avec les programmes qui sont mis en place pour aider les nouveaux arrivants, il est plus facile de retrouver le droit chemin et de savoir vivre comme il le faut et poursuivre les bonnes démarches pour atteindre une intégration qui permet aux nouveaux immigrés de progresser (Meintel, 2003).

Si l’immigrant arrive sans aucune connaissance et sans préparation à commencer une nouvelle vie en tant que nouvel arrivant dans un nouveau pays d’accueil, avec les programmes d’aide instaurés, il sera tout de même en capacité de bien s’intégrer et d’apprendre la culture et les manières québécoises. Il est toujours conseillé d’arriver avec un peu de préparation, lire un peu sur le mode de vie du Québec et tout ce qui est en lien ainsi de commencer à s’instruire et à rechercher un emploi avant d’arriver pour pouvoir commencer une vie saine lors de l’arrivée.

Donc, une solution disponible, facile et gratuite pour une bonne intégration au pays d’accueil est de respecter les démarches à suivre, demander de l’aide et prendre les informations nécessaires des programmes d’aides qui sont là pour aider les personnes dans le besoin et qui ont de la difficulté dans leur intégration.

Pour plus d’information sur le marché du travail à l’arrivée des immigrants au Québec, visitez l’article de Jean-Nicolas Gosselin!

                                                                                                        Pamela Majdalani  

Médiagraphie

Livres

  • BAGGIONI Daniel (2009), « Norme linguistique et langue(s) nationale(s) : variétés des processus de construction des identités linguistiques nationales dans l’espace européen passé et présent », in KASBARIAN J.-M. (ed.) (1994), Genèse de la (des) norme(s) linguistique(s), Hommage à Guy Hazaël-Massieux, Langues et langage n°4, Aix-en- Provence : Publications de l’Université de Provence (p. 27-53)
  • Labelle M., Rocher F., Field A. M. (2004). «La politique de contestation des minorités ethniques et racisées. Vers l’émergence d’une identité post-nationale?», dans M. Labelle et F. Rocher avec la collaboration d’A-M. Field (dir.), Contestation transnationale, diversité et citoyenneté dans l’espace québécois, Sainte-Foy, Presses de l’Université du Québec, p. 43-105.
  • MEINTEL Deirdre (2003), « L’identité ethnique chez de jeunes Montréalais d’origine immigrée », Sociologie et Sociétés, Vol. 24, n°2, automne 2003, Montréal : Presses de l’Université de Montréal (p. 73-89)

Thèses

  • Lapierre Vincent N. (2005). Le français, langue normale et habituelle du travail dans une économie ouverte, Québec, Conseil supérieur de la langue française, août.
  • MARTEL Pierre, CAJOLET-LAGANIERE Hélène (2006), Le français québécois : usages, standard et aménagement, Ste-Foy : Iqrc, Presses de l’Université Laval
  • Paillé M. (2007). «Se donner les moyens de franciser les immigrants», Le Devoir, Montréal, 23 mai, A7.

Les Roms de Hongrie

Les Roms sont arrivés en Hongrie à la fin du Moyen-Âge, quittant l’Inde suite à des attaques musulmanes menées contre les territoires habités par leur communauté. Cette lutte territoriale a forcé le peuple à migrer en Europe occidentale, d’où ils ont été expulsés à cause de leur culture étrangère et de leur faible connaissance en agriculture. Les Roms se sont donc dispersés en Méditerranée et en Europe centrale et orientale (Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, 1998).  L’empire Habsbourg a instauré certaines politiques d’assimilation très strictes, au 18e siècle, provoquant une baisse de la population tzigane hongroise. Plus tard, vers la moitié du 19e siècle, une importante vague d’immigration a permis à la minorité d’accroitre en nombre d’habitants. Ils forment aujourd’hui quelques 12 millions de personnes dans le monde, environs 8 millions d’entre eux se situent en Europe et la Hongrie compte approximativement 400 000 à 600 000 Roms, soit la plus importante minorité ethnique du pays (Ministère des affaires étrangères Budapest, 2004).

