Archives de catégorie : Catherine Montpetit

RETOUR SUR L’ENTREVUE

3ad7da4
« Jonathan Guibert », 2015, [3ad7da4.jpg], sur le site LinkedIn, [En ligne] http://in.linkedin.com/pub/jonathan-guibert/40/18/5a1 (consulté le 28 avril 2015)

« [O]n a vécu mes amis migrants et moi, […] dans un contexte assez modeste mais cela dit ça, on s’en sortait pareille.» (GUIBERT, 2015) : Jonathan Guibert, natif de Marseille, a vécu toute sa jeunesse dans cette ville portuaire au sud de la France et grâce à une entrevue réalisée à la fin du mois de mars nous avons pu en apprendre plus sur la réalité de cette société bien différente du nord du pays.

Ayant grandi dans les quartiers populaires de la ville, M. Guibert a toujours été en contact avec les populations immigrantes puisqu’ils y vivaient ensemble. Bien qu’il ait grandi dans un contexte modeste dans des arrondissements au nord de la ville, le directeur de compte d’architecture, d’ingénierie et de construction interne et des projets spéciaux chez Cansel garde tout de même de très beaux souvenirs de sa ville natale. Entre autre, il décrit la ville comme étant une société vivante axée sur les interactions entre les individus et sur la culture en plus d’ajouter qu’il s’agit d’une ville beaucoup plus détendue que Paris par exemple situé plus au nord de la France.

Étant habitué à vivre dans un milieu aussi diversifié, M. Guibert explique qu’à son époque (début des années 90), les différents groupes ethniques s’entendaient bien malgré quelques conflits qui n’avaient aucun lien avec l’origine ethnique. Le principe de la France laïque était beaucoup plus appliqué qu’à l’heure actuelle.

De nos jours, contrairement à l’époque de sa jeunesse, le directeur chez Cansel se désole du clivage entre les religions qui s’est créé depuis les années 90. La société est donc prise entre deux feux soit, le clan pour l’intégration des immigrants contre ceux qui désirent imposer leur culture. Une séparation a donc été faite entre les immigrants et la population française qui, pour la plupart, ont une mentalité plutôt xénophobe.

Ce problème en crée bien d’autres puisqu’avec le changement de mentalité, M. Guibert a vu apparaître plusieurs préjugés « bêtes et méchants comme les États-Unis c’est-à-dire que le musulman est forcément un terroriste » (GUIBERT, 2015). De plus, il ajoute que les immigrants sont souvent associés à la « racaille », c’est-à-dire à la délinquance.

Ces préjugés viennent selon lui de l’isolation des immigrants dans les cités, c’est-à-dire les banlieues des villes qui sont bien différentes de celle en Amérique du nord. Les banlieues étant des endroits plus défavorisés où vivent la plupart de la population immigrante, la délinquance et le décrochage scolaire y domine ce qui explique de tels préjugés.

À Marseille, ces cités sont situées au nord de la ville et ils sont considérés comme les pires quartiers de France avec une zone de sécurité de niveau 1 (le niveau le plus dangereux attribuable). Les immigrants y étant envoyés et ensuite mis à l’écart, il s’y est formé un micro écosystème qui empêche quiconque de l’extérieur, policiers, ambulanciers et pompiers inclus, d’entrer dans les cités. Étant ainsi isolés, les conditions de vie, depuis l’époque de M.Guibert, se sont nettement dégradées tant au niveau du logement qu’au niveau de l’emploi que la qualité de vie en général.

L’un des défis de la ville de Marseille est donc, selon Jonathan Guibert, de rendre la ville plus sécuritaire et de permettre à tous de vivre avec un sentiment de sécurité. Cependant, toujours selon M. Guibert, ce défi est si grand que bien qu’on y pense et qu’on le souhaite, il est fort probable que cela ne reste qu’utopique.

