Archives de catégorie : Les Roms

Aperçu de la situation général des Roms en France

 

La situation à laquelle les Roms sont confrontés en Europe n’est guère reluisante. En effet, les Roms doivent passer à travers nombre d’adversités chaque jour pour arriver à survivre dans des conditions de vie plus que difficile et guère acceptable. Ces difficultés quotidiennes sont causées par une perception extrêmement négative des Roms par une large partie de la population ainsi que des classes dirigeantes. La perception des Roms par l’ensemble de la société française sera développée plus en profondeur dans un article connexe qui portera spécifiquement sur cet enjeu complexe. L’article suivant s’efforcera de tracer un rapide portrait de leur situation.

"Tziganes aux Saintes-Maries de la Mer" by Yann (talk · contribs) - Own work. Licensed under GFDL via Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Tziganes_aux_Saintes-Maries_de_la_Mer.jpg#/media/File:Tziganes_aux_Saintes-Maries_de_la_Mer.jpg
« Tziganes aux Saintes-Maries de la Mer » by Yann (talk · contribs) – Own work. Licensed under GFDL via Wikimedia Commons – http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Tziganes_aux_Saintes-Maries_de_la_Mer.jpg#/media/File:Tziganes_aux_Saintes-Maries_de_la_Mer.jpg

Selon les recensements officiels, en France, les Roms n’étaient que quelque 16 949 Roms (Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement, 2013) répartis sur l’ensemble du territoire en 394 campements. Cette population ne représente qu’une infime partie de la population totale de la France qui comptait, en date du 1er janvier 2014, 66 020 994 (France, insee,2014) personnes. La population rom représente donc moins de 0,026 % de la population globale française. Étant donné que les Roms constituent une minorité dont le pourcentage est aussi faible, on pourrait s’attendre à se que l’attention médiatique sur le groupe soit beaucoup moins élevée que la visibilité auquel ils ont droit. Cependant, les Roms sont régulièrement dans les médias qui sont un enjeu français et européen important.

Cette si grande attention médiatique est imputable à leur condition de vie inacceptable et aux politiques prises par le gouvernement français  pour régler la « question rom ». Pour les dirigeants qui se sont succédé, les Roms semblent troubler l’ordre, la sécurité et l’esthétique urbaine. Les responsables prennent donc des mesures pour régler ces trois points sans voir la question dans son ensemble. Il en résulte des politiques contreproductives et qui augmentent la visibilité médiatique négative (Legros, Olivier; Vitale Tommaso , 2011)telles que les évacuations. En effet, les évacuations forcées des campements Roms sont un moyen de signifier le retour à l’ordre en déplaçant une communauté considérer dangereuse.  (Legros, Olivier; Vitale Tommaso , 2011) Cette mesure  renforce dans l’opinion publique l’image négative attribuée au groupe.  De plus, les évacuations ne  sont que des « opérations de cosmétique urbaines ». (Legros, Olivier; Vitale Tommaso , 2011) C’est-à-dire qu’elles visent l’atteinte d’un espace propre, ordonné, paisible et homogène. Les pouvoirs publics préfèrent déloger les Roms plutôt que d’essayer de les reloger. 19 380 personnes  ont été évacuées en 2013 (LEXPRESS,2013). Des personnes ont donc été évacuées plusieurs fois au cours de l’année. L’année suivante, en 2014, il y a eu 135 expulsions soit environ 3 expulsions par semaine qui ont touché 80 % des Roms selon Philippe Goossens, reporteur à la LDH (Ligue des droits de l’Homme). La LDH est très sévère à l’égard de la France sur la question des Roms, car elle rappelle que les Roms sont rarement expulser en Espagne et qu’ils sont beaucoup mieux accepté dans la société en général.  ( Maryline Baumard, 2015)

La LDH note que les conditions de vie dans les bidonvilles sont très difficiles. Dans les bidonvilles roms, il y a au moins 1300 personnes qui vivent sans aucune forme de traitement des déchets, ce qui provoque un amoncellement des déchets et la présence de rats. En plus, il y a plus  de 3700 Roms qui vivent sans accès à de l’eau courante selon la « Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement ». Les évacuations récurrentes forcent souvent les Roms à vivre dans la rue, car ils n’ont pas de temps de prendre leur bien personnel et leur logement est détruit. ( amnistie internationale,2013) Cela a bien sûr un impact très négatif sur leur condition d’hygiène. On peut citer en exemple le cas d’un enfant de 4 ans qui « a attrapé une shigellose, maladie infectieuse liée au manque d’hygiène ».( amnistie internationale,2013)

En France, les roms, comme tout voyageur qui réside sur le territoire de façon permanente plus de 3 mois à accès à des soins de santé de base appelée « Aide médicale d’État (AME) »( amnistie internationale,2013). Cependant pour y avoir accès il faut avoir une adresse ou être domiciliées dans un centre communal d’action sociale, un centre intercommunal d’action sociale (CCAS ou CIAS)( amnistie internationale,2013) ou un organisme agréé, certaines associations par exemple. « La domiciliation administrative » reste un des freins les plus importants à un accès au soin de santé pour la population rom. En effet, plusieurs mairies demandent des critères impossibles à remplir et les Roms se voient donc refuser l’accès à « Aide médicale d’État (AME) »( amnistie internationale,2013).

Un autre des enjeux pour les populations roms en France est l’accès au travail. Encore une fois, l’administration rend l’accès au travail plus difficile. Les Roms ont le droit d’être en France puisque leurs pays d’origine (la plupart des Roms français proviennent de Roumanie et de Bulgarie ( Le parisien,2013) font partie de l’UE, depuis 2007 (  Le parisien,2013). Après un séjour de plus de 3 mois, ils ont cependant des critères à remplir pour pouvoir légalement rester. Ils sont ainsi tenus de « trouver un emploi, de suivre des études ou de justifier des ressources suffisantes ainsi que d’une couverture maladie » (vosdroits.service-public.fr). Pour avoir un emploi, ils doivent tout d’abord obtenir un permis de travail. Malheureusement, les procédures sont « longues et coûteuses »(Legros, Olivier; Vitale Tommaso,2011). De plus, la demande d’autorisation de travail doit être faite par l’employeur auprès de « l’unité territoriale de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi  (Direccte) »  (  Le parisien,2013).  Les employeurs prêts à faire de telles démarches sont rares et on se retrouve ainsi avec plusieurs milliers de personnes exclues du marché du travail. (Legros, Olivier; Vitale Tommaso,2011 ) Par contre, il ne faut pas généraliser cette situation à l’ensemble des Roms. En effet, on note la présence de Roms ouvriers, commerçant ou encore artisans(Legros, Olivier; Vitale Tommaso,2011 ). Cependant, les groupes les plus récents, ceux arrivés de Roumanie et de Bulgarie, vivent dans une situation économique précaire. Ils sont donc poussés à des activités de subsistance informelle telles que « le travail de chantier non déclaré, la collecte de ferraille et les activités de rue (mendicité, musique, lavage de pare-brise de voiture, etc.) » On peut noter également un phénomène de délinquance chez les jeunes. (Legros, Olivier; Vitale Tommaso,2011 )

Bref, les Roms sont une population complexe. Ils ne sont pas tous des bandits ni des voleurs. De même ils ne sont pas tous pauvres. Cependant, la grande majorité vie, malheureusement, dans des conditions pénibles. Les préjugés, les barrières et discriminations administratives ainsi que les politiques mises en place sur les Roms sont tous des freines à une éventuelle intégration dans la société. Cette intégration est souhaitable tant pour les Roms qui pourraient ainsi sortir de la pauvreté que pour la société française en générale.

— Antoine Brouillette

Médiagraphie:

amnistie internationale, condamnée à l’errance. Les expulsions forcées de Roms en France. [En ligne], 2013, http://www.amnesty.fr/sites/default/files/Rapport_Expulsions_forc%C3%A9es_de_roms_en_France_260913.pdf Consulté le 21 février 2015).

Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement, l’anticipation et l’accompagnementdes opérations d’évacuationdes campements illicites : point d’étape, 2013(en ligne)http://www.scribd.com/doc/171189634/Roms (consulté le 22 février 2015)

France, insee, Bilan démographique 2014,( en ligne) http://www.insee.fr/fr/themes/detail.asp?ref_id=bilan-demo&reg_id=0 (page consulté le 22 février 2015)

Legros, Olivier; Vitale Tommaso « Les migrants roms dans les villes françaises et italiennes : mobilités, régulations et marginalités », géocarrefour, Vol. 86/1 [En ligne], 2011, http://geocarrefour.revues.org/8220 (Page consultée le 22 février 2015)

LEXPRESS, « 20 000 Roms évacués en 2013, soit deux fois plus que l’année précédente » dans l’express, société (en ligne) http://www.lexpress.fr/actualite/societe/roms-deux-fois-plus-de-roms-expulses-en-2013-que-l-annee-precedente_1313961.html#OKe3BzJz5TjK8qxj.99 (consulté le 19 février 2015)

Maryline Baumard, « La France a expulsé un camp de Roms tous les 3 jours en 2014 », dans le monde, société, (en ligne) http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/02/03/la-france-a-expulse-un-camp-de-rom-tous-les-3-jours-en-2014_4569112_3224.html#GIU95kbfW133yCfc.99

Le parisien. «  Roms : ce que disent les lois française et européenne » dans le parisien, politique (en ligne) http://www.leparisien.fr/politique/roms-ce-que-disent-les-lois-francaise-et-europeenne-27-09-2013-3175087.php(consulté le 21 février 2015)

Éditorial : Les Roms : parasites ou simples voyageurs ?

Roms, Tsiganes, Gypsies, Sintis, Gitans, Bohémiens, Manouches, et pourtant, une seule réalité. Les gens du voyage sont présents partout dans le monde, essentiellement en Europe, mais ils sont très méconnus. Qui sont-ils réellement ? Des voleurs, des arnaqueurs, des profiteurs, des bandits, des brigands ? Durant cette recherche, nous voulons répondre à ces questions et agrandir nos connaissances sur les Roms puisqu’il représente un enjeu majeur en Europe.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/08/Mrap-roms.jpg
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En effet, ils représentent une minorité ethnique estimée entre 10 et 12 millions d’individus en Europe, soit 1,2%. de la population de l’Union Européenne et ils sont également la minorité la plus imposante d’Europe(Alexandre Boudet,2011). Les Roms, en provenance de l’Inde, forment un peuple migratoire qui s’est étendu sur l’ensemble du territoire européen(Marcel COURTHIADE). Ceux-ci sont caractérisés par leur mode de vie nomade et insoumis aux lois des sociétés contemporaines dans lesquelles ils se trouvent. Les racines de ce peuple incarnent l’essence même de la migration de l’Orient à l’Occident, depuis le Moyen-Âge, ce peuple se fraie un chemin à travers les pays en direction de l’ouest, jusqu’aux grandes villes d’Europe dans le but d’améliorer leurs conditions de vie ou tout simplement pour fuir leur situation. Les Roms sont surtout présents en Europe de l’Est, dans les pays comme la Roumanie et la Bulgarie, mais ils sont aussi trouvés en Europe de l’Ouest, où leur situation est plus précaire(Marcel COURTHIADE), sauf en Espagne ou ils sont probablement le pays où ils sont le mieux intégrés(Alexandre Boudet,2013). Dans le cadre de ce travail, nous étudierons la Hongrie, l’Italie, la France ainsi que l’Espagne. Un portrait des Roms sera fait pour chaque pays, en analysant la perception des habitants envers ce groupe, la participation des Roms à la vie active de leur terre d’adoption, le choix d’intégration de certains Roms à s’intégrer à la société en plus de l’évolution de la réglementation entourant ce peuple.

L’importance du sujet provient du fait qu’il touche  les aspects socioculturels et socioéconomiques des pays dont nous allons traiter. En effet, les Roms sont autour de plusieurs enjeux qui reviennent souvent dans l’actualité des territoires dont nous allons traités. Les différentes autorités concernées cherchent toutes des solutions à ce qui est considéré  comme étant un problème, les roms. En effet, les Roms ne sont pas ou sinon très peu intégré dans leur terre d’accueil. Cette intégration désastreuse des Roms aux sociétés européennes mène à de graves problèmes sociaux, économiques et culturels(Legros, Olivier; Vitale Tommaso, 2011) . Condition de vie insalubre, difficulté à intégrer le marché du travail, racisme et discrimination sont le lot de l’adversité que les Roms doivent affronter sur une base quotidienne.(Legros, Olivier; Vitale Tommaso, 2011) Ainsi, pour toutes ces raisons, même si les Roms ne constituent qu’une infime partie de la population de l’Union européenne, ils représentent un enjeu paneuropéen de taille qui fait régulièrement les manchettes.

Cette recherche se fait en parallèle avec plusieurs controverses qui surviennent ces dernières années avec les Roms dans les pays étudier. Évacuation forcer sont notamment le quotidien des Roms en France et en Italie(Legros, Olivier; Vitale Tommaso, 2011) . Les pays ne savent pas comment réagir fait à ce peuple nomade qui semble vivre en marge de la société. Les pays cherchent à trouver des solutions face à la situation actuelle. En temps qu’équipe, nous pensons que ces solutions ne sont malheureusement pas toujours à l’avantage des Roms et nous voulons comprendre grâce à cette recherche pourquoi il semble exister un clivage entre la population en générales et les Roms et pourquoi les gouvernements semblent démontrer une réaction hostile à leur égard.

Renaud Beauregard Leblanc, Antoine Brouillette Arielle Desjardins, Alycia Leduc.

Alexandre Boudet ,« Roms en Europe : comment les gouvernements répondent à la question» dans politique, huffingtonpost ( en ligne), http://www.huffingtonpost.fr/2013/09/29/roms-europe-gouvernements-reponse_n_3980507.html

Marcel COURTHIADE, « ROM », Encyclopædia Universalis [en ligne], http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/rom/

Legros, Olivier; Vitale Tommaso « Les migrants roms dans les villes françaises et italiennes : mobilités, régulations et marginalités », géocarrefour, Vol. 86/1 [En ligne], 2011, http://geocarrefour.revues.org/8220

 

La perception des Roms en Italie

La haine d’une population envers ce groupe.

L’aspect le plus important de la vie des Roms en Italie est la constante haine qu’ils reçoivent de la part des Italiens. Une grande majorité des Italiens perçoit les gens de cette communauté comme étant des étrangers, des non-Italiens inutiles au fonctionnement du pays à cause de leur manque d’éducation et leur manque de culture. (Scicluna, 2008)

En Italie, les Roms sont tellement considérés comme une classe inférieure, qu’ils ne sont même pas reconnus comme une minorité, selon la définition officielle du pays, «Tous les Roms sont nomades, et non des citoyens italiens, ils ne peuvent vivre que dans des endroits isolés du reste de la société italienne». (2012) Le racisme envers les groupes nomades en Italie est très présent et il ne cesse d’augmenter. D’ailleurs, des groupes extrémistes anti-roms se sont créés un peu partout à travers le pays et ils obtiennent l’appui des dirigeants publics et des partis politiques, en plus d’avoir le support des grands médias pour diffuser leurs messages haineux à la population. Ces messages sont grandement diffamatoires envers les gens du voyage et ces groupes ne s’empêchent pas de diffuser des idéaux anti-Roms partout au pays, ce qui incite la population à vouloir les expulser. Ces pensées raciales qui accablent le pays ont d’ailleurs provoqué plusieurs crimes haineux envers les Sintis, depuis les la fin des années 90, le nombre de crimes a grandement augmenté et ces actes sont souvent perpétrés par des groupes néonazis, des groupes organisés, des individus seuls ou parfois même la police. On voit souvent des Roms se faire tabasser par des groupes de gens, on voit aussi des camps roms incendiés, etc. Une bonne partie de ces crimes provoque des blessures graves  ou même la mort et ils se passent souvent en pleine nuit. (2006)

Discrimination envers les Roms

Probablement associés à la haine qu’ils reçoivent, les Roms sont victimes de beaucoup de discrimination de la part des Italiens. La population en générale les voit comme une population de voyous qui vole et pille pour subvenir à leur besoin, ce qui fait que les Roms ne parviennent pas à se trouver du travail, ni de logement adéquat. Du côté des Italiens, ils affirment que c’est dû au fait que les Sintis sont illettrés et ne parlent pas, pour la plupart, la langue du pays, ce qui ne fait qu’aggraver la situation. (Scicluna, 2008) Ce phénomène se fait aussi grandement sentir chez les forces de l’ordre, les policiers font souvent preuve de discrimination envers les Roms, ils les maltraitent et les abusent seulement sur des idées discriminatoires préconçues qu’ils ont d’eux. Les policiers vont souvent faire des fouilles sur des Roms au hasard et sans motif apparent, cela est accepté, car même les autorités judiciaires ont ces préjugés envers ce peuple, ce qui fait que la discrimination n’est pas sur le point de s’arrêter en Italie. (2006) Un autre fait marquant de la discrimination envers ce groupe, sont les constantes expulsions dont ils font face par les autorités régionales. En effet, ces expulsions sont toujours faites spontanément et de manière agressive sans se douter de la sécurité des enfants, des personnes âgées et des femmes enceintes vivant dans ces «bidonvilles», ils les laissent sur le bord de la rue sans logement ni endroit où aller en plus d’ignorer la scolarisation des jeunes Roms. Ils sont donc pris à aller dans un autre pays où ils seront tout autant rejetés par la population. (2012) Les médias sont un grand facteur sur la perception des Roms par les Italiens, aux informations, c’est toujours le mauvais côté des Roms qui est présenté, comme les nombreux crimes qu’ils commettent, la prostitution dans laquelle ils sont impliqués, etc. Ce qui fait que toute la population italienne ne fait qu’entendre de mauvaises choses de la part des Sintis et donc les gens se créer cette image très néfaste de cette communauté, ce qui mène à une discrimination encore plus grande à leur égard. (UNAR ET IISMAS, 2012) Dernièrement, le conseil de l’Europe a déclaré que l’Italie avait exagéré le mauvais traitement des Roms et qu’elle les avait même menés «à l’état de sans-abri » (2010), ce n’est rien pour améliorer leur condition toujours aussi précaire.

 Renaud B. Leblanc

Médiagraphie

Les Roms d’Espagne: qui sont-ils?

Avant d’entrer au cœur du sujet, il est primordial de connaître davantage la population gitane. Pour se faire, j’ai dressé un portrait de cette société. Je vous présente donc leur histoire, les quartiers où les gens du voyage vivent, leurs caractéristiques générales de même que leur intégration en Espagne.

Histoire

Le peuple Gitan est très présent en Espagne. Son apparition dans le pays remonte au 15e siècle selon Diane Cambon. (Diane Cambon, 2006) Les Gitans sont arrivés à la suite de la reconquête sur l’occupation arabe. Leur explication d’arrivée dans le pays est le désir d’effectuer un pèlerinage à St-Jacques-de-Compostelle. Selon l’auteur, ces gens seraient des musiciens qui étaient descendus jusqu’en Andalousie. À l’époque, ils allaient de ville en ville pour jouer de la musique et participer aux différentes fêtes. Ils étaient aimés, car ils divertissaient la population. Il y avait tout de même quelque chose de spécial entre ces voyageurs et les autres habitants d’Espagne. Il semblait y avoir un silence, un mystère. Déjà, on ne savait pas s’ils étaient admis ou non. Ils étaient mieux dans ce pays qu’ailleurs, mais un rien pouvait les faire expulser. La population les acceptait tout de même, soit par foi chrétienne ou amitié irraisonnée. Au 18e siècle, ils gênaient les autorités. Pour remédier à la situation, les autorités ont interdit tout autre voyage. Ils devaient alors se sédentariser, changer de coutumes ou accepter de se faire expulser. C’est cette opposition du gouvernement qui a amplifié leurs liens et créé leur identité collective. En 1749, un conseil de guerre oblige leur expulsion brutale. Comme les règles n’étaient pas claires, cette crise n’a créé qu’une confusion dans le pays. Les familles d’Andalousie étaient bien intégrées et s’entendaient bien avec leurs voisins non-gitans. En 1763, les autorités instaurent plutôt l’ordre de libération qui met fin à ce désir d’expulsion. (François Coupry, 2001) Les autorités ont longtemps hésité entre une politique d’expulsion ou d’intégration des Gitans en Espagne. Ces hésitations ont permis à cette population de développer de nombreux traits culturels originaux. Au cours de la crise de 1749, les autorités avaient peur que les Gitans répandent des épidémies. Les citoyens ont appuyé les Gitans, car ceux-ci avaient une conduite irréprochable, vivaient en harmonie avec les autres et participaient à l’économie. (Henriette Asséo, 1994)

Quartiers gitans

En Espagne, les Gitans sont plus de 650 000. La région la plus populeuse est l’Andalousie avec 270 000 Roms. Catalogne en regroupe 80 000 et Madrid 60 000. (Gitanos, 2015) Dans les quartiers, les rues sont en asphalte défoncé, pleines de déchets, d’électroménagers endommagés et de nombreux chiens errants s’y promènent. Les maisons sont préfabriquées ou improvisées. El Vacie est le plus grand et le plus ancien bidonville d’Europe. La moitié des Gitans d’Espagne y vivent. Elle se situe dans la banlieue de Séville et le quartier s’étend sur deux kilomètres avec plus de 200 familles. (Diane Cambon, 2006)

Portrait de la population

La population est très jeune. 45% des Gitans ont moins de 16 ans. L’âge moyen pour avoir des enfants est de 16 à 20 ans chez les femmes et 18 à 22 ans chez les hommes. Pour ce qui est de l’éducation, une étude démontre que 70% des Gitans de plus de 16 ans n’ont pas les études obligatoires (Gitanos, 2015) et que 40% d’entre eux ne savent ni lire ni écrire. Notons tout de même l’évolution depuis 1977 qui était de 80% de la population. La majorité des jeunes ont effectué des études secondaires, mais seulement 30% ont obtenu un BAC. (Diane Cambon, 2006) L’analphabétisme est un des grands problèmes de cette communauté. Les conséquences sont nombreuses. Il est beaucoup plus difficile pour ceux-ci d’avoir de bons emplois par exemple. L’accès à l’éducation est difficile, car les parents valorisent l’aide des enfants dans les tâches quotidiennes ainsi qu’au travail. (Gitanos, 2015)

Les Gitans se reprennent peu à peu en main. Les jeunes vont en garderie et sont éduqués, les femmes militent et joignent des associations. Elles ne suivent plus la tradition pour ce qui est de leur rôle. L’éducation et la panoplie d’enfants ne semblent plus être leur priorité. Elles ont même organisé leur premier sommet à Grenade. De nombreux services sont aussi offerts à la population gitane tels des ateliers pour leur montrer qu’il y a une vie hors des quartiers. Par exemple, on leur propose « Auto estime » ou « Choisis pour toi » afin qu’ils soient plus outillés. (Diane Cambon, 2006)

Intégration

Le Roms d’Espagne s’intègrent bien à leur pays contrairement à d’autres pays comme l’Italie. L’Espagne a instauré de nombreuses politiques d’intégration et mise sur la tolérance. C’est d’ailleurs ce qui fait le succès de leur intégration. Selon une étude menée par l’institut Open Society, 53% des Roms qui avaient émigré en Espagne avaient un emploi contrairement à plusieurs communautés ou le chômage est à son apogée. Leur domaine principal est l’agriculture. Les conditions de vie diffèrent dans chaque pays. Alors qu’en Roumanie et Bulgarie, seulement 20% des Roms ont accès à des toilettes correctes, en Espagne ce taux augmente à 95%. Les conditions de vie y sont meilleures. (Laurence Nauer, 2012)

Un des problèmes en Espagne semble être le désintérêt de la population pour les Roms. En effet, la population gitane n’est pas une priorité. C’est donc ce qui les conduit vers l’exclusion sociale et la misère. Cependant, même s’ils sont mal vus, ils ne sont pas une cible pour les autorités. Alors qu’en France on démantèle les campements, en Espagne ils sont plus libres quant à leurs logements. Les installations sont le dernier des soucis de l’administration espagnole. Personne ne s’occupe du phénomène même si des fonds européens sont disponibles pour ce genre de cas. Leur façon de vivre en Espagne est dite inclusive. On y instaure des politiques d’intégration afin de favoriser leur accès à l’emploi, aux services de santé, aux logements et à l’éducation. Tout n’est tout de même pas parfait. Le pourcentage de racisme envers les gitans est toujours très élevé. Ils sont d’ailleurs victimes de xénophobie. (Le Huffington Post, 2013)

Selon Alexandre Boudet, les Gitans sont entre 10 et 12 millions sur le continent européen. Le pays européen accueillant le plus de Roms est l’Espagne. Selon le Conseil de l’Europe, ils seraient 750 000. L’Espagne serait le pays où ils sont le mieux intégrés. Les autorités locales ont lancé un plan reposant sur quatre piliers qui a coûté plus de 100 millions d’euros. Ils misent sur l’éducation, la santé, le logement et les actions en faveur des femmes. Madrid se distingue aussi par ses enseignements basés sur l’égalité de traitement et la discrimination ethnique. (Alexandre Boudet, 2013)

Pour un résumé de l’histoire et de la situation des Roms, voici un reportage d’Euronews :

Alycia Leduc

Médiagraphie

BOUDET Alexandre. « Roms en Europe : comment les gouvernements répondent à la question », Le Huffington Post, [En ligne], http://www.huffingtonpost.fr/2013/09/29/roms-europe-gouvernements-reponse_n_3980507.html (page consultée le 15 février 2015)

CAMBON Diane. « Les Gitans en Espagne », Rencontres Tsiganes, [En ligne], http://www.rencontrestsiganes.asso.fr/spip.php?article309 (page consultée le 15 février 2015)

COUPRY François. Les Gitans, Toulouse, Les Essentiels Milan, 2001, (p. 20-21)

ASSÉO Henriette. Les Tsiganes une destinée européenne, Paris, Découvertes Gaillimard, 1994.

Le Huffington Post. « La France expulse les Roms et démantèle leurs campements, tandis que l’Espagne les ignore », Le Huffington Post, [En ligne], http://www.huffingtonpost.fr/2013/10/05/france-expulse-roms-espagne-ignore_n_4047842.html (page consultée le 15 février 2015)

NEUER Laurence. « Les Roms bulgares et roumains s’intègrent bien en Espagne selon une étude », Le Point, [En ligne], http://www.lepoint.fr/societe/les-roms-bulgares-et-roumains-s-integrent-bien-en-espagne-selon-une-etude-28-06-2012-1478716_23.php (page consultée le 15 février 2015)

« La población gitana española », Gitanos, [En ligne], http://www.gitanos.org/publicaciones/guiasalud/cultura_02 (page consultée le 15 février 2015)

Les Roms d’Espagne: comment sont-ils perçus?

 

Gitano/Gypsy/Roma family, Plaza Major, Trujillo, Extremadura, Spain. Date: April 1996 Source: Photo by Joe Mabel Author: Joe Mabel Permission (Reusing this file) GFDL granted by photographer http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Trujillo_gitanos.jpg
Photo by Joe Mabel, April 1996
http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Trujillo_gitanos.jpg

En Espagne, les Roms se distinguent du reste de la communauté. Ils ne sont pas considérés tout à fait Espagnols.

Divergences

Tout d’abord, ils n’ont pas la même culture que leur pays d’adoption. Les Gitans possèdent leurs propres traditions et valeurs. La famille passe avant tout dans cette communauté. Si un individu est malade, toute la famille doit s’entraider pour le soigner. On valorise aussi le groupe avant l’individu. L’égoïsme est mal vu. La parole est plus importante que l’écrit, c’est pourquoi les femmes sont responsables de transmettre oralement les savoirs aux plus jeunes. Les aînés sont d’une importance capitale. On leur doit respect en tout temps. Les morts occupent aussi une grande place. (Gitanos, 2015) Ainsi, la culture des Roms se distingue de celle des Espagnols. Dans une société où l’individualisme est des plus présents et où les aînés sont vus comme un fardeau, un fossé se crée entre les Gitans et le reste de la population.

L’histoire des Roms aussi est différente. Leur présence en Espagne ne date que du 15e siècle. Les Gitans sont arrivés à la suite de la reconquête sur l’occupation arabe. Leur explication d’arrivée dans le pays est le désir d’effectuer un pèlerinage à St-Jacques-de-Compostelle. Selon l’auteur, ces gens seraient des musiciens qui étaient descendus jusqu’en Andalousie. À l’époque, ils allaient de ville en ville pour jouer de la musique et participer aux différentes fêtes. Ils étaient aimés, car ils divertissaient la population. (François Coupry, 2001)

Leur éducation n’est pas la même non plus. L’analphabétisme est un grand problème chez les Gitans. 40% des Tziganes ne savent ni lire, ni écrire. Cependant, ce pourcentage est en décroissance. En 1977, 80% d’entre eux se retrouvaient dans cette situation. Beaucoup d’enfants ne vont pas à l’école par obligation d’aller travailler ou par devoir d’être femme ou mère pour les filles. (Diane Cambon, 2006)

Les Roms vivent dans des quartiers réservés aux gens du voyage. Les rues y sont en asphalte défoncé, pleines de déchets, d’électroménagers endommagés et de nombreux chiens errants s’y promènent. Les maisons sont préfabriquées ou improvisées. El Vacie est le plus grand et le plus ancien bidonville d’Europe. La moitié des Gitans d’Espagne y vivent. Elle se situe dans la banlieue de Séville et le quartier s’étend sur deux kilomètres avec plus de 200 familles. (Diane Cambon, 2006)

Toutes ces divergences font en sorte que les Roms sont marginalisés en Espagne. Ils sont différents et forment donc une classe à part. C’est pourquoi ils vivent ensemble, isolés des autres. Un des problèmes dans ce pays semble être le désintérêt de la population pour les Gitans. En effet, la population gitane n’est pas une priorité. C’est donc ce qui les conduit vers l’exclusion sociale et la misère. Cependant, même s’ils sont mal vus, ils ne sont pas une cible pour les autorités. Alors qu’en France on démantèle les campements, en Espagne ils sont plus libres quant à leurs logements. Les installations sont le dernier des soucis de l’administration espagnole. Personne ne s’occupe du phénomène même si des fonds européens sont disponibles pour ce genre de cas. Leur façon de vivre en Espagne est dite inclusive. On y instaure des politiques d’intégration afin de favoriser leur accès à l’emploi, aux services de santé, aux logements et à l’éducation. (Le Huffington Post, 2013)

Intégration

Le Roms d’Espagne s’intègrent bien à leur pays contrairement à d’autres pays comme l’Italie. L’Espagne a instauré de nombreuses politiques d’intégration et mise sur la tolérance. C’est d’ailleurs ce qui fait le succès de leur intégration. Selon une étude menée par l’institut Open Society, 53% des Roms qui avaient émigré en Espagne avaient un emploi contrairement à plusieurs communautés ou le chômage est à son apogée. Leur domaine principal est l’agriculture. Les conditions de vie diffèrent dans chaque pays. Alors qu’en Roumanie et Bulgarie, seulement 20% des Roms ont accès à des toilettes correctes, en Espagne ce taux augmente à 95%. Les conditions de vie y sont meilleures. (Laurence Nauer, 2012) L’Espagne serait le pays où ils sont le mieux intégrés. Les autorités locales ont lancé un plan reposant sur quatre piliers qui a coûté plus de 100 millions d’euros. Ils misent sur l’éducation, la santé, le logement et les actions en faveur des femmes. Madrid se distingue aussi par ses enseignements basés sur l’égalité de traitement et la discrimination ethnique. (Alexandre Boudet, 2013)

Lutte

Les Gitans se reprennent peu à peu en main. Les jeunes vont en garderie et sont éduqués, les femmes militent et joignent des associations. Elles ne suivent plus la tradition pour ce qui est de leur rôle. L’éducation et la panoplie d’enfants ne semblent plus être leur priorité. Elles ont même organisé leur premier sommet à Grenade. De nombreux services sont aussi offerts à la population gitane tels des ateliers pour leur montrer qu’il y a une vie hors des quartiers. Par exemple, on leur propose « Auto estime » ou « Choisis pour toi » afin qu’ils soient plus outillés. (Diane Cambon, 2006)

Au Cégep Gérald-Godin

Nous avons effectué un sondage afin de connaître la perception des étudiants sur la population gitane.

Les résultats du sondage sont clairs. La majorité des des étudiants du Cégep Gérald-Godin ne connaissent pas les Roms.  Nous avons constaté que les préjugés sont bel et bien nombreux auprès des étudiants. Même s’ils ne connaissent pas les gens du voyage, leur perception de ceux-ci est plutôt négative. Les Roms sont vus comme voyous, voleurs, fardeaux alors que leur réalité est pourtant bien différente.

Alycia Leduc

Médiagraphie

BOUDET Alexandre. « Roms en Europe : comment les gouvernements répondent à la question », Le Huffington Post, [En ligne], http://www.huffingtonpost.fr/2013/09/29/roms-europe-gouvernements-reponse_n_3980507.html (page consultée le 15 février 2015)

CAMBON Diane. « Les Gitans en Espagne », Rencontres Tsiganes, [En ligne], http://www.rencontrestsiganes.asso.fr/spip.php?article309 (page consultée le 15 février 2015)

COUPRY François. Les Gitans, Toulouse, Les Essentiels Milan, 2001, (p. 20-21)

Le Huffington Post, « La France expulse les Roms et démantèle leurs campements, tandis que l’Espagne les ignore », Le Huffington Post, [En ligne], http://www.huffingtonpost.fr/2013/10/05/france-expulse-roms-espagne-ignore_n_4047842.html (page consultée le 15 février 2015)

NEUER Laurence. « Les Roms bulgares et roumains s’intègrent bien en Espagne selon une étude », Le Point, [En ligne], http://www.lepoint.fr/societe/les-roms-bulgares-et-roumains-s-integrent-bien-en-espagne-selon-une-etude-28-06-2012-1478716_23.php (page consultée le 15 février 2015)

« La población gitana española », Gitanos, [En ligne], http://www.gitanos.org/publicaciones/guiasalud/cultura_02 (page consultée le 15 février 2015)

Portrait des Roms en Italie

Les Roms ou Sintis sont présents en Italie depuis le 15e siècle, ils proviennent pour la plupart, des régions du sud-ouest de l’Europe d’où ils ont été repoussés par l’expansion de l’Empire ottoman vers le nord. Suite à la Première Guerre mondiale, tous les Roms présents sur le territoire italien se sont vu donner la citoyenneté italienne, donc pendant quelques années, il n’y avait presque qu’aucun Rom sans papiers dans le pays. C’est seulement après des évènements comme la Deuxième Guerre mondiale; la guerre des Balkans et l’abolition du régime de visa en Italie en 2002 que de nombreuses vagues d’immigrants Roms ont eu lieu vers le pays. Au dernier recensement, on comptait environ 140 000 Roms en Italie, et de ce nombre, 80 000 avaient leur citoyenneté italienne. De plus, environ 12 000 d’entre eux vivent dans des camps aux alentours des grandes métropoles de Rome, Naples et Milan, mais ont les retrouves aussi par milliers dans les autres grandes villes du pays.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c9/Roma_boy_in_bear_costume_sm.jpg
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Un des grands problèmes dans ce pays est le fait que les Italiens ne voient pas les Roms d’un bon œil, que ce soit les autorités ou bien la population en général, ils préfèrent ne pas trop s’en approcher. En effet, les Roms sont souvent perçues comme des voleurs, des arnaqueurs, des bandits, ou simplement des hors-la-loi. Les Roms sont donc victimes de beaucoup de racisme de la part des Italiens, ils sont entre autres considérés comme des étrangers, car ils vivent, pour la plupart dans des camps en marge de la société, même si 70% de leur population est sédentaire depuis des décennies. Cela provoque des préjudices à leur égard et résulte à de la discrimination dans la vie de tous les jours, ils ont donc de la difficulté à se trouver un emploi, ils sont expulsés de plusieurs endroits public et constamment mis à l’écart par les Italiens. Donc, les Italiens attribuent souvent la communauté rom à une classe inférieure, illettrée, sans emploi, qui doit mendier et voler pour survivre et préfèrent n’être en aucun point associés à eux. (Scicluna, 2008)

À cause de cette mauvaise perception, les Roms se font constamment maltraiter par les Italiens. Il y a par ailleurs, le maire d’une ville au nord du pays qui propose que sa ville possède deux services de bus public, un pour les Italiens et un autre pour les Roms, car il affirme que les gens de sa commune ne sont pas en sécurité avec ces personnes dans les autobus. On lui reproche d’ailleurs d’agir comme en Afrique du Sud à l’époque où la ségrégation raciale était en vigueur. (2014) C’est un cas comme tant d’autres où la population exprime une certaine appréhension envers ce groupe d’individu. En Italie, même la police les maltraite, parfois les policiers amènent des Roms hors de la ville et les laisses sur le bord de la route, sans chaussures, à eux même et ils doivent revenir en marchant, parfois pendant plusieurs heures. La haine envers les Roms en Italie peut aller loin, le 14 juin 2004, cinq Italiens ont lancé des cocktails Molotov sur un camp rom et ont gravement blessé une jeune fille de 7 ans en plus de détruire la majorité de ce que possédait cette communauté. (Scicluna, 2008)

En plus de subir une discrimination de la part des Italiens, les Roms sont constamment expulsés des endroits où ils vivent et les autorités n’y vont pas de main morte pour le faire, ils commettent plusieurs violations au droit de l’homme, dont notamment, le droit à l’éducation des enfants. Même si plusieurs familles roms réussissent à envoyer leurs enfants dans les écoles publiques d’Italie, les autorités essayent de les empêcher, ils les expulsent du pays sans tenir compte des enfants, de leur famille et surtout de leur droit en tant qu’être humain. Selon Thomas Hammarberg, commissaire au droit de l’homme : « Les autorités italiennes devraient respecter les normes internationales et du Conseil de l’Europe en matière de logement et d’expulsions et rendre la situation pleinement conforme à la Charte sociale européenne révisée » (2011). M. Hammarberg n’est pas le seul à avoir critiqué les Italiens, l’«European Roma Rights Centre» est sans contre dit le joueur le plus important dans cette histoire, ce groupe a vu le jour précisément pour faire face aux problèmes que vivent les Roms à travers l’Europe.  (Scicluna, 2008)

S’il est si compliqué de régler la situation des Roms en Italie, c’est qu’il n’y a aucune loi nationale à leur sujet, c’est la responsabilité des villes de décider du sort des camps roms et de leurs habitants. La plupart des municipalités les voient comme des nuisances à la vie en société, mais au fond, les Roms ne sont que des gens qui tentent de se trouver un boulot pour pouvoir manger et se loger. (Culurgioni, 2010)

Renaud B. Leblanc

Mediagraphie

 

La perception des Roms en France

http://pixabay.com/en/alternative-earth-eye-globe-155991/
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Cet article portera sur la perception des Roms par la société française. Cette dimension de leur situation est importante, car la perception peut déterminer si leur perception va aller en s’améliorant ou alors en se dégradant. En effet, s’ils sont bien perçus, le peuple français va être plus enclin à bien les intégrer. Malheureusement, nous allons voir que ce n’est pas le cas et que les Roms sont très peu intégrés.

À une enquête de l’organisation ROMEUROPE, une personne aurait donné la définition suivante de ce qu’un Rom serait : « La définition d’un Rom ? C’est une personne qui ne veut pas travailler, qui ne veut pas s’intégrer (…) qui a une hygiène d’un autre temps (…) qui en quittant les lieux laisse un joli tas d’immondices. »(Romeurope,2011) Cette définition nous donne un aperçu des stéréotypes dont les Roms sont victimes. Ces stéréotypes s’expliquent de nombreuses façons. Premièrement, une mauvaise compréhension de la réalité rom pourrait en être à l’origine. Ce manque de connaissance de l’autre, ici le Rom, conduit à l’apparition de stéréotypes. Il y a une généralisation et toutes les ROMS sont associées au fait de voler. Cependant, ce n’est pas tous les Roms qui volent, même si « une minorité visible qui est poussée par la misère par la mendicité (…), la majorité de la société rom reste invisible. » ( Sarter Frédéric,2010).

Le meilleur exemple des préjugés est leur condition de vie difficile. Ils vivent dans des bidonvilles insalubres (amnistie internationale,2011)sont à l’origine des problèmes qu’ils peuvent éprouver dans le maintien d’une hygiène corporelle adéquate. Cependant, ce n’est pas un peuple aimant vivre dans la saleté»(Romeurope,2011). La mendicité et la paresse dont ils sont souvent accusés s’expliquent aussi. Les villes, où il y a une présence rom, les installent souvent dans des aménagements situés loin des opportunités d’emplois.

De plus, l’obtention d’un permis de travail obligatoire pour travailler est longue, couteuse et difficile ce qui réduit le nombre d’employeurs prêt à faire les démarches. (Legros, Olivier; Vitale Tommaso  2011) Devant la difficulté d’accéder à un emploi, ils ont recours à des activités informelles (travail non déclaré, collecte de ferraille, travail de rue : mendicité, musique, lavage de pare-brise) et parfois à la délinquance, en particulier pour les jeunes( Sarter Frédéric,2010).Toutes ces activités contribuent à la vision négative des Roms, mais elles ne sont souvent pas effectuées par choix, mais par besoin.

De plus, on peut noter une incompréhension sur ce qu’est un Rom. Les gens ont tendance à associer trop facilement et à généraliser les termes « gens du voyage » et Roms. Ils voient ainsi les Roms comme des populations nomades qui voyagent pour vivre, alors que la majorité des Roms français ont un mode de vie sédentaire (Legros, Olivier; Vitale Tommaso  2011). Leurs migrations récentes étaient souvent pour des motifs économiques ou pour fuir la guerre de l’ex-Yougoslavie des années 1990( Sarter Frédéric,2010). À cause de cet amalgame, les gens ont tendance à appuyer les évacuations des camps roms, car ils jugent que cette population est habituée à la migration. Dans un sondage paru en 2012, 80 %  (FOURQUET, Jérôme,2013) des Français étaient favorables à l’évacuation des camps. Les nombreux impacts négatifs (réduit accès soins de santé, diminue la scolarisation, errance, destruction biens privés Roms, etc.)(Amnesty international, 2011) rendent les expulsions nuisibles et selon le même sondage, 73 % des Français sont au courant que la mesure est inefficace. Les Français appuient donc majoritairement une mesure nuisible qu’ils savent inefficace.(sic)

La vision négative est renforcée par les mesures politiques de droite privilégiant l’ordre et la sécurité ainsi que par la montée d’un populisme en quête d’un bouc émissaire aux maux de la société(Sater frederic, 2010). Les Roms représentent un bouc émissaire idéal, car leur situation économique difficile les empêche de bien s’organiser et de pouvoir peser dans le débat public (GAILLARD Barthélémy,2013).   Les politiques prisent par la France, spécialement les expulsions forcées et répétées, les places dans une situation de précarité et augmentent de façon démesurée leur visibilité dans l’espace public( Legros, Olivier; Vitale Tommaso,2011) en plus d’être inutiles. En effet, les Roms roumains, majoritaires en France, arrivés à partir des années 1990, ont été perçus comme « un fait social, un évènement médiatique, une invasion incontrôlée »(GAILLARD Barthélémy,2013) alors que la population rom représente moins de 1 % de la population. Dans l’opinion publique, les Roms sont devenus alors un enjeu de taille qui était avant peu connue et qui, tout d’un coup, s’est retrouvée à être très médiatisé. La visibilité démesurée va participer à stigmatiser les Roms (Sater frederic, 2010).

 

La vidéo suivante de marine Le Pen expose la vision de la droite en se qui attrait aux Roms. Pour elle l’ensemble des Roms sont des «clandestins  donc des délinquants».

Les stéréotypes viennent appuyer la répression policière dont les Roms sont victimes. Par exemple, le quartier du Holweg à Forbach, majoritairement rom « a été pris d’assaut, à six heures du matin, par des dizaines de gendarmes et de policiers, appuyés d’hélicoptères »(Sater frederic, 2010) pour mettre cinq suspects d’une série de braquage en garde à vue. Il y a ici une preuve flagrante de répression et d’exagération policière qui assiège tout un quartier tôt le matin.

Pour conclure, les politiques gouvernementales inefficaces, la surcouverture médiatique, la répression populaire renforcent la méfiance à l’égard des Roms et les stéréotypes. Pendant que la population se méfie et exclu de plus en plus les Roms, ceux-ci victime au quotidien d’injuste se méfie de plus en plus également. Il y a naissance de « deux blocs de défiance, imperméable à l’autre ».   Mais, il ne faut pas cependant croire que la situation est sans espoir. Des solutions existent. La Hongrie devrait être prise en exemple par la France, où, en 2008, des policiers étaient formés à la culture rom et étaient accompagnés par des Roms durant leur patrouille. La police faisant également plusieurs réunions régulières avec la population. Les gestes de répression policière ont diminué et les Roms sont devenus plus enclins à coopéré. Un Rom s’est même engagé dans la police.

photo par: Erwan Deverre Journée internationale des Roms   Manifestation contre les expulsions forcées de Roms. Paris, 6 avril 2013. https://www.flickr.com/photos/38737012@N04/8627697080/
photo par: Erwan Deverre
Journée internationale des Roms
Manifestation contre les expulsions forcées de Roms. Paris, 6 avril 2013.
https://www.flickr.com/photos/38737012@N04/8627697080/

Finalement, j’aimerais finir cet article sur la perception des Roms avec deux citations qui illustrent bien le clivage qu’il existe entre la situation réelle et comment la classe politiques et, d’une façon plus large, la population semble percevoir les Roms. La première, qui date du 14 mars 2013, nous provient de   M. Manuel Valls (Ministre de l’Intérieur) « (…) hélas, les occupants de campements ne souhaitent pas s’intégrer dans notre pays pour des raisons culturelles ou parce qu’ils sont entre les mains de réseaux versés dans la mendicité ou la prostitution »(amnistie internationale,2011), et que les familles désireuses de s’intégrer « sont une minorité » . À cette affirmation cinglante j’opposerai celle-ci, d’une Rom française à la recherche de jours meilleurs : « Ici je ne sais pas combien de temps on va rester, autant que possible; moi je voudrais me stabiliser, mais je n’ai pas de chance. Je n’aime pas cette vie comme ça, je ne peux pas travailler, je ne trouve pas de maison, on n’a pas de papiers. Moi je voudrais juste une vie normale. »(amnistie internationale,2011)

-Antoine Brouillette

 

Romeurope«guide de la situation et des discriminations des roms en europe» (en ligne), 2011,  http://www.romeurope.org/IMG/pdf/GUIDE_ROMEUROPE_DEF-3.pdf

Sarter Frédéric, « Roms, une question européenne », Études 2/2010 (Tome 412) , p. 189-200 (en ligne) www.cairn.info/revue-etudes-2010-2-page-189.htm.(consulté le 18 mars)

amnistie internationale, condamnée à l’errance. Les expulsions forcées de Roms en France. [En ligne], 2013,http://www.amnesty.fr/sites/default/files/Rapport_Expulsions_forc%C3%A9es_de_roms_en_France_260913.pdf (Consulté le 21 février 2015).

Legros, Olivier; Vitale Tommaso « Les migrants roms dans les villes françaises et italiennes : mobilités, régulations et marginalités », géocarrefour, Vol. 86/1 [En ligne], 2011, http://geocarrefour.revues.org/8220 (Page consultée le 22 février 2015)

FOURQUET, Jérôme « 80 % des Français favorables au démantèlement des camps illégaux de Roms… mais 73 % jugent la mesure inefficace » dasn atlantico, (en ligne)

amnistie internationale, condamnée à l’errance. Les expulsions forcées de Roms en France. [En ligne], 2013,http://www.amnesty.fr/sites/default/files/Rapport_Expulsions_forc%C3%A9es_de_roms_en_France_260913.pdf

GAILLARD Barthélémy, « Les Roms ou la politique de la peur», dans non-fiction, politique, ( en ligne) http://www.nonfiction.fr/article-5969-les_roms_ou_la_politique_de_la_peur.htm ( consulté le 18 mars)

 

Analyse du sondage: des résultats alarmants

Nous avons effectué notre sondage auprès des étudiants du Cégep Gérald-Godin. Les résultats sont clairs, dans une très large majorité, les étudiants du Gérald-Godin, ne connaissent pas les Roms. On peut présumer que, comme les Roms vivent majoritairement en Europe, cela explique la méconnaissance dans le cégep québécois. En effet, puisque le nombre de Roms situés à l’extérieur de l’Europe est négligeable, les chances de les connaître sont moindres, car il ne s’agit pas d’un enjeu nord-américain.

La première question de notre sondage demandait simplement aux étudiants s’ils avaient déjà entendu parler de cette population. La majorité des gens, soit 75%, ont dit ne jamais avoir entendu parler des Roms et ce, même s’ils ont voyagé en Europe. Quelques individus avaient abordé le sujet au secondaire où avaient lu sur le sujet sur internet ou dans les médias, mais ils étaient peu nombreux.

Nous avons aussi demandé aux répondants à quoi le terme « Rom » leur fait penser. Plusieurs étudiants pensaient plutôt que le terme « Rom » était un habitant de la Roumanie ou une boisson alcoolisée.

En demandant aux jeunes une définition des gens du voyage, nous avons constaté que leurs connaissances sont limitées. Les étudiants n’ont pas donné de définition claire des gens du voyage. Pour eux, ce sont des gens comme les autres qui voyagent tout simplement. Ils n’ont pas conscience qu’il s’agit d’une population bien distincte dans leur pays d’adoption.

Nous avons demandé aux répondants s’ils pensaient que les Roms étaient bien intégrés dans la société. 75% des répondants nous ont dit non. Les étudiants sont donc conscients du fossé qui existe entre cette population et les autres habitants du même pays.

Nous avons aussi voulu savoir comment ils pensent que les sociétés occidentales perçoivent les Roms. Nous avons eu droit à toutes sortes de réponses. Dans la majorité des cas, les perceptions étaient négatives. Les Roms ont été qualifiés de voyous, voleurs, nuisances ou de problèmes. Pour une minorité, ils sont davantage des explorateurs ou des gens voulant se cultiver.

Une question a fait l’unanimité. Tous pensent que les Roms devraient avoir le même statut que les autres habitants de leur pays. Malgré leurs distinctions, les étudiants affirment qu’on devrait tous être égaux. 50% des répondants ont mentionné qu’ils seraient contents pour leur sœur si elle sortait avec un Rom.

Finalement, nous voulions savoir quels termes désignant les populations du voyage étaient les mieux perçus. 47% des répondants ont choisi « Gens du voyage » comme terme fétiche. 31% ont opté pour « Gitans » et 16% pour « Roms ». Le terme « Tsiganes » n’a reçu que 0,03% des votes.

En somme, les résultats de notre sondage ont confirmé notre hypothèse. Les Roms sont méconnus chez les étudiants. Les préjugés sur cette population sont très nombreux. Nous pensons que notre sondage a permis à certains de découvrir les gens du voyage et les faire réfléchir sur leur réalité. Le sondage confirme l’importance de notre recherche. Nous pensons qu’il est des plus nécessaires de faire connaître les Roms et ce qu’ils sont réellement, car il s’agit d’un enjeu européen de taille.

Renaud Beauregard-Leblanc, Antoine Brouillette,

Arielle Desjardins et Alycia Leduc