Formant 4 à 5% de la population du pays hongrois, trois groupes de communautés tziganes se distinguent. Les Romungro sont présent partout dans le pays, les Vlash se dispersent également sur la totalité du territoire hongrois, avec une plus forte densité au nord-est, puis les Beash qui se trouvent majoritairement au sud. À Budapest, on retrouve les trois groupes. Les Sintis forment un groupe Roms ayant un dialecte allemand, que l’on peut également retrouver en Hongrie, malgré leur population très faible. Pour cette raison, on ne les compte pas comme un groupe distinct de cette minorité (Ministère des affaire étrangères Budapest, 2004).

Historiquement, la place des Roms en Hongrie est instable. Lors de la guerre contre les conquérants turcs, les tziganes avaient un rôle important dans la société, puisqu’ils ont été engagés comme artisans des outils de guerre. La plupart de ceux-ci ont donc cesser d’être nomade parce qu’ils ont trouvé avantage à avoir leur place en société, ils avaient une subsistance plus sûre. Plus tard, la reine Marie-Thérèse a interdit par décret l’appellation « Tzigane ». Ces derniers étaient désormais nommés comme « nouveaux paysans » ou encore « nouveau hongrois ». Cette politique visait l’élimination de l’identité rom par l’assimilation de ceux-ci. La reine s’est également opposée aux mariages entre Roms et a instauré une réglementation permettant à la société d’enlever les enfants de parents tziganes. Les mesures qu’a prises Marie-Thérèse se sont avérées efficaces. Par contre, plus tard encore, une ascension rom s’est fait sentir grâce à la musique, un domaine auquel les populations nomades sont fortement associées. Durant la deuxième moitié du 19e siècle, une deuxième vague de tziganes s’est fait, provenant de l’est et du sud, provoquée par le développement du capitalisme. Le mode de vie nomade ainsi que la langue des nouveaux arrivants ont créé d’innombrables conflits. Les oppressions des tziganes par la société et même par la justice ont découlé les unes après les autres. Notamment, en 1944, le gouvernement hongrois a procédé à la « Solution de la question tzigane », autrement dit, un génocide qui a tué entre 5000 et 30 000 Roms, le nombre varient selon les sources. La période démocratique entre 1945 et 1948 a apporté un changement positif aux relations entre les Roms et la société. Par contre, la situation s’est encore une fois aggravée suite à l’évaluation de la situation concernant le domaine économique du pays ainsi que le partage des grandes propriétés. Les citoyens hongrois craignaient la perte de possibilité d’emploi. En 1957, l’Association culturelle des Tziganes a été créé dans le but d’aider la communauté nomade à conserver leur langue ancestrale, à créer des emplois, à scolariser leur population, améliorer leurs conditions sanitaires et leurs conditions de vie. Quelques plaintes ont été portées à cause du fonctionnement très limité de cette association. Le 2/3 des Roms résident dans des bidonvilles. Ces derniers ont tout de même trouvé succès dans le domaine de l’art et de l’éducation populaire, mais les autres aspects de leurs conditions sont majoritairement en déficience et le stéréotype du Rom fainéant et criminel persiste. Leur niveau de vie des tziganes a rapidement reculé dû au manque de formation professionnelle des membres de la communauté. L’espoir réside dans le fait que plus le phénomène de discrimination à leur égard se multiplie, plus il y a une augmentation du nombre d’organismes civils tzigane (Ministère des affaires étrangères Budapest, 2004).

Bref, la place des Roms en Hongrie est incertaine. Le comportement cyclique du gouvernement à leur égard a de nombreuses répercussions sur la minorité.