Justine Morasse                                                                                                                     Andrée-Anne Roy                                                                                                             Catherine Montpetit                                                                                                         Catherine Maertens

Les conséquences physiologiques et physiques chez le migrant suite à l’expérience migratoire

L’immigration en général a plusieurs effets à divers niveaux sur l’immigré. Dans ce cas-ci, un résumé de l’analyse des conséquences négatives sur l’immigrant d’origine maghrébine venant s’installer à Marseille sera fait. En effet, il a été observé chez les communautés d’immigrants en France que le changement de vie durant l’expérience migratoire qu’ils ont subie les a grandement affectés au niveau psychologique (SILVESTRO-TEISSONNIÈRE, 2010-2011). Il est possible de supposer que les immigrés d’origines maghrébines à Marseille auraient vécu une expérience migratoire similaire qui aurait eu des conséquences semblables.

Les conséquences chez les enfants immigrants

Chez les enfants immigrés nouvellement arrivés en France, si l’expérience migratoire s’avère être un traumatisme, c’est-à-dire une expérience de violence hors du commun qui menace l’intégrité physique et psychique d’un individu, des manifestations immédiates, intermédiaires ou différées comme des cauchemars ou des flashbacks ont été remarquées (SILVESTRO-TEISSONNIÈRE, 2010-2011). En effet, selon plusieurs facteurs qui influencent le déclenchement de troubles mentaux chez un enfant, il a été constaté chez les jeunes immigrants en France que le cadre culturel et l’enveloppe psychique, soit l’ensemble des structures mentales permettant de décrire et de comprendre certaines organisations psychopathologiques, leur formation ainsi que la façon dont elles fonctionnent (HOUZEL, 2010), sont des éléments ayant une grande conséquence sur le développement de troubles psychosomatiques et somatoformes chez ceux-ci (SILVESTRO-TEISSONNIÈRE, 2010-2011). Pour plus de précision, un trouble psychosomatique est un trouble psychique qui se manifeste par des symptômes physiques tandis que les troubles somatoformes se caractérisent par une préoccupation exagérée de la présence de symptômes corporels qui n’ont aucun fondement médical (Cours d’Initiation à la psychologie du Cégep Gérald-Godin).

Ce genre de troubles est souvent associé en général aux immigrants et à leur changement de vie, car aucune cause physique n’est trouvée et les maux restent toujours. D’ailleurs, ce sont ces troubles en particulier qui ont été remarqués chez la plupart des jeunes immigrés selon une étude faite entre 2010 et 2011 en France (SILVESTRO-TEISSONNIÈRE, 2010-2011). Effectivement, à leur arrivée en France, les jeunes adolescents originaires de la République du Congo, de l’Angola, de l’Afghanistan et de l’Inde, sont déjà des proies faciles et isolées concernant leur identité face aux Français, étant donné leurs différences corporelles ainsi que leurs origines qui se distinguent de celles des Français là-bas (SILVESTRO-TEISSONNIÈRE, 2010-2011). De plus, si leur expérience migratoire s’avère être un traumatisme ayant eu pour effet la rupture des liens d’attachement primaire avec leurs origines, ceux-ci développeraient des troubles psychiques (SILVESTRO-TEISSONNIÈRE, 2010-2011). Il est à noter que plus les liens d’attachements primaires avec la culture d’origine sont sécures, moins l’expérience d’immigration sera perçue comme traumatique pour l’enfant et celui-ci sera capable d’une meilleure intégration à la société française (SILVESTRO-TEISSONNIÈRE, 2010-2011). Selon la même étude, après leur arrivée, plusieurs enfants ont développé des troubles du langage ainsi que des troubles psychiques, de

Lewis RONALD, « Stress ball », sur le site Wikipédia, [En ligne], http://en.wikipedia.org/wiki/Stress_ball#/media/File:Earth_globe_stress_ball.jpg (Page consultée le 28 avril 2015)
Lewis RONALD, « Stress ball », sur le site Wikipédia, [En ligne], http://en.wikipedia.org/wiki/Stress_ball#/media/File:Earth_globe_stress_ball.jpg (Page consultée le 28 avril 2015)

sommeil et anxieux comme du stress et de l’anxiété chroniques (SILVESTRO-TEISSONNIÈRE, 2010-2011). On pourrait en conclure que le même scénario aurait tendance à se reproduire dans le cas des jeunes enfants maghrébins suite à leur immigration à Marseille. Par exemple dans un article concernant la population vieillissante composée de Maghrébins à Bruxelles, il a été remarqué qu’en raison de leur isolement par rapport aux membres de leurs familles ne vivant pas avec eux là-bas, les personnes âgées originaires de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie avaient tendance à développement des troubles somatoformes (BERNARDOT, 2006).

Les conséquences chez les adultes immigrants

Les enfants immigrants ne sont pas les seuls à être atteints de troubles psychologiques suite à la migration, car chez les adultes un haut niveau de stress et d’anxiété a aussi été remarqué, mais pour des raisons différentes que celles des enfants (GUILBERT, BOUCHER et RACINE, 2014). En effet, pour un adulte suite à la migration, plusieurs changements au niveau du mode de vie arrivent, comme l’installation dans une nouvelle demeure dans le pays d’accueil (GUILBERT, BOUCHER et RACINE, 2014). Malgré les effets bénéfiques que posséder une maison amène, cela engendrait également des conflits et du stress élevé chez les couples d’immigrants au Canada et au Québec (GUILBERT, BOUCHER et RACINE, 2014). L’anxiété due à un endettement élevé, le stress, la fatigue et la peur de perdre la maison ainsi que la famille, commence à fragiliser le sentiment de sécurité ontologique régnant au sein de la famille, ce qui crée des troubles psychiques comme le stress ou l’anxiété chronique chez les immigrés adultes (GUILBERT, BOUCHER et RACINE, 2014). En effet, il est mentionné dans des statistiques que Marseille fait partie des villes en France ayant le plus haut taux de divorce en incluant les immigrants (« Le Sud en tête du palmarès du divorce », Changer de ville). Ces séparations assez fréquentes chez les immigrants s’expliquant par de multiples éléments provoquent du stress chez les adultes et les enfants et nécessitent des ajustements plus ou moins importants (GUILBERT, BOUCHER et RACINE, 2014). De plus, ce stress dans la vie des adultes peut devenir plus pathologique et causer des dépressions ou d’autres troubles plus graves (JEKOVSKA, 2008), et chez les enfants, leur environnement familial est troublé et cela peut contribuer au développement de troubles psychiques chez ceux-ci en raison de la perte de repères dans leur cadre social (SILVESTRO-TEISSONNIÈRE, 2010-2011).

La pauvreté et la migration

Enfin, un lien entre la pauvreté et la santé mentale des immigrés maghrébins à Marseille peut être observé. En effet, les problèmes de santé mentale ainsi que les troubles mentaux sont plus fréquents dans les milieux défavorisés (JEKOVSKA, 2008). Chez les jeunes, entre autres immigrants, au Canada et au Québec, la détresse psychologique et la perception de leur santé mentale comme mauvaise ou passable ainsi que la présence d’idées suicidaires tendent à augmenter lorsque le revenu des parents diminue (JEKOVSKA, 2008). Il serait possible d’appliquer ce même principe

Éric POUHIER, « A homelessman in Paris », sur le site Wikipédia, [En ligne], http://en.wikipedia.org/wiki/Poverty_in_France#/media/File:HomelessParis_7032101.jpg (Page consultée le 28 avril 2015)
Éric POUHIER, « A homelessman in Paris », sur le site Wikipédia, [En ligne], http://en.wikipedia.org/wiki/Poverty_in_France#/media/File:HomelessParis_7032101.jpg (Page consultée le 28 avril 2015)

aux jeunes immigrants maghrébins à Marseille. De plus, le fait de vivre dans des conditions socioéconomiques défavorables durant l’enfance et l’adolescence augmente le risque de souffrir plus tard de problèmes de santé (JEKOVSKA, 2008). Selon des statistiques, le quartier du troisième arrondissement de Marseille en France est composé des ménages disposant du plus faible taux de revenus en France et celui-ci est habité principalement par des familles de migrants comoriens et maghrébins (PENVERNE, 2014). Donc, en sachant que les ménages de migrants d’origine maghrébine vivent pour la plupart dans la pauvreté à Marseille, il est possible de constater que ceux-ci auraient tendance développer des troubles mentaux étant donné leur situation financière.

