Archives de catégorie : L’intégration des immigrants au Québec

Éditorial: Portrait de l’intégration des immigrants au Québec

Abdallahh, «Drapeau du Québec – Québec flag», 2007, Flickr, [En ligne], https://www.flickr.com/photos/husseinabdallah/2076445779/
Notre projet d’équipe, dans le cadre du cours de DIA, se propose de porter un regard objectif et critique sur l’intégration de la population immigrante au Québec pour assurer une bonne intégration de la population immigrante, tant au niveau de langue, du travail et de la vie sociale. D’abord, sur la conciliation de la pluralité des cultures, plus précisément sur la philosophie d’intégration, les étapes d’intégrations et le mécanisme d’exclusion sociale des immigrants. Par la suite, sur les mesures instaurées pour intégrer les populations immigrantes du Québec, notamment les programmes établis favorisant l’intégration des immigrants linguistiquement, socialement, sur le marché du travail, à l’école et dans divers environnements pour qu’ils puissent avoir tout ce dont ils ont besoin pour subvenir à leurs besoins. Ensuite, sur la langue comme vecteur d’intégration des nouveaux arrivants, plus précisément sur la langue française qui fait partie de l’identité québécoise. Ainsi, cette langue commune permet le dialogue et la socialisation et constitue donc un vecteur d’intégration. Finalement, sur le portrait de l’intégration des immigrants sur le marché du travail aujourd’hui, notamment sur la reconnaissance des diplômes et sur la sur éducation présente dans la vie des populations immigrantes.

En tant qu’équipe, nous pensons que l’intégration des immigrants au Québec n’est pas parfaite. Le Québec a beau se vanter de son interculturalisme, des lois telles la loi 101 vont à l’encontre de cette idéologie. Une loi qui impose le français va à l’encontre de la création d’une nouvelle culture commune. En effet, le français dispose d’un statut intouchable (Québec, 2008). Or, ce statut qui lui est accordé peut être légitime seulement au terme d’un dialogue interculturel. Cela résulte d’une hiérarchisation du français, comme étant plus importante que les idéologies interculturelles (Gaudet, 2011). Ce désir de protection identitaire peut donc se montrer incompatible avec l’idéologie interculturaliste. Aussi, nous croyons que ce n’est pas au gouvernement de protéger une identité culturelle sujette au changement. Cette protection de l’identité nationale se fait au dépit des libertés individuelles et la perte de la possibilité d’avoir des écoles bilingues, tel que présentent à bien des endroits en Europe. Par la suite, les programmes instaurés, par les divers gouvernements au fil des années, sont bénéfiques aux immigrants, car cela leur permet de s’intégrer au sein de la société québécoise, d’une façon plus structurée, ce qui facilite l’apprentissage des valeurs importantes du Québec (Termote, 2002). Par exemple, les mesures touchantes la langue, comme le programme de francisation (Bourassa-Dansereau, 2010) des immigrants fournis par le gouvernement québécois aide de façon significative l’intégration de ces nouveaux arrivants. En effet, ce programme est une porte d’entrée vers la culture québécoise, car la langue occupe une place importante de cette dernière. Finalement, nous pensons qu’il est inacceptable de ne pas reconnaitre certains diplômes étrangers (Renaud, 2005), notamment celui de la médecine française. Ainsi, ce phénomène cause un problème de suréducation croissant chez la population immigrante (Renaud, 2005), puisqu’elle ne peut pas occuper des emplois qui sont à la hauteur de ses connaissances.

Pamela Majdalani, Remy Ahishakiye, Fréderic St-John et Jean-Nicolas Gosselin

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Abdallahh, «Drapeau du Québec – Québec flag», 2007, Flickr, [En ligne], https://www.flickr.com/photos/husseinabdallah/2076445779/

Document accessible par internet

RENAUD Jean, « Limites de l’accès à l’emploi et intégration des immigrants au Québec: quelques exemples à partir d’enquêtes», [En ligne], http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/oss_1634-8176_2005_num_4_1_1030 (Page consultée le 22 février 2015)

RENAUD Jean et CAYN Tristan, « Un emploi correspondant à ses compétences ?Les travailleurs sélectionnés et l’accès à un emploi qualifié au Québec », [En ligne], http://www.midi.gouv.qc.ca/publications/fr/recherches-statistiques/AccesEmploiQualifie-RapportRenaudCayn.pdf (Page consultée le 20 avril 2015)

Publication gouvernementale

QUÉBEC, Immigration au Quebec: Politique et intégration au marché du travail, Montréal Ciranon, 2010, p. 41-58

Livres

GAUDET, Édithe, Relations interculturelles comprendre pour mieux agir, 2e éd., Montreal, groupe modulo, 2011, p. 117

TERMOTE, Marc,  « L’immigration », La mesure économique de l’immigration internationale. Problèmes méthodologiques et résultats empiriques, 2002: 35-67.

Thèse 

BOURASSA-DANSEREAU, « Le rôle de l’apprentissage de la langue française dans le processus d’intégration des immigrants à la société québécoise », Mémoire, Montréal: Université du Québec À Montréal, 2010.

 

Retour sur le sondage: Enquête de terrain auprès des étudiants à la francisation au Cégep Gérald-Godin

«Harmony Day», 2010, Wikipedia, [En ligne], http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Harmony_Day_(5475651018).jpg

Dans un premier temps, nous avons réalisé un sondage dans le but de vérifier si les résultats de nos recherches sont confirmés par la réalité. Nous avons recueilli des données de 33 élèves du programme de francisation du cégep Gérald Godin. Notre sondage étaient composé de 14 questions regrouper en quatre catégories. La première catégorie est composer des questions en lien avec la facilité de s’intégrer dans la société québécoise. Ensuite, la deuxième catégorie est en lien avec les facteurs pré-migratoire des nouveaux arrivant. Puis, la troisième classe des questions a rapport avec l’emploi des immigrants. En fin, la dernière catégorie regroupe des questions sur la connaissance de la langue française des immigrés.

Dans la première catégorie, nous avons remarqué que le soutient de la famille, la connaissance préalable du français et de l’anglais ainsi que le milieu de travail sont les facteurs les plus importants dans l’intégration des répondants. Malgré le fait que le code culturel de leur pays d’origine est différent qu’au Québec. Ainsi, plus de 12 personnes ont décrit que le comportement des québécois face aux immigrants était bien contrairement à 7 personnes qui ont répondu avoir eu de mauvaises expériences avec les québécois. De plus, plus de la moitié des répondants affirme que les programmes d’aides ,autres que la francisation, ont renforcé leur intégration dans la société québécoise tel le travail, l’école, les activités qui leur est offert, la communication et l’internet (le site du MICC).

Dans la seconde partie qui portait sur les facteurs pré-migratoires, nous avons découvert grâce au sondage que la population sondée avait des anticipations ou perceptions très positives du Canada. En effet, plusieurs répondants ont dit qu’il percevait le Canada comme un pays riche où il y aurait beaucoup d’opportunités et des meilleures conditions de vie pour leurs enfants. Ces questions ont aussi montré que près du tiers de la population avait réfléchi à immigrer au Canada pendant moins de 1 an avant de passer à l’acte. La majorité pour sa part a dit avoir réfléchi entre 1 et 5 ans à la possibilité d’immigrer. Pour ce qui est de l’intégration, une forte majorité a répondu avoir de la difficulté à s’intégrer. Les raisons évoquées à cette difficulté sont souvent la langue et le travail.

Dans la troisième partie qui touchait les questions ayant rapport à l’intégration des immigrants sur le marché du travail québécois, nous avons découvert des faits qui nous ont permis de vérifier si ce qui a été dit dans diverses études est vrai ou non. Ainsi, ce sondage nous a permis de comprendre que pour les immigrants, le fait de parler et de maitriser la langue nationale du Québec est un atout réel lorsqu’ils postulent pour un emploi. En effet, 27 répondants trouvent que le français est un atout essentiel, comparativement à 3 personnes qui affirment le contraire. De plus, nous avons remarqué que comme dans les études sur le cas, les diplômes des immigrants questionnés n’ont pas été reconnus ici au Québec. Effectivement, 14 personnes affirment que leurs diplômes n’ont pas été reconnus, 10 personnes indiquent que ces derniers ont été reconnus et 6 répondants affirment qu’ils sont présentement en train de suivre des cours d’équivalence.

 

Facteurs facilitants l’intégration

Le processus d’intégration comprend plusieurs dimensions. En effet, l’immigration est un processus qui affecte le migrant sur plusieurs plans, sois familial, socioéconomique et linguistique. Explorer ces différentes dimensions permet de mieux comprendre le choc culturel et les facteurs facilitants.

Premièrement, il faut dire que le contexte d’immigration joue un rôle très important dans l’intégration du nouvel arrivant. Le rythme auquel une personne s’intégrera et même la possibilité que cette personne s’intègre ou pas sont directement corrélés au contexte dans lequel le migrant quitte son pays d’origine. En effet, une décision de migration qui a été longuement réfléchie, analysée et anticipée est un facteur facilitant (Gaudet, 2011). Dans ce type de départ, le migrant a longuement réfléchi et a conscience de ce qu’il laisse derrière lui et sait davantage ce qui l’attend dans ce pays d’accueil que quelqu’un qui a quitté son pays en toute hâte. En effet, l’émigré qui a planifié cette migration s’intégrera beaucoup mieux que le réfugié qui a dû quitter son pays en toute hâte et qui désire y retourner une fois le conflit réglé (Gaudet, 2011).

Notre sondage sur le sujet a montré pour sa part que les immigrants ayant réfléchie longuement a la question d‘immigrer au Canada avant de passer à l’acte avaient une attitude plus positive lorsqu’ils leur étaient demandés de commenté comment ils percevaient leur intégration à la société québécoise. En effet, lorsque demandée de commenter leur intégration, il était récurent que ceux-ci la considèrent difficile à cause de deux facteurs principaux, soit la difficulté à se trouver un emploi et la difficulté à communiquer. Or, ceux ayant réfléchi plus longtemps avant d’immigrée avaient une attitude plus positive et persévérante à l’égard de leur intégration. Cela pourrait être dû au fait qu’ayant réfléchi plus longuement avant d’immigrer, ceux-ci seraient davantage certains qu’ils ont pris la bonne décision, ils se laisseraient moins facilement abattre que les autres par les difficultés rencontrées lors du processus d’intégration.

De plus, l’émigration a souvent comme effet la perte de la famille élargie. Immigrer avec sa famille nucléaire est considéré comme un facteur facilitant à l’intégration (Gaudet, 2011). En effet lors des sondages, le soutien de la famille est le facteur facilitant à l’intégration le plus souvent cité. La matrice familiale offrirait un sentiment de sécurité et de repère qui permet de soutenir le membre de la famille dans la formation de son appartenance identitaire (Batista Wiese, Van Dijk, Seddik,  2009). En effet, pour une famille, migrer signifie de « quitter le lieu où ses membres ont construit leurs identifications fondamentales, leur façon de penser et d’agir et, plus particulièrement, de comprendre le monde. Autrement dit, migrer c’est quitter son cadre culturel pour une autre vie » (Batista Wiese, Van Dijk, Seddik,  2009). Bref, la matrice familiale dans l’immigration est un élément facilitateur de l’adaptation à la société d’accueil. Elle permet de ne pas être trop perdue dans ce changement d’environnement qui peut se révéler très ardu. La famille sert de base de sécurité dans la reconstruction de son identité culturelle. L’immigration familiale comporte donc un avantage dans le processus d’immigration comparativement à une immigration en solitaire. Cela malgré les conflits familiaux que l’immigration peut créer. En effet, il est beaucoup plus aisé et facile pour les enfants de s’intégrer à ce nouvel environnement (Laferté, 2015). Cette différence de vitesse à laquelle les membres de la famille s’intègrent à la nouvelle culture peut poser problème dans la matrice familiale. L’enfant dans ce processus migratoire peut vivre une grande vulnérabilité due aux conflits culturels qui peuvent être générés. Il peut y avoir des conflits entre les valeurs et les croyances de la société d’accueil, que les enfants ont très vite intériorisées, et les valeurs et croyances du pays de provenance qui sont encore beaucoup véhiculée par les parents  (Laferté, 2015). Ces conflits peuvent comporter des risques dans le développement psychologique de l’enfant (Batista Wiese, Van Dijk, Seddik,  2009). Chez les parents, ces conflits peuvent causer le sentiment d’avoir échoué la perpétuation de leur culture (Batista Wiese, Van Dijk, Seddik,  2009). Cette diversification culturelle familiale peut causer un sentiment de culpabilité chez les parents. Aussi, cette immigration peu remettre en question le rôle traditionnel de la femme et de l’homme, tel que l’immigrant le percevait dans son pays d’origine (Gaudet, 2011). En effet que la femme puisse accepter un emploi dans le pays d’accueil peut constituer pour certains immigrants une nouveauté à laquelle s’adapter.

Également, le sondage confirmait que le fait de se retrouver avec des gens du même groupe socioculturel peut faciliter l’intégration et adoucir le choc culturel. Comme la famille cette communauté peut agir telle une base de sécurité. Avec cette communauté l’immigrer peut parler dans sa langue et pratiquer des activités culturelles communes. Grâce à des gens de sa communauté, l’immigrant ne se sent pas trop dépaysé (Gaudet, 2011), par sa vie de tous les jours où il peut être confronté à de nouvelle valeur en interagissant dans ce nouvel environnement.

Quartier chinois, Montréal
Abdallahh « Quartier chinois, Montréal», 2011, [PNG], sur le site flickr, [En ligne], https://www.flickr.com/photos/husseinabdallah/6793825545/ (Page consultée le 28 avril 2015)

Finalement dans la dimension socioéconomique l’accent à l’emploi est un facteur facilitant des plus importants. L’intégration socioéconomique se mesure par : « la possibilité ressentie et vécue par l’immigrant d’accéder à des revenus et à une mobilisation sociale comparable à celle des personnes nées et résidentes dans le pays d’accueil. » (Gaudet, 2011). Cette dimension socioéconomique, comme son nom l’indique va bien au-delà de simplement permettre à l’immigrer de s’acheter les biens et services dont il a besoin. En effet, l’emploi participe à la création d’un réseau social (Gaudet, 2011) composé de collègues et d’amis. Un emploi gratifiant permet de se sentir utile et accepter. Si un diplôme n’est pas reconnu à l’étranger alors cela peut causer problème (Gaudet, 2011), puisque l’immigrant devra s’ajuster à un nouveau statut financier et un nouveau statue économique.

Malheureusement, l’échantillon sondé étant en francisation, très peu avait un emploi. Or, lors de la distribution du sondage, il est à remarquer que les cours de francisation permettaient la création d’un réseau social. En effet entre ces élèves, il y avait une fraternité. Les cours de francisation permettaient d’apprendre le français, mais bien davantage, soit de créé  un réseau social dans ce nouveau pays. Il est donc à noter qu’autres que le travail, certaines infrastructures mises en place par le gouvernement peuvent faciliter la création d’un réseau social et faciliter l’intégration.

Frédéric St-John

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Livre

  • Édithe Gaudet, Relations interculturelles comprendre pour mieux agir, 2e éd., Montreal, groupe modulo, 2011, p. 117

 

  • Nathalie Laferté, « Histoire de Carlos et Cecilia », Cahier d’exercices pour la session (numéro 612), Montréal, Hiver 2015, p. 13 (Tel que vue et expliqué en classe de sociologie.)

Article

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Idéologie d’accueil des immigrants

Un minimum de cohésion sociale se présente comme étant essentiel pour une société. Par contre, avec le contexte contemporain de l’immigration et la diversification grandissante des sociétés sur le plan éthique et religieux, cela dû à l’immigration, cette cohésion nécessaire devient un enjeu primordial. En effet, la fragilisation de la cohésion culturelle est due « d’une part [aux] mouvements migratoires successifs sur une longue période [qui] ont conduit à la présence de plus en plus importante de populations d’origine immigrée » (Laurent de Briey, 2014.) Aussi, l’immigration a beaucoup changé et apporte aujourd’hui beaucoup de diversité. En 1971, seulement 12 % des immigrants venaient des pays de l’Asie, par rapport à 58 % entre 2001 et 2006 (Boudarbat, Boulet, 2010). Bref, il y a diversification culturelle et l’intégration devient plus importante que jamais. L’intégration est un sujet qui est récurrent sur la scène politique. Le rapport Bouchard Taylor et la récente crise sur la laïcité et les accommodements raisonnables sont des événements qui démontrent l’aspect important de ce dialogue québécois sur l’intégration.

Or avant de se lancer dans la lecture de cette recherche portant sur l’intégration des immigrants au Québec, il faut tout d’abord savoir ce qu’est l’intégration. En effet l’intégration étant un sujet largement traité, nous croyons savoir ce que c’est jusqu’au jour où l’on se penche sérieusement sur la question.

L’intégration est un « un processus d’adaptation à long terme, multidimensionnel et distinct de l’assimilation. Ce processus dans lequel la maitrise de la langue d’accueil joue un rôle moteur essentiel, n’est achevé que lorsque l’immigrant ou ses descendants participent pleinement à l’ensemble de la vie collective de la société d’accueil et ont développé un sentiment d’appartenance à son égard. » (Laferté, 2015) En effet, l’intégration et l’implication harmonieuses des immigrants nécessitent la participation de l’immigré et de la société d’accueil. Ce processus d’intégration se fait en plusieurs phases et selon plusieurs dimensions. En effet, l’intégration est distincte de l’assimilation qui se définit comme étant : « l’adoption complète par un individu ou un groupe des caractéristiques culturelles d’un autre groupe jusqu’à la disparition de ses caractéristiques propres. » (Laferté, 2015) L’intégration ne demande donc pas aux immigrants de devenir exactement comme les personnes de la société d’accueil. L’intégration c’est participer totalement à la vie d’une société et d’avoir un sentiment d’appartenance envers cette société. Bien sûr, ce sentiment d’appartenance effectif ne peut avoir lieu que si l’immigrant est reconnu par les autres membres de la communauté comme faisant partie de la communauté, au même titre qu’eux (Gaudet, 2011). L’intégration est donc un rapport entre le nouvel arrivant et sa société d’accueil. L’immigrant, principale concernée, n’est pas seul dans ce processus à devoir faire des efforts.

Il existe aussi plusieurs philosophies par rapport à l’intégration des immigrants. Certaines d’entre elles sont : le multiculturalisme et l’interculturalisme. Au Canada deux visions par rapport à l’immigration s’opposent (Kotto, 2011). La vision canadienne sur l’immigration est le multiculturalisme. Le multiculturalisme est une idéologie « ayant comme fondement l’idée que les démocraties modernes doivent assurer la reconnaissance équitable des différentes cultures, en réformant leur institution et en donnant aux individus les moyens effectifs pour cultiver et transmettre leurs différences » (Milena Doytcheva, 2005). Cette idéologie en est une qui met de l’avant la reconnaissance des spécificités culturelles. Elle veut faire une place à la différence culturelle dans l’espace public (Milena Doytcheva, 2005). Au Canada le multiculturalisme véhicule la vision d’un Canada composée d’une, mosaïque de groupes ethniques, unifier par la communication dans deux langues officielles, l’anglais et le français (Gaudet, 2011).

Multiculturalisme
André GUSTAVO, « Brazil and Australia, München, 18/06/06», 2006, [PNG], sur le site flickr, [En ligne], https://www.flickr.com/photos/andregustavo/172244276/ (Page consultée le 28 avril 2015)

Au contraire, le Québec aurait davantage une vision interculturalisme. L’interculturalisme est défini par Gérard Bouchard : « comme pluralisme intégrateur est un modèle axé sur la recherche d’équilibres qui entend tracer une voie entre l’assimilation et la segmentation et qui, dans ce but, met l’accent sur l’intégration, les interactions et la promotion d’une culture commune dans le respect des droits et de la diversité » (Bouchard, 2012). Cette vision serait basée sur le principe que « la diversité culturelle est souhaitable, qu’elle vient enrichir la société québécoise » (Kotto, 2011). L’interculturalisme est donc une idéologie qui espère l’émergence d’une culture commune. Dans cette idéologie québécoise, la langue française jouerait un rôle primordial de vecteur d’intégration. Cette langue commune étant essentielle pour le dialogue interculturel (Bouchard, 2012). Elle favoriserait, selon, M. Bouchard, « l’éclosion de l’identité commune » (Bouchard, 2012). Selon Maka Kotto, pour cette intégration dans une philosophie interculturalisme québécoise, il faudrait aussi s’accorder sur d’autres valeurs fondamentales communes telles « l’égalité entre les femmes et les hommes, la séparation de la religion et de l’État et la recherche d’une meilleure justice sociale » (Kotto, 2011).

Finalement, selon Maka Kotto, le multiculturalisme canadien mène à la ghettoïsation et à un communautarisme de repli. Cette philosophie est donc très critiquée parce qu’elle ne mènerait pas à l’intégration effective des immigrants. L’interculturalisme pour sa part serait une vision efficace (Kotto, 2011). L’interculturalisme québécois permettrait d’affirmer le français comme langue publique commune. Elle favoriserait aussi les rapprochements et l’acceptation des différences dans le respect mutuel, entre citoyens d’origines diverses, grâce au dialogue interculturel et la sensibilisation de toutes les composantes de la société québécoise au patrimoine public commun (Gaudet, 2011).

En conclusion, le processus d’intégration est complexe et nécessite du temps. Le gouvernement doit donc avoir plus qu’une philosophie et une compréhension des concepts tels que l’intégration. En effet, le gouvernement doit aussi pouvoir instaurer des institutions, des services et des politiques pour encadrer l’immigration et supporter les immigrants au cours des différentes phases d’intégration.

 Frédéric St-John

 

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Livre

  • Nathalie Laferté, « Définitions en vrac », Recueil de texte et notes de cours 1re partie (numéro 611), Montréal, Hiver 2015, p. 37

 

  • Milena DOYTCHEVA, le multiculturalisme, Paris, La Découverte, 2005, p. 16-17

 

  • Gérard BOUCHARD, L’interculturalisme un point de vue québécois, Montreal, Boréal, 2012, p. 51
  •  Édithe Gaudet, Relations interculturelles comprendre pour mieux agir, 2e éd., Montreal, groupe modulo, 2011, p. 117

 

Publication gouvernementales

  • Quebec, Immigration au Quebec: Politique et intégration au marché du travail, Montréal Ciranon, 2010, p. 41-58

Article

 

  • Laurent de Briey, « Un interculturalisme communautarien : à propos de L’interculturalisme. Un point de vue québécois, de Gérard Bouchard », Philosophiques, Volume 41, numéro 2, automne 2014, p. 414

 

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L’intégration des immigrants au Québec

Trouver un travail n’est pas toujours évident!

Lors de l’immigration au Québec, il est difficile de s’intégrer dans la société et dans sa vie personnelle. Le Certificat de sélection du Québec ne garantit pas pouvoir trouver rapidement un emploi dans le domaine voulu. Il serait même surprenant pour l’immigré de trouver le même travail que celui qu’ils avaient dans leur pays d’origine.

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http://en.wikipedia.org/wiki/Rat_race

Un des plus grands défis auquel font face les nouveaux arrivants pour entrer sur le marché du travail se rapporte à l’épreuve pénible et éprouvante de la reconnaissance des titres de compétences étrangers (RTCE) (Lapierre, 2005). La reconnaissance des titres de compétences étrangers a été définie comme le processus qui consiste à vérifier si la formation et l’expérience de travail acquises dans un autre pays respectent les normes établies pour les travailleurs canadiens. Parmi tous les obstacles, celui qui a possiblement fait l’objet du plus grand nombre de cas est la question des qualifications des immigrants, si souvent dévalorisées ou effectivement encartées

Le manque de connaissance de la langue française ou anglaise dans certains cas, peut être un obstacle qui empêche les candidats à la recherche d’un emploi de s’en procurer un. Au Québec, le français est la langue du commerce et elle est majoritairement utilisée. Sa connaissance est nécessaire pour fonctionner au quotidien et pour trouver un emploi. L’anglais est un atout dans certains domaines et est parfois exigé par certains employeurs. L’absence de réseaux de connaissances, la difficulté de faire reconnaitre l’expérience et la formation acquises à l’étranger comptent aussi parmi les principaux obstacles pour trouver un emploi (Labelle, Rochet et Field, 2004).

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Il y a plusieurs obstacles à l’intégration sociale et professionnelle des immigrants au Québec sont bien documentés et comprennent: la non-reconnaissance des capacités et des compétences, les barrières linguistiques, les préjugés et la discrimination. Malgré ces obstacles, plusieurs réseaux sociaux peuvent venir en aide aux immigrés, en ce que les immigrants sont plus susceptibles d’avoir accès à l’information, les possibilités et les ressources qui peuvent les aider à obtenir un emploi correspondant à leurs attentes. En outre, l’accès à un réseau ethnoculturel peut être une source de soutien et aider à se régler et ne pas limiter l’intégration sociale et professionnelle des immigrants, mais, plutôt l’agrandir. Plusieurs programmes d’aides, que ce soit en personnes ou sur internet est disponible pour aider le nouvel arrivant pour le guider dans toutes les sphères de la vie dans le but d’assurer une intégration complète de l’immigrant et qu’il apprenne tout sur notre société et son fonctionnement (Baggioni, 2009).

Certains peuvent passer des mois et des années sans travail ou avec un travail plutôt médiocre comparativement à celui qu’ils possédaient dans leur pays d’origine à cause de la non-reconnaissance de leur diplôme. Plusieurs vont avoir un emploi, mais ont un salaire moindre et donc, pas assez pour faire vivre sa famille ou la gâter (Paillé, 2007). Par contre, avec les programmes qui sont mis en place pour aider les nouveaux arrivants, il est plus facile de retrouver le droit chemin et de savoir vivre comme il le faut et poursuivre les bonnes démarches pour atteindre une intégration qui permet aux nouveaux immigrés de progresser (Meintel, 2003).

Si l’immigrant arrive sans aucune connaissance et sans préparation à commencer une nouvelle vie en tant que nouvel arrivant dans un nouveau pays d’accueil, avec les programmes d’aide instaurés, il sera tout de même en capacité de bien s’intégrer et d’apprendre la culture et les manières québécoises. Il est toujours conseillé d’arriver avec un peu de préparation, lire un peu sur le mode de vie du Québec et tout ce qui est en lien ainsi de commencer à s’instruire et à rechercher un emploi avant d’arriver pour pouvoir commencer une vie saine lors de l’arrivée.

Donc, une solution disponible, facile et gratuite pour une bonne intégration au pays d’accueil est de respecter les démarches à suivre, demander de l’aide et prendre les informations nécessaires des programmes d’aides qui sont là pour aider les personnes dans le besoin et qui ont de la difficulté dans leur intégration.

Pour plus d’information sur le marché du travail à l’arrivée des immigrants au Québec, visitez l’article de Jean-Nicolas Gosselin!

                                                                                                        Pamela Majdalani  

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Livres

  • BAGGIONI Daniel (2009), « Norme linguistique et langue(s) nationale(s) : variétés des processus de construction des identités linguistiques nationales dans l’espace européen passé et présent », in KASBARIAN J.-M. (ed.) (1994), Genèse de la (des) norme(s) linguistique(s), Hommage à Guy Hazaël-Massieux, Langues et langage n°4, Aix-en- Provence : Publications de l’Université de Provence (p. 27-53)
  • Labelle M., Rocher F., Field A. M. (2004). «La politique de contestation des minorités ethniques et racisées. Vers l’émergence d’une identité post-nationale?», dans M. Labelle et F. Rocher avec la collaboration d’A-M. Field (dir.), Contestation transnationale, diversité et citoyenneté dans l’espace québécois, Sainte-Foy, Presses de l’Université du Québec, p. 43-105.
  • MEINTEL Deirdre (2003), « L’identité ethnique chez de jeunes Montréalais d’origine immigrée », Sociologie et Sociétés, Vol. 24, n°2, automne 2003, Montréal : Presses de l’Université de Montréal (p. 73-89)

Thèses

  • Lapierre Vincent N. (2005). Le français, langue normale et habituelle du travail dans une économie ouverte, Québec, Conseil supérieur de la langue française, août.
  • MARTEL Pierre, CAJOLET-LAGANIERE Hélène (2006), Le français québécois : usages, standard et aménagement, Ste-Foy : Iqrc, Presses de l’Université Laval
  • Paillé M. (2007). «Se donner les moyens de franciser les immigrants», Le Devoir, Montréal, 23 mai, A7.

L’intégration des Immigrants au Québec: L’intégration fonctionnelle.

Le Québec, une société d’accueil!

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https://www.flickr.com/photos/anirudhkoul/sets/72157624229773739/detail/

L’immigration au Québec est un des efforts les plus importants de la vie de l’immigrant. Plusieurs défis présents à l’adaptation d’une nouvelle société et de se tailler une place dans ce monde. Dès l’arrivée au Québec, l’immigré fera l’expérience de nombreux changements et va chercher de nouvelles façons créatives de faire les choses.

Le Québec est une société enrichie par la diversité qui accueille les immigrants des quatre coins de la terre avec leur savoir-faire, les compétences, la langue, la culture et la religion. Tous les Québécois jouissent des droits et libertés reconnus par la Charte des droits et libertés (Chicha et Charest, 2008). En collaboration avec des partenaires publics, privés et communautaires, le gouvernement du Québec fournit des services d’accueil et de soutien pour l’intégration sociale, économique et culturelle ainsi que des cours de français adaptés aux besoins des personnes qu’elle accueille.

Au Québec, le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles (MICC) est l’une des principales sources d’information. En outre, les organismes communautaires qui reçoivent un soutien financier du MICC aident aussi à accueillir et intégrer les immigrants. Comme ils sont très conscients des besoins des nouveaux arrivants, ils peuvent aider de manière très concrète (Lapierre, 2005). Pour faciliter l’intégration et aider les nouveaux arrivant, les services offerts par les organismes de MICC et communautaires sont gratuits. Mais, seulement l’évaluation comparative des études effectuées hors du Québec comporte des couts.

Pour bien s’intégrer, il est important pour les immigrés de comprendre le système du Québec. Il est donc primordial de comprendre que tous les Québécois, y compris les nouveaux arrivants, jouissent des droits et libertés reconnus par la Charte des droits et libertés et sont tenus de respecter les valeurs qu’elle consacre. En tant qu’immigrant, il leur est engagé à la prise en charge de leur processus d’intégration et de commencer dès que possible, avec les moyens qui sont à leur disposition (Aleong, 2010). Il est également important de s’engager à comprendre et respecter les valeurs communes de la société québécoise ainsi que toutes ses lois, indépendamment de leurs convictions personnelles. La réussite d’une bonne intégration dépend, dans une large mesure, des efforts mis et de la capacité de chacun à s’adapter à la société québécoise. Chacun à un rôle actif a joué à chaque étape du processus d’intégration. Il y a des services publics et communautaires qui sont disponibles pour soutenir et aider les personnes qui en ont besoin à chaque étape du développement de l’immigrant ( Bouchard, 2000).

L’étape la plus importante dans l’intégration est d’assurer une bonne intégration fonctionnelle qui est de s’assurer une survie en quelque sorte donc, de se trouver un logement, un travail, une école pour les enfants… Lorsque l’immigrant entre en contact avec leur nouvelle société et des différentes façons, il est probable de faire face à quelques problèmes d’adaptation comme la difficulté à trouver un emploi, l’incertitude financière, le choc culturel, le fardeau des responsabilités familiales dans un nouvel environnement. Les enfants peuvent également avoir des difficultés à s’adapter, notamment à l’école. Ces problèmes peuvent se traduire par des difficultés d’apprentissage ou l’isolement. Pour remédier à la situation, l’immigrant doit être persévérant et chercher le soutien dont il a besoin en consultant les ressources de la société d’accueil. Diverses ressources peuvent aider à surmonter les difficultés. Au Québec, il est courant de demander de l’aide en dehors du cercle de famille et des amis. Il y a un organisme communautaire pour les immigrants et un Centre de santé et de services sociaux qui sont disponibles pour aider les personnes qui ont certaines difficultés à s’intégrer (Paillé, 2007) .

Une langue qui voyage, une culture qui se partage!

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Le Québec est une société de langue française, démocratique et pluraliste fondée sur la primauté du droit, ce qui signifie que tout le monde a la même valeur et la dignité ainsi que le même droit à la protection en vertu de la loi. Connaissance et respect des valeurs de la société québécoise sont nécessaires pour s’adapter au nouvel environnement et pour y participer pleinement (Chicha et Charest, 2008). En signant la déclaration sur les valeurs communes de la société québécoise, la personne s’engage à respecter les valeurs communes de la société québécoise et de vivre au Québec dans le cadre de ces valeurs et de s’y conformer.

Parler français est une nécessité. La société québécoise est régie par la Charte de la langue française qui fait du français la langue officielle du Québec. Le français est la langue des institutions publiques et la langue standard commune de travail, enseignement, des communications, du commerce et des affaires. Québec se soucie de préserver et de promouvoir sa langue officielle (Meintel, 2003). Le français est non seulement un outil de communication essentiel, mais aussi un symbole commun d’appartenance à la société québécoise. Pour intégrer dans leur nouveau milieu de vie, les immigrants qui ne parlent pas couramment le français doivent faire un effort pour apprendre. Pour les y aider, le gouvernement du Québec offre des cours de français. Les enfants d’immigrants qui s’installent de façon permanente au Québec fréquentent normalement l’école française. Les candidats qui souhaitent exercer une profession règlementée par un ordre professionnel doivent démontrer une connaissance suffisante de la langue française afin d’obtenir un permis régulier (Martel et Cajolet-Laganière, 2006) .

L’immigrant qui ne maitrise pas la langue française sera dirigé vers un programme de francisation qui lui permettra d’arriver à communiquer avec son entourage. La francisation est présentée comme la mesure politique la plus significative sur le plan linguistique et culturel. De ce fait, la capacité de communiquer, grâce à l’appropriation de la variété du français, est un facteur linguistique de l’intégration. De plus, à la fin cette formation, les immigrants auront acquis des compétences linguistiques et sociolinguistiques qui leur permettent une mobilité linguistique et sociale limitée. La francisation est une des mesures de politique linguistique mise en place au Québec dans le but de faire du français le vecteur et la caractéristique de l’intégration des immigrants. L’intégration désigne un état de forte interdépendance ou cohérence entre des éléments ou bien des processus sociaux. Apprendre le français et l’adopter comme une langue commune de la vie publique compose des exigences nécessaires à l’intégration. En effet, la langue est non seulement l’instrument essentiel qui permet la participation, la communication et l’interaction avec les autres Québécois, mais elle est également un symbole d’identification. Pour un immigrant, l’apprentissage du français vient conforter le développement de son sentiment d’appartenance à la communauté́ québécoise. Pour les membres de la société d’accueil, le partage d’une langue commune, le français, avec les immigrants faciliterait l’ouverture à la diversité. Les immigrants doivent développer un sentiment d’appartenance à la communauté québécoise. Selon le Gouvernement, les immigrants doivent inévitablement mettre en place une démarche d’intégration, en s’assurant de ne pas s’isoler, ne pas se replier sur leur culture et à s’ouvrir à la société́ d’accueil. Ils doivent se sentir de plus en plus Québécois ( Bouchard, 2000).

Pour plus d’informations sur la langue et son importance au Québec jetez un coup d’œil à l’article de Remy Ahishakiye!

                                                                                                    Pamela Majdalani  

Médiagraphie

Livres

  • ALEONG Stanley (2010), « Normes linguistiques, normes sociales, une perspective anthropologique », dans BEDARD E., MAURAIS J. (2010), La norme linguistique, Coll. L’ordre des mots, Québec : Gouvernement du Québec, Paris : Le Robert (p. 255-581)
  • BOUCHARD Gérard (2000), Le français comme langue de la citoyenneté et vecteur d’intégration culturelle au Québec, Mémoire présenté à la Commission des États généraux sur la situation et l’avenir de la langue française au Québec, nov. 2000, Montréal.
  • MEINTEL Deirdre (2003), « L’identité ethnique chez de jeunes Montréalais d’origine immigrée », Sociologie et Sociétés, Vol. 24, n°2, automne 2003, Montréal : Presses de l’Université de Montréal (p. 73-89)

Thèse

  • Lapierre Vincent N. (2005). Le français, langue normale et habituelle du travail dans une économie ouverte, Québec, Conseil supérieur de la langue française, août.
  • MARTEL Pierre, CAJOLET-LAGANIERE Hélène (2006), Le français québécois : usages, standard et aménagement, Ste-Foy : Iqrc, Presses de l’Université Laval
  • Paillé M. (2007). «Se donner les moyens de franciser les immigrants», Le Devoir, Montréal, 23 mai, A7.

Le français : Son importance et ses difficultés.

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Lorsqu’on demande aux Québécois de se qualifier, ils se disent Nord-américains d’expression française (Tremblay, 1990). Cette affirmation illustre le fait que pour les Québécois, la langue fait partie de leur identité de tous les jours. De ce fait, si quelqu’un de l’extérieur veut s’intégrer dans cette société québécoise, il est primordial que cet individu apprenne cette langue afin d’avoir une certaine identité commune avec la population québécoise.

En effet, la langue française n’est pas simplement un dispositif de communication. Elle est aussi une représentation de la réalité sociale du Québec (Amireault, 2008). À travers cette langue, ces immigrants pourront socialiser avec la population locale. La socialisation est «le processus par lequel la personne humaine apprend et intériorise tout au cours de sa vie les éléments socioculturels de son milieu, les intègre à la structure de sa personnalité sous l’influence d’expériences et d’agents sociaux significatifs et par là s’adapte à l’environnement social où elle doit vivre » (Vallet, 2009). La maîtrise du français permet, donc aux immigrants d’apprendre les valeurs de la société québécoise et de les intégrer aux valeurs qu’ils avaient déjà afin de mieux s’épanouir dans leur  société d’accueil.

De plus, le français est un instrument essentiel pour exprimer son identité (JACOBS, 2000) dans toutes les sociétés. En effet, chaque personne utilise la langue pour s’exprimer et dire ce qu’il pense sur divers sujet et dire ses besoins. Or, l’intégration sociale dépend de la reconnaissance de l’identité (Nour,2009). Si l’identité de quelqu’un est marginale, c’est-à-dire qu’elle ne respecte pas les normes d’une société, il sera difficile pour cette personne de s’intégrer dans la société. La langue permet à l’individu d’exprimer son identité et si cette dernière est conforme aux normes de la société, la personne va s’intégrer plus rapidement. Mais si la personne ne connait pas la langue de cette société, il sera difficile pour lui d’exprimer son identité. En effet, si on ne maitrise pas la langue de communication d’une population, la représentation que l’on se fait de l’autre sera erronée. Le fait qu’on ne se connaît pas et qu’on ne se comprend pas peut engendre des conflits sociaux et culturels.

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L’enseignement du français aux nouveaux arrivants est un moyen de rentrer en contact avec ces gens et de pouvoir les transmettre les valeurs québécoises à travers cette langue. « L’activité mentale de tout apprentissage est culturellement située» (Amireault, Lussier, 2008). Cela veut dire qu’à travers l’apprentissage du français, les nouveaux arrivants vont apprendre la culture québécoise. Cet apprentissage de la culture va se faire à travers la littérature québécoise qui dépeint les différentes époques de la société québécoise. Par exemple, la chanson «Dégénération» (2004) du groupe de musique Mes Aïeux présente un québécois moderne en relatant les époques importantes de l’histoire du Québec, soit la colonisation, le terroir, la Grande Noirceur, la Révolution tranquille, et pour chacune, trace le portrait typique du Québécois de ce temps.

Malgré l’importance de l’apprentissage de la  langue française pour une meilleure intégration au Québec, certains nouveaux arrivants décident d’apprendre plutôt l’anglais. En effet, il est courant d’entendre quelqu’un dire que le français est beaucoup plus difficile que l’anglais. Ce n’est pas seulement les nouveaux arrivants qui pensent ainsi. Par exemple, plusieurs étudiants collégiaux choisissent des cégeps anglophones, car ils pensent que cela rendra leur parcours scolaire plus facile. Le discours populaire sur la difficulté du français que ces immigrants entendent rend plus difficile l’apprentissage de cette langue.

Un des facteurs qui influence l’apprentissage du français pour les immigrants est la motivation à l’apprendre. En effet, le degré de motivation diffère d’un individu à l’autre. Certains immigrants voient la nécessité d’apprendre le français dès leur arrivée au Québec, car ils savent que c’est important de parler cette langue. Ils considèrent cet apprentissage comme un passage obligatoire. D’autres immigrants suivent le cours de francisation après avoir vu les difficultés qu’ils rencontrent dans la vie quotidienne. (St Laurent, El-Geledi, 2011).  Cette motivation à apprendre le français est renforcée ou amoindrie selon la perception que les immigrants se font de cette langue. Ceux qui aiment la langue en tant que telle seront plus motivés à l’apprendre que ceux qui la trouvent difficile à apprendre. La considération de la langue française comme étant difficile à maîtriser ne vient pas toujours de l’expérience que ces immigrants ont eu, mais plutôt de ces discours qu’ils entendent des autres personnes. (St Laurent, El-Geledi, 2011) Lorsqu’ils sont convaincus par les autres que l’apprentissage sera dur, ces immigrants sont découragés dès le départ.

Il faut tenir compte aussi que les besoins et les objectives des immigrants ne sont pas les mêmes. Il y en a qui seront satisfait s’ils sont capables de comprendre et de parler alors que d’autres visent un français parfait pour le bien de leur carrière professionnelle. Pour certains, l’apprentissage de l’anglais est un choix stratégique. Vu que la langue française est plus dure à apprendre que l’anglais, certains immigrants décident d’apprendre l’anglais en premier pour au moins être «fonctionnel» dans une langue officielle et si cela peut les éviter l’étape de francisation, pour certains c’est tant mieux ( St Laurent, El-Geledi, 2011).

Ce qui peut causer des problèmes au niveau de l’intégration est une maîtrise de la langue didactique, mais en étant incapable d’engager une conversation fluide avec le monde. Pouvoir parler français n’est pas suffisant pour prendre part entièrement dans une conversation. La population natale d’un pays a un vocabulaire qu’elle a acquis à travers son environnement social depuis sa naissance et les nouveaux arrivants n’ont pas encore la connaissance de ce lexique. Plusieurs immigrants ont avoué que même si elles avaient des diplômes certifiant qu’elles ont réussi les critères du gouvernement, au fond d’eux-mêmes, elles savaient qu’elles ne sont pas encore capables de bien parler.

La société d’accueil a un rôle à jouer aussi pour faciliter l’intégration de ces nouveaux arrivants. Si on a de la difficulté à parler, les gens sont moins susceptibles de partir une conversation avec vous et cela empêcher la personne qui ne parle pas la langue de se pratiquer. Cela crée un cercle vicieux, car si on ne parle pas bien, on aura de la difficulté à avoir des amis, et si on n’a pas d’amis, on ne peut pas pratiquer cette langue pour  mieux la parler.  Donc, l’ouverture de la population locale aide à l’épanouissement des immigrants.

Dans un sondage qu’on a réalisé auprès des étudiants du programme de francisation du cégep Gérald-Godin, certains candidats attribuent une notre de 4/10 à leur niveau de français alors que ça fait plus de cinq ans qu’ils vivent au Québec. D’autres s’attribuent la même note ou alors une note plus élevée alors que ça fait à peine 1 an qu’ils résident au Québec. Mais, on a constaté que plus ça faisait longtemps que la personne suit le cours de francisation, plus elle s’attribuait un meilleur résultat. Cela illustre bien l’importance de ces cours de francisation qui sont offerts aux immigrants du Québec. De plus, lors de ce sondage, la plupart des participants ont répondu que le milieu de travail est un facteur qui a facilité leur intégration. Puisque le milieu de travail favorise la communication entre individus, on peut tirer la conclusion que l’ouverture des Québécois les a aidés. En effet, presque la totalité des répondants a spécifié que les Québécois, en général, étaient ouverts envers eux.

En conclusion, l’importance de l’apprentissage du français pour mieux vivre au Québec est incontestable. Pour faciliter les nouveaux arrivant à apprendre cette langue, il faut les sensibiliser à l’importance de parler la langue commune du Québec, mais aussi les offrir des cours adaptés à leur situation.

 Remy, Ahishakiye

Médiagraphie

 

  • AMIREAULT Valérie, Représentation culturelles, expériences d’apprentissage du français et motivation des immigrants adultes en lien avec leur intégration à la société québécoise, Étude exploratoire, Québec: Bibliothèque nationale du Québec, 2008.
  • André JACOBS, La langue comme symbole et comme outil d’intégration civique, [En ligne], http://www.spl.gouv.qc.ca/fileadmin/medias/pdf/memoires/Jacob_103.pdf (page consultée le 20 mars 2015)
  • SAINT-LAURENT Nathalie, EL-GELEDI Shaha. L’intégration linguistique et professionnelle des immigrants non francophones à Montréal, [En ligne],2011, http://www.cslf.gouv.qc.ca/publications/pubf315/f315.pdf (page consultée le 15 avril 2015 )
  • Soraya NOUR ; Christian LAZZERI, Reconnaissance, identité et intégration sociale, Paris, Presses universitaires de Paris Ouest, 2009 p.193-213, (Coll. «Hors collection»)
  • TREMBLAY Gaëtan, Manuel PARÈS, « Relation entre sentiment national et langue », Autonomie et Mondialisation: Le Québec et la Catalogne à L’Heure du Libre-échange et de la communauté européenne, [En ligne], 1990, https://books.google.ca/books?id=E65iwZsZ2cYC&pg=PA326&lpg=PA326&dq=langue+comme+symbole+int%C3%A9gration&source=bl&ots=EDPqQMUvVa&sig=7F0ORAJftojB9HCoFsqfVbMiVow&hl=fr&sa=X&ei=XsUNVd6lB4eoNqGOg4AP&ved=0CCMQ6AEwAQ#v=onepage&q=langue%20comme%20symbole%20int%C3%A9gration&f=false (Page consultée le 21 mars 2013)
  • VALLET Guillaume, Corps et socialisation, [En ligne], 2009, http://www.cairn.info/zen.php?ID_ARTICLE=IDEE_158_0053, (page consultée le 22 mars 2013)

 

La reconnaissance des diplômes et de l’expérience acquis à l’étranger

Antoine Letarte,  «Drapeau du Québec», 2010, Wikipedia, [En Ligne], http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Drapeau_du_Quebec.JPG
Antoine Letarte, «Drapeau du Québec», 2010, Wikipedia, [En Ligne], http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Drapeau_du_Quebec.JPG

Tout d’abord, cet article est en lien direct avec la question de recherche que notre équipe a trouvé au tout début du cours de démarche d’intégration des acquis en sciences humaines, soit celle-ci : « Quel est le portrait de l’intégration des immigrants au Québec ». En ce qui concerne cet article, nous nous attarderons sur la question générale suivante qui touche plus précisément l’intégration des immigrants sur le marché du travail québécois : « Quel est le portrait de l’intégration des immigrants sur le marché du travail aujourd’hui? ». De façon plus précise, nous nous attarderons plus sur la reconnaissance des diplômes et de l’expérience acquis à l’étranger.

Par la suite, il est aussi primordial de se demander pourquoi le sujet de l’intégration des immigrants sur le marché du travail québécois est important et de se pencher sur l’importance de la reconnaissance des diplômes et de l’expérience acquis à l’étranger. En effet, le niveau de scolarisation des nouveaux arrivants ne cesse d’augmenter au Québec. À cet effet, en 2006, un peu plus de 51% des immigrés québécois âgés de 25 à 64 ans, installés ici depuis moins de cinq ans, détenaient un diplôme universitaire quelconque (Canada, 2012). De ces 51% d’immigrants, plusieurs d’entre eux ne peuvent trouver un emploi qui correspond au diplôme ou à l’expérience acquis dans leur pays natal. Ces nouveaux arrivants se retrouvent alors obligés de trouver un autre emploi, hors de leur champ d’expertise, pour faire vivre leur famille (Renaud, 2005).

Avant de débuter officiellement sur le sujet du jour, il est impératif de dresser une vue d’ensemble de l’intégration des immigrants sur le marché du travail au Québec. Comme mentionné précédemment, l’immigrant connait de la difficulté à un trouver un emploi qui correspond à son ou ses diplômes et à ses acquis. Cette difficulté dans son intégration sur le marché de l’emploi engendre une perte majeure au niveau de son revenu par rapport à celui de la population originaire du Québec ou du Canada.

« De plus, tandis qu’en 1980, le taux de faible revenu après transfert et avant impôt était à parité́ chez les deux catégories, celui des natifs avait diminué 25 ans plus tard, l’intégration socioéconomique des immigrants et immigrantes au Québec, passant de 17,2 % à 13,3 %, alors que celui des immigrants avait cru, passant de 17 % à 21,6 % » (Picot, Lu et Hou, 2009).

Cette situation devient plus alarmante chez les immigrants arrivés au Québec depuis moins de cinq ans, puisque leur taux de faible revenu est de l’ordre de 2,7 fois plus élevé que celui des Québécois et des Québécoises (Picot, Lu et Hou, 2009). Conséquemment, le problème d’équité au niveau des revenus entre les nouveaux immigrants et la population québécoise existe réellement.

À la lumière de cette vue d’ensemble du marché de l’emploi québécois, il est évident que les immigrants éprouvent des problèmes majeurs à s’intégrer dans notre société, du moins, au niveau du travail. Pour découvrir d’autres facettes de l’intégration des immigrants au Québec, veuillez voir les articles suivants : L’intégration des Immigrants au Québec: L’intégration fonctionnelle, L’intégration des immigrants au Québec, Idéologie d’accueil des immigrants, Facteurs facilitants l’intégration, Le français : Son importance et ses difficultés .  Au niveau de la reconnaissance des diplômes et des acquis à l’étranger, il semble que l’emploi occupé avant l’arrivée de l’immigrant dans son nouveau pays ait un impact considérable sur ses chances de trouver un boulot similaire. En effet, on remarque un désavantage considérablement plus important chez les immigrants ayant occupé les meilleurs emplois, comparativement à ceux qui ont occupé des emplois nécessitant peu de connaissances et une exécution moins complexe. Ces derniers seront en mesure de se trouver un emploi identique ou du moins quasi identique d’un pays à l’autre (Crespo, 1993). Cette étude de Crespo réalisée en 1993 se retrouve dans le document de Jean Renaud cité ci-haut. De plus, le problème de la reconnaissance des diplômes ou de l’expérience acquis dans le pays natal s’accentue plus le travail devient complexe. Un autre fait intéressant soulevé par cette étude s’avère être l’impact négatif de l’expérience acquise ici au Québec. M. Crespo affirme que si l’immigrant accepte un poste inférieur à celui qu’il occupait dans son pays d’origine, et bien, ses chances, du moins pour les trois années suivantes, seront quasi nulle de retrouver un emploi qui soit équivalent à celui qu’il avait avant. Ce faisant, ce phénomène a pour conséquence d’effacer en quelque sorte le curriculum vitae remploi d’expérience du nouvel arrivant ou même de valider le fait que ses diplômes et son expérience acquis dans leur pays natal soient de mauvaises qualités. Aussi, toujours dans la même étude de Crespo en 1993, il est important de mentionner qu’un immigrant ayant occupé un emploi de qualité ou de rang supérieur dans son pays d’origine doit impérativement se trouver un emploi dans les plus brefs délais lorsqu’il accès pour la première fois au marché de l’emploi au Québec. De surcroit, si le nouvel arrivant est incapable de se trouver un boulot équivalent au sien dans les mois ou même les semaines suivant son arrivée, il s’éloigne de plus en plus de la possibilité de retrouver un emploi équivalent à celui qu’il occupait auparavant. Encore une fois, selon cette étude, il n’est pas encore prouvé que ce phénomène se prolonge dans le temps. Selon nos recherches, il a été difficile de trouver une réponse à ce raisonnement puisqu’il est extrêmement ardu de réaliser une telle étude qui s’étale sur plusieurs années.

À la suite de l’étude de Crespo en 1993, il y a une autre étude qui est à l’encontre de la quasi-totalité de tout ce qui a été dit précédemment. Cette nouvelle étude est conduite par Renaud et Cayn entre 1997 et 2000 sur un échantillon de 1875 immigrants qui représentent bien les différentes catégories des travailleurs acceptés au Québec durant cette période. On y apprend que le temps est essentiel pour s’acclimater aux demandes et acquérir des connaissances du nouveau territoire, ici le Québec, dans lequel l’immigrant s’installe.

« Plus de 91% des travailleurs sélectionnés vont accéder au marché du travail dans les premiers cinq ans. À ce moment, on estime que 68,7% de l’ensemble des travailleurs sélectionnés auront au moins atteint un premier emploi correspondant à leur niveau de scolarité. Plus encore, une fois un emploi de ce niveau atteint, il y a très peu de chances (12,2%) de passer à un emploi de niveau inférieur » (Renaud et Cayn, 2000).

Il y a une ressemblance qu’il est important de noter. Les deux études sont d’accord pour affirmer que lors des cinq premières années suivantes l’établissement de l’immigré, la majorité va se trouver un emploi, qu’il soit en relation ou non aux diplômes et à l’expérience acquis à l’étranger (91% dans la deuxième étude). Cependant, les ressemblances se terminent là. Par la suite, nous apprenons, avec l’étude de Renaud et de Cayn en 2000, que de ces 91% d’immigrants qui se trouvent un boulot dans les cinq premières années, 68,7% d’entre eux dénicheront un emploi correspondant à leur niveau de scolarité, mais pas nécessairement à leur expérience acquise dans leur pays natal.

Dans le cadre du cours de démarche d’intégration des acquis en sciences humaines, il nous a été demandé de faire une « vérification de terrain » à l’aide d’entrevues ou de sondages. Nous avons opté unanimement pour le sondage, puisque nous voulions obtenir le plus de réponses possible pour ainsi avoir une vue d’ensemble de l’intégration des immigrants au Québec. Le sondage s’est déroulé dans l’ensemble des groupes de francisation qui se trouvent au Cégep Gérald-Godin. En ce qui me concerne, j’ai posé des questions qui nous permettaient de vérifier si ce qui se dit dans les divers documents que nous avons lus est en concordance avec la réalité des immigrants. En premier lieu, nous avons posé la question suivante : « Si vous avez un diplôme universitaire étranger, a-t-il été reconnu ici au Québec? ». Les réponses que nous avons reçues sont plutôt négatives, puisque 14 répondants ont affirmé que leurs diplômes n’ont pas été reconnus, 10 répondants ont affirmé que leurs diplômes ont été reconnus et 6 répondants affirment qu’ils sont en train de suivre un cours d’équivalence. Parmi les immigrants sondés, nous avons eu Ahmed (nom fictif) qui y va de la déclaration suivante : « Je suis économiste et ici son peu les possibilités pour cette raison je dois changer d’activité pour le travail ». Il est donc triste de reconnaitre qu’une majorité des diplômes des immigrants ne sont pas reconnus par le Québec.

En somme, comme nous l’avons vu précédemment, l’intégration des immigrants sur le marché du travail au Québec, plus précisément avec la reconnaissance des diplômes et de l’expérience acquis à l’étranger est un sujet quelque peu controversé, puisque ces derniers, selon l’optique de Crespo dans notre première étude, n’ont pas un avenir prometteur s’ils ne trouvent pas un emploi à la hauteur de leurs compétences dans les premiers mois de leur établissement au Québec. Cependant, selon la vision de Renaud et de Cayn, les immigrants ont de grandes chances de trouver un emploi qui soit en concordance avec les diplômes et l’expérience acquis à l’étranger dans les cinq premières années de leur arrivée sur le territoire québécois. De plus, il est important de noter que ces deux études (Crespo, 1993) et (Renaud et Cayn, 2000) sont un bon résumé ce l’information qui se trouve sur l’intégration des nouveaux arrivants au Québec.

Jean-Nicolas Gosselin

Médiagraphie

Document accessible par internet

Institut de la statistique du Québec. 2012. «La surqualification au sein des grands groupes professionnels au Québec.» Accès le Février 15, 2015. http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/travail-remuneration/population-active-chomage/surqualification-2012.pdf.

Institut de recherche et d’informations socio-économiques, «L’intégration des immigrants et immigrantes au Québec», [En ligne], http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2012/11/Note-immigration-web.pdf (Page consultée le 20 avril 2015)

RENAUD Jean et CAYN Tristan, « Un emploi correspondant à ses compétences ?Les travailleurs sélectionnés et l’accès à un emploi qualifié au Québec », [En ligne], http://www.midi.gouv.qc.ca/publications/fr/recherches-statistiques/AccesEmploiQualifie-RapportRenaudCayn.pdf (Page consultée le 20 avril 2015)

RENAUD Jean, « Limites de l’accès à l’emploi et intégration des immigrants au Québec: quelques exemples à partir d’enquêtes», [En ligne], http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/oss_1634-8176_2005_num_4_1_1030 (Page consultée le 22 février 2015)

Ministère de l’Immigration et des Communautés Culturelles « Les immigrants et le marché du travail québécois en 2011 », [En ligne], http://www.midi.gouv.qc.ca/publications/fr/recherches-statistiques/ImmigrantsMarcheTravail2011.pdf (Page consultée le 22 février 2015)

STATISTIQUE CANADA, « Revenus et gains – Faits saillants et tableaux, Recensement de 2006 », [En ligne], http://www12.statcan.ca/census-recensement/2006/dp-pd/hlt/97-563/Index-fra.cfm (Page consultée le 17 mars 2015)

 

 

 

La valeur du français au Québec

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Les Québécois, depuis l’époque de la Nouvelle-France,  réservent un statut particulier à la langue française. Après la conquête britannique de 1769, la Province of Quebec sera divisée en deux grâce à l’Acte constitutionnel de 1791 (Université de Laval, 2015).  Ces deux parties seront le Haut-Canada et le Bas-Canada. Le Haut-Canada était habitait en majorité par une population venue des États-Unis fidèle à la couronne britannique ce qui explique le fait que la langue parlée dans cette région était l’anglais. Quant au Bas-Canada, cette partie correspondait à une portion de la Nouvelle-France et la population de cette région avait le français comme langue commune. Le Bas-Canada occupait le territoire qui est aujourd’hui une partie du Québec.

L’acte constitutionnel de 1791 sera adopté par le parlement anglais pour satisfaire les demandes des colons loyalistes venus des États-Unis. En effet, ces loyalistes voulaient que la couronne royale leur donne des avantages économiques par rapport à la population du Bas-Canada (Acte constitutionnel, 2015). La différence au niveau d’intérêts économiques de ces deux groupes va se transformer en différence au niveau idéologique. C’est à ce moment qu’on commença à parler de nation distincte et que les Canadiens français ont commencé à avoir un sentiment nationaliste. En 1774, pour apaiser la colère de la population du Bas-Canada, l’Empire britannique a laissé des privilèges à cette population (Hélène Buzzetti, 2010). Par exemple, la population du Bas-Canada pouvait désormais pratique la religion catholique, appliquer le droit civil français, mais aussi utiliser le français comme langue officielle. Depuis ce temps-là, les Québécois donnent de la valeur à cette langue, car elle est un des symboles de la résistance de ce peuple à la couronne britannique (Hélène Buzzetti, 2010).

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Cette valeur s’est illustrée sous forme de loi pour la première fois au Québec en 1910. C’est au cours de cette période que la Loi Lavergne a été adoptée. L’objectif de cette loi était d’obliger les commerçants à servir leurs clients dans les deux langues officielles, soit le français et l’anglais (Fédérations des associations étudiantes du campus de l’UdeM, 2010). Le 28 mars 1969, près de 10 000 militants gauchistes et nationalistes se sont mobilisés devant l’université McGill pour protester contre la glande place qu’occupait l’anglais dans l’éducation universitaire (DUBOIS,2011). Ce groupe de manifestants réclamait la francisation de cette université. Suite à cette manifestation et à une série d’autres incidents, le Québec adoptera la loi 63. Cette loi imposait l’enseignement du français dans les écoles anglophones et l’affichage public en français (Fédération des associations étudiantes du campus de l’UdeM, 2010).  De plus, au cours de la même année, l’Université du Québec sera créée. Cette université viendra faciliter l’accessibilité de l’enseignement de la langue française, et sera un grand pas vers la promotion de la langue française au Québec. Avec tous ces moyens que le Québec s’est donnés pour protéger et promouvoir sa langue, il y a nul doute que le français occupe une place élogieuse dans la société québécoise.

Remy, AHISHAKIYE

 

Médiagraphie :

Article

  • Hélène Buzzetti, «Bleu pour langue – Le français, pivot de l’identité québécoise», Le Devoir, 21 juin 2010, [En ligne], http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-société/291320/bleu-pour-langue-le-francais-pivot-de-l-identite-quebecoise (page consultée le 18 mars 2015)

Site internet

  • DUBOIS André, LESTER Normand, MOREAU Gilles, RACINE Paul. McGill français, [En ligne], 2011, http://archives.radio-canada.ca/émissions/980/ (Page consultée le 25 Avril 2015)
  • Université de Laval, Le Régime britannique, [En ligne], http://www.axl.cefan.ulaval.ca/francophonie/HISTfrQC_s2_Britannique.htm#6_L%C3%A9veil_du_nationalisme_francophone__ (Page consultée le 14 mars 2015)

Ouvrage de référence

  • «Acte constitutionnel», Wikipédia, [En ligne], http://fr.wikipedia.org/wiki/Acte_constitutionnel, (Page consultée le 21 mars 2015)

Thèse

  • André JACOBS, La langue comme symbole et comme outil d’intégration civique, [En ligne], http://www.spl.gouv.qc.ca/fileadmin/medias/pdf/memoires/Jacob_103.pdf (page consultée le 20 mars 2015)
  • Fédération des associations étudiantes du campus de l’université de Montréal, Consultations régionales de la Commission des États généraux sur la situation et l’avenir de la langue française au Québec [En ligne], mémoire, (littérature), Université de Montréal, 2010, p. 10-15, http://www.spl.gouv.qc.ca/fileadmin/medias/pdf/memoires/FAECUM_142.pdf (page consultée le 17 mars 2015)

Le pays d’origine de l’immigrant influence-t-il son accès à un premier emploi?

 

Lighttruth, «Happy1»,[En Ligne], https://www.flickr.com/photos/58648496@N02/5379922491/
Lighttruth, «Happy1»,[En Ligne], https://www.flickr.com/photos/58648496@N02/5379922491/

Dans plusieurs reportages, que ce soit dans les chaines de diffusion continue ou dans les journaux (Radio-Canada, 2012), plusieurs déplorent qu’il existe, encore aujourd’hui, une certaine discrimination auprès des communautés immigrantes du Québec au niveau du marché du travail. Il est important de noter que la population active, c’est-à-dire les personnes en âge de travailler, immigrante représentait en 2011 plus de 563 000 personnes (gouvernement du Québec, 2011). Cette statistique montre donc l’importance de ce sujet puisque la discrimination au moment de l’embauche toucherait théoriquement plus de 563 000 nouveaux arrivants au Québec. Ainsi, il est impératif de se poser la question suivante : « Le pays d’origine de l’immigrant influence-t-il son accès à un premier emploi? ».

Tout d’abord, en ce qui concerne cet article, nous nous concentrerons sur l’une des plus grandes études qui ont été réalisées ici au Québec au sujet de l’accès à un premier emploi par la population immigrante. Cette étude a été réalisée par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse en mai 2012 et se nomme «Mesurer la discrimination à l’embauche subie par les minorités racisées : Résultats d’un « Testing » mené dans le grand Montréal ». Bien évidemment, la majorité des immigrants qui s’installent au Québec se retrouvent dans la grande région de Montréal. On apprend dans l’étude de la Commission que c’est dans la province québécoise que l’on répertorie l’écart le plus haut entre le taux de chômage de la population immigrante et de la population native. « Ainsi, en 2008, parmi les Québécois de 15 ans et plus, l’écart entre le taux de chômage des immigrants et celui des natifs était de 4,5 points de pourcentage (11,1 % contre 6,6 %), alors que, par comparaison, l’écart n’était que de 1,4 point en Ontario, et de 0,4 point en Colombie-Britannique » (CDPDJ, 2012). Il est important de noter que parmi ces immigrants, ceux qui font partie d’une communauté racisée, par exemple les Noirs ou les Arabes, connaissent plus d’obstacles au moment de l’embauche. De plus, les immigrants des minorités visibles, comme les Arabes ou les Noirs, qui possèdent des diplômes universitaires ont un taux de chômage nettement plus élevé que celui que l’on retrouve chez natifs québécois, soit d’un peu plus de 10%.

Pour continuer, l’étude nous révèle aussi des statistiques alarmantes au sujet des immigrants qui se retrouvent dans un processus d’entrevue. On remarque, selon l’étude réalisée en 2012 par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, qu’il y a un taux de discrimination à l’embauche qui s’élève à 35%. Ce pourcentage est complètement différent entre le secteur public et le secteur privé. Dans le premier cas, nous notons qu’il y a un taux de discrimination de 0% au moment de l’embauche et dans le deuxième cas, nous retrouvons un impressionnant 37%. Finalement, que ce soit pour un emploi qualifié ou non qualifié, les pourcentages sont sensiblement les mêmes. Pour ce qui est des emplois non qualifiés, le taux de discrimination chez les différents immigrants est le suivant : entre 38% et 42% chez les Africains, entre 33% et 35% chez les Arabes et entre 28% et 31% chez les Latino-Américains.

Comme dans l’article précédent portant sur la reconnaissance des diplômes et de l’expérience acquis à l’étranger, nous avons posé une question dans le sondage afin de vérifier si les divers faits se trouvant dans les études correspondent à la réalité vécue par les immigrants. Voici la question qui leur a été posée : « Après combien de temps avez-vous trouvé un emploi? ». Parmi les répondants, 6 personnes ont affirmé qu’ils ont trouvés un emploi moins d’un an après leur venue au Québec et 6 autres répondants ont affirmé qu’ils ont réussi à trouver un emploi plus d’un an après leur établissement. Par la suite, une majorité de personnes ont indiqué qu’ils ne cherchent pas d’emplois puisqu’ils suivent des cours de francisation. Il est important de noter que parmi tous ces répondants, plusieurs n’ont pas répondu à la question suivante qui portait sur la relation entre leur emploi et leur expérience. Il est donc impossible d’affirmer si l’emploi déniché par ces nouveaux immigrants est en concordance avec leurs diplômes étrangers.

Somme toute, il est facile d’établir une relation entre le pays d’origine des immigrants et leur accès au marché du travail québécois. Il est intéressant de se demander, compte tenu de multiethnicité de Montréal, s’il serait nécessaire de tenir une commission publique sur l’intégration des immigrants au Québec, mais plus précisément sur leur intégration au marché du travail qui représente une grande partie de leur vie.

Jean-Nicolas Gosselin

Médiagraphie

Images

Lighttruth, «Happy1»,[En Ligne], https://www.flickr.com/photos/58648496@N02/5379922491/

Article d’un site internet

Radio-Canada, « Étude sur la discrimination à l’embauche : mieux vaut s’appeler Bélanger que Traoré », Ici Radio-Canada, 29 mai 2012, [En ligne], http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2012/05/29/008-etude-discrimination-embauche-montreal.shtml (Page consultée le 20 avril 2015)

Document accessible par internet

Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, «Mesurer la discrimination à l’embauche subie par les minorités racisées : Résultats d’un « Testing » mené dans le grand Montréal », [En ligne], http://www.cdpdj.qc.ca/publications/etude_testing_discrimination_emploi.pdf (Page consultée le 20 avril 2015)

Ministère de l’Immigration et des Communautés Culturelles « Les immigrants et le marché du travail québécois en 2011 », [En ligne], http://www.midi.gouv.qc.ca/publications/fr/recherches-statistiques/ImmigrantsMarcheTravail2011.pdf (Page consultée le 22 février 2015)