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Analyse du sondage: des résultats alarmants

Nous avons effectué notre sondage auprès des étudiants du Cégep Gérald-Godin. Les résultats sont clairs, dans une très large majorité, les étudiants du Gérald-Godin, ne connaissent pas les Roms. On peut présumer que, comme les Roms vivent majoritairement en Europe, cela explique la méconnaissance dans le cégep québécois. En effet, puisque le nombre de Roms situés à l’extérieur de l’Europe est négligeable, les chances de les connaître sont moindres, car il ne s’agit pas d’un enjeu nord-américain.

La première question de notre sondage demandait simplement aux étudiants s’ils avaient déjà entendu parler de cette population. La majorité des gens, soit 75%, ont dit ne jamais avoir entendu parler des Roms et ce, même s’ils ont voyagé en Europe. Quelques individus avaient abordé le sujet au secondaire où avaient lu sur le sujet sur internet ou dans les médias, mais ils étaient peu nombreux.

Nous avons aussi demandé aux répondants à quoi le terme « Rom » leur fait penser. Plusieurs étudiants pensaient plutôt que le terme « Rom » était un habitant de la Roumanie ou une boisson alcoolisée.

En demandant aux jeunes une définition des gens du voyage, nous avons constaté que leurs connaissances sont limitées. Les étudiants n’ont pas donné de définition claire des gens du voyage. Pour eux, ce sont des gens comme les autres qui voyagent tout simplement. Ils n’ont pas conscience qu’il s’agit d’une population bien distincte dans leur pays d’adoption.

Nous avons demandé aux répondants s’ils pensaient que les Roms étaient bien intégrés dans la société. 75% des répondants nous ont dit non. Les étudiants sont donc conscients du fossé qui existe entre cette population et les autres habitants du même pays.

Nous avons aussi voulu savoir comment ils pensent que les sociétés occidentales perçoivent les Roms. Nous avons eu droit à toutes sortes de réponses. Dans la majorité des cas, les perceptions étaient négatives. Les Roms ont été qualifiés de voyous, voleurs, nuisances ou de problèmes. Pour une minorité, ils sont davantage des explorateurs ou des gens voulant se cultiver.

Une question a fait l’unanimité. Tous pensent que les Roms devraient avoir le même statut que les autres habitants de leur pays. Malgré leurs distinctions, les étudiants affirment qu’on devrait tous être égaux. 50% des répondants ont mentionné qu’ils seraient contents pour leur sœur si elle sortait avec un Rom.

Finalement, nous voulions savoir quels termes désignant les populations du voyage étaient les mieux perçus. 47% des répondants ont choisi « Gens du voyage » comme terme fétiche. 31% ont opté pour « Gitans » et 16% pour « Roms ». Le terme « Tsiganes » n’a reçu que 0,03% des votes.

En somme, les résultats de notre sondage ont confirmé notre hypothèse. Les Roms sont méconnus chez les étudiants. Les préjugés sur cette population sont très nombreux. Nous pensons que notre sondage a permis à certains de découvrir les gens du voyage et les faire réfléchir sur leur réalité. Le sondage confirme l’importance de notre recherche. Nous pensons qu’il est des plus nécessaires de faire connaître les Roms et ce qu’ils sont réellement, car il s’agit d’un enjeu européen de taille.

Renaud Beauregard-Leblanc, Antoine Brouillette,

Arielle Desjardins et Alycia Leduc

La perception des Roms en Italie

La haine d’une population envers ce groupe.

L’aspect le plus important de la vie des Roms en Italie est la constante haine qu’ils reçoivent de la part des Italiens. Une grande majorité des Italiens perçoit les gens de cette communauté comme étant des étrangers, des non-Italiens inutiles au fonctionnement du pays à cause de leur manque d’éducation et leur manque de culture. (Scicluna, 2008)

En Italie, les Roms sont tellement considérés comme une classe inférieure, qu’ils ne sont même pas reconnus comme une minorité, selon la définition officielle du pays, «Tous les Roms sont nomades, et non des citoyens italiens, ils ne peuvent vivre que dans des endroits isolés du reste de la société italienne». (2012) Le racisme envers les groupes nomades en Italie est très présent et il ne cesse d’augmenter. D’ailleurs, des groupes extrémistes anti-roms se sont créés un peu partout à travers le pays et ils obtiennent l’appui des dirigeants publics et des partis politiques, en plus d’avoir le support des grands médias pour diffuser leurs messages haineux à la population. Ces messages sont grandement diffamatoires envers les gens du voyage et ces groupes ne s’empêchent pas de diffuser des idéaux anti-Roms partout au pays, ce qui incite la population à vouloir les expulser. Ces pensées raciales qui accablent le pays ont d’ailleurs provoqué plusieurs crimes haineux envers les Sintis, depuis les la fin des années 90, le nombre de crimes a grandement augmenté et ces actes sont souvent perpétrés par des groupes néonazis, des groupes organisés, des individus seuls ou parfois même la police. On voit souvent des Roms se faire tabasser par des groupes de gens, on voit aussi des camps roms incendiés, etc. Une bonne partie de ces crimes provoque des blessures graves  ou même la mort et ils se passent souvent en pleine nuit. (2006)

Discrimination envers les Roms

Probablement associés à la haine qu’ils reçoivent, les Roms sont victimes de beaucoup de discrimination de la part des Italiens. La population en générale les voit comme une population de voyous qui vole et pille pour subvenir à leur besoin, ce qui fait que les Roms ne parviennent pas à se trouver du travail, ni de logement adéquat. Du côté des Italiens, ils affirment que c’est dû au fait que les Sintis sont illettrés et ne parlent pas, pour la plupart, la langue du pays, ce qui ne fait qu’aggraver la situation. (Scicluna, 2008) Ce phénomène se fait aussi grandement sentir chez les forces de l’ordre, les policiers font souvent preuve de discrimination envers les Roms, ils les maltraitent et les abusent seulement sur des idées discriminatoires préconçues qu’ils ont d’eux. Les policiers vont souvent faire des fouilles sur des Roms au hasard et sans motif apparent, cela est accepté, car même les autorités judiciaires ont ces préjugés envers ce peuple, ce qui fait que la discrimination n’est pas sur le point de s’arrêter en Italie. (2006) Un autre fait marquant de la discrimination envers ce groupe, sont les constantes expulsions dont ils font face par les autorités régionales. En effet, ces expulsions sont toujours faites spontanément et de manière agressive sans se douter de la sécurité des enfants, des personnes âgées et des femmes enceintes vivant dans ces «bidonvilles», ils les laissent sur le bord de la rue sans logement ni endroit où aller en plus d’ignorer la scolarisation des jeunes Roms. Ils sont donc pris à aller dans un autre pays où ils seront tout autant rejetés par la population. (2012) Les médias sont un grand facteur sur la perception des Roms par les Italiens, aux informations, c’est toujours le mauvais côté des Roms qui est présenté, comme les nombreux crimes qu’ils commettent, la prostitution dans laquelle ils sont impliqués, etc. Ce qui fait que toute la population italienne ne fait qu’entendre de mauvaises choses de la part des Sintis et donc les gens se créer cette image très néfaste de cette communauté, ce qui mène à une discrimination encore plus grande à leur égard. (UNAR ET IISMAS, 2012) Dernièrement, le conseil de l’Europe a déclaré que l’Italie avait exagéré le mauvais traitement des Roms et qu’elle les avait même menés «à l’état de sans-abri » (2010), ce n’est rien pour améliorer leur condition toujours aussi précaire.

 Renaud B. Leblanc

Médiagraphie

Portrait des Roms en Italie

Les Roms ou Sintis sont présents en Italie depuis le 15e siècle, ils proviennent pour la plupart, des régions du sud-ouest de l’Europe d’où ils ont été repoussés par l’expansion de l’Empire ottoman vers le nord. Suite à la Première Guerre mondiale, tous les Roms présents sur le territoire italien se sont vu donner la citoyenneté italienne, donc pendant quelques années, il n’y avait presque qu’aucun Rom sans papiers dans le pays. C’est seulement après des évènements comme la Deuxième Guerre mondiale; la guerre des Balkans et l’abolition du régime de visa en Italie en 2002 que de nombreuses vagues d’immigrants Roms ont eu lieu vers le pays. Au dernier recensement, on comptait environ 140 000 Roms en Italie, et de ce nombre, 80 000 avaient leur citoyenneté italienne. De plus, environ 12 000 d’entre eux vivent dans des camps aux alentours des grandes métropoles de Rome, Naples et Milan, mais ont les retrouves aussi par milliers dans les autres grandes villes du pays.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c9/Roma_boy_in_bear_costume_sm.jpg
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Un des grands problèmes dans ce pays est le fait que les Italiens ne voient pas les Roms d’un bon œil, que ce soit les autorités ou bien la population en général, ils préfèrent ne pas trop s’en approcher. En effet, les Roms sont souvent perçues comme des voleurs, des arnaqueurs, des bandits, ou simplement des hors-la-loi. Les Roms sont donc victimes de beaucoup de racisme de la part des Italiens, ils sont entre autres considérés comme des étrangers, car ils vivent, pour la plupart dans des camps en marge de la société, même si 70% de leur population est sédentaire depuis des décennies. Cela provoque des préjudices à leur égard et résulte à de la discrimination dans la vie de tous les jours, ils ont donc de la difficulté à se trouver un emploi, ils sont expulsés de plusieurs endroits public et constamment mis à l’écart par les Italiens. Donc, les Italiens attribuent souvent la communauté rom à une classe inférieure, illettrée, sans emploi, qui doit mendier et voler pour survivre et préfèrent n’être en aucun point associés à eux. (Scicluna, 2008)

À cause de cette mauvaise perception, les Roms se font constamment maltraiter par les Italiens. Il y a par ailleurs, le maire d’une ville au nord du pays qui propose que sa ville possède deux services de bus public, un pour les Italiens et un autre pour les Roms, car il affirme que les gens de sa commune ne sont pas en sécurité avec ces personnes dans les autobus. On lui reproche d’ailleurs d’agir comme en Afrique du Sud à l’époque où la ségrégation raciale était en vigueur. (2014) C’est un cas comme tant d’autres où la population exprime une certaine appréhension envers ce groupe d’individu. En Italie, même la police les maltraite, parfois les policiers amènent des Roms hors de la ville et les laisses sur le bord de la route, sans chaussures, à eux même et ils doivent revenir en marchant, parfois pendant plusieurs heures. La haine envers les Roms en Italie peut aller loin, le 14 juin 2004, cinq Italiens ont lancé des cocktails Molotov sur un camp rom et ont gravement blessé une jeune fille de 7 ans en plus de détruire la majorité de ce que possédait cette communauté. (Scicluna, 2008)

En plus de subir une discrimination de la part des Italiens, les Roms sont constamment expulsés des endroits où ils vivent et les autorités n’y vont pas de main morte pour le faire, ils commettent plusieurs violations au droit de l’homme, dont notamment, le droit à l’éducation des enfants. Même si plusieurs familles roms réussissent à envoyer leurs enfants dans les écoles publiques d’Italie, les autorités essayent de les empêcher, ils les expulsent du pays sans tenir compte des enfants, de leur famille et surtout de leur droit en tant qu’être humain. Selon Thomas Hammarberg, commissaire au droit de l’homme : « Les autorités italiennes devraient respecter les normes internationales et du Conseil de l’Europe en matière de logement et d’expulsions et rendre la situation pleinement conforme à la Charte sociale européenne révisée » (2011). M. Hammarberg n’est pas le seul à avoir critiqué les Italiens, l’«European Roma Rights Centre» est sans contre dit le joueur le plus important dans cette histoire, ce groupe a vu le jour précisément pour faire face aux problèmes que vivent les Roms à travers l’Europe.  (Scicluna, 2008)

S’il est si compliqué de régler la situation des Roms en Italie, c’est qu’il n’y a aucune loi nationale à leur sujet, c’est la responsabilité des villes de décider du sort des camps roms et de leurs habitants. La plupart des municipalités les voient comme des nuisances à la vie en société, mais au fond, les Roms ne sont que des gens qui tentent de se trouver un boulot pour pouvoir manger et se loger. (Culurgioni, 2010)

Renaud B. Leblanc

Mediagraphie

 

Éditorial : Les Roms : parasites ou simples voyageurs ?

Roms, Tsiganes, Gypsies, Sintis, Gitans, Bohémiens, Manouches, et pourtant, une seule réalité. Les gens du voyage sont présents partout dans le monde, essentiellement en Europe, mais ils sont très méconnus. Qui sont-ils réellement ? Des voleurs, des arnaqueurs, des profiteurs, des bandits, des brigands ? Durant cette recherche, nous voulons répondre à ces questions et agrandir nos connaissances sur les Roms puisqu’il représente un enjeu majeur en Europe.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/08/Mrap-roms.jpg
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En effet, ils représentent une minorité ethnique estimée entre 10 et 12 millions d’individus en Europe, soit 1,2%. de la population de l’Union Européenne et ils sont également la minorité la plus imposante d’Europe(Alexandre Boudet,2011). Les Roms, en provenance de l’Inde, forment un peuple migratoire qui s’est étendu sur l’ensemble du territoire européen(Marcel COURTHIADE). Ceux-ci sont caractérisés par leur mode de vie nomade et insoumis aux lois des sociétés contemporaines dans lesquelles ils se trouvent. Les racines de ce peuple incarnent l’essence même de la migration de l’Orient à l’Occident, depuis le Moyen-Âge, ce peuple se fraie un chemin à travers les pays en direction de l’ouest, jusqu’aux grandes villes d’Europe dans le but d’améliorer leurs conditions de vie ou tout simplement pour fuir leur situation. Les Roms sont surtout présents en Europe de l’Est, dans les pays comme la Roumanie et la Bulgarie, mais ils sont aussi trouvés en Europe de l’Ouest, où leur situation est plus précaire(Marcel COURTHIADE), sauf en Espagne ou ils sont probablement le pays où ils sont le mieux intégrés(Alexandre Boudet,2013). Dans le cadre de ce travail, nous étudierons la Hongrie, l’Italie, la France ainsi que l’Espagne. Un portrait des Roms sera fait pour chaque pays, en analysant la perception des habitants envers ce groupe, la participation des Roms à la vie active de leur terre d’adoption, le choix d’intégration de certains Roms à s’intégrer à la société en plus de l’évolution de la réglementation entourant ce peuple.

L’importance du sujet provient du fait qu’il touche  les aspects socioculturels et socioéconomiques des pays dont nous allons traiter. En effet, les Roms sont autour de plusieurs enjeux qui reviennent souvent dans l’actualité des territoires dont nous allons traités. Les différentes autorités concernées cherchent toutes des solutions à ce qui est considéré  comme étant un problème, les roms. En effet, les Roms ne sont pas ou sinon très peu intégré dans leur terre d’accueil. Cette intégration désastreuse des Roms aux sociétés européennes mène à de graves problèmes sociaux, économiques et culturels(Legros, Olivier; Vitale Tommaso, 2011) . Condition de vie insalubre, difficulté à intégrer le marché du travail, racisme et discrimination sont le lot de l’adversité que les Roms doivent affronter sur une base quotidienne.(Legros, Olivier; Vitale Tommaso, 2011) Ainsi, pour toutes ces raisons, même si les Roms ne constituent qu’une infime partie de la population de l’Union européenne, ils représentent un enjeu paneuropéen de taille qui fait régulièrement les manchettes.

Cette recherche se fait en parallèle avec plusieurs controverses qui surviennent ces dernières années avec les Roms dans les pays étudier. Évacuation forcer sont notamment le quotidien des Roms en France et en Italie(Legros, Olivier; Vitale Tommaso, 2011) . Les pays ne savent pas comment réagir fait à ce peuple nomade qui semble vivre en marge de la société. Les pays cherchent à trouver des solutions face à la situation actuelle. En temps qu’équipe, nous pensons que ces solutions ne sont malheureusement pas toujours à l’avantage des Roms et nous voulons comprendre grâce à cette recherche pourquoi il semble exister un clivage entre la population en générales et les Roms et pourquoi les gouvernements semblent démontrer une réaction hostile à leur égard.

Renaud Beauregard Leblanc, Antoine Brouillette Arielle Desjardins, Alycia Leduc.

Alexandre Boudet ,« Roms en Europe : comment les gouvernements répondent à la question» dans politique, huffingtonpost ( en ligne), http://www.huffingtonpost.fr/2013/09/29/roms-europe-gouvernements-reponse_n_3980507.html

Marcel COURTHIADE, « ROM », Encyclopædia Universalis [en ligne], http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/rom/

Legros, Olivier; Vitale Tommaso « Les migrants roms dans les villes françaises et italiennes : mobilités, régulations et marginalités », géocarrefour, Vol. 86/1 [En ligne], 2011, http://geocarrefour.revues.org/8220