En gros, il est possible de constater une certaine corrélation entre l’expérience migratoire et le développement de certains troubles psychiques tels des troubles somatoformes et psychosomatiques, un niveau de stress élevé et de la détresse psychologique chez les migrants autant jeunes qu’adultes.

 

Par Catherine Montpetit

 

Médiagraphie

Christel SILVESTRO-TEISSONNIÈRE, La migration traumatique, une pathologie du lien : Souffrance psychique et souffrance corporelle chez les mineurs isolés étrangers, [En ligne], 2010-2011, http://www.horslarue.org/files/Mmoire_Christel_Silvestro-Teissonnire-1.pdf (Page consultée le 25 février 2015)

J.S. FRIDERES par l’Université de Calgary, Les Immigrants, l’intégration et l’intersection des identités, [En ligne], canada.metropolis.net/events/diversity/immigration_fr.doc (Page consultée le 24 février 2015)

H. G. VIRUPAKSHA, Ashok KUMAR et Bergai PARTHSARATHY NIRMALA, «Migration and mental health: An interface », US National Library of Medecine National Institude of Health, [En ligne], http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4121889/ (Page consultée le 25 février 2015)

Monica JEKOVSKA, Pauvreté, santé mentale, détresse psychologique : situations connexes ou pures coïncidence?, [En ligne], 2008, http://www.crds.centre-du-quebec.qc.ca/client/uploads/36/185509170154622.pdf (Page consultée le 24 février 2015)

Didier HOUZEL, Le concept d’enveloppe psychique, In Press Eds, 2010

Marc BERNARDOT, Le grand âge en foyer de migrants : nouvelles figures, nouveaux enjeux, [En ligne], 2006, http://perso.numericable.fr/~sitedurtf7/downloads/CG/cgtxtbernardot.pdf (Page consultée le 11 avril 2015)

Lucille GUILBERT, Colette BOUCHER et Michel RACINE, Connaître Comprendre Accompagner Créer du lien : Les défis de la diversité culturelle et de l’immigration en dehors des grands centres, [En ligne], 2014,
http://www.ediq.ulaval.ca/fileadmin/ediq/fichiers/Publication/CE_2014_Vol_2_No_1/CE2014_VF_31_oct.pdf#page=37 (Page consultée le 15 mars 2015)

« Le Sud en tête du palmarès du divorce », Changer de ville, [En ligne], http://www.changerdeville.fr/ou-vivre/le-sud-en-tete-du-palmares-du-divorce-913.html (Page consultée le 22 mars 2015)

Mickaël PENVERNE, « Marseille : Visite du quartier le plus pauvre de France », 20 Minutes, 2014, [En ligne], http://www.20minutes.fr/marseille/1284822-20140130-quartier-plus-pauvre-france (Page consultée le 22 mars 2015)

L’importance de s’intéresser à l’état psychique et physique des migrants suite à l’expérience migratoire

L’immigration internationale est un phénomène mondial qui s’est beaucoup développé durant les dernières années. De plus en plus de migrations dans le monde ont été constatées, celles-ci ont entre autres triplé en 40 ans et aujourd’hui, environ 240 millions de migrants se déplacent partout sur le globe (WITHOL DE WENDEN, 2012). Par ailleurs, plusieurs raisons poussent un individu à quitter son pays d’origine pour venir s’installer ailleurs. Lorsque le migrant

