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L’IMMIGRATION EN FRANCE: PERSPECTIVE HISTORIQUE ET POLITIQUE

               Après avoir étudié les bénéfices de l’immigration en France, il difficile de concevoir pourquoi celle-ci est perçue comme un problème et parfois même comme un risque par les citoyens français. Malgré l’expérience sérieuse de la France en matière d’immigration, le pays se trouve confronté à des problèmes de gestion des flux migratoires et aussi d’intégration des immigrés. La ressource migratoire est une solution simple et logique au déficit démographique alarmant et au ralentissement économique du pays, toutefois les Français « se raidissent sur des crispations identitaires » (Ritaine, 2010). La position de la France dans un classement des pays européens selon leurs performances en matière de politique et d’intégration des immigrants parle d’elle même. La République française se trouve au 11e rang sur 28 pays: soit à peine dans la moyenne des performances. (Lacasse et Palard, 2010) On se demande alors pourquoi un pays, ayant une expertise ou du moins une habitude dans le domaine, se retrouve dans l’ère de la globalisation derrière ses compères. L’intégration à la française et, du coup, ses grandes idéologies semblent avoir échouées… Tentons de comprendre ces résultats à l’aide de la perspective politique, historique et sociologique.

 « National motto of France », sur le site Wikipédia, [En ligne], http://en.wikipedia.org/wiki/Libert%C3%A9,_%C3%A9galit%C3%A9,_fraternit%C3%A9#/media/File:Liberte-egalite-fraternite.png. (Page consultée le 28 avril 2015)
« National motto of France », sur le site Wikipédia, [En ligne], http://en.wikipedia.org/wiki/Libert%C3%A9,_%C3%A9galit%C3%A9,_fraternit%C3%A9#/media/File:Liberte-egalite-fraternite.png. (Page consultée le 28 avril 2015)

La politique d’immigration française

Définissons d’abord la politique d’immigration française, qui diverge considérablement de l’ensemble européen. Le mode d’intégration est fondé sur deux principes centraux: la citoyenneté et la laïcité. Cette philosophie considère que la meilleure façon d’intégrer un étranger à la société est de l’« abstraire de ses conditions sociales et culturelles d’origine» (Lacasse et Palard, 2010). Il ne faut pas confondre ce modèle idéologique avec un programme politique d’intégration, voire d’assimilation spécifique, c’est simplement un principe de la culture politique française qui s’appuie sur l’appartenance nationale et qui est applicable à l’ensemble des citoyens français. Cette recherche d’égalité peut être considérée comme une utopie politique puisqu’avec la citoyenneté française, vient un grand sacrifice humain caractérisé par une sorte « d’invisibilité citoyenne » (Lacasse et Palard, 2010).

La France: un pays d’immigration du travail

La France fut longtemps un pays d’immigration de travail, c’est-à-dire que l’entente migratoire était motivée par la condition de travailler au pays pour quelques semaines, mois ou années sans nécessairement s’établir définitivement. (Ritaine, 2010) Cette tendance s’est toutefois ralentie à partir de 1974, où une politique stricte de contrôle des flux fut établie. Cette date marque la fin des ouvriers spécialisés, mais ouvre la porte à une vague de revendication de nouveaux droits sociaux et syndicaux pour les immigrés. Le système social français est en période de crise, à la fin des années 60, tous les moyens pris par le gouvernement pour assurer une égalité des chances sont ébranlés: le système scolaire est en crise, causant, entre autres, un ralentissement important des possibilités d’ascension sociale et cela amène au recul notable de la protection sociale. Le cercle vicieux s’établit: la crise sociale produit des exclus, ce qui anime des tensions sociales entre nationaux et immigrés. Le tout est ainsi à l’origine de la montée de mouvements extrémistes de protestation comme des organisations d’extrême gauche, ou pire d’exclusion comme le Front National.

Répercussions de l’immigration à Marseille

À Marseille particulièrement, on assiste à un racisme généralisé qui est à l’origine, de mouvements de contestation. Plusieurs associations (comme la Fédération des associations de solidarité avec tous-te-s les immigré-e-s ou l’Association des travailleurs maghrébins de France) furent créées pour militer entre autres pour la reconnaissance des droits politiques des immigrés. La seconde génération issue de l’immigration maghrébine se retrouve victime de discrimination postcoloniale, leur frustration sociale laisse place à une mobilisation importante pour exiger la dignité et la liberté d’association. Cette dernière, seulement reconnue en 1981, est le droit « de constituer, d’adhérer et de refuser d’adhérer à une association » (Ritaine, 2010). De plus, le droit de vote persiste à être refusé aux étrangers, créant logiquement des rapports difficiles entre la culture musulmane et la société française. C’est la Marche des beurs de décembre 1983 qui est à l’apogée de la mobilisation sociale contre les discriminations liées à l’origine ethnique. Le quartier de la Cayolle à Marseille est témoin du meurtre raciste d’un enfant de treize ans: événement déclencheur du mouvement. 19 individus commencent donc une marche historique de Marseille à Paris, prêchant pour la valorisation de l’antiracisme, la citoyenneté de résidence, la carte de séjour de 10 ans, mais aussi le mélange de culture et l’identité plurielle. Bref, l’enjeu essentiel de cette période de l’histoire est de négocier socialement une politique d’appartenance collective comme Arabe et comme musulman dans la société française. Notez que la ville de Marseille joue un rôle central dans ce débat national considérant sa proximité géographique avec le Maghreb et, du coup, l’importance de sa communauté maghrébine. (Crépeau, 2009)

Un climat de tension généralisé

De 1984 à 1994, on assiste malheureusement au déclin du mouvement beur, qui donnait une image positive des jeunes musulmans, et à la montée d’attentats islamistes et par conséquent, du sentiment d’insécurité envers la culture musulmane. Cette décennie est marquée par autant d’avancées que de reculs sur le plan législatif en lien avec  l’intégration des musulmans. La communauté musulmane se nuit en fournissant aux médias une multitude d’images qui inquiète sérieusement l’opinion publique. Par exemple on voit dans les journaux des fidèles accroupis dans la rue, des salles de prières, l’apparition de marchés associés à l’islam avec des boucheries hallal, des syndicats religieux, des guerres de clans religieux, etc. Les Français blâment alors l’Islam comme cause principale de la difficulté des communautés maghrébines à s’intégrer dans la société. Méfiante, craintive et mal à l’aise, la population française confond plusieurs concepts comme l’islam, l’islamisme, l’intégrisme et le fondamentalisme. L’opinion publique est donc alimentée par des individus associant les stéréotypes négatifs face à l’Islam avec musulmans délinquants et clandestins.  Finalement, l’Europe empire le climat de tension en signant les accords de Schengen (1985) et de Dublin (1990) qui criminalisent le passage illégal des frontières et renforce encore une fois les contrôles. (Crépeau, 2009)

Interaction conflictuelle avec l’identité française

À partir de 1995, les communautés maghrébines sont en interactions constantes, mais conflictuelles avec l’identité française. Les nombreux attentats commis par de jeunes islamistes radicaux à Paris et à Lyon ont des répercussions à travers le pays. L’image des musulmans et des Arabes reste tachée par la branche radicale. Les problèmes sociaux chez les immigrés maghrébins persistent. Le chômage est expliqué par une discrimination à l’emploi, dans le logement, dans les affections scolaires et même dans le contact avec la police. L’actualité internationale nuit aussi à l’intégration des Maghrébins. Ces derniers sont associés aux attentats du 11 septembre et ils sont troublés par le conflit israélo-palestinien, par l’invasion de l’Iraq et aussi par l’intervention américaine en Afghanistan. Actuellement, les pouvoirs publics tentent encore d’apaiser les tensions en rétablissant l’ordre républicain. Entre autres, par la loi de 2004 sur l’interdiction du port d’éléments religieux ostentatoires à l’école. Bref, après plus de 50 ans sur le sol français, les populations maghrébines ne sont pas encore complètement intégrées à la société française. (Crépeau, 2009)

Réflexion ouverte

Après avoir pris connaissance des causes principales expliquant la situation critique de la France d’aujourd’hui en terme d’intégration des immigrants, on peut se demander si « la crise que traverse de nombreux pays développés n’est-elle pas avant tout une crise de leur identité politique, bien plus qu’une difficulté d’intégration migratoire, les immigrants n’étant alors que la présence révélée du monde dans nos sociétés?» (Ritaine, 2010).

Par Catherine Maertens

MÉDIAGRAPHIE

  1. Article périodique en ligne

AGNÈS, Laurent et Xavier CHOJNICKI, « Protection sociale et immigration: les chiffres contre les clichés » [en ligne], dans L’Express.fr,‎ 14 novembre 2012 (page consulté le 21 février 2015).

  1. Livres

CRÉPEAU, Fançois, NAKACHE, Delphine, ATAK, Idil, et ass. Les migrations internationales contemporaines- une dynamique complexe au cœur de la globalisation, Montréal, Les presses de l’Université de Montréal, 2009, 411 p.

LACASSE, Nicole et Jacques PALARD, Immigration et intégration au Québec et en France: enjeux de société et expériences territoriales, Québec, Les presses de l’Université Laval, 2010, 419 p.

RITAINE, Évelyne. Immigration et intégration au Québec et en France: enjeux de société et expériences territoriales, Québec, Les presses de l’Université Laval, 2010, p.22

RETOUR SUR L’ENTREVUE

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« Jonathan Guibert », 2015, [3ad7da4.jpg], sur le site LinkedIn, [En ligne] http://in.linkedin.com/pub/jonathan-guibert/40/18/5a1 (consulté le 28 avril 2015)

« [O]n a vécu mes amis migrants et moi, […] dans un contexte assez modeste mais cela dit ça, on s’en sortait pareille.» (GUIBERT, 2015) : Jonathan Guibert, natif de Marseille, a vécu toute sa jeunesse dans cette ville portuaire au sud de la France et grâce à une entrevue réalisée à la fin du mois de mars nous avons pu en apprendre plus sur la réalité de cette société bien différente du nord du pays.

Ayant grandi dans les quartiers populaires de la ville, M. Guibert a toujours été en contact avec les populations immigrantes puisqu’ils y vivaient ensemble. Bien qu’il ait grandi dans un contexte modeste dans des arrondissements au nord de la ville, le directeur de compte d’architecture, d’ingénierie et de construction interne et des projets spéciaux chez Cansel garde tout de même de très beaux souvenirs de sa ville natale. Entre autre, il décrit la ville comme étant une société vivante axée sur les interactions entre les individus et sur la culture en plus d’ajouter qu’il s’agit d’une ville beaucoup plus détendue que Paris par exemple situé plus au nord de la France.

Étant habitué à vivre dans un milieu aussi diversifié, M. Guibert explique qu’à son époque (début des années 90), les différents groupes ethniques s’entendaient bien malgré quelques conflits qui n’avaient aucun lien avec l’origine ethnique. Le principe de la France laïque était beaucoup plus appliqué qu’à l’heure actuelle.

De nos jours, contrairement à l’époque de sa jeunesse, le directeur chez Cansel se désole du clivage entre les religions qui s’est créé depuis les années 90. La société est donc prise entre deux feux soit, le clan pour l’intégration des immigrants contre ceux qui désirent imposer leur culture. Une séparation a donc été faite entre les immigrants et la population française qui, pour la plupart, ont une mentalité plutôt xénophobe.

Ce problème en crée bien d’autres puisqu’avec le changement de mentalité, M. Guibert a vu apparaître plusieurs préjugés « bêtes et méchants comme les États-Unis c’est-à-dire que le musulman est forcément un terroriste » (GUIBERT, 2015). De plus, il ajoute que les immigrants sont souvent associés à la « racaille », c’est-à-dire à la délinquance.

Ces préjugés viennent selon lui de l’isolation des immigrants dans les cités, c’est-à-dire les banlieues des villes qui sont bien différentes de celle en Amérique du nord. Les banlieues étant des endroits plus défavorisés où vivent la plupart de la population immigrante, la délinquance et le décrochage scolaire y domine ce qui explique de tels préjugés.

À Marseille, ces cités sont situées au nord de la ville et ils sont considérés comme les pires quartiers de France avec une zone de sécurité de niveau 1 (le niveau le plus dangereux attribuable). Les immigrants y étant envoyés et ensuite mis à l’écart, il s’y est formé un micro écosystème qui empêche quiconque de l’extérieur, policiers, ambulanciers et pompiers inclus, d’entrer dans les cités. Étant ainsi isolés, les conditions de vie, depuis l’époque de M.Guibert, se sont nettement dégradées tant au niveau du logement qu’au niveau de l’emploi que la qualité de vie en général.

L’un des défis de la ville de Marseille est donc, selon Jonathan Guibert, de rendre la ville plus sécuritaire et de permettre à tous de vivre avec un sentiment de sécurité. Cependant, toujours selon M. Guibert, ce défi est si grand que bien qu’on y pense et qu’on le souhaite, il est fort probable que cela ne reste qu’utopique.

Justine Morasse                                                                                                                     Andrée-Anne Roy                                                                                                             Catherine Montpetit                                                                                                         Catherine Maertens

Portrait de la France et du Maroc

Portrait de la France:

            L’immigration est une composante incontournable de la France contemporaine. En plus d’avoir la plus grande superficie des pays de l’UE, la France est aussi le deuxième pays le plus peuplé avec plus de 66 millions d’habitants. Parmi sa population, on dénombre, en 2010 selon la définition des Nations unies,  7,2 millions d’immigrants, ce qui représente 11, 1% de sa population totale. Notez que 30% de l’immigration en France proviendrait du Maghreb. Cette présence nord-africaine marquée est aussi illustrée par le fait que sur 12 000 000 musulmans d’origine immigrée sur le continent européen, on en retrouverait plus de 4 000 000 dans la République française. Cela place ainsi la France comme le pays européen accueillant le plus grand nombre d’immigrants maghrébins. Ces derniers se rassemblent majoritairement dans le sud de la France et en particulier dans la ville de Marseille: la porte d’entrée du continent européen. (Leboucher, 2015)

Renouvellement naturel de la population insuffisant

            Comme beaucoup de pays occidentaux, la France peine à renouveler naturellement sa population. Avec un taux de fécondité se situant à 1,99 en 2014, la population vieillit au fil des années. À partir de 2015, l’évolution démographique en France et dans l’ensemble de l’Union européenne sera négative. La population française a seulement augmenté de 0,42 % (280 000 personnes) dans la dernière année, ce qui constitue la croissance la moins importante depuis l’année 2000.  L’immigration ne peut contrer à elle seule le vieillissement de la population, mais reste la solution la plus efficace pour combler le déficit de naissance. (Leboucher, 2015)

Ralentissement économique causé par une baisse de population

            Cette décroissance de la population entraîne une baisse de l’économie qui nécessite un marché du travail actif pour être en expansion. L’immigration est bénéfique, car elle a un impact sur la population active. Ainsi, «sans immigration, la France comptera près de 3 millions d’actifs en moins en 2050» (Agnes et Chojnicki, 2015). Plusieurs études, dont celle de l’économiste Xavier Chojnicki, concluent que l’immigration rapporte aux coffres de l’État.  En 2005,« la population immigrée avait produit plus de richesse qu’elle n’en avait consommée avec une contribution nette de 3,9 milliards d’euros » (Agnes et Chojnicki, 2015). Ainsi, l’immigration est un moteur de croissance économique.

Manque de main d’œuvre

            Puis, les immigrants ne «volent » pas les emplois des Français, bien au contraire. De nos jours, les Français sont de plus en plus éduqués, ce qui laisse une multitude d’emplois, nécessitant une main-d’œuvre moins qualifiée, vacants. Ainsi, les immigrants d’origine maghrébine particulièrement, permettent de combler les postes, notamment dans le domaine du service, de la manœuvre et de la construction. (Leboucher, 2015)

« 3 reconduites à la frontière annulées », 2011, sur Front National du Loir-et-Cher, [En ligne], http://fn41.unblog.fr/2011/05/17/immigration-encore-3-reconduites-a-la-frontiere-annulees-en-loir-et-cher/ (Page consultée le 26 février 2015)
« 3 reconduites à la frontière annulées », 2011, sur Front National du Loir-et-Cher, [En ligne], http://fn41.unblog.fr/2011/05/17/immigration-encore-3-reconduites-a-la-frontiere-annulees-en-loir-et-cher/ (Page consultée le 26 février 2015)

Portrait du Maroc   

Ce n’est pas seulement à Marseille qu’on trouve une communauté marocaine importante, mais bien dans l’ensemble de la France d’où l’importance de comprendre le penchant des Marocains pour la République française. Du point de vue historique, la France demeure depuis toujours la première terre d’accueil des Marocains.  En 2012, selon le rapport du ministère des MRE, 1 146 652 Marocains y ont élu domicile. (Maingre, 2015) Plusieurs raisons expliquent ce phénomène de migration.

Faits historiques:

            Il y a des faits historiques flagrants expliquant la migration marocaine constante depuis le début du 20e siècle vers la France. Rappelons-nous que les Français furent longtemps présents en Afrique du Nord pour gérer leurs colonies. Une transmission de la culture et particulièrement de la langue a eu lieu, expliquant qu’aujourd’hui, 32% de la population maîtrise le français. Durant la Première Guerre mondiale (1914-18), les autorités coloniales ont recruté des dizaines de milliers de soldats et 37 850 travailleurs coloniaux sur les sols marocains pour participer à l’effort de guerre. Cela entame un flux migratoire vers la France qui persista puisqu’après la Grande Guerre, la France souffrit d’un déficit démographique énorme se rapprochant des 3 millions et demi d’individus. L’immigration d’une main-d’œuvre étrangère fut donc encore une fois nécessaire pour reconstruire l’économie. La Seconde Guerre mondiale (1939-45) laisse place au même phénomène d’émigration « militaire » avec un minimum de 82000 Marocains enrôlés. Après 1963, l’immigration prit un rythme stable, mais croissant expliqué par la nouvelle politique officielle de la France qui signa des conventions encadrant l’immigration pour combler son besoin grandissant de main-d’œuvre. Bref, cette perspective historique de l’immigration marocaine dans la République française permet de conclure que ce sont les Français eux-mêmes qui ont provoqué ce flux migratoire et malgré leurs efforts ponctuels pour fermer les frontières, ils n’ont pas pu se débrouiller sans l’immigration maghrébine. (Bokbot et Faleh, 2015)

Recherche d’une stabilité financière

            Le Maroc est moins développé que la France bien sûr, mais aussi par rapport aux autres pays du Maghreb. Par exemple, le revenu national est très bas se situant autour de 4 050 $ en 2007. Le taux de décès infantiles autour de 40‰ est plus élevé au Maroc, signalant des conditions de vie précaires. Du côté de l’éducation, les Marocains sont moins scolarisés que les Algériennes et surtout les Tunisiennes. « Pour 10 femmes nées autour de 1980, 9 savent lire et écrire en Tunisie, 8 en Algérie, mais seulement 5,5au Maroc ». (Héran et Pison, 2015) Ainsi, il n’est pas étonnant que plusieurs Marocains cherchent à fuir leur pays de naissance pour aller là où les salaires sont plus élevés et donc là où leur avenir financier est plus sécurisant. (Héran et Pison, 2015)

L’attrait pour les avantages sociaux de la France

            Les avantages sociaux de la France attirent les immigrants marocains, dont 70 % sont âgé de moins de 45 ans. La France est un endroit de choix pour construire une vie considérant une meilleure prise en charge sociale que le Maroc et surtout une couverture médicale généreuse. Même si 17 % de cette communauté possède un baccalauréat, la majorité des immigrants marocains sont des ouvriers peu qualifiés. Ces derniers recherchent une certaine sécurité financière et surtout un pays où le salaire minimum est relativement élevé grâce aux pressions sociales importantes. (Maingre, 2015)

L’attrait pour l’Occident

            L’attraction pour l’Occident ne fait pas exception au Maroc, voulant réussir socialement, les Nord-Africains sont convaincus que c’est en vivant dans ces pays tant vantés par les médias qu’ils auront le plus de chances de s’accomplir. Aussi, les étudiants souhaitent également aller en France pour valider leur cursus scolaire qui sera bien entendu plus reconnu s’ils étudient en Europe qu’en Afrique. (Maingre, 2015)

Par Catherine Maertens

MÉDIAGRAPHIE

  1. Article périodique en ligne

AGNÈS, Laurent et Xavier CHOJNICKI, « Protection sociale et immigration: les chiffres contre les clichés » [en ligne], dans L’Express.fr,‎ 14 novembre 2012 (page consulté le 21 février 2015).

LEBOUCHER, Éric. « Les bienfaits de l’immigration », dans Slate FR, [En ligne], http://www.slate.fr/story/37345/immigration-bienfaits (page consultée le 22 février 2015)

MAINGRE, Priscilla. « Pourquoi choisissent-ils de quitter le Maroc? », dans Le Matin, [En ligne],  http://www.lematin.ma/journal/-/186394.html, (page           consultée le 22 février 2015)

2. Documents accessibles par Internet

BOKBOT, Moha et Ali FALEH, Un siècle d’émigration marocaine vers la France: aperçu historique, [En ligne], 2010, http://digitum.um.es/xmlui/bitstream/10201/14661/1/06-Moha%2055-        64.pdf, (page consultée le 19 février 2015)

HÉRAN, François et Gilles PISON, Maghreb, Maroc, Marrakech: Convergences démographiques, contrastes socio-économiques, [En ligne], 2009, http://www.ined.fr/fichier/s_rubrique/19127/popetsoc_459.fr.pdf (page consultée le 19 février 2015)

Éditorial d’équipe- L’immigration humaine à Marseille

La problématique de l’immigration humaine, d’après l’exemple de Marseille

L’immigration internationale est un phénomène historique, toutefois très actuel affectant les nations en les confrontant les unes aux autres, dans le défi de l’intégration. L’immigration est devenue une réalité nécessaire pour combler la dénatalité, pour renouveler la population active et pour combler le manque de main-d’œuvre. Elle est présente partout à travers le monde, mais surtout en France accueillant une forte migration maghrébine. C’est dans la ville de Marseille qu’on le remarque particulièrement, une métropole qui est devenue, grâce à sa situation géographique, l’une des principales portes d’entrée vers l’Europe.

Avec une communauté urbaine de près de 1,72 million d’habitants[1], cette ville méditerranéenne est l’une des plus grandes villes de France. Bien qu’il s’agisse d’une ville française, sa proximité avec la côte africaine en fait une cité où de multiples ethnies se côtoient chaque jour et où la religion musulmane est pratiquée par près de 40 % de la population.[2] Dans le cadre du cours de démarche d’intégration des acquis en sciences humaines, nous avons donc décidé de nous attarder à la situation particulière de cette ville multiculturelle.

 Nous nous sentons interpellés par les enjeux concernant l’immigration à Marseille étant donné qu’ils s’apparentent à la situation mondiale des migrations internationales. Effectivement, à Marseille, nous observons une société laïque où l’immigration est une réalité historique. C’est un lieu d’échanges, mais aussi de confrontations entre les arrivants et la population déjà établie. Aussi, les différentes nations cherchent à définir leur identité dans ce contexte mixte, le tout en gérant les tensions résultantes. Bref, l’étude de la ville de Marseille nous permettra de voir et comprendre les différents enjeux s’il y a une différence marquante entre la situation actuelle d’un premier pays qui historiquement se caractérise comme fondateur et colonisateur, et d’un second qui fondamentalement s’est fondé par sa colonisation et par le mélange de cultures.

Ainsi, dans ce travail de recherche, nous étudierons plus précisément l’impact de ce flux migratoire sur la ville en quatre plans. Tout d’abord, nous dresserons un portrait complet de la situation du côté marocain et français en mettant en valeur les principales caractéristiques des deux réalités. En abordant les motivations de départ des Marocains, cela nous permet de décrire concrètement la situation actuelle de la France et surtout de Marseille en matière d’intégration des immigrants. On est donc en mesure d’exposer le contexte historique, politique et idéologique qui a amené à créer la société actuelle. Pour ce faire il fallait à tout prix se concentrer sur une communauté particulière de l’immigration maghrébine et nous avons choisi le Maroc étant historiquement le pays fournissant le nombre le plus important d’immigrés à Marseille et en France en général. Nous poursuivrons avec l’étude de l’impact qu’a cette migration massive vers le nord sur la société marseillaise puis nous ferons l’étude de cet impact à plus petite échelle sur un seul individu. Finalement, nous étudierons la situation particulière des étrangers en situation irrégulière qui sont une source de conflit et de problème sur le territoire français.

Ainsi, le thème spécifique de ce travail sera la problématique de l’immigration humaine, selon l’exemple précis de Marseille. L’objectif de recherche sera alors de comprendre les différents enjeux (et leur impact) de l’immigration sur un territoire choisi, ici Marseille.

« Les peuples d’Europe, tout en restant fiers de leur identité et de leur histoire nationale, sont résolus à dépasser leurs anciennes divisions et, unis d’une manière sans cesse plus étroite, à forger leur destin commun. » [3]

Signature commune: Andrée-Anne Roy, Catherine Maertens, Justine Morasse et Catherine Montpetit


  1. L’immigration entre France et Maroc, par Catherine Maertens
  2. La société marseillaise, un théâtre de l’immigration, par Andrée-Anne Roy
  3. L’invididu dans l’immigration à Marseille, par Catherine Montpetit
  4. Les Sans-papier, une réalité marseillaise, par Justine Morasse

Notes de bas de page

[1] Christopher, DICKEY. « Marseille’s Melting Pot », National Geographic Magazine, 2012, [En ligne], http://ngm.nationalgeographic.com/marseille/dickey-text (page consultée le 20 février 2015)

[2] BOKBOT, Moha et Ali FALEH, Un siècle d’émigration marocaine vers la      france: aperçu historique, [En ligne], 2010http://digitum.um.es/xmlui/bitstream/10201/14661/1/06-Moha%2055-64.pdf, (page consultée le 19 février 2015)

[3] CRÉPEAU, Fançois, NAKACHE, Delphine, ATAK, Idil, et ass. Les migrations internationales contemporaines- une dynamique complexe au cœur de la globalisation, Montréal, Les presses de l’Université de Montréal, 2009, p.120


  • Entrevue avec Jonathan Guibert, Français natif de Marseille, le 27 mars 2015
    [Insérer lien vidéo de l’entrevue]
    Analyse: