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L’envers de la médaille du tourisme humanitaire

Source: Alycia Leduc
Source: Alycia Leduc

Le tourisme humanitaire, comme on le connait aujourd’hui, a vu le jour dans les années 1980. À cette époque, les voyages humanitaires étaient la plupart du temps organisés par l’entremise de petits organismes locaux ou simplement par l’initiative des voyageurs (entrevue : Sprengers, 2015). Effectivement, le phénomène était alors peu pratiqué ce qui faisait en sorte qu’il était plus facile de contrôler son organisation (entrevue : Sprengers, 2015). Aujourd’hui le tourisme humanitaire est en pleine expansion ce qui fait en sorte que les choses ont beaucoup changé. Chaque année on dénombre plus de 100 000 voyages humanitaires organisés, à travers le monde (Gourdeau, 2011). Alors qu’on pourrait tout autant se réjouir de l’ampleur que prend ce phénomène, cette expansion peut aussi sembler inquiétante. En effet, le tourisme humanitaire compte de nombreuses lacunes et certains chercheurs sont mitigés quant à ses répercussions.

D’abord, un des principaux problèmes à relever au sein du phénomène du tourisme humanitaire est au niveau de son organisation. Le secteur humanitaire fait de plus en plus l’objet de la convoitise du secteur touristique, de manière à transformer ce type de tourisme  en secteur lucratif. En effet, de plus en plus d’agences de voyages réussissent à se faire passer pour des organismes humanitaires (Service volontaire internationale, 2014). Cependant, ces agences de voyages adhèrent toutes de manière inégale aux principes fondateurs entourant les voyages humanitaires et orientent leurs actions autour du désir de profit (Sacareau, Isabelle). Ainsi, celles-ci exploitent le concept d’«humanitaire», très bien perçu par l’opinion publique, de manière à truquer les touristes en jouant sur leurs cordes sensibles. Il faut comprendre qu’une des plus importantes particularités du tourisme humanitaire se trouve dans le fait que l’organisme responsable du voyage s’engage à partager, de façon équitable, les retombées économiques engendrées (Rubeillon, 2014). Concrètement, de tels dons financiers ont de grandes répercussions sur certains pays du monde. Pensons notamment au Cambodge où neuf orphelinats sur 10 sont financés par les donations des touristes (Turner, 2011). Les ONG reprochent donc à certaines agences de voyages de se faire passer pour des organisations humanitaires et de ne redonner qu’une infime partie des retombées économiques aux populations locales, alors que cela va à l’encontre de la vocation même du tourisme humanitaire (Mignon, 2014). En effet, les revenues amassées chez les touristes sont distribuées selon un schéma pyramidal inversé, c’est-à-dire que la plus grande partie des revenues vont aux grandes entreprises européennes ou américaines et non aux populations dans le besoin (Sacareau, Isabelle). De cette manière, les agences de voyages se faisant passer pour des organismes humanitaires ne financent par des activités de développement à la hauteur des moyens dont ils disposent (Sacareau, 2007). En bref, ces agences de voyages utilisent les méthodes commerciales du tourisme de masse pour transformer la misère et la détresse des populations du tiers monde en secteur rentable.

Source: Jessica Debanné
Source: Jessica Debanné

Ainsi, de nombreuses accusations sont formulées par les ONG envers les organisations de voyages humanitaires. D’abord, certaines organisations sont accusées de «transformer les pays pauvres en parcs d’attractions» (Service volontaire internationale, 2014). En effet, l’initiative du développement touristique humanitaire provient en grande partie du secteur touristique, un secteur axé sur le profit. D’un point de vue éthique, certains trouvent donc discutable de monétiser la pauvreté. Sans compter que certaines organisations planifient leur projet de manière à combler la demande, voire les désirs des voyageurs, sans prendre, compte des véritables besoins des populations locales (Service volontaire internationale, 2014). Cette manière de procéder renforce les préjugés et opinions péjoratives que les Occidentaux ont des pays du tiers monde. Cela flou bien évidemment les échanges culturels entre les voyageurs et leurs terres d’accueil, car ceux-ci croient tout savoir sur la situation que vivent les habitants du pays qui les accueille (Service volontaire internationale, 2014). Il devrait donc être primordial que les projets d’aide humanitaire soient proposés par les sociétés locales et non l’inverse. Sans compter qu’on accuse certaines organisations d’envoyer des touristes qui prendront la place de travailleurs locaux qualifiés et rémunérés (Mignon, 2014). «Il est possible pour des jeunes, non diplômés et non spécialisés, de partir jouer au médecin, au professeur ou aux avocats dans des pays qui leur sont complètement inconnus» (Service volontaire internationale, 2014).

Subséquemment, chez le touriste, les conséquences de l’expérience d’un voyage humanitaire sont, dans la grande majorité des cas, positives. En effet, d’un point de vue psychologique un tel voyage peut initier une certaine prise de conscience (Sacareau, 2007) développer une vision du monde plus ouverte et implanter chez eux des valeurs telles la générosité, la tolérance et l’entraide (Gourdeau, 2011). Le tourisme humanitaire est toutefois critiqué, car il rallie l’utile à l’agréable, ce qui laisse souvent place à de nombreuses ambiguïtés. Effectivement, l’ambivalence de la pratique est assez prononcée dans la mesure où la place que prend la part «touristique» de l’équation est loin d’être la même pour tous les voyageurs. De là part l’ambiguïté fondamentale du tourisme humanitaire. En effet, de nombreux experts affirment qu’il est impossible de rallier volontariat et tourisme (Mignon, 2014). En effet, alors que certains touristes humanitaires vont aider les populations locales durant l’après-midi pour aller dormir dans un hôtel luxueux, d’autres s’immergent complètement dans la culture du pays d’accueil et vivent selon la réalité quotidienne du pays qui les accueille. La première situation énoncée ne correspond pas, à mon sens, à ce que devrait être le tourisme humanitaire. Je pense que l’immersion dans la culture et le mode de vie du pays visité est primordiale afin de vivre une expérience de voyage humanitaire réellement enrichissante. En effet, «comment se sentir proche du plus pauvre si on vit nous-mêmes dans le luxe?» (Zunigo, 2011).

En conclusion, nous disons «oui» au tourisme humanitaire, mais ce, à certaines conditions. En effet, le choix de l’organisation avec laquelle voyager est une décision capitale lorsqu’on décide de partir en voyage humanitaire. En effet, le phénomène étant émergeant, son organisation n’est pas encore tout à fait au point et n’assure pas toujours une aide appropriée et bénéfique aux populations dans le besoin. C’est pourquoi il faudrait instaurer de la réglementation beaucoup plus sérieuse chez toutes les organisations qui veulent mettre en place des voyages humanitaires. Je suis toutefois d’avis que ce type de tourisme peut bénéficier autant aux terres d’accueil qu’aux  touristes, et qu’il a réellement sa place en tant que forme de tourisme. En effet, ce type de voyage, porté sur la rencontre, valorise la solidarité internationale et l’entraide, des valeurs qu’il est primordial de renforcer dans notre monde de plus en plus indifférent.

Héloïse Downs

Médiagraphie:

GOURDEAU, Geneviève. «Tourisme humanitaire : joindre l’utile à l’agréable», Le Soleil, [En ligne],http://www.lapresse.ca/le-soleil/voyages/201104/01/01-4385782-tourisme-humanitaire-joindre-lutile-a-lagreable.php (Page consultée le 14 février 2015)

MIGNON, Thomas. Le volontarisme ou comment des agences de voyages monétisent la pauvreté, [En ligne], http://www.rtbf.be/info/societe/detail_le-volontourisme-ou-comment-des-agences-de-voyages-monetise-la-pauvrete?id=8359733 (Page consultée le 16 février 2015)

RUBEILLON, Gabriel. Le tourisme solidaire, le tourisme d’aujourd’hui?, [en ligne], http://www.doublesens.fr/actualites/le-tourisme-solidaire-le-tourisme-d-aujourdhui (Page consultée le 20 février 2015)

SACAREAU, Isabelle. «Au pays des bons sentiments : quelques réflexions critiques à propos du tourisme solidaire», téoros : revue de recherche en tourisme, [En ligne], vol. 26-3 (2007), p.6-14, dans Isidore (Page consultée le 19 février 2015)

SERVICE VOLONTAIRE INTERNATIONALE. Non au tourisme humanitaire, [En ligne], http://www.servicevolontaire.org/index.php?menu_selected=46&sub_menu_selected=199&language=FR (Page consultée le 14 février 2015)

TURNER, Charlotte. «Cambodge: la bonne conscience du tourisme humanitaire», La Presse.ca, [En ligne], http://www.lapresse.ca/voyage/destinations/asie/cambodge/201107/28/01-4421700-cambodge-la-bonne-conscience-du-tourisme-humanitaire.php (Page consultée le 15 février 2015)

WACKERMANN, Gabriel. « TOURISME », Encyclopædia Universalis, [en ligne], http://www.universalis.fr/encyclopedie/tourisme/ (Page consultée le 19 février 2015)

ZUNIGO, Xavier. « Visiter les pauvres », Actes de la recherche en sciences sociales, [En ligne], vol. 170 (2007), p. 102-109, dans CAIRN (Page consultée le 13 février 2015)

Le tourisme humanitaire, qu’est-ce que c’est?

Source: Jessica Debanné
Source: Jessica Debanné

Le tourisme est au cœur de notre imaginaire collectif québécois, il s’agit d’un  véritable «phénomène de civilisation» s’adressant à toutes les classes sociales (Zunigo, 2011). En effet, d’ici 2030, il y aura 1,8 milliard de touristes à travers le monde (Gouvernement du Québec, 2014). Cette grande expansion du tourisme a toutefois des répercussions graves lorsqu’il est question du tourisme de masse. En effet, même si l’opinion publique semble considérer le tourisme comme un phénomène n’ayant que des répercussions positives, ce n’est pas tout à fait le cas. C’est pourquoi à la fin du XXe siècle, des formes de tourismes alternatives ont vu le jour de manière à ne pas encourager l’effet pervers que pouvait avoir un tourisme trop massif. C’est alors l’apparition du tourisme humanitaire une forme de tourisme axé sur l’Homme et sur l’entraide internationale.

À la fin du XXe siècle, on assiste à une individualisation des pratiques touristiques et ainsi à l’émergence de formes alternatives de tourisme. Le tourisme humanitaire, défini par l’UNESCO comme un tourisme «réfléchi et attentif à la culture de l’autre» (Gourdeau, 2011), est une nouvelle forme de tourisme qui voit ainsi le jour dans les années 1980 (Sacareau, 2007).  Ce faisant, en petits groupes et ne nécessitant pas d’installations particulières ou de services personnalisés, le tourisme humanitaire a des répercussions minimes, voire inexistantes, sur les populations locales. En effet, le voyageur humanitaire voyage de manière à freiner le tourisme de masse, un phénomène caractérisé par la migration massive de personnes vers un même endroit et qui se traduit souvent par un désastre écologique et une exploitation accrue des personnes issues des endroits visités. L’individu optant pour le tourisme humanitaire agit donc de manière respectueuse pour l’environnement culturel, historique et physique des pays visités. Celui-ci est donc habité par une grande conscience sociale qui se reflète sur sa manière de voyager. Les voyageurs humanitaires proviennent principalement des États-Unis, du Canada, du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande (Gourdeau, 2011). Ils sont pour la plupart des étudiants et des jeunes retraités. Le portrait type du voyageur humanitaire est une femme aux études, catholique, issu d’une famille bien nantie et fortement dotée en capital culturel et qui s’investissait déjà dans le bénévolat dans son pays d’origine (Zunigo, 2011).

Source: Alycia Leduc
Source: Alycia Leduc

De manière à faire vivre 7 milliards d’êtres humains de façon équitable, alors que les ressources diminuent et la demande est en croissance constante, il faut d’abord révolutionner notre manière de consommer et cela passe inévitablement par notre manière de voyager. Le tourisme humanitaire se base sur le désir du citoyen d’agir localement et concrètement pour aider les plus démunis. La population occidentale se conscientise aux effets néfastes de la surconsommation et de la mauvaise redistribution des retombées économiques ce qui la pousse à opter pour une forme de tourisme plus solidaire envers le genre humain (Rubeillon, 2014).  Le voyageur humanitaire est interpellé par sa conscience sociale et celui-ci souhaite donner un sens à ses actions en mettant à profit ses compétences. Pour ce faire, ceux-ci mettent leurs vacances de côté de manière à aller aider des communautés du tiers monde ou des pays en développement. Les principaux domaines dans lesquels ils peuvent s’investir sont la santé, l’éducation, l’agriculture et la construction (Le Routard, 2008).  Cherchant les échanges interculturels, ils souhaitent entrer en contact avec les populations locales. Ces touristes veulent s’immerger dans un environnement hors de leur zone de confort, où ils vivront dans un environnement rudimentaire et où ils devront user de leur capacité d’adaptation. Ainsi, les touristes humanitaires ne font pas que soutenir moralement l’entraide et la solidarité internationale, mais agissent concrètement en faveur de leurs idéaux.

Les raisons poussant les gens à faire un voyage humanitaire passent par le besoin d’améliorer son estime personnelle, le besoin d’accomplissement et le besoin de réalisation (Gourdeau, 2011). La motivation d’accomplir un voyage humanitaire pourrait donc s’expliquer par les besoins d’appartenance, d’estime de soi et d’activation de soi présents dans la pyramide des besoins de Maslow. Selon cette approche psychologique, les gens faisant un voyage humanitaire seraient motivés par le désir d’assouvir leurs besoins de développement personnel en aidant des gens qui n’ont pas les ressources pour répondre à leurs besoins fondamentaux (Zunigo, 2011). D’autre part, si on perçoit cette même motivation sous l’approche psychanalytique freudienne, de façon très simpliste, les gens feraient des voyagent humanitaire dans le but d’avoir du plaisir. En effet, le tourisme humanitaire reste une forme de tourisme ce qui veut dire que les motifs poussant les citoyens à réaliser un voyage humanitaire passent aussi par le simple plaisir de voyager, de visiter des contrées exotiques, de s’initier à une culture différente et à un nouveau mode de vie, à apprendre une langue étrangère et même à améliorer leur curriculum vitae (Gourdeau, 2011). Il s’agit donc d’une pratique où la dimension touristique n’est pas négligeable.

Au Québec, le tourisme humanitaire gagne en popularité d’année en année, surtout dans les milieux scolaires (Gourdeau, 2011). Il faut toutefois se questionner avant de choisir l’agence de voyages avec laquelle faire affaire de manière à s’assurer que les projets soient proposés par les populations locales et que les fonds sont bien redistribués. L’expérience du voyage humanitaire est d’une grande richesse et peut complètement changer la perception de la vie qu’ont les individus qui y participent. En plus d’y apprendre des valeurs comme l’entraide, la solidarité, la débrouillardise et la tolérance, le touriste humanitaire a la chance d’aider les moins bien nantis que lui à améliorer leur condition. Sur le plan humain, il s’agit d’une formule gagnante pour la formation d’individus plus ouverts sur le monde et conscientisés aux réalités extérieures.

Héloïse Downs

Médiagraphie

GOURDEAU, Geneviève. «Tourisme humanitaire : joindre l’utile à l’agréable», Le Soleil, [En ligne],http://www.lapresse.ca/le-soleil/voyages/201104/01/01-4385782-tourisme-humanitaire-joindre-lutile-a-lagreable.php (Page consultée le 14 février 2015)

LE ROUTARD. Humanitaire, [En ligne], http://www.routard.com/guide_dossier/id_dp/16/num_page/42.htm (Page consultée le 19 février 2015

MIGNON, Thomas. Le volontarisme ou comment des agences de voyages monétisent la pauvreté, [En ligne], http://www.rtbf.be/info/societe/detail_le-volontourisme-ou-comment-des-agences-de-voyages-monetise-la-pauvrete?id=8359733 (Page consultée le 16 février 2015)

ORGANISATION MONDIALE DU TOURISME. About us : History, [en ligne], http://www2.unwto.org/ (Page consultée le 21 février 2015

RUBEILLON, Gabriel. Le tourisme solidaire, le tourisme d’aujourd’hui?, [en ligne], http://www.doublesens.fr/actualites/le-tourisme-solidaire-le-tourisme-d-aujourdhui (Page consultée le 20 février 2015)

SACAREAU, Isabelle. «Au pays des bons sentiments : quelques réflexions critiques à propos du tourisme solidaire», téoros : revue de recherche en tourisme, [En ligne], vol. 26-3 (2007), p.6-14, dans Isidore (Page consultée le 19 février 2015)

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ZUNIGO, Xavier. « Visiter les pauvres », Actes de la recherche en sciences sociales, [En ligne], vol. 170 (2007), p. 102-109, dans CAIRN (Page consultée le 13 février 2015)

 

Cueillette de données sur les différents types de tourisme

Le phénomène du voyage a toujours existé. En effet, l’Homme a toujours été en mouvement. Migrations, conquêtes militaires, échanges commerciaux, pèlerinages, sont toutes des formes de voyage qui ont marqué l’histoire de l’humanité (WACKERMANN, 2008). D’abord destiné à la classe aisée, le tourisme est aujourd’hui  un des plus importants loisirs de masse et il engendre les plus grandes migrations que l’humanité n’ait jamais connues. Dans le cadre du cours de DIA, nous avons décidé de faire notre projet sur le tourisme et ses différentes formes, soit le tourisme culturel, humanitaire, écologique et sexuel. Ces quatre types de tourisme nous aiderons à former un portrait global de cette activité en constante évolution qu’est le tourisme et les entrevues et sondage effectués nous permettront de vérifier que la réalité est conforme à la théorie.

Entrevue sur le tourisme culturel avec une passionnée d’histoire

Droits d'auteurs: Alexe Champagne-Lessard
Droits d’auteurs: Alexe Champagne-Lessard

«Pratiquer le tourisme culturel m’apporte une richesse et des connaissances»

La personne interrogée à propos du tourisme culturel est Josée Champagne, qui pratique cette activité depuis une trentaine d’années. Cette entrevue est venue appuyer les recherches effectuées dans le cadre de ce travail, car les réponses de cette touriste allaient dans le même sens. Elle pratique effectivement le tourisme culturel pour élargir ses connaissances, car elle a un intérêt pour la culture. Elle choisit ses destinations en fonction du temps alloué au voyage et en fonction d’objets culturels précis qu’elle désire visiter. Les objets culturels quant à eux sont choisis par elle en fonction de leur potentiel de découverte et de l’histoire qui y est attachée. Elle a maintenant tendance à visiter plutôt l’extérieur du Québec, parce qu’elle a énormément visité la province précédemment et a vu beaucoup de ses attraits. Elle a donc d’abord priorisé le Québec et maintenant qu’il est visité, elle va ailleurs. Elle visite des musées et monuments et va voir quelques spectacles, mais en tant que passionnée d’histoire, elle se concentre sur les musées et monuments historiques. Madame Champagne possède un diplôme universitaire (baccalauréat et un an de maîtrise) et voyage à chaque année ou aux deux ans. Elle avoue ne pas tenir compte des impacts environnementaux de ses pratiques touristiques, puisqu’elle axe plutôt l’organisation de celles-ci sur les attraits qui l’attirent. Le tourisme culturel lui amène finalement beaucoup de culture, de connaissances et de richesses qu’elle peut utiliser dans sa vie courante.