Jonathan MCINTOSH, «Immigrant rights march for amnesty in downtown Los Angeles, California on May Day », 2006, sur le site Wikimedias Commons, [En ligne], http://commons.wikimedia.org/wiki/File:May_Day_Immigration_March_LA37.jpg (Page consultée le 28 avril 2015)
Jonathan MCINTOSH, «Immigrant rights march for amnesty in downtown Los Angeles, California on May Day », 2006, sur le site Wikimedias Commons, [En ligne], http://commons.wikimedia.org/wiki/File:May_Day_Immigration_March_LA37.jpg (Page consultée le 28 avril 2015)

est arrivé dans sa nouvelle société, il sera immergé de plusieurs changements notamment au niveau de son environnement socioculturel et du mode de vie de son pays d’accueil. Tous ces changements peuvent avoir un impact sur sa santé mentale et physique de manière négative ou positive et sa vie dans son pays d’accueil peut être meilleure ou moins bonne. Il faut aussi prendre en considération qu’en général, les dimensions biologiques (composantes biologiques et physiologiques de l’individu), les dimensions psychodéveloppementale (aspect cognitif, affectif et rationnel de l’individu) ainsi que les dimensions contextuelles (insertion de l’individu dans son environnement et ses relations avec son milieu) influencent l’état de la santé mentale d’un individu suite à l’immigration (JEKOVSKA, 2008) et s’il va être affecté ou non par toutes les modifications dans sa vie.

Dans cette optique, il est intéressant de s’attarder aux répercussions sur le mental et le physiologique chez le migrant suite à l’expérience migratoire et durant son insertion dans sa nouvelle société. Parmi tous les grands mouvements migratoires dans le monde, les communautés maghrébines font partie des principaux flux migratoires et elles se dirigent entre autre vers Marseille. Cet article sera donc dédié à la présentation de l’analyse de l’état psychique et physique du migrant d’origine maghrébine suite à son expérience migratoire et à son arrivée dans la ville de Marseille.

Dans la plupart des cas, les immigrants subissent d’énormes changements et doivent s’accommoder et à leur nouveau domicile. Comme il a été dit précédemment, ces changements ont plusieurs effets sur la santé mentale de l’individu ainsi que sur son intégration en société (SILVESTRO-TEISSONNIÈRE, 2010-2011). Par ailleurs, il est semble essentiel de s’attarder à la condition mentale et physique des migrants maghrébins nouvellement arrivés à Marseille pour mieux comprendre la façon dont ils vivent leur expérience migratoire et pour les aider à mieux s’intégrer dans la société française.

Les aspects négatifs

Par exemple, approfondir le côté plus individuel des immigrants des pays du Maghreb vivant leur changement de vie dans la communauté marseillaise peut être fait de plusieurs manières. Effectivement, observer les effets négatifs que peut amener l’immigration chez certains individus, en prenant pour exemple les immigrants maghrébins à Marseille, est un bon moyen de constater l’état psychique et physique des migrants maghrébins en France. Cela permet aussi de voir s’ils ont des séquelles dues à leur expérience migratoire ou à leur insertion dans leur nouvelle société. Les aspects de l’acculturation psychologique, de la discrimination, de

« English : Discrimination », 2013, sur le site Wikimedia Commons, [En ligne], http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Discrimination2.jpg (Page consultée le 28 avril 2015)
« English : Discrimination », 2013, sur le site Wikimedia Commons, [En ligne], http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Discrimination2.jpg (Page consultée le 28 avril 2015)

l’exclusion sociale (marginalisation), de la stigmatisation, des difficultés à s’insérer dans la société et dans le monde du travail, ainsi que de la détresse psychologique (stress/anxiété) et ses effets que certains immigrants maghrébins peuvent vivre suite au voyage migratoire font partie des éléments intéressants à analyser pour en savoir plus sur la condition mentale et physique des migrants dans le monde, en particulier celles des Maghrébins à Marseille.

Les aspects positifs

Être un nouvel arrivant issu des pays du Maghreb dans la ville de Marseille a aussi des aspects positifs. Par exemple, il y a les effets bénéfiques d’un milieu de vie sécuritaire en France sur la santé mentale d’un individu issu d’une situation difficile dans un pays du Maghreb (VIRUPAKSHA, KUMA et PARTHSARATHY NIRMALA). Ces conséquences positives tendent à se produire lorsque l’immigrant réussit à bien s’intégrer dans la société marseillaise, dans le système d’éducation français et dans le monde du travail et lorsqu’il peut subvenir adéquatement à ses besoins de bases (VIRUPAKSHA, KUMA et PARTHSARATHY NIRMALA).

S’intéresser aux migrants pour améliorer l’expérience migratoire

Comme mentionné plus au début dans le texte, il semble nécessaire de s’intéresser à la condition mentale et physique de l’immigrant dans son pays d’accueil suite à son expérience migratoire pour en savoir plus à son sujet et pour potentiellement connaitre les lacunes reliées à l’immigration dans le monde (plus précisément celles reliées aux Maghrébins à Marseille). Entre autres, pour améliorer l’état psychique et physique du migrant dans son pays d’accueil, il sera essentiel à la société d’accueil de faire disparaitre les limites entre les différents groupes ethniques dans la population, de se pencher sur la problématique de l’incorporation et de l’inculturation sociale, de s’attarder à la participation des immigrants à l’économie, de diminuer les inégalités et les distinctions par rapport aux migrants et enfin, de développer un sentiment d’appartenance chez l’immigration pour son pays d’accueil (FRIDERES). Ces éléments constituent entre autre des pistes de solutions pour rendre les conditions d’immigration plus favorables pour les migrants, comme les Maghrébins, lorsqu’ils sont arrivés dans leur pays d’accueil, en particulier celui de la France.

En gros, le côté individuel et les aspects positifs et négatifs de la façon dont les immigrants des communautés maghrébines vivent leur arrivée à Marseille seront le point central du travail de recherche qui sera effectué. Il est essentiel de s’intéresser à ces éléments pour mieux comprendre la manière dont ils vivent leur expérience migratoire et pour les aider à mieux s’intégrer en société.

 

Par Catherine Montpetit

 

Médiagraphie

Christel SILVESTRO-TEISSONNIÈRE, La migration traumatique, une pathologie du lien : Souffrance psychique et souffrance corporelle chez les mineurs isolés étrangers, [En ligne], 2010-2011, http://www.horslarue.org/files/Mmoire_Christel_Silvestro-Teissonnire-1.pdf (Page consultée le 25 février 2015)

J.S. FRIDERES par l’Université de Calgary, Les Immigrants, l’intégration et l’intersection des identités, [En ligne], canada.metropolis.net/events/diversity/immigration_fr.doc (Page consultée le 24 février 2015)

H. G. VIRUPAKSHA, Ashok KUMAR et Bergai PARTHSARATHY NIRMALA, «Migration and mental health: An interface », US National Library of Medecine National Institude of Health, [En ligne], http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4121889/ (Page consultée le 25 février 2015)

Monica JEKOVSKA, Pauvreté, santé mentale, détresse psychologique : situations connexes ou pures coïncidence?, [En ligne], 2008, http://www.crds.centre-du-quebec.qc.ca/client/uploads/36/185509170154622.pdf (Page consultée le 24 février 2015)

Catherine WITHOL DE WENDEN, « Les dynamiques migratoires dans le monde », Revue Humanitaire, 2012, [En ligne], http://humanitaire.revues.org/1412 (Page consultée le 26 mars 2015)

Éditorial d’équipe- L’immigration humaine à Marseille

La problématique de l’immigration humaine, d’après l’exemple de Marseille

L’immigration internationale est un phénomène historique, toutefois très actuel affectant les nations en les confrontant les unes aux autres, dans le défi de l’intégration. L’immigration est devenue une réalité nécessaire pour combler la dénatalité, pour renouveler la population active et pour combler le manque de main-d’œuvre. Elle est présente partout à travers le monde, mais surtout en France accueillant une forte migration maghrébine. C’est dans la ville de Marseille qu’on le remarque particulièrement, une métropole qui est devenue, grâce à sa situation géographique, l’une des principales portes d’entrée vers l’Europe.

Avec une communauté urbaine de près de 1,72 million d’habitants[1], cette ville méditerranéenne est l’une des plus grandes villes de France. Bien qu’il s’agisse d’une ville française, sa proximité avec la côte africaine en fait une cité où de multiples ethnies se côtoient chaque jour et où la religion musulmane est pratiquée par près de 40 % de la population.[2] Dans le cadre du cours de démarche d’intégration des acquis en sciences humaines, nous avons donc décidé de nous attarder à la situation particulière de cette ville multiculturelle.

 Nous nous sentons interpellés par les enjeux concernant l’immigration à Marseille étant donné qu’ils s’apparentent à la situation mondiale des migrations internationales. Effectivement, à Marseille, nous observons une société laïque où l’immigration est une réalité historique. C’est un lieu d’échanges, mais aussi de confrontations entre les arrivants et la population déjà établie. Aussi, les différentes nations cherchent à définir leur identité dans ce contexte mixte, le tout en gérant les tensions résultantes. Bref, l’étude de la ville de Marseille nous permettra de voir et comprendre les différents enjeux s’il y a une différence marquante entre la situation actuelle d’un premier pays qui historiquement se caractérise comme fondateur et colonisateur, et d’un second qui fondamentalement s’est fondé par sa colonisation et par le mélange de cultures.

Ainsi, dans ce travail de recherche, nous étudierons plus précisément l’impact de ce flux migratoire sur la ville en quatre plans. Tout d’abord, nous dresserons un portrait complet de la situation du côté marocain et français en mettant en valeur les principales caractéristiques des deux réalités. En abordant les motivations de départ des Marocains, cela nous permet de décrire concrètement la situation actuelle de la France et surtout de Marseille en matière d’intégration des immigrants. On est donc en mesure d’exposer le contexte historique, politique et idéologique qui a amené à créer la société actuelle. Pour ce faire il fallait à tout prix se concentrer sur une communauté particulière de l’immigration maghrébine et nous avons choisi le Maroc étant historiquement le pays fournissant le nombre le plus important d’immigrés à Marseille et en France en général. Nous poursuivrons avec l’étude de l’impact qu’a cette migration massive vers le nord sur la société marseillaise puis nous ferons l’étude de cet impact à plus petite échelle sur un seul individu. Finalement, nous étudierons la situation particulière des étrangers en situation irrégulière qui sont une source de conflit et de problème sur le territoire français.

Ainsi, le thème spécifique de ce travail sera la problématique de l’immigration humaine, selon l’exemple précis de Marseille. L’objectif de recherche sera alors de comprendre les différents enjeux (et leur impact) de l’immigration sur un territoire choisi, ici Marseille.

« Les peuples d’Europe, tout en restant fiers de leur identité et de leur histoire nationale, sont résolus à dépasser leurs anciennes divisions et, unis d’une manière sans cesse plus étroite, à forger leur destin commun. » [3]

Signature commune: Andrée-Anne Roy, Catherine Maertens, Justine Morasse et Catherine Montpetit


  1. L’immigration entre France et Maroc, par Catherine Maertens
  2. La société marseillaise, un théâtre de l’immigration, par Andrée-Anne Roy
  3. L’invididu dans l’immigration à Marseille, par Catherine Montpetit
  4. Les Sans-papier, une réalité marseillaise, par Justine Morasse

Notes de bas de page

[1] Christopher, DICKEY. « Marseille’s Melting Pot », National Geographic Magazine, 2012, [En ligne], http://ngm.nationalgeographic.com/marseille/dickey-text (page consultée le 20 février 2015)

[2] BOKBOT, Moha et Ali FALEH, Un siècle d’émigration marocaine vers la      france: aperçu historique, [En ligne], 2010http://digitum.um.es/xmlui/bitstream/10201/14661/1/06-Moha%2055-64.pdf, (page consultée le 19 février 2015)

[3] CRÉPEAU, Fançois, NAKACHE, Delphine, ATAK, Idil, et ass. Les migrations internationales contemporaines- une dynamique complexe au cœur de la globalisation, Montréal, Les presses de l’Université de Montréal, 2009, p.120


  • Entrevue avec Jonathan Guibert, Français natif de Marseille, le 27 mars 2015
    [Insérer lien vidéo de l’entrevue]
    Analyse: