Archives de catégorie : Les réfugiés politiques

Demandeur d’asile: une situation difficile

Demander l’asile est une étape complexe qui entraine beaucoup de stress. La rapidité du processus causée par les modifications de 2012 a eu d’importants impacts à la fois aux niveaux psychologiques et affectifs chez les demandeurs. Selon un demandeur d’asile : « L’aspect négatif, pour moi, c’est le stress. J’ai les nerfs en boule et beaucoup de pression parce que tout est tellement rapide » (Conseil canadien pour les Réfugiés, 2014).

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Première impression…

D’après une étude effectuée par le Conseil canadien pour les réfugiés (CCR), le processus de demande d’asile est complexe et difficile à vivre pour les demandeurs d’asile puisqu’il entraine un sentiment d’incompréhension et d’inquiétude qui engendre un gros stress pour ces personnes déjà fragiles. Dans cette étude, certains répondants ont dit s’être sentis intimidés par les agents de l’immigration. Ce n’est pas une première impression très accueillante. L’un d’eux a comparé son entrevue avec l’Agence des Services frontaliers du Canada (ASFC) à un interrogatoire fait par un enquêteur de la police vis-à-vis d’un criminel, et un autre a dit s’être fait traiter comme un délinquant. Un autre a qualifié les agents des services frontaliers de « très rudes et très grossiers » (Conseil canadien pour les Réfugiés, 2014). Certains se font littéralement menotter et amener dans un Centre de prévention de l’immigration, ils sont donc traités comme des criminels : « Ils sont venus, ils m’ont menotté. Ils m’ont mis dans un fourgon, comme dans une cage, avec des clés, comme un animal. Pour moi, c’était choquant; dans mon pays, je n’ai jamais passé même trente minutes dans un poste de police » (Leprince, 2014). Cette manière d’agir est expliquée par les autorités comme étant des « mesures afin de prévenir des dangers éventuels » (Quinty-Falardeau, 2015). Selon l’étude du CCR, malgré que certains « déclarent avoir été intimidés et menacés de renvoi », d’autres personnes ont eu une expérience positive lorsqu’ils ont présenté leur demande. Les courts délais sont stressants, entrainent de grandes craintes, de la pression et de l’angoisse. Le stress peut mener chez certains à des problèmes de santé : insomnie, perte d’appétit… (Conseil canadien pour les Réfugiés, 2014).

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L’obstacle lié à la langue a aussi un gros impact chez les demandeurs. Certains sont mal à l’aise de raconter leur histoire devant les interprètes, et ils sont souvent inquiets que la traduction rende mal leur récit et les désavantages (Conseil canadien pour les Réfugiés, 2014).

Les nouvelles mesures: source d’angoisse

Les mesures aggravent aussi l’état psychologique des demandeurs détenus. Selon une étude menée entre 2010 et 2012 par Janet Cleveland, une psychologue et chercheuse de McGill, « les demandeurs détenus présentent un niveau considérablement plus élevé de symptômes de trouble de stress post-traumatique, de dépression et d’anxiété que les demandeurs étant toujours demeurés libres au Canada. Pourtant, aucune aide psychologique n’est offerte en détention » (Cleveland, 2012). Action Réfugiés Montréal offre à ces détenus de l’aide juridique afin de remplir tous les documents nécessaires à leur demande de statut de réfugié. Les lois entourant l’immigration humanitaire sont dans les plus complexes au Canada, ce qui rend l’absence d’aide juridique un gros handicap. De plus, à peine 6 % de ces détenus sont soupçonnés de représenter un risque pour la sécurité, selon une étude réalisée en 2011 par une professeure de droit de l’Université d’Ottawa. « Un pays d’accueil ne peut pénaliser un demandeur d’asile pour être entré sur son territoire à l’aide de faux papiers, selon la convention de Genève. Mais le Canada, à l’instar d’autres pays, fait fi de cette clause » (Quinty-Falardeau, 2015). Dès qu’une personne entre sur les territoires sans papiers ou avec de faux papiers, elle est mise en détention automatiquement. Une des personnes interviewées par le CCR avait été maintenue en détention pour une durée de onze jours à la suite d’une erreur dans les dates faite par des fonctionnaires canadiens (Conseil canadien pour les Réfugiés, 2014).

Audiences

L’audience, quant à elle, est un autre évènement très stressant pour les demandeurs d’asile, car ils ont conscience que leur vie en dépend, et ceux qui n’ont pas immédiatement une réponse positive à la fin de l’audience vivent un stress supplémentaire dû à l’attente de cette réponse. Selon un individu, il est « difficile de [se] souvenir d’évènements pénibles comme ceux d’être emprisonné, enlevé et torturé. Ça [l’a] stressé de [se] souvenir du mauvais traitement [qu’il avait] reçu. » Certains ont eu recours à une thérapeute afin de gérer leurs troubles et leurs craintes, mais certains, comme les détenus, n’ont pas accès à de tels services. De plus, avant que la demande soit déclarée recevable, le demandeur n’a pas accès à certains services et avantages, incluant les soins de santé et l’aide sociale, ce qui place certains demandeurs dans une situation très précaire (Conseil canadien pour les Réfugiés, 2014).

Malheureusement, les inquiétudes des demandeurs ne cessent pas nécessairement lors de l’obtention du statut de réfugié et l’obtention de la résidence permanente. Pour diverses raisons, incluant la demande d’un passeport du pays d’origine, que le Canada voit comme une demande de protection de ce pays, ou si le réfugié retourne dans son pays d’origine, même pour une très courte durée, il peut être expulsé du Canada. « Immigration Canada vise 875 annulations annuelles d’asile et de résidence avec expulsion pour d’anciens réfugiés qui sont retournés, même brièvement, dans leur pays d’origine » (Leprince, 2014).

Ariane Primeau

Bibliographie :

CONSEIL CANADIEN POUR LES RÉFUGIÉS, L’expérience des demandeurs d’asile aux audiences dans le cadre du nouveau système, [En ligne], avril 2014, http://ccrweb.ca/sites/ccrweb.ca/files/audience-refugie-rapport-2014.pdf (Page consultée le 17 février 2015)

LEPRINCE, Jean-Michel, « Deux fois moins de demandeurs d’asile au Canada depuis la réforme des conservateurs », dans LaPresse, [En ligne], http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2014/09/09/003-reforme-systeme-asile-politique-canada-immigrants-refugies-durcissement.shtml (Page consultée le 27 avril 2015)

QUINTY-FALARDEAU, Antoine. « Quand le Canada serre la vis », L’actualité, [En ligne], Vol. 40 n°2 (01/02/2015), p.46-47-48-49, dans Eureka (Page consultée le 16 février 2015)

Le Haut-Commissariat des réfugiés et son rôle au Canada

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Le HCR, Haut-commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés, est une agence des Nations Unies qui a été mise sur pied à la suite de la Seconde Guerre mondiale. À ses débuts, elle avait comme but d’exister pendant trois ans afin de s’occuper des dommages de la Deuxième Guerre mondiale, mais il a été conclu que son existence était justifiée lors de la révolution hongroise en 1956 (HCR, 2015). Nous avons eu la chance, dans le cadre de notre recherche, de poser quelques questions à un ancien adjoint à la protection du bureau montréalais de l’HCR, dont le nom demeure anonyme pour des raisons de confidentialité. Il nous a renseignés sur le rôle de l’HCR et les défis qu’il a relevés lors de son mandat.

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L’HCR au Canada occupe un rôle de surveillance afin de s’assurer que les États qui ont ratifié la Convention de 1951 sur le statut des réfugiés la respectent. L’HCR n’offre aucun service comme tel au Canada, il ne s’occupe pas de l’accueil des réfugiés ou de leur prise en charge en ce qui a trait au logement, à l’aide financière, etc. Ses fonctions sont divisées en quelques volets. Le premier correspond à son mandat de protection. Cela implique que l’HCR vérifie que le Canada respecte adéquatement la Convention, entre autres en observant les audiences servant à déterminer le statut de réfugié de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié. C’est un rôle uniquement d’observation, l’adjoint à la protection ne peut en aucun cas intervenir. Ils font aussi des observations aux frontières, par exemple lorsque quelqu’un demande l’asile à l’aéroport et qu’il y a une entrevue d’éligibilité. Ils peuvent aussi vérifier ce qui se fait à la section de l’immigration lorsque des demandeurs d’asile sont mis en détention ou lorsqu’il y a des enquêtes sur l’admissibilité d’une personne. L’HCR s’occupe aussi de réinstaller des gens admis comme réfugiés à partir de l’extérieur du pays. Ils ont aussi comme rôle de communiquer les informations qu’ils recueillent au Canada durant leurs observations et de faire des collectes de fonds.

L’HCR a une relation privilégiée avec les divers gouvernements. Il conseille et soutien le gouvernement pour l’aider à respecter les politiques internationales. C’est pourquoi les informations recueillies lors des observations sont partagées avec le gouvernement ; ce qui fonctionne bien, ce qui fonctionne moins bien et ce qui pourrait être amélioré. Le bureau de l’HCR émet aussi ses commentaires lorsque de nouveaux projets de loi en lien avec l’immigration humanitaire sortent afin de s’assurer qu’ils respectent les normes internationales.

Ensuite, en ce qui concerne les défis personnels que l’adjoint à la protection a rencontrés, le plus grand était de maintenir une certaine neutralité face à l’État. Cette personne se trouvait dans une situation privilégiée, mais celle-ci demeure une relation diplomatique et très politique. Il devait rester neutre et s’en tenir aux normes internationales, même si celles-ci ne sont pas toujours très concrètes. Ce fut pour elle un défi de discuter avec certains fonctionnaires sans pouvoir réagir avec toute la rage qu’elle ressentait, de s’exprimer contre les injustices dont elle était parfois témoin. C’était un effort constant de ne pas réagir dans une audience lorsque la personne considérait les remarques ou les questions du commissaire comme étant déplacées ou lorsqu’elle avait l’impression qu’il y avait un manque de justice.

Elmira Oskuizadeh, Ariane Primeau et Gabriel Raymond

Bibliographie:

AGENCE DES NATIONS UNIES POUR LES RÉFUGIÉS, Histoire du HCR, [En ligne], http://www.unhcr.fr/pages/4aae621e119.html, Page consultée le 27 avril 2015

Les modifications au système: d’importantes répercussions

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Le Canada a longtemps été réputé pour ses politiques d’immigration humanitaire exemplaires. Il recevait en moyenne 27 000 demandes d’asile par année (Statistiques Canada, 2009). Cependant, avec l’arrivée des conservateurs au pouvoir, la situation est tranquillement en train de changer depuis ce temps, prenant un virage qualififé par plusieurs de négatif et qui aura des conséquences graves. Cette baisse de demandes d’asile s’explique par les nouvelles propositions restrictives du gouvernement fédéral. Ces politiques ont fait chuter les demandes de façon significative passant de 20 500 demandes d’asile en 2012 à seulement 10 400 en 2013 (Quinty-Falardeau, 2015). « Le gouvernement, qui dit vouloir faire chuter le nombre de demandes frauduleuses et désengorger le système, a introduit à la fin de [2012] une liste d’une trentaine de “pays d’origine désignée”, pour lesquels les délais de dépôt de demandes sont réduits et les possibilités d’appel, limitées » (Thibodeau, 2013)

Canada

Les modifications apportées à la loi

D’abord, les modifications apportées au processus de demande réduisent les délais qu’ont les individus pour présenter leur demande d’asile. Ceux-ci ont 45 jours après leur arrivée pour fournir tous les documents nécessaires à la demande. Certains ressortissants de pays « d’origine désigné », c’est-à-dire des pays que le gouvernement canadien considère comme étant « sûrs », font face à des délais encore plus courts (30 jours) et ne peuvent pas faire appel. De plus, certaines personnes – incluant des enfants, dont font partie les demandeurs qui arrivent sans papiers, sont mises en détention lors de leur arrivée au Canada. Ensuite, avec les modifications apportées à la loi, le ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration pourrait interdire à une personne d’entrer au pays de manière totalement arbitraire (Conseil canadien pour les Réfugiés, 2012). Aussi, le projet de loi C-43 permettrait aux provinces canadiennes de refuser l’aide sociale aux demandeurs d’asile, ce qui n’était pas le cas avant (Canadian Association of Refugee Lawyers, 2014).

En plus de toutes ces modifications, le nombre d’exclusions (c’est-à-dire de renvoi des réfugiés dans leur pays d’accueil) a augmenté de façon significative dans les vingt dernières années. Il est passé de 2 cas en 1998 à 114 en 2004 (TCRI, 2012).

Critique des modifications de la Loi sur l’immigration

Le projet de loi C-43 présenté en 2012 a été dénoncé à ce moment-là dans une lettre ouverte signée par plus de 150 groupes sociaux (Marquis, 2014) et continue d’être contesté jusqu’à aujourd’hui. Le nom de cette nouvelle loi en dit long sur ses objectifs : Loi visant à protéger le système d’immigration au Canada, et non plus Loi visant la protection des immigrants, comme c’était le cas auparavant. Pour ce qui concerne la Loi sur l’interdiction de territoire, le Conseil canadien sur les Réfugiés (CCR) considère que les critères sont trop larges, ce qui a comme conséquence d’inclure des personnes « qui n’ont été ni accusées ni reconnues coupables d’aucun crime et qui ne constituent pas un danger pour le public ou la sécurité du Canada » (Conseil Canadien pour les Réfugiés, 2015), car une personne peut aussi être refusée si un membre de sa famille est interdit au territoire pour le même type de raisons. D’ailleurs, puisque ces mesures empêchent les personnes concernées d’invoquer des raisons d’ordre humanitaires, cela va aussi à l’encontre de la Convention des droits de l’enfant puisque cela fait qu’on ne tient pas compte de l’intérêt supérieur de l’enfant. Cette Convention est aussi violée puisque certains enfants sont mis en détention avec leur famille lors de leur arrivée au Canada. Pour ajouter à cela, cette interdiction de territoire aurait comme autre conséquence de renvoyer plusieurs réfugiés dans leur pays d’origine, ce qui irait à l’encontre des obligations légales du Canada en ce qui a trait à la Convention relative au statut des réfugiés (Conseil canadien pour les Réfugiés, 2015). La Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI) affirme que les modifications proposées par le projet de loi C-43 (qui est devenue la Loi visant à protéger le système d’immigration au Canada) ne se conforment pas aux exigences humanitaires sur le droit des réfugiés. Il serait aussi contraire à la Convention internationale sur les droits civils et politiques (TCRI, 2013).

Le projet de loi C-11, qui était en quelque sorte une entrée en matière des réformes en matière d’immigration, introduisait les mesures du projet de loi C-43. Le CCR avait grandement critiqué ce projet de loi qu’il considérait comme discriminatoire envers les demandeurs vulnérables c’est-à-dire les personnes LGBT, les femmes, les enfants et les survivants de la torture. Le Conseil critiquait aussi les délais considérés comme « irréalistes » pour que les demandeurs se préparent et recueillent la documentation nécessaire. Il s’opposait déjà à la notion de pays d’origine désignés qu’il caractérisait de « traitement discriminatoire » (Conseil canadien pour les Réfugiés, 2010).

En ce qui concerne le nouveau droit de veto accordé au ministre de l’Immigration, cela lui accorderait, selon le CCR, un trop grand pouvoir et les décisions qu’il prendrait seraient purement arbitraires. En plus de tout cela, le CCR s’oppose à l’incarcération de demandeurs d’asile puisque cela rend très difficile la préparation pour l’audience. Le concept de pays d’origine désignés est aussi considéré comme une forme de discrimination envers les Roms d’Europe de l’Est, surtout ceux en provenance de la Hongrie (Conseil canadien pour les Réfugiés, 2012), puisque ce sont eux qui sont le plus affectés par cette nouvelle restriction. Ce pays ne figure plus dans la liste des 10 États d’où proviennent le plus grand nombre de réfugiés (Thibodeau, 2013).

Toutes ces modifications ont dans leur ensemble un impact important sur le nombre de demandes d’asile que reçoit le Canada. En se basant sur les données de la Commission de l’immigration et du statut de réfugiés (CISR), la moyenne de demande d’asile tourne aux alentours de 27 000. En 2013, le nombre de demandes dépasse à peine le 10 000, le plus bas niveau atteint en 25 ans (Thibodeau, 2013). Malgré cette baisse du nombre total de demandeurs, le nombre de personnes mises en détention demeure le même (Leprince, 2014). Un autre changement apporté par le gouvernement fédéral concerne les soins de santé. Certains demandeurs d’asile n’y avaient pas droit. Heureusement, en juillet dernier, la Cour fédérale a déclaré cette mesure anticonstitutionnelle (Levitz, 2015). Lors de la sortie du projet de loi C-43, Peter Showler, ancien président de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié, a déclaré qu’il était « une catastrophe pour les réfugiés » (Canadian Association of Refugee Lawyers, 2014).

D’un tout autre côté, Citoyenneté et immigration Canada considère les changements comme étant un succès parce qu’il permet de réduire le nombre de demandes, ce qui correspondrait à des économies de 420 millions de dollars sur une période de 5 ans (Thibodeau, 2013).

Bref, étant donné la nature discriminatoire de ces nouvelles mesures et le stress supplémentaire qu’elles causent, un très grand nombre d’organismes les critiquent. Le Canada, qui avait auparavant une excellente réputation en ce qui a trait à l’immigration humanitaire, perd de sa notoriété.

Ariane Primeau

Bibliographie :

CANADA, STATISTIQUES Canada, Migration : internationale, 2009, [En ligne], http://www.statcan.gc.ca/pub/91-209-x/2011001/article/11526-fra.html, (Page consultée 23 février 2015)

CANADIAN ASSOCIATION OF REFUGEE LAWYERS, COMMUNIQUÉ DE PRESSE: Les dispositions du projet de loi c-43 refusant l’aide sociale aux réfugiés sont cruelles et inusitées, [En ligne], http://www.carl-acaadr.ca/articles/93 (Page consultée le 22 mars 2015)

CONSEIL CANADIEN POUR LES RÉFUGIÉS (CCR), ccrweb, « À propos des réfugiés et la réponse du Canada », [En ligne], http://ccrweb.ca/fr/informations-refugies#statelessness, (page consultée le 18 février 2015)

CONSEIL CANADIEN POUR LES RÉFUGIÉS, Projet de loi C-11 – conséquences pour le système des réfugiés, [En ligne], Septembre 2010, http://ccrweb.ca/sites/ccrweb.ca/files/c11_summary_fr.pdf (Page consultée le 22 février 2015)

CONSEIL CANADIEN POUR LES RÉFUGIÉS, «Projet de loi C-43 – Traitement moins équitable des réfugiés et des résidents permanents Un mémoire au Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration de la Chambre des communes, [En ligne], 26 octobre 2012, http://ccrweb.ca/sites/ccrweb.ca/files/c-43-brief-fr.pdf (Page consultée le 22 mars 2015)

LEVITZ, Stéphanie. « Syrie: le Canada doit répondre à l’appel de l’ONU », La Presse Canadienne, [En ligne], http://journalmetro.com/actualites/national/683463/syrie-le-canada-doit-repondre-a-lappel-de-lonu/, (Page consultée le 23 février 2015)

MARQUIS, Mélanie. «  Accès à l’aide sociale : levée des boucliers contre les intentions du fédéral » dans LaPresse, [En ligne], http://www.lapresse.ca/actualites/national/201411/18/01-4819942-acces-a-laide-sociale-levee-de-boucliers-contre-les-intentions-du-federal.php (Page consultée le 22 mars 2015)

QUINTY-FALARDEAU, Antoine. « Quand le Canada serre la vis », L’actualité, [En ligne], Vol. 40 n°2 (01/02/2015), p.46-47-48-49, dans Eureka (Page consultée le 16 février 2015)

TABLE DE CONCERTATION DES ORGANISMES AU SERVICE DES PERSONNES RÉFUGIÉES ET IMMIGRANTES, « Comments on Bill C-43: An Act to Amend the Immigration and Refugee Protection Act (Faster Removal of Foreign Criminals Act) », [En ligne], 1er novembre 2012, http://tcri.qc.ca/images/publications/memoires/2012/TCRImmoireC-43-Nov-1-2012.pdf (Page consultée le 25 avril 2015)

THIBODEAU, Marc. « Le Canada accusé de tourner le dos aux réfugiés » dans LaPresse, [En ligne], http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-canadienne/201304/10/01-4639287-le-canada-accuse-de-tourner-le-dos-aux-refugies.php (Page consultée le 10 février 2015)

Les réfugiés et le Canada

Selon la Déclaration universelle des droits de l’homme, « devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays ». (Article 14.1)

graphique réfugiés

Depuis plusieurs années, le problème des réfugiés politiques reste un problème de taille au niveau mondial. En effet, il y a plus de 51 millions de personnes déplacées dans le monde. De ce nombre, 16.7 millions sont réfugiées, 33.3 millions sont déplacés dans leur pays et 1.2 million sont demandeurs d’asile.

Le Canada a longtemps été réputé pour ses politiques d’immigration humanitaire exemplaires, et recevait une moyenne de 27 000 demandes d’asile par année (Statistiques Canada, 2009). Cependant, la situation semble avoir changé depuis un certain temps, prenant un penchant négatif. Ce débalancement s’explique par les nouvelles propositions restrictives du gouvernement fédéral. En effet, celles-ci on fait chuter les demandes de façon significative passant de 20 500 demandes d’asile en 2012 à seulement 10 400 en 2013 (Quinty-Falardeau, 2015). Malheureusement, le gouvernement conservateur favorise l’économie, et pour ce faire, coupe dans les services sociaux.

Avec des cas tels que celui de la Syrie, nous pouvons voir qu’il est important pour les pays comme le Canada d’accueillir les réfugiés, ou encore de les aider à se réinstaller. En décembre 2014, l’ONU a lancé un appel international aux pays développés pour aider plus de 100 000 réfugiés. Il y a 25 pays qui ont répondu à l’appel, mais le Canada n’était pas l’un d’eux (Levitz, 2014).  De plus, tant qu’il y aura un manque de tolérance sur le plan religieux, économique, social et politique, il y aura toujours une injustice qui mène la plupart du temps à des persécutions. En 2013, des conflits sur plan économique social et politique ainsi que de nombreuses persécutions forcent près de 32 000 personnes par jours à quitter leur résidence afin de pouvoir trouver de la sécurité. On remarque que ce phénomène est notable puisque cette hausse correspond à 23 400 personnes de plus en 2012 et 14 200 en 2011. Les conflits auxquels font face ces réfugiés sont et seront toujours présents pour les années à suivre d’où l’importance de mettre en œuvre des outils pouvant leur venir en aide.

En raison de ces persécutions, des milliers de personnes n’auront d’autres choix que de se tourner vers des pays leur assurant une meilleure sécurité. À partir de ce moment, ces immigrants porteront le statut de réfugiés politiques.

Puisque ce sujet est toujours d’actualité, nous avons décidé d’approfondir nos connaissances sur les réfugiés politiques au Canada en abordant les thèmes suivants en commençant par le portrait des réfugiés, les demandes d’asiles, le parrainage, la réunification familiale ainsi que les services offerts aux réfugiés.

Ariane Primeau, Gabriel Raymond et Elmira Oskuizadeh

Bibliographie :

CANADA, STATISTIQUES Canada, Migration : internationale, 2009, [En ligne], http://www.statcan.gc.ca/pub/91-209-x/2011001/article/11526-fra.html, (Page consultée 23 février 2015)

LEVITZ, Stéphanie. « Syrie: le Canada doit répondre à l’appel de l’ONU », La Presse Canadienne, [En ligne], http://journalmetro.com/actualites/national/683463/syrie-le-canada-doit-repondre-a-lappel-de-lonu/, (Page consultée le 23 février 2015)

QUINTY-FALARDEAU, Antoine. « Quand le Canada serre la vis », L’actualité, [En ligne], Vol. 40 n°2 (01/02/2015), p.46-47-48-49, dans Eureka (Page consultée le 16 février 2015)

Réunification ou complication familiale ?

 


Exposés à des situations d’extrêmes dangers, les réfugiés ne doivent que penser à s’enfuir pour assurer leur survie. Résultat : ils se retrouvent séparer de leurs parents, enfants et conjoints en partant dans des directions différentes, ou bien seul. 


            Une personne immigrante s’implique dans une situation bouleversante de changement à tous les niveaux avec le passé. Dans le cas d’un réfugié, le changement le plus difficile est la rupture radicale avec la famille. En effet, 80% des refugiés arrivent au Canada sans leur conjoint ni leur enfants. Les parents les plus fortunés ont la chance de confier la responsabilité de leurs enfants à d’autres membres de famille avant de quitter, mais plusieurs n’ont pas cette possibilité. Dans les deux cas, la distance entre conjoints, parents et enfants est une épreuve difficile pour tous les membres de la famille et reste un enjeu de taille pour le pays d’accueil. Même les réfugiés acceptés et ceux ayant obtenu le statut de résident permanent depuis déjà presque quatre ans restent majoritairement séparés de l’ensemble de leur famille (Moreau, Rousseau, Mekki-Berrada, 1999).

Le plus grand responsable de ce problème est le processus gouvernemental en place. Pourtant, le regroupement des membres d’une famille est autant un intérêt personnel pour les réfugiés en question qu’un intérêt pour toute la collectivité. En effet, un des objectifs relatifs aux réfugiés inclus dans les lois sur l’immigration et la protection des réfugiés consiste à « encourager l’autonomie et le bien-être socioéconomique des réfugiés en facilitant la réunification de leurs familles au Canada (Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés, gouvernement Canada, 2001). On parle de bien-être socioéconomique puisqu’une séparation plus longue finit par être plus couteuse. C’est ce que mentionne une spécialiste du domaine, Sarah Wayland :

 « Les coûts associés à une séparation familiale prolongée incluent une détresse émotionnelle, les risques pour l’intégrité physiques des personnes restées au pays d’origine (en raison de la guerre, de la violence, de la pauvreté ou de l’insécurité), la perte de confiance, le besoin accru de services au moment de la réunion des membres de la famille et les coûts économiques associés au maintien de plusieurs foyers ».

Alors pourquoi le grand pays d’accueil qu’est le Canada ne parvient-il pas à mettre en place les mesures qui faciliteraient la réunification des membres d’une famille sous un même toit?

Obstacles à la réunification

              Pour les réfugiés arrivés avant 1989, la durée excessive de séparation est en grande partie du au processus pénible en place de l’époque. Malgré les changements législatifs et administratifs apportés au processus de réunification familiale dans le but de l’améliorer, les vieux cas de séparation prolongée comme les nouveaux ne sont toujours pas réglés. Pour les arrivants après 1989, la durée du processus a raccourci de peu pour atteindre une moyenne d’attente de 15 mois. Cependant, la liste de problème qui rend la tâche de regroupement familial difficile n’a pas raccourci : « coûts élevés pour la demande de la résidence permanente, frais pour les examens médicaux de la famille, exigences de preuves d’identité, de certificats de mariage ou de naissance inexistants au pays d’origine, exigences des autorités d’immigration de fournir la preuve d’une capacité financière élevée pour faire venir les enfants de plus de 19 ans » (Moreau, Rousseau, Mekki-Berrada, 1999).

 Ceux qui réussissent le plus souvent à contrer ces problèmes et se réunir sont les conjoints, plutôt que les parents avec leurs enfants. Au Canada, dans des situations semblables, 52% de personnes sont en mesures de se réunifier avec leur amoureux ou amoureuse, alors que seulement 30% réussissent à faire venir leurs enfants dans le nouveau pays d’accueils (Idem Moreau).

MOREAU Sylvie, ROUSSEAU Cécile et MEKKI_BERRADA. « Politiques d’immigration et santé mentale des réfugiés : profil et impact des séparations familiales », Nouvelles pratiques sociales, [En Ligne], vol. 12 nº1, 1999, p186
MOREAU Sylvie, ROUSSEAU Cécile et MEKKI_BERRADA. « Politiques d’immigration et santé mentale des réfugiés : profil et impact des séparations familiales », Nouvelles pratiques sociales, [En Ligne], vol. 12 nº1, 1999, p186

 Moyens légaux, mais pas gouvernementaux

            Une analyse auprès des personnes désormais réunies démontre que celles-ci on été séparées 17 mois de leur conjoint et 42 mois de leurs enfants, en moyenne. Cet écart est justifié par le fait que la majorité des personnes réunies n’ont pas utilisé le processus de réunification familiale proposé par les services gouvernementaux. Ils ont pris leurs propres moyens pour faire venir leurs proches auprès d’eux, ce qui implique des risques élevés de voyagement migratoire, souvent dans des conditions précaires. Donc, les enfants sont moins favorisés à rejoindre leurs parents. La différence entre les deux moyens est immense : les personnes optant pour le processus gouvernemental peuvent attendre jusqu’à 69 mois avant de se réunir, tandis que s’occuper soi-même de la réunification peut prendre aussi peu qu’un mois jusqu’à 44 mois (Idem Moreau). Parmi les autres moyens, certains disent qu’ils sont allés eux-mêmes dans le pays d’origine pour chercher leurs proches, ou encore, ils achètent et mettent en place tous les papiers nécessaires pour que leurs proches voyagent en solitaire. Dans les faits, plusieurs enfants sont laissés derrière ou confiés à d’autres membres de famille pour permettre la survie de la famille, avec la seule promesse d’être un jour réunis à nouveau sous le même toit que leurs parents.

Conséquences des séparations sur les individus : toujours en attente

           La séparation familiale comporte évidemment plusieurs impacts sur les membres de la famille des deux côtés.

Pour les personnes qui attendent de revoir leurs proches, les inquiétudes face à ces derniers restés outre-mer demeurent une préoccupation constante causée tant par la situation d’insécurité du pays d’origine que par les problèmes financiers et de santé. Ces inquiétudes ne cessent de creuser avec le temps qui passe et avec les conflits politiques qui ne font qu’augmenter dans les pays du tiers-monde. De plus, les réfugiés se sentent impuissants face à la séparation avec leurs enfants qui pensent être abandonnés. Certains réfugiés disent même qu’ils n’osent plus écrire à leurs proches puisque ceux-ci n’attendent qu’impatiemment une date de départ. Et même ceux qui écrivent n’ont pas la garantie de rentrer en contact avec leur famille à cause des moyens de communications plus ou moins à point dans certains pays.

 De plus, les personnes longtemps séparées de leur famille finissent souvent par se sentir inutiles, et la rupture radicale familiale vient amplifier leur perte d’identité dans le nouveau pays où elles se trouvent. La plupart des réfugiés racontent qu’ils sont déstabilisés et ne savent plus quoi faire, entre autres mots, ils ne voient plus de signification à leur vie et tombent ainsi en dépression. Cette rude épreuve fait même en sorte que quelques réfugiés ne souhaitent plus de se réunir avec le conjoint ou leurs enfants à cause des raisons historiques et familiales.

Dans le cas des conjoints, la distance entre le couple vient désintégrer leur relation. En effet, pendant la séparation, certaines femmes restées dans le pays d’origine sont obligées de divorcer pour changer de pays par elles-mêmes. Ou encore, elles se séparent pour se trouver un nouveau mari pour des raisons tant émotionnelles que financières. Parallèlement, les réfugiés ayant obtenus le statut de résident permanent canadien perdent toute espoir de pouvoir recommencer une vie avec leur conjoint dans le pays d’accueil, donc ils se marient à nouveau au Canada afin d’en commencer une nouvelle.

 La situation des enfants englobe autant de problèmes, cependant, presque à l’unanimité, tous souhaitent les avoir près d’eux à nouveau. Un des plus grands problèmes est celui de faire parvenir les enfants âgés de plus de 18 ans, car le gouvernement demande aux réfugiés de prouver qu’ils ont des capacités financières suffisamment élevées à cette fin. Pour les enfants plus jeunes, les délais administratifs et les sommes dont les procédures et le voyagement nécessitent compliquent énormément la réunification familiale. En bout de ligne, la réunification impose des choix difficiles à ces personnes en détresses, et elle tranche des cœurs à chaque jour. Souvent, les parents partent sans leurs enfants en leur promettant qu’ils vont amasser assez d’argent pour les faire parvenir près d’eux sans tarder. Par contre, cette promesse est d’une grande fragilité puisque certains se retrouvent dans une situation où l’argent ne vient pas facilement ou assez vite. Pendant ce temps, la situation du pays d’origine peut se complexifier, le contact peut être perdu, les enfants finissent par dépasser les 18 ans, et certains meurent même avant. Donc, le rêve d’être à nouveau l’un près de l’autre semble de plus en plus loin.

Cependant, il ne faut pas oublier que la grande majorité des réfugiés espèrent se réunir avec leur famille, tôt ou tard, même s’ils craignent que la relation soit grandement changée. Cette rencontre est pour ces personnes une source de motivation, mais encore plus important, elle devient le seul pont de repère avec leur passé.

Conséquences des séparations sur les individus : une fois réunis

            Les familles qui ont finalement réussi à s’unifier avec leurs conjoints et enfants éprouvent d’autres complications. Tout n’est pas rose dès l’arrivée de toute la famille dans le pays d’accueil. Plus particulièrement, les enfants qui retrouvent leurs parents après des années de séparation sont plus distants avec ces derniers. Ils se méfient de leurs parents, car à un jeune âge, il est difficile de comprendre les choix que ceux-ci ont du prendre, et ils se sont sentis abandonnés et trahies avant tout. D’autres enfants, habituellement plus âgés, montrent des signes de violence à cause de la colère et des nombreuses souffrances en eux, et parce que certains parents ne leur avaient pas envoyé de l’argent pendant la séparation (Moreau, Rousseau, Mekki-Berrada, 1999).

Le phénomène de réunification familiale comporte même des complications suite à plusieurs années de résidence au Canada. Ces observations on été émises sur plusieurs années de recherche afin de connaître les conséquences à long terme, ce dont pourquoi les sources disponibles à cette fin datent d’il y a 20 ans.

 Les parents ont tendance à avoir un choc culturel plus important que les enfants face aux ruptures avec le pays et la famille et le pays d’origine. Alors, ils ont une grande difficulté à comprendre l’indifférence de leurs enfants face à leur culture natale, et leur attachement au nouveau pays. Les parents réfugiés tentent donc d’imposer un lien artificiel à leurs enfants avec les valeurs et coutumes du pays qu’ils ont du fuir. Le détachement des enfants est donc un autre problème qui pèse sur tous les immigrants comme sur les réfugiés (Jacob, 1995).

CONCLUSION 

            La séparation familiale met en évidence des complications dont plusieurs ignorent, mais en réalité ces complications font parties du processus habituel des réfugiés, au même titre que les traumatismes. Ce pourquoi le gouvernement canadien doit mettre autant, sinon plus d’effort à faciliter le regroupement familial que l’aide qu’il apporte afin d’assumer leur survie immédiate. Le temps prolonge les séparations, rend la relation des couples plus vulnérable, et celle ave les enfants plus fragile à cause des inquiétudes et des peurs de l’abandon. Plus la durée de séparation sera courte, moins les tensions familiales seront grandes. Donc, une durée moyenne de plus de trois ans reste excessive et inacceptable. Le Canada se doit de prendre cette situation à cœur et d’y amener les modifications nécessaires, comme il l’a fait avec le processus de reconnaissance du statut de réfugié, afin d’éliminer les complications de la réunification familiale. Ce pour sont propre bénéfice, comme pour celui des réfugié.

par Elmira Oskuizadeh


MÉDIAGRAPHIE

1. Articles d’un périodique électronique en ligne:

Sarah V. WAYLAND, Ph. D., S’établir au Canada? Entraves politiques et juridiques, [En ligne], 2006, http://canada.metropolis.net/publications/pf_2_FRE_Immigration.pdf, (page consultée le 23 février 2015)

2. Articles tirés d’une base de données

JACOB, André. « Le récit sociobiographique dans l’intervention sociale avec les réfugiés », Comprendre la famille, [En ligne], 1995, Pages 397-410, dans Érudit, (page consulté le 24 février 2015)

MOREAU Sylvie, ROUSSEAU Cécile et MEKKI_BERRADA. « Politiques d’immigration et santé mentale des réfugiés : profil et impact des séparations familiales », Nouvelles pratiques sociales,  [En Ligne], dans Érudit, vol. 12 nº1, 1999, p.177-196

3. Publication gouvernementale

CANADA, SITE WEB DE LA LÉGISLATION, Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés, [En ligne], http://laws-lois.justice.gc.ca/fra/lois/I-2.5/page-1.html, (page consultée le 23 février 2015)

Intervenir auprès des réfugiés : un enjeu en soi


Une bonne intégration des réfugiés politiques dans leur nouveau pays d’accueil dépend grandement de l’approche des intervenants. Une recherche faite auprès de la clientèle du Centre de santé de Hamilton et de Niagara, qui est le 3e plus grand centre d’accueil d’immigrants au Canada incluant un grand nombre de réfugiés (Diallo et Lafrenière, 2007), démontre une importante lacune dans l’intervention auprès de cette classe d’immigrants fragiles. Certes, les premiers en contact avec les réfugiés n’ont pas les aptitudes nécessaires pour répondre à leur situation particulière.


L’état des réfugiés à leur arrivée au Canada

   Les réfugiés qui s’installent au Canada proviennent majoritairement des régions d’Amérique Latine, d’Asie et d’Afrique. Les pays de ces régions sont malheureusement très familiers avec de graves maladies, avec la guerre, la torture et la violence organisée. En raison de cela, la santé physique de la population de ces pays est alarmante. Donc, le processus d’immigration du Canada oblige tout le monde à passer un examen médical sous le contrôle d’un médecin agrée par l’Ambassade du Canada.

 En plus des nombreux problèmes physiologiques, les survivants de guerre et de torture ayant intégrés leur pays d’accueil ont des problèmes de santé mentale et émotionnelle du à plusieurs faits, notamment du au processus d’intégration et le stress de l’immigration, la séparation familiale, la perte d’identité et des repères culturels propres à leurs pays d’origine. Ces derniers causent des symptômes de dépression et de stress post-traumatique chez les réfugiés.

 Pour connaître cet autre grand problème qui fait partie de la réalité des réfugiés, vous pouvez consulter l’article détaillé d’Ariane Primeau concernant la situation difficile des demandeurs d’asile.

 Le grand problème des intervenants

            Les travailleurs du Centre de santé de Hamilton et de Niagara ont pour la majorité une formation générale sur les soins de santés primaires et services sociaux, comme un Ph D., une Maîtrise, un Baccalauréat, les Sciences ou d’autres formations plus spécialisés.

 Le grand problème est que la majorité est de même avis en disant ne pas avoir reçu de formation particulière concentrée sur l’aide aux personnes victimes de traumatisme. D’ailleurs, seulement 25% disent avoir eu cette formation à travers des programmes spécialisés. Tout de même, ils y apportent un bémol en disant que ces programmes sont plus adaptés à la réalité des immigrants en général. Donc ils sont insuffisants lorsqu’il s’agit d’intervenir auprès des réfugiés victimes de traumatisme et en provenance de communautés culturelles loin de notre réalité. Les autres travailleurs sociaux du domaine n’ont jamais eu de formation spécifique au traumatisme. Néanmoins, ils croient tous qu’une telle formation est primordiale pour pouvoir bien aider. À cela s’ajoute l’importance de mieux connaître le pays d’origine, ce qui s’est passé à l’intérieur de ce pays et d’obtenir des informations continuelles sur sa situation politique, en plus de connaître les pratiques et les croyances culturelles et religieuses de ces pays. Le manque de savoir sur le traumatisme et sur les derniers aspects énumérés fait en sorte que les intervenants n’osent pas aborder la question du traumatisme par peur de ne pas savoir comment procéder par après (Diallo et Lafrenière, 2007).

Les défis rencontrés lors des interventions 

             Les intervenants affirment que plusieurs défis font obstacles à leur travail auprès de cette clientèle particulièrement fragile.

La communication et la langue sont notées comme étant le défi le plus important. Plus précisément, un manque d’information et de compréhension rend le diagnostic et le traitement plus difficile. Ils ne savent souvent pas si la personne a été torturée ou pas, si oui dans quelles conditions, et ne connaissent pas les pratiques culturelles du pays d’origine. Outre, plusieurs réfugiés souhaitent recevoir des services en français, cependant les ressources francophones dans le domaine spécifique du traumatisme sont limitées au Canada. Conséquemment, les enfants jouent le rôle d’interprète et cela joue un rôle important sur la dynamique familiale. Également, les termes et les questions liés au traumatisme et à la santé mentale sont souvent trop complexes pour ces personnes, d’où la difficulté de simplifier les termes le plus possible sans perdre de précision sur leur état.

Une autre grande difficulté que rencontre les intervenants lorsqu’ils tentent d’aider les réfugiés est le manque de confiance. D’une part, le vécu du survivant dans son pays et son expérience des camps de réfugiés et de tout le processus englobant son immigration viennent fragiliser sa personne. Ainsi, une fois au Canada, ils ont une certaine difficulté à établir un lien de confiance avec les personnes censées de les aider. D’autre part, certains intervenants se sentent manipuler par les réfugiés afin d’obtenir plus de soins, et d’autres restent sceptiques face aux histoires qu’ils entendent.

Aussi, il y a un certain manque de connaissance du système canadien par les réfugiés. Ceux-ci ne sont pas familiers avec le fonctionnement et pour cette raison, on remarque beaucoup d’absences et de problèmes de ponctualité. Ce qui cause un autre grand problème dans le processus du travail des intervenants.

Dernièrement, l’incompréhension culturelle entre le monde de l’intervenant et celui d’où provient le réfugié vient compliquer les choses. Il y a dans certaines régions du monde de nombreux tabous liés à la peur et aux stéréotypes, ce qui cause des difficultés culturelles. Par exemple, la santé mentale peut être synonyme de folie pour certains. Il faut donc beaucoup de temps à familiariser les réfugiés à la thérapie individuelle et au vocabulaire qu’elle comporte. Rarement, on peut également voir un manque de sympathie de la part de l’intervenant.

Dans ce dernier point abordé, la question de l’importance de la spiritualité fait souvent surface. Les travailleurs sociaux travaillant auprès des réfugiés sont tous d’accord sur le fait que les croyances religieuses sont un aspect important de l’intervention. Ce point de vue est controversé chez les écoles de travail social, et chez les médecins et infirmières, car ils croient qu’il n’est pas favorable d’inclure la foi et la religion dans la thérapie. Leurs apprenants disent cependant qu’ils sont à l’aise d’aborder cette question lorsqu’ils aident les réfugiés. Cela leur permet d’établir une relation plus confortable avec leurs clients, en plus de mieux les connaître pour pouvoir mieux les aider par la suite. Si les questionner sur ce sujet n’est pas possible, les intervenants affirment qu’ils doivent au moins être informés sur le rôle de la spiritualité dans la vie de ces personnes. De nombreux réfugiés reconnaissent leur religion comme seul point de repère avec leur passé, et cette dernière devient un moyen d’alléger certains troubles et douleurs. Bref, la spiritualité est en quelque sorte un mécanisme de survie très important, ce pourquoi les intervenants doivent avoir les connaissances nécessaires sur celle-ci.

 Résultat 

            Ces défis ne sont pas sans conséquences, au contraire, ils viennent aggraver le traumatisme des réfugiés. Ces derniers vont souvent dénier l’existence d’un traumatisme, ou bien ils vont refuser de le reconnaître pour diverses raisons. Les intervenants peuvent parfois sous-estimer la sévérité de leur état de santé, ce qui peut retardé le diagnostic et le traitement au complet. Il y a également une détérioration de leur santé physique : les réfugiés sont souvent inconfortables dans les salles d’hôpitaux puisqu’il est reconnu que dans de nombreux pays, les spécialistes de la santé participes au tortures avec leurs instruments.

Résultat sur les intervenants 

             Les intervenants qui travaillent constamment avec les réfugiés et qui entendent des histoires lourdes non communes finissent par en subir des conséquences. En effet, il est fréquent de voir les intervenants ouvrir leur cœur aux histoires tranchantes des réfugiés, à un tel point qu’ils remettent en question leurs propres croyances, et cela les transforme énormément. Ce fait s’appelle le traumatisme par empathie. Il faut donc que les intervenants apportent une attention toute particulière à leur propre état de santé mentale.

Voici un tableau résumant les effets de ce métier sur les professionnels du domaine :

Lamine DIALLO, Ginette LAFRENIÈRE, « Intervenir auprès des survivants de guerre, de torture et de violence organisée », Revue d’intervention sociale et communautaire, [En ligne], vol. 13, nº1, 2007, p.41-77, dans Érudit, (page consulté le 26 février 2015)
Lamine DIALLO, Ginette LAFRENIÈRE, « Intervenir auprès des survivants de guerre, de torture et de violence organisée », Revue d’intervention sociale et communautaire, [En ligne], vol. 13, nº1, 2007, p.41-77, dans Érudit, (page consulté le 26 février 2015)
CONCLUSION

Suite à la compréhension de ces enjeux importants dans le travail des intervenants sociaux auprès des réfugiés, il devient sans doute que le gouvernement doit porter une attention toute particulière à leur formation. Ainsi, ces derniers seront mieux adaptés pour aider les survivants ayant fuient des situations traumatisantes dans des pays ayant une réalité complètement différente de celle du Canada.

 

par Elmira Oskuizadeh


MÉDIAGRAPHIE

1. Articles tirés d’une base de données

Lamine DIALLO, Ginette LAFRENIÈRE, « Intervenir auprès des survivants de guerre, de torture et de violence organisée », Revue d’intervention sociale et communautaire, [En ligne], vol. 13, nº1, 2007, p.41-77, dans Érudit, (page consulté le 26 février 2015)

 

 

Les réfugiés, un problème grandissant

Depuis plusieurs années, le problème des réfugiés reste un enjeu de taille au niveau mondial. En effet, plus de 51 millions de personnes sont en déplacement dans le monde puisque leur vie est en péril. De ce nombre, 16.7 millions sont réfugiées, 33.3 millions sont déplacés dans leur pays et environ un million de personnes sont qualifiées comme étant demandeurs d’asile. Plus récemment, en 2013, des conflits au niveau économique, social et politique ainsi que de plusieurs persécutions forcent près de 32 000 personnes par jour à quitter leur résidence afin qu’ils puissent cesser de craindre pour leur vie. On remarque que ce phénomène est notable lorsqu’on compare cette hausse à 23 400 personnes en 2012 et à 14 200 en 2011(Action Réfugié Montréal, 2015). De plus, à titre d’information, 53 % de tous les réfugiés viennent de trois pays en particulier, soit l’Afghanistan, la Syrie et la Somalie.

 

Les conflits auxquels font face ces réfugiés sont et demeureront toujours présents lors des prochaines années. C’est pourquoi il est important de fournir une aide adéquate à ceux-ci pour faciliter l’adaptation dans leur pays d’accueil. Selon une étude d’Action Réfugié Montréal (ARM), la moitié de la population réfugiée est constituée des 18 ans et moins. Cet effectif représente le pourcentage le plus important de la dernière décennie (Action Réfugié Montréal, 2015).

L’United Nations High Commissioner for Refugees (UNCHR) est un des organismes prenant en charge la majeure partie des responsabilités reliées à ce conflit. Il est en partenariat avec les États pour mieux répondre à ce problème. L’UNCHR et l’État cherchent tous deux à offrir protection aux réfugiés ainsi que des solutions durables. Cependant, pour accomplir ces objectifs, il est évident que certains défis s’imposent. Les agents en charge de ce problème doivent d’abord rester conformes à l’adhésion de la Convention relative au statut des réfugiés. Ils doivent aussi s’assurer de fournir un environnement sécuritaire dans les camps de réfugiés. Puis, ils doivent aussi gérer le lien entre le régime d’asile et les quotas en matière de réinstallation ainsi que toutes activités reliées aux déplacements migratoires mixtes, à la traite de personnes, à l’endurcissement, aux contraintes budgétaires, aux dangers du travail humanitaire ainsi qu’à l’espace réservé à l’action humanitaire et aux procédures d’asile (United Nation High Commissioner for Refugees, 2015).

Prenons pour exemple la situation des réfugiés d’Afrique afin de mieux comprendre l’actualité de cet enjeu. En 2013, les populations prioritaires quant à la délocalisation en Afrique étaient les Somaliens, les Congolais et les Érythréens. Au Kenya, près d’un million de Somaliens ont été déplacés à l’intérieur du pays, mais on comptait, mais on comptait plus de douze autre millions de Somaliens dans le besoin. La disproportion des résidents de la Somalie engendre une surpopulation dans les camps de réfugiés. Ce phénomène continue de s’aggraver en raison de l’afflux de nouveaux arrivants (United Nation High Commissioner for Refugees, 2015) rendant la tâche encore plus complexe. Les Congolais, quant à eux, vivent dans l’instabilité depuis plus de 20 ans. La guerre pour l’accès aux minéraux précieux et aux ressources de base  a entraîné de majeures vagues de délocalisation à travers l’Afrique. En ce qui concerne les Érythréens du Soudan, c’est plutôt sur le plan religieux que les conflits se tiennent. Les tensions entre les musulmans et les chrétiens combinés aux enjeux raciaux occasionnent de nombreuses guerres qui mettent en danger la sécurité des civils. Même si certain parviennent à trouver refuge, de nombreux innocents sont victimes des répercussions de la guerre.

Afin de bien illustrer la taille de cet enjeu, il est important de tenir compte des contraintes financières reliées à cette affaire. Pour la situation en Afrique, l’UNHCR a reçu des contributions volontaires totalisant 10 % des sommes requises, soit 153,7 milliards de dollars américains (United Nation High Commissioner for Refugees, 2015). On constate aussi que les besoins en réinstallation serait évalué à de près de 860 000 individus, mais la capacité d’accueil des pays participants n’est seulement que de 79 000 individus (United Nation High Commissioner for Refugees, 2015). Devant ce problème, il est urgent de trouver un environnement sécuritaire pour les procédures d’entrevues. Ainsi, ont permet aux réfugiés de compléter les formulaires de demande d’asile sans danger et en tout conformité. La réinsertion est aussi l’une des solutions à court terme efficace. Elle permet d’assurer une protection partiellement un grand nombre de personne qui attendent que leur  dossier soit évalués.

Attardons-nous maintenant sur une dimension plus près de notre réalité. Depuis qu’il a signé la Convention de Genève en 1951, le Canada se doit de donner refuge aux personnes craignant d’être persécuté. Cela fait déjà plusieurs années que le Canada sert de terre d’accueil aux réfugiés. En effet, lors de la Révolution américaine, des milliers de réfugiés américains se sont joints aux Afro-américains pour venir au Canada parce qu’il assurait la liberté ainsi qu’une terre. Ces personnes étaient en quête d’un endroit où vivre indépendamment et à l’abri de préjudices. Quelques années plus tard,  ce sont les Polonais qui viennent trouver refuge ici en raison de l’oppression et des occupations brutales. Ces personnes fuyaient des méfaits sociaux, économiques et politiques. Les juifs ont réagi semblablement en raison des persécutions religieuses et des changements socio-économiques. Après la Première Guerre mondiale, des milliers d’Ukrainiens immigrent à leur tour au Canada eux aussi à cause de problèmes religieux et des guerres civiles (Gouvernement du Canada, 2015).

En 1951, plusieurs changements sont apportés pour mieux répondre aux besoins des réfugiés. En 1960, entre autres, la première Déclaration des droits du Canada est mise en place. On y reconnaît formellement le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité personnelle. C’est cette Déclaration qui a émis les bases qui ont permis de créer la Charte des droits et libertés de 1982 (Gouvernement du Canada, 2015). En 1976, le Canada vote la Loi sur l’immigration. Les objectifs de cette loi font la promotion des buts démographiques, économiques, sociaux et culturels du pays. Quelques années plus tard, on remarque déjà que les réfugiés du Canada viennent de partout dans le monde. Cependant, les procédures reliées aux demandes d’asile ont été modifiées par la loi C-31 en 2012 pour des raisons économiques. Les critères d’admission sont devenus plus sévères réduisant ainsi le nombre de réfugiés accueillis au pays (Gouvernement du Canada, 2015).

En gros, les réfugiés politiques représentent au Canada environ 9 % de tous les immigrants annuels. Avant les années 90s, le Canada venait en aide à près de 23 000 réfugiés par années. Ces derniers sont principalement répartis en Ontario (55 %), au Québec (20 %) et en Colombie-Britannique (10 %). Entre 1990 et 2010, une chute significative des demandes d’asile a pu être observée. À vrai dire, le nombre a presque chuté de moitié depuis les modifications apportés par la loi C-31 de 2012. Les demandeurs d’asile constatent que le Canada resserre ses critères et ne prennent donc plus la chance d’émettre une demande. Ils ont plutôt tendance à faire leur demande d’asile auprès des pays où leurs chances d’être accueillis sont élevées. La cause cette chute est principalement reliée à des motifs économiques, sociaux et politiques. En 2014, le Canada n’a pas tenu sa promesse d’accueillir 1300 réfugiés syriens à cause du conflit qui y règne. En effet, à 6 semaines de l’objectif, seulement 457 réfugiés ont été accueilli au pays ce qui représente seulement 35% de l’objectif (Globensky, 2014). Malgré tout, en 2013, près de 6000 réfugiés sont sélectionnés par l’État afin d’être réinstallés ici et un autre 6700 est parrainé par les différents organismes privés (Action Réfugié Montréal, 2015). Face à la croissance constante de ce problème, la réduction de l’aide apporté par le Canada est un peu incohérente. Pourquoi le Canada accueille-t-il moins de demandeur d’asile alors qu’il y a plus de personnes dans le besoin? Somme toute, malgré toute l’aide déjà fourni, le problème reste trop grand. Les organismes comme l’UNHCR encouragent les gens pour qui la cause tient à cœur à donner via leur site internet afin de mieux répondre aux besoins des victimes.
Pour faire un don 

Gabriel Raymond

Bibliographie :

Un problème d’actualité

Dernièrement, en 2014, près de trois millions de Syriens ont dû fuir leur pays afin d’échapper aux guerres civiles. De plus, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) rapporte avoir aidé plus de 13 millions de personnes lors de cette année. Ce chiffre représente l’effectif le plus important des 2 dernières décennies. Le conflit qui siège en Syrie depuis 2011 a eu de nombreuse répercussion depuis. Au total, on évaluerait jusqu’à 200 000 morts et plus de la moitié de la population syrienne déplacée (Radio-Canada, 2015). Le HCR estime à 5,5 millions le nombre de Syriens contraints de fuir le pays afin d’être en sécurité. Les pays environnant la Syrie sont donc les premiers touchés. Le Liban est le pays avec la plus forte concentration de réfugié soit de 257 réfugiés pour 1000 habitant (Radio-Canada, 2015). Il est suivi de la Jordanie et de l’Irak. Lors du premier semestre de 2014, les Syriens étaient les principaux demandeurs d’asile au monde avec plus de 59 600 demandes. Lors de cette année, plusieurs personnes veulent fuir leur pays en traversant la Méditerranée. Prisonnier des circonstances  dangereuses, ces migrants tentent le tout pour le tout malgré les conditions difficiles du trajet. Ces personnes essaient entre autres de rejoindre les pays d’Europe dont l’Italie.

 

Dernièrement, 700 personnes en quête d’une vie meilleure ont péri en fuyant de leur pays vers l’Europe. Ces migrants sont montés à bord d’un bateau mal entretenu qui aurait chaviré en pleine Méditerranée (Radio-Canada, 2015). Certains des survivants ont cependant mentionnés que le nombre de passager s’élèverait plutôt à 950, dont 200 femmes et 50 enfants. Ces personnes à la recherche de sécurité auraient été entassées dans les cales du bateau et conduit par un capitaine sans expérience. C’est triste de voir à quel point les gens sont prêts à risquer la mort en espérant une vie meilleure. De plus, alors que certaines personnes tentent de sauver leur vie, les trafiquants profitent de ces occasions pour faire de l’argent. Les passagers sont tellement paniqués par les conflits et la pauvreté de leur pays qu’ils sont des dizaines de milliers à prendre le risque de voyager avec des trafiquants pour qui leur vie importe peu. Les survivants ont même affirmé qu’il n’y a pas de membres d’équipage ou de membres formés et que le capitaine est souvent désigné au hasard (Lelièvre, 2015). Les personnes ayant le plus recours aux transports clandestins majoritairement originaires de Libye, d’Érythrée, de Syrie, du Soudan ou bien de l’Afghanistan. Depuis janvier 2015, Amnistie internationale a rapporté que 21 385 migrants ont traversé la Méditerranée pour rejoindre l’Europe contrairement à 20 900 au même moment l’année dernière (Noël, 2015). Pour faire simple, la Syrie est présentement le plus gros problème sur lequel se concentrent les organismes en charge. Avec trois millions de réfugiés et plus de 6,5 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays, le HCR estime qu’un Syrien sur huit quittera son pays (ONU, 2015). Ce rapport représente une augmentation d’un million comparativement à l’année dernière. La plupart de ces personnes étaient déjà en déplacement depuis plus d’un an avant de se rendre compte que les tensions ne cessaient pas. La majeure partie des Syriens se retrouvent donc dans les pays voisins. Cependant, ces déplacements occasionnent des problèmes de surpopulation, et ce notamment pour le Liban et la Jordanie (HCR, 2015). La réalité est que ce problème en crée d’autre. En plus des conditions dangereuses, les réfugiés syriens ont des difficultés à trouver des emplois, à se nourrir et ont difficilement accès à l’éducation et aux soins de santé. Le HCR à ajouter ceci en terminant : « l’aide aux réfugiés syriens est généreuse mais, la triste réalité, c’est qu’elle ne suffit pas ». Les donateurs ont déjà versé 4,1 milliards de dollars, mais on estime que 2 milliards additionnels seraient nécessaire pour répondre aux besoins de cette année. Bref, ces statistiques révèlent l’actualité de cet enjeu. Même si l’aide fourni est énorme, ce phénomène ne cesse de prendre de l’ampleur. Il n’y aura jamais assez d’aide et c’est pourquoi il est capital de trouver des solutions durables favorisant l’accueil des personnes dans le besoin. Ce problème demeure en phénomène en croissance et il faudra s’y adapter le plus possible si l’on espère un jour réduire son ampleur.

Gabriel Raymond

Bibliographie :