Entrevue sur l’écotourisme avec un passionné de la nature!

« L’écotourisme est une activité touristique                                qui est axée sur l’émerveillement des beautés naturelles, mais qui est conduite dans le respect de l’écosystème. »

Droits d'auteurs : Julie Simone Hébert
Droits d’auteurs : Julie Simone Hébert

Vincent Brodeur, un biologiste de formation âgé de 38 ans, est l’expert qui a répondu aux questions sur le tourisme écologique. Selon lui, « l’écotourisme est une activité touristique qui est axée sur l’émerveillement des beautés naturelles, mais qui est conduite dans le respect de l’écosystème ». Ainsi, c’est une façon intelligente de voyager et de découvrir la nature sans compromettre sa beauté. Son plus beau voyage écotouristique a été un voyage à vélo en Asie, où il s’est déplacé dans différents types d’écosystèmes, que ce soit sur le bord de la mer ou dans les forêts tropicales inaccessibles. Selon lui, un voyage écotouristique typique se fait grâce à une agence de voyages ou un service offert dans des parcs régionaux.

Toujours selon ce dernier, l’écotourisme génère des avantages économiques dans certains milieux tout en protégeant leurs écosystèmes. Cependant, si ce type de tourisme n’est pas fait de façon intelligente, il peut nuire à l’intégrité du milieu naturel. Finalement, le conseil pratique de Vincent Brodeur pour celui qui désire faire un voyage écotouristique est de prendre son temps, c’est-à-dire qu’il ne faut pas avoir un horaire trop chargé lorsqu’on voyage. Il faut prendre le temps de s’arrêter, de vivre le moment présent et de rester suffisamment longtemps à un endroit pour l’apprécier à sa juste valeur.

Entrevue avec deux touristes humanitaires passionnées

Dans la recherche sur le travail humanitaire, deux personnes ont été interrogés. Il s’agit de Nelly Sprengers (50 ans), ayant fait un voyage humanitaire au Pakistan dans les années 1980, et Jessica Debanné (18 ans) ayant fait un voyage humanitaire au Sénégal en 2014.

FullSizeRender   «C’était une sœur hollandaise qui avait commencé un orphelinat pour les enfants handicapés. Je suis partie sur un coup de tête avec deux amies. Je pensais rester quelques semaines,mais j’y ai passé 6 mois- Nelly Sprengers»

L’entrevue avec ces deux personnes a permis de recueillir des informations variées sur la perception qu’elles ont eue de leur expérience en tant que touristes humanitaires et des impacts que cette activité a sur les populations aidées. Les entrevues effectuées avec ces expertes nous ont permis de faire une comparaison de la pratique entre ce qu’elle était lors de son apparition et ce qu’elle est devenue aujourd’hui. Les principales différences soulevées entre leurs expériences sont au niveau de l’organisation du tourisme humanitaire. En effet, aujourd’hui c’est souvent par l’entremise d’agences de voyages que s’organisent les voyages humanitaires, alors qu’autrefois c’était grâce à de petits organismes locaux. Cependant, les deux personnes interrogées ont relevé que leur voyage leur avait transmis des valeurs similaires, notamment l’entraide, la tolérance, la solidarité et la débrouillardise. Ainsi, même si le phénomène a changé au cours des années, ses principes fondateurs sont toujours les mêmes.

402050_10151016939073215_1637042659_n« Quand je suis partie en voyage humanitaire je pensais arriver là-bas et changer les choses. C’est pourtant l’inverse qui s’est produit : je suis sortie de mon voyage transformée. Je pense que les gens là-bas ont beaucoup à nous apprendre. –Jessica Debanné »

Sondage sur le tourisme sexuel

En ce qui a trait au tourisme sexuel, un sondage a été effectué. La population visée est les habitants de l’ouest de l’île de Montréal et l’échantillon est composé de 25 jeunes adultes de notre entourage (collègue de classe, amis, famille). Ceux-ci ont été questionnés dans le but d’avoir un portrait global des connaissances des jeunes sur ce type tourisme. En effet, nous avons pu constater que 88% des répondants savent que le tourisme sexuel est en expansion. Ensuite, seulement 32% des jeunes questionnés connaissent l’ampleur des gens qui choisissent leur destination de voyage selon l’offre sexuel. Pour continuer, la majorité (88%) sait que le tourisme sexuel est présent au Québec et la même proportion est au courant que les jeunes enfants sont touchés par cette activité. Malheureusement, l’écrasante majorité (voir graphique ci-bas)  des répondants pensent que ce type de tourisme est illégal, cependant, il ne l’est pas. Ce qui est illégal, ce sont les activités sexuelles exercées sur les enfants. De plus, la majorité des jeunes du sondage (76%) savent que le touriste sexuel peut avoir n’importe quel profil socioéconomique et qu’il n’a pas de profil type. Finalement, 52 % croit qu’on peut freiner ce problème par les lois, 36% ne pense pas que c’est possible et 12% n’est pas certain. Enfin, on constate que les jeunes ont de bonnes connaissances globales, mais moins bonnes lorsqu’on parle plus spécifiquement.

Par Eva Lefebvre
Par Eva Lefebvre

En conclusion, bien que le tourisme soit un loisir de masse alimentant le rêve et une source de loisirs non négligeable dans notre univers mental, tous les types de tourisme que nous avons étudiés comptent leur lot d’effets néfastes et d’ambigüités. Le tourisme reste cependant une manifestation qui ne cessera pas de prendre de l’expansion dans les prochaines années, car il est de plus en plus facile d’accès grâce aux nouvelles infrastructures de transport. Il s’agit donc d’un phénomène d’une grande complexité, qui n’est ni tout noir ni tout blanc, et qu’il faudra apprendre à exploiter avec plus d’adresse si on veut qu’il continue de bénéficier autant aux touristes qu’aux terres d’accueil.

Alexe Champagne-Lessard, Héloïse Downs, Eva Lefebvre et Laura Wener

Éditorial sur le tourisme et ses différents types

Les humains voyagent depuis toujours sous diverses formes, telles les conquêtes militaires, les échanges commerciaux et le pèlerinage (Wackermann, s.d.). Par contre, le tourisme tel qu’on le décrit aujourd’hui, soit un «[s]ecteur d’activité économique qui regroupe l’ensemble des intervenants offrant des services dans le domaine du voyage d’agrément […]» (Office de la langue française, 2003), a fait son apparition en Angleterre à la fin du XVIIe siècle (Wackermann, s.d.). Ce phénomène croît constamment, on a ainsi pu remarquer une diversification de l’offre touristique (Colardelle et Monferrand s.d.) et plusieurs formes de tourisme se sont démarquées, dont les tourismes culturel, humanitaire, écologique et sexuel, qui feront l’objet de ce travail.

D’abord, le tourisme culturel a débuté en 1860, avec des jeunes britanniques qui ont fait le tour de l’Europe pour s’instruire (Origet du Cluzeau, 2006). Depuis, il prend constamment de l’ampleur et est maintenant défini comme «une pratique culturelle qui nécessite un déplacement, [d’au moins une nuitée], ou que le déplacement va favoriser» (Origet du Cluzeau, 2006). Le tourisme culturel a de nombreuses retombées économiques et permet entre autres la diffusion de la culture, mais engendrerait la dégradation des monuments et la diminution de l’authenticité des objets culturels (Colardelle et Monferrand, s.d.). Bien que son avenir soit assuré au Québec (Réseau de veille en tourisme de la chaire de tourisme Transat de l’Université du Québec à Montréal, 2008), les impacts négatifs de ce phénomène inquiètent de plus en plus et d’autres formes de tourisme ont donc été créées pour réduire ces effets.

Ensuite,  c’est dans les années 1980 que la notion d’écotourisme a vu le jour suite à une conscientisation générale de la population sur les nombreux impacts des activités humaines sur l’environnement. Puisque le tourisme de masse a des conséquences négatives sur les modes de vie des populations locales visitées et sur les écosystèmes, l’écotourisme s’est distingué comme outil permettant à plusieurs pays d’arriver à un compromis entre l’économie et la protection de leur région. En plus d’aider les populations locales visitées, l’écotourisme veut sensibiliser les hommes à l’importance du respect des richesses naturelles et culturelles. Nous devons donc considérer l’écotourisme comme un chemin vers le développement durable qui relie positivement l’homme, la nature, la culture et l’économie (RBIGUI, 2008). Mais il ne s’agit pas du seul type de tourisme qui respecte les populations locales.

Le tourisme humanitaire correspond à une façon alternative de voyager qui n’encourage pas le phénomène du tourisme de masse et ses répercussions dévastatrices sur certaines populations. Cette forme de tourisme est en pleine expansion : chaque année, plus de 100 000 voyages humanitaires sont organisés à travers le monde (Goudreau,2011). Ce type de tourisme centré sur l’Homme se base sur le désir du citoyen d’agir localement et concrètement afin d’aider certaines populations du tiers monde et des pays en développement. L’avis des chercheurs est cependant mitigé quant aux répercussions du tourisme humanitaire, car il s’agit d’une pratique comptant son lot d’ambiguïtés, notamment vis-à-vis de la proportion d’activités récréatives pratiquées par les voyageurs et de son organisation par les agences de voyages et les organismes. Cependant, ce ne sont pas toutes les formes de tourisme qui se basent sur le respect de l’être humain.

Effectivement, le phénomène de la mondialisation a engendré l’essor du tourisme, incluant le tourisme sexuel. Celui-ci est défini comme étant un «tourisme qui a pour but principale la réalisation de rapport sexuel dans un but commercial» (Michel, 2006). Bien qu’il soit difficile de mettre des chiffres exacts sur l’ampleur de la situation, nous savons que, dans le monde, cette industrie représente 5 milliards de dollar (Fondations Scelles, 2005).  Il existe des endroits qui sont reconnus comme destination touristique à des fins sexuels tels que la Thaïlande. Enfin, cette activité est préoccupante car elle est parfois liée aux enfants. Seulement en Thaïlande, le chiffre s’élève à 300 000 enfants prostitués en 2006 (Le devoir, 2006).

Alexe Champagne-Lessard, Héloïse Downs, Eva Lefebvre et Laura Wener

Médiagraphie :

COLARDELLE, Michel et Alain MONFERRAND. «Tourisme culturel», Encyclopædia Universalis, [En ligne], http://ressources.cgodin.qc.ca:2066/encyclopedie/tourisme-culturel/ (Page consultée le 19 février 2015)

FONDATION SCELLES. Tourisme sexuel, [En ligne], 2005, file:///C:/Users/User/Downloads/Fiche_Le_tourisme_sexuel_Fondation_Scelles%202005.pdf

GOURDEAU, Geneviève. «Tourisme humanitaire : joindre l’utile à l’agréable», Le Soleil, [En ligne],http://www.lapresse.ca/le-soleil/voyages/201104/01/01-4385782-tourisme-humanitaire-joindre-lutile-a-lagreable.php (Page consultée le 14 février 2015)

MICHEL, Franck. Voyage au bout du sexe : trafics et tourismes sexuels en Asie et ailleurs, [En ligne], Québec, Les Presses de l’Université Laval, 2006, p.103, dans Ebrary

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. «Tourisme», Grand dictionnaire terminologique, [En ligne], http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=8355489 (Page consultée le 19 mars 2015)

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