Jeune Rom jouant de l’accordéon

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Mathieu GIGON, Jeune accordéoniste Rom, 2013, sur Foto Community, [En ligne], http://www.fotocommunity.fr/pc/pc/display/30073009, (page consultée le 27 avril 2015)

Arielle Desjardins

 

Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, Les roms en Hongrie, 1998, [En ligne], http://www.refworld.org/docid/3ae6a81c0.html , (page consulté le 25 avril 2015)

Ministère des affaires étrangères Budapest, Les Tsiganes/Roms en Hongrie, Dossiers sur la Hongrie, 2004, [En ligne] http://www.mfa.gov.hu/NR/rdonlyres/4B99AAD3-E9CC-4AAF-81C3-C3DE23278D91/0/Roma_fr.pdf (page consultée le 25 avril 2015)

Le tourisme humanitaire, qu’est-ce que c’est?

Source: Jessica Debanné
Source: Jessica Debanné

Le tourisme est au cœur de notre imaginaire collectif québécois, il s’agit d’un  véritable «phénomène de civilisation» s’adressant à toutes les classes sociales (Zunigo, 2011). En effet, d’ici 2030, il y aura 1,8 milliard de touristes à travers le monde (Gouvernement du Québec, 2014). Cette grande expansion du tourisme a toutefois des répercussions graves lorsqu’il est question du tourisme de masse. En effet, même si l’opinion publique semble considérer le tourisme comme un phénomène n’ayant que des répercussions positives, ce n’est pas tout à fait le cas. C’est pourquoi à la fin du XXe siècle, des formes de tourismes alternatives ont vu le jour de manière à ne pas encourager l’effet pervers que pouvait avoir un tourisme trop massif. C’est alors l’apparition du tourisme humanitaire une forme de tourisme axé sur l’Homme et sur l’entraide internationale.

À la fin du XXe siècle, on assiste à une individualisation des pratiques touristiques et ainsi à l’émergence de formes alternatives de tourisme. Le tourisme humanitaire, défini par l’UNESCO comme un tourisme «réfléchi et attentif à la culture de l’autre» (Gourdeau, 2011), est une nouvelle forme de tourisme qui voit ainsi le jour dans les années 1980 (Sacareau, 2007).  Ce faisant, en petits groupes et ne nécessitant pas d’installations particulières ou de services personnalisés, le tourisme humanitaire a des répercussions minimes, voire inexistantes, sur les populations locales. En effet, le voyageur humanitaire voyage de manière à freiner le tourisme de masse, un phénomène caractérisé par la migration massive de personnes vers un même endroit et qui se traduit souvent par un désastre écologique et une exploitation accrue des personnes issues des endroits visités. L’individu optant pour le tourisme humanitaire agit donc de manière respectueuse pour l’environnement culturel, historique et physique des pays visités. Celui-ci est donc habité par une grande conscience sociale qui se reflète sur sa manière de voyager. Les voyageurs humanitaires proviennent principalement des États-Unis, du Canada, du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande (Gourdeau, 2011). Ils sont pour la plupart des étudiants et des jeunes retraités. Le portrait type du voyageur humanitaire est une femme aux études, catholique, issu d’une famille bien nantie et fortement dotée en capital culturel et qui s’investissait déjà dans le bénévolat dans son pays d’origine (Zunigo, 2011).

Source: Alycia Leduc
Source: Alycia Leduc

De manière à faire vivre 7 milliards d’êtres humains de façon équitable, alors que les ressources diminuent et la demande est en croissance constante, il faut d’abord révolutionner notre manière de consommer et cela passe inévitablement par notre manière de voyager. Le tourisme humanitaire se base sur le désir du citoyen d’agir localement et concrètement pour aider les plus démunis. La population occidentale se conscientise aux effets néfastes de la surconsommation et de la mauvaise redistribution des retombées économiques ce qui la pousse à opter pour une forme de tourisme plus solidaire envers le genre humain (Rubeillon, 2014).  Le voyageur humanitaire est interpellé par sa conscience sociale et celui-ci souhaite donner un sens à ses actions en mettant à profit ses compétences. Pour ce faire, ceux-ci mettent leurs vacances de côté de manière à aller aider des communautés du tiers monde ou des pays en développement. Les principaux domaines dans lesquels ils peuvent s’investir sont la santé, l’éducation, l’agriculture et la construction (Le Routard, 2008).  Cherchant les échanges interculturels, ils souhaitent entrer en contact avec les populations locales. Ces touristes veulent s’immerger dans un environnement hors de leur zone de confort, où ils vivront dans un environnement rudimentaire et où ils devront user de leur capacité d’adaptation. Ainsi, les touristes humanitaires ne font pas que soutenir moralement l’entraide et la solidarité internationale, mais agissent concrètement en faveur de leurs idéaux.

Les raisons poussant les gens à faire un voyage humanitaire passent par le besoin d’améliorer son estime personnelle, le besoin d’accomplissement et le besoin de réalisation (Gourdeau, 2011). La motivation d’accomplir un voyage humanitaire pourrait donc s’expliquer par les besoins d’appartenance, d’estime de soi et d’activation de soi présents dans la pyramide des besoins de Maslow. Selon cette approche psychologique, les gens faisant un voyage humanitaire seraient motivés par le désir d’assouvir leurs besoins de développement personnel en aidant des gens qui n’ont pas les ressources pour répondre à leurs besoins fondamentaux (Zunigo, 2011). D’autre part, si on perçoit cette même motivation sous l’approche psychanalytique freudienne, de façon très simpliste, les gens feraient des voyagent humanitaire dans le but d’avoir du plaisir. En effet, le tourisme humanitaire reste une forme de tourisme ce qui veut dire que les motifs poussant les citoyens à réaliser un voyage humanitaire passent aussi par le simple plaisir de voyager, de visiter des contrées exotiques, de s’initier à une culture différente et à un nouveau mode de vie, à apprendre une langue étrangère et même à améliorer leur curriculum vitae (Gourdeau, 2011). Il s’agit donc d’une pratique où la dimension touristique n’est pas négligeable.

Au Québec, le tourisme humanitaire gagne en popularité d’année en année, surtout dans les milieux scolaires (Gourdeau, 2011). Il faut toutefois se questionner avant de choisir l’agence de voyages avec laquelle faire affaire de manière à s’assurer que les projets soient proposés par les populations locales et que les fonds sont bien redistribués. L’expérience du voyage humanitaire est d’une grande richesse et peut complètement changer la perception de la vie qu’ont les individus qui y participent. En plus d’y apprendre des valeurs comme l’entraide, la solidarité, la débrouillardise et la tolérance, le touriste humanitaire a la chance d’aider les moins bien nantis que lui à améliorer leur condition. Sur le plan humain, il s’agit d’une formule gagnante pour la formation d’individus plus ouverts sur le monde et conscientisés aux réalités extérieures.

Héloïse Downs

Médiagraphie

GOURDEAU, Geneviève. «Tourisme humanitaire : joindre l’utile à l’agréable», Le Soleil, [En ligne],http://www.lapresse.ca/le-soleil/voyages/201104/01/01-4385782-tourisme-humanitaire-joindre-lutile-a-lagreable.php (Page consultée le 14 février 2015)

LE ROUTARD. Humanitaire, [En ligne], http://www.routard.com/guide_dossier/id_dp/16/num_page/42.htm (Page consultée le 19 février 2015

MIGNON, Thomas. Le volontarisme ou comment des agences de voyages monétisent la pauvreté, [En ligne], http://www.rtbf.be/info/societe/detail_le-volontourisme-ou-comment-des-agences-de-voyages-monetise-la-pauvrete?id=8359733 (Page consultée le 16 février 2015)

ORGANISATION MONDIALE DU TOURISME. About us : History, [en ligne], http://www2.unwto.org/ (Page consultée le 21 février 2015

RUBEILLON, Gabriel. Le tourisme solidaire, le tourisme d’aujourd’hui?, [en ligne], http://www.doublesens.fr/actualites/le-tourisme-solidaire-le-tourisme-d-aujourdhui (Page consultée le 20 février 2015)

SACAREAU, Isabelle. «Au pays des bons sentiments : quelques réflexions critiques à propos du tourisme solidaire», téoros : revue de recherche en tourisme, [En ligne], vol. 26-3 (2007), p.6-14, dans Isidore (Page consultée le 19 février 2015)

SERVICE VOLONTAIRE INTERNATIONALE. Non au tourisme humanitaire, [En ligne], http://www.servicevolontaire.org/index.php?menu_selected=46&sub_menu_selected=199&language=FR (Page consultée le 14 février 2015)

WACKERMANN, Gabriel. « TOURISME », Encyclopædia Universalis, [en ligne], http://www.universalis.fr/encyclopedie/tourisme/ (Page consultée le 19 février 2015)

ZUNIGO, Xavier. « Visiter les pauvres », Actes de la recherche en sciences sociales, [En ligne], vol. 170 (2007), p. 102-109, dans CAIRN (Page consultée le 13 février 2015)

 

L’évolution de l’historique de l’adoption internationale au Québec

L’adoption est un phénomène  qui remonte à plusieurs siècles. Elle a été souvent pratiquée de façon informelle. Voici un aperçu de l’encadrement de l’adoption  à travers les années.

Le début de l’adoption

Au temps des Romains, les souverains qui n’étaient pas capables de concevoir un enfant en  adoptaient un pour avoir un héritier et assurer  la descendance (Gouvernement du Québec, 2015). Les Carolingiens qui régnaient sur l’Europe occidentale adoptaient un garçon pour sauver leur lignée dynastique et abandonnaient les filles et les enfants illégitimes (Tocanne, 2012). Durant les années 1780 et 1790, les révolutionnaires de la France trouvaient que l’adoption était un bon moyen pour arriver à une égalité sociale. Du Moyen-ÂgeUntitled jusqu’au XIXe siècle en Europe, les enfants qui étaient abandonnées par leurs parents étaient placées dans des foyers de l’Église. Elle essayait d’éviter l’abandon d’enfants dans la rue ainsi que des meurtres en les mettant dans des lieux où ils prenaient  soin d’enfants abandonnés (Ibid). Les enfants qui venaient de parents mariés avaient plus de droits que ceux qui venaient de parents qui ne l’étaient pas puisqu’ils étaient considérés comme légitimes(Ouellette, 2000). En plus de cela, les mères célibataires étaient rejetées de la société et ne recevaient aucun soutien,  la plupart des enfants donc nés en dehors du mariage était abandonné puisque c’était  difficile d’en prendre soin.

Depuis 1941, les femmes françaises pouvaient accoucher d’un enfant « sous X» si elles ne voulaient pas l’élever, ce qui veut dire qu’elles ne lui donnaient pas de nom, ni d’adresse. Ensuite, l’Aide sociale à l’enfance se chargera de trouver une famille pour l’adopter. Cela a permis de réduire les meurtres des enfants ainsi que les avortements qui étaient illégaux durant cette période de l’histoire (Ibid). Dans les années 60, l’adoption était un processus très secret pour garder la légitimité de leur famille puisqu’elle transgressait la société et la religion. La seule façon d’adopter c’était de garder l’anonymat du processus (Ibid). Depuis le XIXe siècle, le nombre d’abandons commence à devenir important puis n’arrête pas d’augmenter. C’est une pratique courante non seulement dans les familles défavorisées puisqu’elles ne peuvent pas prendre soin de l’enfant. Les bourgeois aussi sont impliqués dans ce problème d’abandon. Il n’est pas question du manque d’argent, mais de l’humiliation que leur apportera un enfant en dehors du mariage.

Le changement de l’adoption en s’étendant à l’international

L’adoption internationale débute au XXe siècle grâce à l’amélioration des services sociaux , de la communication entre pays et la hausse du taux d’infertilité dans les pays industrialisés. De plus en plus de personnes réalisent que le taux d’abandon est en hausse(Ibid). La Seconde Guerre mondiale empire la situation  puisqu’elle laisse des milliers d’enfants sans famille et abandonnés sur la rue. La guerre leur fait tout perdre. Dans les années 60, les États-Unis et l’Europe commencent à réaliser l’importance de ce problème et décident d’aider en accueillant les orphelins qui ont tout perdu à cause de la guerre. Ils s’associent donc avec l’Amérique latine et l’Asie pour réaliser des adoptions d’un pays pauvre à un pays développé. Le portrait de l’adoption internationale change grâce à la considération du bien pour l’enfant.

Les gouvernements des pays défavorisés veulent encourager de plus en plus le maintien de l’enfant dans son pays d’origine et considèrent en premier la communauté ou les familles qui seront désireuses d’adopter à l’intérieur du pays. Les enfants qui sont proposés à l’adoption sont donc moins nombreux, plus vieux ou ont des problèmes de santé (Duchaine, 2014). Cela fait en sorte que même s’il y a un grand nombre de familles qui seront prêtes à adopter à l’international, il n’y a pas assez d’enfants offerts (Ibid). En général, les parents doivent attendre quatre ou cinq ans avant de pouvoir adopter leur futur enfant puisque la liste d’attente est très longue

« Évolution de l’Adoption internationale au Québec », 2000-2013, [adoption-quebec.png], sur le site de Adopter à Haïti, [En ligne], https://adopterahaiti.wordpress.com
« Évolution de l’Adoption internationale au Québec », 2000-2013, [adoption-quebec.png], sur le site de Adopter à Haïti, [En ligne], https://adopterahaiti.wordpress.com
pour le nombre d’enfants qui sont proposés pour être adoptés(Girard, 2003). En 1989, on effectue moins de 300 adoptions d’une liste d’attente qui constituait environ 1 500 inscriptions (Ibid). À cause de cela les organismes ont dû renforcer les critères des couples pour qu’ils soient admissibles à adopter un enfant.Certains organismes d’adoptions agréés refusent même les parents célibataires, les couples non mariés, des personnes divorcées, les handicapés et les obèses. D’autres regardent aussi la scolarité des appliquants et leur revenu. La Chine, la Corée du Sud ainsi que la Thaïlande sont reconnues pour être plus sévères en choisissant les futurs parents des enfants (Ibid).

En 1970, la conscience à propos du taux d’orphelins commence à s’accroitre et on éprouve un essor en 1990 avec un grand nombre d’adoptions internationales (Ibid). L’année suivante est une grande année d’adoption ainsi que 1995 et 1996. Par contre, à l’arrivée du deuxième millénaire, il y a une décroissance du taux d’adoption. L’année 2003 est la seule où il y avait un assez grand nombre et depuis, le nombre d’adoption est en baisse constante( Tessier, 2005). Le renforcement des systèmes de protection des enfants cause une chute drastique d’enfants disponibles à adopter puisque le processus est devenu beaucoup plus complexe et strict (Bellerose, 2015). C’est pour cette raison qu’on voit  une énorme baisse de l’adoption internationale après les années 2000.

Pour conclure,  c’est à travers la compréhension de la souffrance  de l’enfant qu’on réussit à lui trouver des solutions et lui  garantir une  pratique qui lui permettra  de trouver la sécurité du noyau familial.

 

Tamara Al Kabain

 

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L’intégration des Immigrants au Québec: L’intégration fonctionnelle.

Le Québec, une société d’accueil!

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L’immigration au Québec est un des efforts les plus importants de la vie de l’immigrant. Plusieurs défis présents à l’adaptation d’une nouvelle société et de se tailler une place dans ce monde. Dès l’arrivée au Québec, l’immigré fera l’expérience de nombreux changements et va chercher de nouvelles façons créatives de faire les choses.

Le Québec est une société enrichie par la diversité qui accueille les immigrants des quatre coins de la terre avec leur savoir-faire, les compétences, la langue, la culture et la religion. Tous les Québécois jouissent des droits et libertés reconnus par la Charte des droits et libertés (Chicha et Charest, 2008). En collaboration avec des partenaires publics, privés et communautaires, le gouvernement du Québec fournit des services d’accueil et de soutien pour l’intégration sociale, économique et culturelle ainsi que des cours de français adaptés aux besoins des personnes qu’elle accueille.

Au Québec, le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles (MICC) est l’une des principales sources d’information. En outre, les organismes communautaires qui reçoivent un soutien financier du MICC aident aussi à accueillir et intégrer les immigrants. Comme ils sont très conscients des besoins des nouveaux arrivants, ils peuvent aider de manière très concrète (Lapierre, 2005). Pour faciliter l’intégration et aider les nouveaux arrivant, les services offerts par les organismes de MICC et communautaires sont gratuits. Mais, seulement l’évaluation comparative des études effectuées hors du Québec comporte des couts.

Pour bien s’intégrer, il est important pour les immigrés de comprendre le système du Québec. Il est donc primordial de comprendre que tous les Québécois, y compris les nouveaux arrivants, jouissent des droits et libertés reconnus par la Charte des droits et libertés et sont tenus de respecter les valeurs qu’elle consacre. En tant qu’immigrant, il leur est engagé à la prise en charge de leur processus d’intégration et de commencer dès que possible, avec les moyens qui sont à leur disposition (Aleong, 2010). Il est également important de s’engager à comprendre et respecter les valeurs communes de la société québécoise ainsi que toutes ses lois, indépendamment de leurs convictions personnelles. La réussite d’une bonne intégration dépend, dans une large mesure, des efforts mis et de la capacité de chacun à s’adapter à la société québécoise. Chacun à un rôle actif a joué à chaque étape du processus d’intégration. Il y a des services publics et communautaires qui sont disponibles pour soutenir et aider les personnes qui en ont besoin à chaque étape du développement de l’immigrant ( Bouchard, 2000).

L’étape la plus importante dans l’intégration est d’assurer une bonne intégration fonctionnelle qui est de s’assurer une survie en quelque sorte donc, de se trouver un logement, un travail, une école pour les enfants… Lorsque l’immigrant entre en contact avec leur nouvelle société et des différentes façons, il est probable de faire face à quelques problèmes d’adaptation comme la difficulté à trouver un emploi, l’incertitude financière, le choc culturel, le fardeau des responsabilités familiales dans un nouvel environnement. Les enfants peuvent également avoir des difficultés à s’adapter, notamment à l’école. Ces problèmes peuvent se traduire par des difficultés d’apprentissage ou l’isolement. Pour remédier à la situation, l’immigrant doit être persévérant et chercher le soutien dont il a besoin en consultant les ressources de la société d’accueil. Diverses ressources peuvent aider à surmonter les difficultés. Au Québec, il est courant de demander de l’aide en dehors du cercle de famille et des amis. Il y a un organisme communautaire pour les immigrants et un Centre de santé et de services sociaux qui sont disponibles pour aider les personnes qui ont certaines difficultés à s’intégrer (Paillé, 2007) .

Une langue qui voyage, une culture qui se partage!

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Le Québec est une société de langue française, démocratique et pluraliste fondée sur la primauté du droit, ce qui signifie que tout le monde a la même valeur et la dignité ainsi que le même droit à la protection en vertu de la loi. Connaissance et respect des valeurs de la société québécoise sont nécessaires pour s’adapter au nouvel environnement et pour y participer pleinement (Chicha et Charest, 2008). En signant la déclaration sur les valeurs communes de la société québécoise, la personne s’engage à respecter les valeurs communes de la société québécoise et de vivre au Québec dans le cadre de ces valeurs et de s’y conformer.

Parler français est une nécessité. La société québécoise est régie par la Charte de la langue française qui fait du français la langue officielle du Québec. Le français est la langue des institutions publiques et la langue standard commune de travail, enseignement, des communications, du commerce et des affaires. Québec se soucie de préserver et de promouvoir sa langue officielle (Meintel, 2003). Le français est non seulement un outil de communication essentiel, mais aussi un symbole commun d’appartenance à la société québécoise. Pour intégrer dans leur nouveau milieu de vie, les immigrants qui ne parlent pas couramment le français doivent faire un effort pour apprendre. Pour les y aider, le gouvernement du Québec offre des cours de français. Les enfants d’immigrants qui s’installent de façon permanente au Québec fréquentent normalement l’école française. Les candidats qui souhaitent exercer une profession règlementée par un ordre professionnel doivent démontrer une connaissance suffisante de la langue française afin d’obtenir un permis régulier (Martel et Cajolet-Laganière, 2006) .

L’immigrant qui ne maitrise pas la langue française sera dirigé vers un programme de francisation qui lui permettra d’arriver à communiquer avec son entourage. La francisation est présentée comme la mesure politique la plus significative sur le plan linguistique et culturel. De ce fait, la capacité de communiquer, grâce à l’appropriation de la variété du français, est un facteur linguistique de l’intégration. De plus, à la fin cette formation, les immigrants auront acquis des compétences linguistiques et sociolinguistiques qui leur permettent une mobilité linguistique et sociale limitée. La francisation est une des mesures de politique linguistique mise en place au Québec dans le but de faire du français le vecteur et la caractéristique de l’intégration des immigrants. L’intégration désigne un état de forte interdépendance ou cohérence entre des éléments ou bien des processus sociaux. Apprendre le français et l’adopter comme une langue commune de la vie publique compose des exigences nécessaires à l’intégration. En effet, la langue est non seulement l’instrument essentiel qui permet la participation, la communication et l’interaction avec les autres Québécois, mais elle est également un symbole d’identification. Pour un immigrant, l’apprentissage du français vient conforter le développement de son sentiment d’appartenance à la communauté́ québécoise. Pour les membres de la société d’accueil, le partage d’une langue commune, le français, avec les immigrants faciliterait l’ouverture à la diversité. Les immigrants doivent développer un sentiment d’appartenance à la communauté québécoise. Selon le Gouvernement, les immigrants doivent inévitablement mettre en place une démarche d’intégration, en s’assurant de ne pas s’isoler, ne pas se replier sur leur culture et à s’ouvrir à la société́ d’accueil. Ils doivent se sentir de plus en plus Québécois ( Bouchard, 2000).

Pour plus d’informations sur la langue et son importance au Québec jetez un coup d’œil à l’article de Remy Ahishakiye!

                                                                                                    Pamela Majdalani  

Médiagraphie

Livres

  • ALEONG Stanley (2010), « Normes linguistiques, normes sociales, une perspective anthropologique », dans BEDARD E., MAURAIS J. (2010), La norme linguistique, Coll. L’ordre des mots, Québec : Gouvernement du Québec, Paris : Le Robert (p. 255-581)
  • BOUCHARD Gérard (2000), Le français comme langue de la citoyenneté et vecteur d’intégration culturelle au Québec, Mémoire présenté à la Commission des États généraux sur la situation et l’avenir de la langue française au Québec, nov. 2000, Montréal.
  • MEINTEL Deirdre (2003), « L’identité ethnique chez de jeunes Montréalais d’origine immigrée », Sociologie et Sociétés, Vol. 24, n°2, automne 2003, Montréal : Presses de l’Université de Montréal (p. 73-89)

Thèse

  • Lapierre Vincent N. (2005). Le français, langue normale et habituelle du travail dans une économie ouverte, Québec, Conseil supérieur de la langue française, août.
  • MARTEL Pierre, CAJOLET-LAGANIERE Hélène (2006), Le français québécois : usages, standard et aménagement, Ste-Foy : Iqrc, Presses de l’Université Laval
  • Paillé M. (2007). «Se donner les moyens de franciser les immigrants», Le Devoir, Montréal, 23 mai, A7.