Archives de catégorie : Les types de tourisme

L’écotourisme, l’alternative durable au tourisme de masse

L’écotourisme, l’alternative durable au tourisme de masse

De nos jours, nous sommes de plus en plus conscients des impacts négatifs du tourisme sur l’environnement. Le tourisme de masse, aussi appelé tourisme traditionnel, est vivement critiqué pour son incapacité à bien s’adapter aux enjeux environnementaux actuels et pour ses nombreux effets négatifs sur l’environnement, sur la culture et sur les collectivités. L’écotourisme s’est donc distingué parmi plusieurs formes de tourisme comme outil permettant un compromis entre l’économie et la protection des régions naturelles (RBIGUI, 2008).

Guacimo au Costa Rica Droits d'auteurs : Vincent Brodeur
Guacimo au Costa Rica
Droits d’auteurs : Vincent Brodeur
L’émergence de l’écotourisme

Au cours des années 1980, la notion d’écotourisme voit le jour suite à une conscientisation générale de la population sur les nombreux impacts des activités humaines sur l’environnement. En effet, on a constaté que le tourisme de masse est responsable de nombreuses transformations négatives sur les modes de vie des populations locales visitées et également d’un dérèglement des écosystèmes. Dans cette même décennie, des recherches en développement démontrent que le tourisme est un secteur économique important, mais qu’il faut présenter un tourisme alternatif qui soit rentable tant aux niveaux écologique, économique et social. On parle désormais de tourisme durable, notamment de l’écotourisme. Ainsi, l’écotourisme est un tourisme alternatif car il s’oppose au tourisme de masse et il est durable puisqu’il se lie à la protection de l’environnement, de la culture et du développement des communautés locales (RBIGUI, 2008). Cependant, l’écotourisme engendre-t-il plus d’effets bénéfiques que néfastes sur les plans économique, écologique, culturel et sociétal ?

Conséquences positives et négatives de l’écotourisme

Sur le plan économique, l’écotourisme apporte un revenu important aux gouvernements nationaux. Les sources de revenus sont notamment les taxes, les services, les droits d’accès aux parcs et la vente de produits artisanaux. De plus, l’écotourisme favorise la création de PME et de nouveaux emplois pour la population locale. Cependant, les emplois offerts aux habitants sont mal rémunérés en raison de la mauvaise maîtrise des langues et du faible niveau de formation des employés. D’un autre côté, les ventes des produits artisanaux et des souvenirs sont contrôlées par la population locale. Même si ces ventes n’apportent pas un revenu significatif, c’est la chance pour les habitants locaux de varier leurs sources de revenus (RBIGUI, 2008).

Sur le plan écologique, l’écotourisme est défini comme une activité économique qui ne détruit pas l’environnement. Son objectif est de protéger l’environnement et, dans certains cas, la restaurer. Par contre, il est démontré que l’écotourisme peut être nuisible pour l’environnement si celui-ci est trop exploité : la pollution de l’air et des eaux, les dépôts de déchets solides dus au surpeuplement et la hausse du trafic quand le nombre de touristes est supérieur à la capacité d’accueil des zones écotouristiques. De plus, la présence d’un grand nombre de visiteurs dans les écosystèmes très fragiles influence le cycle de vie de ces espèces et peut avoir un effet négatif à leur survie. Lorsque la population locale bénéficie des retombées économiques venant de l’écotourisme, cette dernière accorde une grande importance à la protection de ces ressources naturelles. Cette population délaisse alors l’exploitation intensive des ressources naturelles au profit de services pour l’écotourisme (RBIGUI, 2008).

Sur le plan culturel et sociétal, les infrastructures nécessaires permettant l’accès aux populations reculées (routes, systèmes de communication) permettent par le fait même aux populations locales de communiquer avec le monde extérieur. De plus, l’écotourisme se limite à des zones reculées et peu peuplées où l’absence d’anonymat entre les membres des communautés diminue les effets négatifs du tourisme comme la prostitution, les crimes et les drogues. Cependant, la pauvreté des populations locales et leurs dépendances aux faibles revenus qu’offre l’écotourisme causent un phénomène de «zoo», où la culture locale devient un bien que l’on vend aux touristes (RBIGUI, 2008).

Les images qui suivent représentent un endroit fréquemment visité, mais très bien préservé grâce à des règles strictes concernant l’utilisation des lieux. Ces photographies, prises en Californie, illustrent la mer vue d’une petite route offrant des points d’observation précis afin que les touristes puissent admirer ce magnifique paysage naturel sans le détruire :

Droits d'auteurs : Laura Wener
Droits d’auteurs : Laura Wener
Les images choisies représentent un endroit fréquemment visité, mais très bien préservé grâce à des règles strictes concernant l’utilisation des lieux. Ces photographies, prises en Californie, illustrent la mer vue d’une petite route offrant des points d’observation précis afin que les touristes puissent admirer ce magnifique paysage naturel sans le détruire. Droits d'auteurs : Laura Wener
Droits d’auteurs : Laura Wener

Ceci dit, l’écotourisme engendre plus d’effets positifs que négatifs sur les collectivités visitées, l’environnement et l’économie. Selon Vincent Brodeur, l’expert qui a répondu à nos questions sur l’écotourisme, l’écotourisme génère plusieurs avantages économiques dans certains milieux tout en protégeant leurs écosystèmes. Cependant, si ce type de tourisme n’est pas fait de façon intelligente, il peut nuire à l’intégrité du milieu naturel.

En somme, pratiquer l’écotourisme parfait est pratiquement impossible, puisque pour se rendre à destination, on doit se déplacer rapidement ce qui implique habituellement la production de gaz à effet de serre, des déchets, etc. On ne devrait pas non plus se priver de voyage qui enrichisse nos vies. Il faut donc que chacun d’entre nous fasse des choix altruistes et que les gouvernements des pays hôtes gèrent adéquatement leurs ressources naturelles. Le tourisme écologique est donc une alternative durable au tourisme de masse.

Laura Wener

 

 Médiagraphie :

RBIGUI, Lotfi. L’application et l’évaluation du développement durable : le cas de l’écotourisme [En ligne], mémoire de maîtrise, (sociologie), Université Laval, 2008, 87p., dans Google Scholar (Page consultée le 22 février 2015)

L’écotourisme : un chemin vers le développement durable

L’écotourisme : un chemin vers le développement durable

Dans notre société de surconsommation, les voyages prennent une importance de plus en plus grande dans notre échelle de valeurs. Lorsqu’on se prépare pour un voyage, on choisit les lieux à visiter, les cultures à découvrir, les bagages à apporter, mais pense-t-on à l’impact que notre visite aura sur l’environnement et sur les populations locales? De plus en plus, heureusement! C’est avec cette sensibilité face à la préservation et au respect de notre environnement qu’a débuté un type de tourisme relativement récent qu’on a nommé l’écotourisme.

Isla Ballena au Costa Rica Droits d'auteurs : Vincent Brodeur
Isla Ballena au Costa Rica
Droits d’auteurs : Vincent Brodeur
La définition et l’origine de l’écotourisme

Par définition, le développement durable est un développement économique et social combiné avec la protection de l’environnement et la conservation des ressources naturelles. Pour sa part, l’écotourisme est un tourisme respectueux de l’environnement qui aide à l’amélioration de la qualité de vie des populations visitées (GAGNON, 2006). Selon l’office national du tourisme, l’écotourisme est un « tourisme pratiqué dans des régions naturelles et peu perturbées par l’homme, et dans le contexte duquel le touriste adopte généralement des comportements responsables face à l’environnement naturel et humain visité (OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE, 2010) ». De plus, Vincent Brodeur, un biologiste de formation âgé de 38 ans qui a répondu à nos questions sur le tourisme écologique, définit l’écotourisme comme « une activité touristique qui est axée sur l’émerveillement des beautés naturelles, mais qui est conduite dans le respect de l’écosystème ». Ainsi, c’est une façon intelligente de voyager et de découvrir la nature sans compromettre sa beauté. En plus d’aider les populations locales, l’écotourisme veut sensibiliser les hommes à l’importance du respect des richesses naturelles et culturelles. Nous devons donc considérer l’écotourisme comme un chemin vers le développement durable qui relie positivement l’homme, la nature, la culture et l’économie (RBIGUI, 2008).

À l’origine, l’interprétation de l’écotourisme se limitait à un tourisme pratiqué dans des endroits naturels peu perturbés et dont l’impact sur l’environnement physique et culturel était très faible. Cependant, l’origine et la définition de l’écotourisme ne sont pas clairement définies. Ce terme contient le mot «écologie» qui implique la conservation d’éléments naturels du lieu, et le mot «tourisme» qui sous-entend la création de retombées économiques (LAUREN, 2010). Avec les années, cette perception s’est modifiée pour englober le concept de développement durable qui veut sauvegarder les écosystèmes et les communautés visitées. Ainsi, nous devons considérer l’écotourisme comme un chemin vers le développement durable qui relie positivement l’homme, la nature, la culture et l’économie. Tout en protégeant l’environnement, l’écotourisme offre aux communautés locales la possibilité d’un développement économique. Aujourd’hui, l’écotourisme est un tourisme respectueux de l’environnement et aide à l’amélioration de la qualité de vie des populations visitées (GAGNON, 2006).

Monument Valley, une réserve Navajo, située aux États-Unis.  Ce sont les premières nations Navajos qui récolent les droits d’entrée et ils ont la responsabilité d’offrir un site naturel propre et intéressant aux touristes. De plus, le nombre de visiteurs est contrôlé par ceux-ci afin de conserver ce magnifique paysage naturel. Droits d'auteurs : Laura Wener
Monument Valley, une réserve Navajo, située aux États-Unis.
Ce sont les premières nations Navajos qui récolent les droits d’entrée et ils ont la responsabilité d’offrir un site naturel propre et intéressant aux touristes. De plus, le nombre de visiteurs est contrôlé par ceux-ci afin de conserver ce magnifique paysage naturel.
Droits d’auteurs : Laura Wener
Pourquoi l’écotourisme?

L’écotourisme s’est distingué parmi plusieurs formes de tourisme comme outil permettant à plusieurs pays d’arriver à un compromis entre l’économie et la protection de leur région (RBIGUI, 2008). Cette forme de tourisme se veut équitable, durable, responsable et solidaire. De nos jours, selon des études préliminaires, on estime qu’environ 15% du tourisme international est axé sur l’écotourisme (GAGNON, 2010). Ce type de tourisme se pratique seul ou en petit groupe. Selon Vincent Brodeur, un voyage écotouristique typique se fait grâce à une agence de voyages ou un service offert dans des parcs régionaux.

Le but premier de l’écotourisme est la recherche d’un équilibre entre l’économie, l’écologie et la société. Autrement dit, offrir des alternatives durables aux populations d’accueils tout en protégeant l’environnement (RBIGUI, 2008). Les pays qui ont su s’adapter à l’écotourisme avec le plus de succès sont le Costa Rica, l’Équateur, l’Afrique du Sud, le Kenya, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, car ils ont su assurer une bonne communication entre les différents intervenants, notamment le gouvernement, l’industrie touristique, les ONG, les collectivités locales, ainsi que les universités. De plus, ces pays ont des attraits naturels exceptionnels : paysage, faune et flore, ainsi qu’un riche patrimoine culturel, des zones naturelles protégées et une industrie écotouristique très efficace. Aussi, ces grandes destinations écotouristiques présentent de nombreux points en commun : « elles présentent une sécurité et une paix relatives, de vastes espaces vierges, un bon réseau d’aires protégées, de même qu’un patrimoine indigène (archéologie ou vivant) digne d’intérêt (GAGNON, 2010). » De plus, le plus beau voyage écotouristique de Vincent Brodeur a été un voyage à vélo en Asie, où il s’est déplacé dans différents types d’écosystèmes, que ce soit sur le bord de la mer ou dans les forêts tropicales inaccessibles.

L’écotourisme : le cas du Costa Rica

Le parc Manuel Antonio au Costa Rica Droits d'auteurs: Vincent Brodeur
Le parc Manuel Antonio au Costa Rica
Droits d’auteurs : Vincent Brodeur

Afin d’illustrer un exemple concret de la pratique de l’écotourisme, nous pouvons observer le cas du Costa Rica. Ce pays est maintenant mondialement reconnu pour ses nombreuses réserves fauniques qui couvrent la majorité du pays. Chaque année, ce magnifique pays attire de nombreux visiteurs provenant des quatre coins du monde. Malgré l’arrivée constante de touristes, le Costa Rica réussit tout de même à préserver la richesse écologique de son territoire. Ainsi, le gouvernement a su instaurer un système permettant de protéger les différentes zones du pays, tout en soutenant économiquement la population locale et tout en préservant la diversité des niches écologiques. On définit une niche écologique comme étant l’ensemble des circonstances extérieures et des ressources environnementales permettant la survie des espèces d’une région (CAMPBELL, 2011). Ce système instauré par le gouvernement est constitué d’une zone tampon et d’une zone centrale qui est non dérangée par les humains. La zone tampon a plusieurs avantages: un écosystème stable, de l’eau potable, de l’énergie hydroélectrique, des zones agricoles durables et des touristes. Imaginons trois cercles concentriques dont celui du centre est la zone centrale protégée légalement, le deuxième est la zone tampon où les populations sont protégées et où s’effectue la recherche et l’éducation. Finalement, le troisième cercle est la zone de transition, où le développement durable et l’écotourisme sont pratiqués. Ainsi, ce système permet de fournir une base économique à la population locale et ces aires de couverture préviennent l’endommagement de la faune et de la flore dans la zone centrale de la réserve protégée (CAMPBELL, 2011). Voici la preuve qu’une interaction harmonieuse entre le développement durable et le tourisme est réalisable.

Droits d'auteurs : Laura Wener
Droits d’auteurs : Laura Wener
le parc marin Uvita au Costa Rica Droits d'auteurs : Vincent Brodeur
le parc marin Uvita au Costa Rica
Droits d’auteurs : Vincent Brodeur

 

Au Québec, l’écotourisme est un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur. Regorgé de paysages naturels extraordinaires et d’un patrimoine culturel riche et varié, le Québec possède un énorme potentiel écotouristique (GAGNON, 2010). De plus, le développement durable est l’enjeu du XXIe siècle. Il faut espérer que l’écotourisme soit un outil efficace pour le développement durable partout sur la planète et que l’homme retrouve le respect de son prochain et de son environnement pour que nous puissions stopper la destruction de notre planète tout en profitant de ses beautés naturelles qui ne cessent de nous enchanter (GAGNON, 2010).

 Laura Wener

 

 

Médiagraphie :

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. « Écotourisme », Grand dictionnaire terminologique, [En ligne], 2010, http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=8368200 (Page consultée le 21 février 2015)

LAUREN, Rochat. Entre conservation et développement local : les impacts des projets écotouristiques participatifs dans deux groupes quechuas au Pérou [En ligne], mémoire de maîtrise, (géographie), Université de Montréal, 2010, 173 p., dans Érudit https://papyrus.bib.umontreal.ca/xmlui/bitstream/handle/1866/6845/Rochat_Lauren_2011_memoire.pdf?sequence=2 (Page consultée le 22 février 2015)

RBIGUI, Lotfi. L’application et l’évaluation du développement durable : le cas de l’écotourisme [En ligne], mémoire de maîtrise, (sociologie), Université Laval, 2008, 87p., dans Google Scholar (Page consultée le 22 février 2015)

 GAGNON, Christiane et Serge GAGNON. L’écotourisme, entre l’arbre et l’écorce, [En ligne], Québec, Presses de l’Université du Québec, 2006, 436 p. (Coll. Tourisme), dans Ebray (Page consultée le 21 février 2015)

GAGNON, Christiane. L’écotourisme visité par les acteurs territoriaux : entre conservation, participation et marché, Québec, Presses de l’Université du Québec, 2010, 284 p. (Coll. Tourisme)

CAMPBELL, Neil A. et Jane B. REECE. Campbell biology, San Francisco, Pearson, 2011, 1263 p.

L’envers de la médaille du tourisme humanitaire

Source: Alycia Leduc
Source: Alycia Leduc

Le tourisme humanitaire, comme on le connait aujourd’hui, a vu le jour dans les années 1980. À cette époque, les voyages humanitaires étaient la plupart du temps organisés par l’entremise de petits organismes locaux ou simplement par l’initiative des voyageurs (entrevue : Sprengers, 2015). Effectivement, le phénomène était alors peu pratiqué ce qui faisait en sorte qu’il était plus facile de contrôler son organisation (entrevue : Sprengers, 2015). Aujourd’hui le tourisme humanitaire est en pleine expansion ce qui fait en sorte que les choses ont beaucoup changé. Chaque année on dénombre plus de 100 000 voyages humanitaires organisés, à travers le monde (Gourdeau, 2011). Alors qu’on pourrait tout autant se réjouir de l’ampleur que prend ce phénomène, cette expansion peut aussi sembler inquiétante. En effet, le tourisme humanitaire compte de nombreuses lacunes et certains chercheurs sont mitigés quant à ses répercussions.

D’abord, un des principaux problèmes à relever au sein du phénomène du tourisme humanitaire est au niveau de son organisation. Le secteur humanitaire fait de plus en plus l’objet de la convoitise du secteur touristique, de manière à transformer ce type de tourisme  en secteur lucratif. En effet, de plus en plus d’agences de voyages réussissent à se faire passer pour des organismes humanitaires (Service volontaire internationale, 2014). Cependant, ces agences de voyages adhèrent toutes de manière inégale aux principes fondateurs entourant les voyages humanitaires et orientent leurs actions autour du désir de profit (Sacareau, Isabelle). Ainsi, celles-ci exploitent le concept d’«humanitaire», très bien perçu par l’opinion publique, de manière à truquer les touristes en jouant sur leurs cordes sensibles. Il faut comprendre qu’une des plus importantes particularités du tourisme humanitaire se trouve dans le fait que l’organisme responsable du voyage s’engage à partager, de façon équitable, les retombées économiques engendrées (Rubeillon, 2014). Concrètement, de tels dons financiers ont de grandes répercussions sur certains pays du monde. Pensons notamment au Cambodge où neuf orphelinats sur 10 sont financés par les donations des touristes (Turner, 2011). Les ONG reprochent donc à certaines agences de voyages de se faire passer pour des organisations humanitaires et de ne redonner qu’une infime partie des retombées économiques aux populations locales, alors que cela va à l’encontre de la vocation même du tourisme humanitaire (Mignon, 2014). En effet, les revenues amassées chez les touristes sont distribuées selon un schéma pyramidal inversé, c’est-à-dire que la plus grande partie des revenues vont aux grandes entreprises européennes ou américaines et non aux populations dans le besoin (Sacareau, Isabelle). De cette manière, les agences de voyages se faisant passer pour des organismes humanitaires ne financent par des activités de développement à la hauteur des moyens dont ils disposent (Sacareau, 2007). En bref, ces agences de voyages utilisent les méthodes commerciales du tourisme de masse pour transformer la misère et la détresse des populations du tiers monde en secteur rentable.

Source: Jessica Debanné
Source: Jessica Debanné

Ainsi, de nombreuses accusations sont formulées par les ONG envers les organisations de voyages humanitaires. D’abord, certaines organisations sont accusées de «transformer les pays pauvres en parcs d’attractions» (Service volontaire internationale, 2014). En effet, l’initiative du développement touristique humanitaire provient en grande partie du secteur touristique, un secteur axé sur le profit. D’un point de vue éthique, certains trouvent donc discutable de monétiser la pauvreté. Sans compter que certaines organisations planifient leur projet de manière à combler la demande, voire les désirs des voyageurs, sans prendre, compte des véritables besoins des populations locales (Service volontaire internationale, 2014). Cette manière de procéder renforce les préjugés et opinions péjoratives que les Occidentaux ont des pays du tiers monde. Cela flou bien évidemment les échanges culturels entre les voyageurs et leurs terres d’accueil, car ceux-ci croient tout savoir sur la situation que vivent les habitants du pays qui les accueille (Service volontaire internationale, 2014). Il devrait donc être primordial que les projets d’aide humanitaire soient proposés par les sociétés locales et non l’inverse. Sans compter qu’on accuse certaines organisations d’envoyer des touristes qui prendront la place de travailleurs locaux qualifiés et rémunérés (Mignon, 2014). «Il est possible pour des jeunes, non diplômés et non spécialisés, de partir jouer au médecin, au professeur ou aux avocats dans des pays qui leur sont complètement inconnus» (Service volontaire internationale, 2014).

Subséquemment, chez le touriste, les conséquences de l’expérience d’un voyage humanitaire sont, dans la grande majorité des cas, positives. En effet, d’un point de vue psychologique un tel voyage peut initier une certaine prise de conscience (Sacareau, 2007) développer une vision du monde plus ouverte et implanter chez eux des valeurs telles la générosité, la tolérance et l’entraide (Gourdeau, 2011). Le tourisme humanitaire est toutefois critiqué, car il rallie l’utile à l’agréable, ce qui laisse souvent place à de nombreuses ambiguïtés. Effectivement, l’ambivalence de la pratique est assez prononcée dans la mesure où la place que prend la part «touristique» de l’équation est loin d’être la même pour tous les voyageurs. De là part l’ambiguïté fondamentale du tourisme humanitaire. En effet, de nombreux experts affirment qu’il est impossible de rallier volontariat et tourisme (Mignon, 2014). En effet, alors que certains touristes humanitaires vont aider les populations locales durant l’après-midi pour aller dormir dans un hôtel luxueux, d’autres s’immergent complètement dans la culture du pays d’accueil et vivent selon la réalité quotidienne du pays qui les accueille. La première situation énoncée ne correspond pas, à mon sens, à ce que devrait être le tourisme humanitaire. Je pense que l’immersion dans la culture et le mode de vie du pays visité est primordiale afin de vivre une expérience de voyage humanitaire réellement enrichissante. En effet, «comment se sentir proche du plus pauvre si on vit nous-mêmes dans le luxe?» (Zunigo, 2011).

En conclusion, nous disons «oui» au tourisme humanitaire, mais ce, à certaines conditions. En effet, le choix de l’organisation avec laquelle voyager est une décision capitale lorsqu’on décide de partir en voyage humanitaire. En effet, le phénomène étant émergeant, son organisation n’est pas encore tout à fait au point et n’assure pas toujours une aide appropriée et bénéfique aux populations dans le besoin. C’est pourquoi il faudrait instaurer de la réglementation beaucoup plus sérieuse chez toutes les organisations qui veulent mettre en place des voyages humanitaires. Je suis toutefois d’avis que ce type de tourisme peut bénéficier autant aux terres d’accueil qu’aux  touristes, et qu’il a réellement sa place en tant que forme de tourisme. En effet, ce type de voyage, porté sur la rencontre, valorise la solidarité internationale et l’entraide, des valeurs qu’il est primordial de renforcer dans notre monde de plus en plus indifférent.

Héloïse Downs

Médiagraphie:

GOURDEAU, Geneviève. «Tourisme humanitaire : joindre l’utile à l’agréable», Le Soleil, [En ligne],http://www.lapresse.ca/le-soleil/voyages/201104/01/01-4385782-tourisme-humanitaire-joindre-lutile-a-lagreable.php (Page consultée le 14 février 2015)

MIGNON, Thomas. Le volontarisme ou comment des agences de voyages monétisent la pauvreté, [En ligne], http://www.rtbf.be/info/societe/detail_le-volontourisme-ou-comment-des-agences-de-voyages-monetise-la-pauvrete?id=8359733 (Page consultée le 16 février 2015)

RUBEILLON, Gabriel. Le tourisme solidaire, le tourisme d’aujourd’hui?, [en ligne], http://www.doublesens.fr/actualites/le-tourisme-solidaire-le-tourisme-d-aujourdhui (Page consultée le 20 février 2015)

SACAREAU, Isabelle. «Au pays des bons sentiments : quelques réflexions critiques à propos du tourisme solidaire», téoros : revue de recherche en tourisme, [En ligne], vol. 26-3 (2007), p.6-14, dans Isidore (Page consultée le 19 février 2015)

SERVICE VOLONTAIRE INTERNATIONALE. Non au tourisme humanitaire, [En ligne], http://www.servicevolontaire.org/index.php?menu_selected=46&sub_menu_selected=199&language=FR (Page consultée le 14 février 2015)

TURNER, Charlotte. «Cambodge: la bonne conscience du tourisme humanitaire», La Presse.ca, [En ligne], http://www.lapresse.ca/voyage/destinations/asie/cambodge/201107/28/01-4421700-cambodge-la-bonne-conscience-du-tourisme-humanitaire.php (Page consultée le 15 février 2015)

WACKERMANN, Gabriel. « TOURISME », Encyclopædia Universalis, [en ligne], http://www.universalis.fr/encyclopedie/tourisme/ (Page consultée le 19 février 2015)

ZUNIGO, Xavier. « Visiter les pauvres », Actes de la recherche en sciences sociales, [En ligne], vol. 170 (2007), p. 102-109, dans CAIRN (Page consultée le 13 février 2015)

Le tourisme humanitaire, qu’est-ce que c’est?

Source: Jessica Debanné
Source: Jessica Debanné

Le tourisme est au cœur de notre imaginaire collectif québécois, il s’agit d’un  véritable «phénomène de civilisation» s’adressant à toutes les classes sociales (Zunigo, 2011). En effet, d’ici 2030, il y aura 1,8 milliard de touristes à travers le monde (Gouvernement du Québec, 2014). Cette grande expansion du tourisme a toutefois des répercussions graves lorsqu’il est question du tourisme de masse. En effet, même si l’opinion publique semble considérer le tourisme comme un phénomène n’ayant que des répercussions positives, ce n’est pas tout à fait le cas. C’est pourquoi à la fin du XXe siècle, des formes de tourismes alternatives ont vu le jour de manière à ne pas encourager l’effet pervers que pouvait avoir un tourisme trop massif. C’est alors l’apparition du tourisme humanitaire une forme de tourisme axé sur l’Homme et sur l’entraide internationale.

À la fin du XXe siècle, on assiste à une individualisation des pratiques touristiques et ainsi à l’émergence de formes alternatives de tourisme. Le tourisme humanitaire, défini par l’UNESCO comme un tourisme «réfléchi et attentif à la culture de l’autre» (Gourdeau, 2011), est une nouvelle forme de tourisme qui voit ainsi le jour dans les années 1980 (Sacareau, 2007).  Ce faisant, en petits groupes et ne nécessitant pas d’installations particulières ou de services personnalisés, le tourisme humanitaire a des répercussions minimes, voire inexistantes, sur les populations locales. En effet, le voyageur humanitaire voyage de manière à freiner le tourisme de masse, un phénomène caractérisé par la migration massive de personnes vers un même endroit et qui se traduit souvent par un désastre écologique et une exploitation accrue des personnes issues des endroits visités. L’individu optant pour le tourisme humanitaire agit donc de manière respectueuse pour l’environnement culturel, historique et physique des pays visités. Celui-ci est donc habité par une grande conscience sociale qui se reflète sur sa manière de voyager. Les voyageurs humanitaires proviennent principalement des États-Unis, du Canada, du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande (Gourdeau, 2011). Ils sont pour la plupart des étudiants et des jeunes retraités. Le portrait type du voyageur humanitaire est une femme aux études, catholique, issu d’une famille bien nantie et fortement dotée en capital culturel et qui s’investissait déjà dans le bénévolat dans son pays d’origine (Zunigo, 2011).

Source: Alycia Leduc
Source: Alycia Leduc

De manière à faire vivre 7 milliards d’êtres humains de façon équitable, alors que les ressources diminuent et la demande est en croissance constante, il faut d’abord révolutionner notre manière de consommer et cela passe inévitablement par notre manière de voyager. Le tourisme humanitaire se base sur le désir du citoyen d’agir localement et concrètement pour aider les plus démunis. La population occidentale se conscientise aux effets néfastes de la surconsommation et de la mauvaise redistribution des retombées économiques ce qui la pousse à opter pour une forme de tourisme plus solidaire envers le genre humain (Rubeillon, 2014).  Le voyageur humanitaire est interpellé par sa conscience sociale et celui-ci souhaite donner un sens à ses actions en mettant à profit ses compétences. Pour ce faire, ceux-ci mettent leurs vacances de côté de manière à aller aider des communautés du tiers monde ou des pays en développement. Les principaux domaines dans lesquels ils peuvent s’investir sont la santé, l’éducation, l’agriculture et la construction (Le Routard, 2008).  Cherchant les échanges interculturels, ils souhaitent entrer en contact avec les populations locales. Ces touristes veulent s’immerger dans un environnement hors de leur zone de confort, où ils vivront dans un environnement rudimentaire et où ils devront user de leur capacité d’adaptation. Ainsi, les touristes humanitaires ne font pas que soutenir moralement l’entraide et la solidarité internationale, mais agissent concrètement en faveur de leurs idéaux.

Les raisons poussant les gens à faire un voyage humanitaire passent par le besoin d’améliorer son estime personnelle, le besoin d’accomplissement et le besoin de réalisation (Gourdeau, 2011). La motivation d’accomplir un voyage humanitaire pourrait donc s’expliquer par les besoins d’appartenance, d’estime de soi et d’activation de soi présents dans la pyramide des besoins de Maslow. Selon cette approche psychologique, les gens faisant un voyage humanitaire seraient motivés par le désir d’assouvir leurs besoins de développement personnel en aidant des gens qui n’ont pas les ressources pour répondre à leurs besoins fondamentaux (Zunigo, 2011). D’autre part, si on perçoit cette même motivation sous l’approche psychanalytique freudienne, de façon très simpliste, les gens feraient des voyagent humanitaire dans le but d’avoir du plaisir. En effet, le tourisme humanitaire reste une forme de tourisme ce qui veut dire que les motifs poussant les citoyens à réaliser un voyage humanitaire passent aussi par le simple plaisir de voyager, de visiter des contrées exotiques, de s’initier à une culture différente et à un nouveau mode de vie, à apprendre une langue étrangère et même à améliorer leur curriculum vitae (Gourdeau, 2011). Il s’agit donc d’une pratique où la dimension touristique n’est pas négligeable.

Au Québec, le tourisme humanitaire gagne en popularité d’année en année, surtout dans les milieux scolaires (Gourdeau, 2011). Il faut toutefois se questionner avant de choisir l’agence de voyages avec laquelle faire affaire de manière à s’assurer que les projets soient proposés par les populations locales et que les fonds sont bien redistribués. L’expérience du voyage humanitaire est d’une grande richesse et peut complètement changer la perception de la vie qu’ont les individus qui y participent. En plus d’y apprendre des valeurs comme l’entraide, la solidarité, la débrouillardise et la tolérance, le touriste humanitaire a la chance d’aider les moins bien nantis que lui à améliorer leur condition. Sur le plan humain, il s’agit d’une formule gagnante pour la formation d’individus plus ouverts sur le monde et conscientisés aux réalités extérieures.

Héloïse Downs

Médiagraphie

GOURDEAU, Geneviève. «Tourisme humanitaire : joindre l’utile à l’agréable», Le Soleil, [En ligne],http://www.lapresse.ca/le-soleil/voyages/201104/01/01-4385782-tourisme-humanitaire-joindre-lutile-a-lagreable.php (Page consultée le 14 février 2015)

LE ROUTARD. Humanitaire, [En ligne], http://www.routard.com/guide_dossier/id_dp/16/num_page/42.htm (Page consultée le 19 février 2015

MIGNON, Thomas. Le volontarisme ou comment des agences de voyages monétisent la pauvreté, [En ligne], http://www.rtbf.be/info/societe/detail_le-volontourisme-ou-comment-des-agences-de-voyages-monetise-la-pauvrete?id=8359733 (Page consultée le 16 février 2015)

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Le tourisme sexuel et la loi

Tout d’abord, il serait pertinent de mentionner ce qu’est le tourisme sexuel impliquant des enfants, car c’est la branche du tourisme sexuel qui est officiellement illégal au Canada. En effet, celui-ci est défini comme étant  «l’exploitation sexuelle d’enfants à des fins commerciales par des individus qui voyagent d’un endroit à l’autre et qui y ont des rapports sexuels avec des enfants» (Le Bureau international des droits des enfants, 2012). En général, même si le touriste sexuel qui ne recherche pas spécifiquement des enfants n’a pas de profil type, le touriste sexuel recherchant des enfants semble en avoir un. Ceux-ci sont souvent des hommes, dont la provenance serait l’Amérique du Nord ou encore, l’Europe de l’Ouest qui veulent voyager dans les pays en développement (Le Bureau international des droits des enfants, 2012). On constate que les Canadiens ont des préférences en matière de pays émetteurs dans lesquels il est possible de faire du tourisme sexuel impliquant des enfants. Ceux-ci se rendent plutôt dans des endroits tels que les Caraïbes ainsi que l’Amérique latine étant donné qu’ils ont l’avantage d’être plus accessibles, au niveau des coûts et aussi, au niveau géographique (Le Bureau international des droits des enfants, 2012). De plus, on observe que les victimes juvéniles des touristes sexuels canadiens ont un profil particulier. Celles-ci sont en général, «touchées par la pauvreté, issues de groupes minoritaires, dépendantes des activités économiques saisonnières, enfants victimes de violence ou de négligence familiale, orphelins atteints du virus du sida» (Le Bureau international des droits des enfants, 2012).

La loi

En 1997,  des changements ont été apportés au Code criminel du Canada pour permettre aux tribunaux canadiens de traiter les actes d’exploitation sexuelle impliquant des enfants commis à l’étranger. Cependant, aucune infraction n’a été présentée aux tribunaux jusqu’à présent, en raison d’une restriction stipulant que la plainte de l’infraction sexuelle doit être fournie par le pays étranger. Dans l’optique de corriger cette faille, le projet de loi C-15 a été présenté et est présentement en processus de révision (Balassoupramaniane, 2015).  Cette loi vise à ajouter de nouvelles infractions au Code criminel et à permettre aux tribunaux de sévir plus facilement dans les cas de tourisme sexuel impliquant des enfants et l’exploitation sexuelle d’enfants sur Internet. Elle permettrait aux tribunaux de recevoir des poursuites pour infractions sexuelles contre des enfants, sans demande du pays étranger, contre des citoyens canadiens ou des résidents permanents. Cependant, il est à remarquer que le Code criminel canadien ne pénalise pas spécifiquement le tourisme sexuel effectué sur des personnes majeures considérées consentantes (Balassoupramaniane, 2015).

Attribution : Rifqi Jamil (Own work) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons
Attribution : Rifqi Jamil (Own work) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

Cas au Canada

Depuis l’adoption de cette loi en dans les années 1997, cinq Canadiens ont été reconnus coupable d’avoir impliqué des enfants étrangers dans des activités sexuelles. En 2005, c’est la première fois qu’un individu doit faire face à cette loi. En effet, Donald Bakker, un homme de 41 ans, est accusé à Vancouver d’avoir agressé sexuellement 51 individus, mais plus particulièrement, il aurait exploité sexuellement sept enfants d’origine cambodgienne âgés entre sept et douze ans (Journal Métro Montréal, 2005). Il y avait 16 chefs d’accusation contre lui liés à l’exploitation sexuelle d’enfants et 22 autres liés à l’agression sexuelle de prostitué vivant à Vancouver , et cet homme doit faire dix ans de prison pour purger sa peine (Journal Métro Montréal, 2005). Ensuite, en 2008, il y a eu le premier cas québécois avec Denis Rochefort, accusé d’avoir agressé sexuellement six enfants haïtiens âgés entre 14 et 16 ans. Celui-ci a fait deux années de prison, car il avait six chefs d’accusation contre lui (Benjamin, 2008). Pour continuer, il y a eu le cas d’Armand Huard en 2008, condamné à 3 ans de prison (Le Bureau international des droits des enfants, 2012). Un des cas les plus récents est celui de Christopher Neil, condamné à neuf années de prison et finalement, le cas le plus récent, est celui de Kenneth Klassen accusé en 2010 d’avoir agressé sexuellement dix-sept jeunes filles dans plusieurs pays : le Cambodge, les Philippines ainsi que la Colombie. Ce dernier est condamné à onze années de prison (Le Bureau international des droits des enfants, 2012).

Actions posées pour contrer le tourisme sexuel

Enfin, plusieurs organismes et groupes importants luttent contre l’abus sexuel effectué sur les enfants. Il est possible de prendre l’exemple du Bureau international des droits des enfants (IBCR), qui s’allie avec plusieurs acteurs de la société dans le but de contrer tous les types d’activités impliquant les enfants.  En effet, il s’est associé avec des organismes tels que One Child et Plan Canada, ainsi qu’avec des autorités comme le Gouvernement canadien ou encore, avec des compagnies du secteur privé tel que des agences de voyages. Cette association visait à soutenir la  campagne de sensibilisation présentée en 2010 par l’IBCR. Cette campagne visait à «[i]nformer les Canadiens des conséquences juridiques et sociales du tourisme sexuel impliquant des enfants (TSIE) ainsi que les sensibiliser sur la loi extraterritoriale du Canada» (Le Bureau international des droits des enfants, 2012). Ensuite, son deuxième but était de sensibiliser les Canadiens à rester attentif lorsqu’ils partent en voyage, afin de dénoncer toute activité sexuelle effectuée avec des enfants faits par d’autres Canadiens (Le Bureau international des droits des enfants, 2012).

Eva Lefebvre

Médiagraphie :

Document accessible par internet

BALASSOUPRAMANIANE, Indragandhi. «Le tourisme sexuel», dans Barreau du Québec, Barreau du Québec, [en ligne], http://www.barreau.qc.ca/pdf/journal/vol33/no21/tourisme.html (page consultée le 22 janvier 2015)

Le bureau international des droits des enfants, La lutte contre le tourisme sexuel impliquant des enfants avec la participation du secteur privé du tourisme et du voyage et du public canadien, [en ligne], 2012, http://www.ibcr.org/images/contenu/publications/Tourisme-sexuel-int-lowres-fr.pdf (page consultée le 25 avril 2015)

Article tiré d’une base de données

Journal Métro Montréal, «10 ans pour un touriste sexuel», Journal Métro Montréal, [en ligne], 2005, p.3, dans Eurêka (page consultée le 25 avril 2015)

Article d’un site internet

BENJAMIN, Guy. «Deux ans de pen pour Rochefort, le coopérant abuseur», dans Guy BENJAMIN, La Presse, [en ligne], http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/justice-et-faits-divers/200811/14/01-800853-deux-ans-de-pen-pour-rochefort-le-cooperant-abuseur.php (page consultée le 25 avril 2015)

 

Le tourisme culturel est-il vraiment positif?

Le tourisme culturel a de nombreux avantages, tant au niveau économique que culturel. Par contre, on parle de plus en plus des effets pervers de ce phénomène et, même s’ils ne font pas l’unanimité, ils en inquiètent plus d’un. Ainsi, il est à se demander s’il s’agit vraiment d’un bon phénomène ou si ses risques dépassent ses bénéfices. C’est ce que nous tenterons d’éclaircir dans cet article.

Conséquences positives

D’abord, le tourisme culturel permet à certaines villes dont la majeure partie des attractions est semblables à celle des autres, de s’en distinguer et d’attirer plus de visiteurs par la présentation d’attraits uniques. (Origet du Cluzeau, 2006) Les lieux sont effectivement en compétition entre eux, puisque l’offre touristique augmente. Il est donc de plus en plus important pour une ville de se différencier des autres. La culture est un bon moyen de le faire, puisque chaque endroit a son identité propre, qui passe par ces monuments, mais aussi ses événements, sa langue, ses habitus et bien d’autres.

Ensuite, le tourisme culturel a de nombreux avantages économiques. Il permet en effet de stimuler l’économie d’un endroit, ce qui crée des emplois. (Origet du Cluzeau, 2006) En plus, plusieurs gouvernements, comme celui du Québec, subventionnent les attraits touristiques culturels, ce qui permet aussi de créer et maintenir des emplois et diminue de ce fait le taux de chômage. (Ministère du  tourisme du Québec, 2010)

Ce phénomène permet aussi d’augmenter le chiffre d’affaire de nombreuses entreprises. Premièrement, il augmente celui des activités touristiques culturelles telles les musées. La part de marché du tourisme culturel par rapport à l’ensemble des visiteurs de musées est très variable selon les endroits et peut atteindre 85% de touristes culturels. (Origet du Cluzeau, 2006) À titre de d’exemple, la Direction de Musées de France évalue que «60% de leur fréquentation émanerait des touristes». (Origet du Cluzeau, 2006) On peut donc conclure que «le tourisme tient une part prépondérante dans les effectifs de fréquentation de tous les sites et manifestations culturels. La survie de certains dépend d’ailleurs entièrement du tourisme.» (Origet du Cluzeau, 2006) Les retombées économiques qu’il amène sont pourtant majoritairement indirectes et le prix pour accéder aux activités ne représente que 3% du budget journalier des touristes. (Origet du Cluzeau, 2006) Ceux-ci dépensent effectivement aussi pour le transport, l’hébergement, la restauration et autres, ce qui contribue à augmenter les profits de nombreuses entreprises. (Office québécois de la langue française, 2005)

De plus, la hausse de la qualité demandée par les touristes amène une amélioration des activités culturelles. En effet, «[l]e public recherche l’insolite, l’inattendu et ne se contente plus d’être passif devant le monument». (Colardelle et Monferrand s.d.) Les activités deviennent donc de plus en plus animées et expliquées, et celles qui se conforment à cette nouvelle demande réussissent à attirer les touristes plus longtemps.

 

Conséquences négatives

Par contre, le tourisme culturel peut avoir des conséquences négatives dans certains cas. En effet, il peut amener l’augmentation des prix des biens et services et des propriétés foncières, ce qui est nuisible pour les habitants. (Origet du Cluzeau, 2006)

Source : "Angkor Wat" by Bjørn Christian Tørrissen - Own work. Licensed under GFDL via Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Angkor_Wat.jpg#/media/File:Angkor_Wat.jpg
Source : « Angkor Wat » by Bjørn Christian Tørrissen – Own work. Licensed under GFDL via Wikimedia Commons – http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Angkor_Wat.jpg#/media/File:Angkor_Wat.jpg
By Charlesjsharp (Own work) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons
By Charlesjsharp (Own work) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

Sur le plan de l’environnement, selon plusieurs, le tourisme culturel aurait des «effets négatifs sur le patrimoine», en engendrant une «usure prématurée des monuments», à cause de leur surfréquentation et des «dégradations involontaires ou [du] vandalisme». (Colardelle et Monferrand s.d.) Plusieurs touristes endommagent en effet les objets culturels qu’ils visitent, par exemple, en gravant leurs noms sur les murs de plusieurs temples comme celui d’Angkor Vat au Cambodge. (Bommelaer, 2015) Puis, même si ce n’est pas dans leur intention, les touristes contribuent à la dégradation de nombreux lieux seulement par leur présence, puisqu’ils y sont trop nombreux. Par exemple, le sol du Machu Picchu au Pérou s’effrite à cause du trop grand nombre de visiteurs. Ensuite, cette activité produit de nombreux déchets qui sont nuisibles pour l’environnement et amène une grande consommation d’eau dans les hôtels, qui draine la nappe phréatique et amène lentement les temples à s’effondrer, par exemple au Cambodge.

Source : "Lascaux painting" por Prof saxx - Obra do próprio. Licenciado sob CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Lascaux_ painting.jpg#/media/File:Lascaux_painting.jpg
Source : « Lascaux painting » por Prof saxx – Obra do próprio. Licenciado sob CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons – http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Lascaux_ painting.jpg#/media/File:Lascaux_painting.jpg

À cause de ces problèmes, certains sites doivent être fermés pour éviter qu’ils ne soient complètement dégradés, comme la grotte de Lascaux en France, qui a été fermée suite aux nombreux dommages dues à un trop grand nombre de visiteurs. (Bommelaer, 2015) D’autres sites doivent restreindre leur accès pour ne pas aggraver leur détérioration, comme le Machu Picchu. Puis, certains sites planifient plutôt d’encourager les gens à visiter d’autres monuments pour limiter la dégradation des plus populaires, comme celui d’Angkor Vat.

Finalement, le tourisme culturel amène une vulgarisation pour être compris de tous qui rendrait selon certains les objets culturels vulgaires, au sens péjoratif du terme. Le fait de rendre plus compréhensible obligerait à diminuer l’information et l’authenticité de ceux-ci, ce qui n’est pas souhaitable aux yeux de plusieurs (Colardelle et Monferrand s.d.).

 

Conclusion

Par contre, les conséquences négatives du tourisme culturel sont loin de faire l’unanimité et plusieurs spécialistes croient qu’il s’agit de généralisations abusives, puisque ces impacts ne sont vrais que dans un pourcentage minime des cas. Surtout dans le cas de la vulgarisation, plusieurs spécialistes s’entendent pour dire qu’elle ne pose aucun problème (Colardelle et Monferrand s.d.). Par rapport aux problèmes de surfréquentation, il semble qu’elle soit à l’origine de problèmes de dégradation que pour une petite partie des objets culturels qui existent. Ainsi, il semble que de limiter l’accès aux sites pour éviter l’endommagement où cela est nécessaire serait une bonne manière de les préserver et d’équilibrer le nombre de visiteurs parmi les objets culturels. Quant à la pollution, la limitation semble aussi une bonne idée, puisqu’elle permettrait de mieux répartir les touristes et de préserver l’environnement. Ces solutions permettraient de contrer les problèmes existants, tout en préservant le tourisme culturel et ses avantages.

Selon les lectures faites dans le cadre de ce travail, le tourisme culturel semble amener plus de bénéfices que de risques, surtout que plusieurs conséquences négatives ne font pas l’unanimité des experts. Ce phénomène serait donc généralement positif.

 

Alexe Champagne-Lessard

 

Médiagraphie:

BOMMELAER, Claire. «La face noire du tourisme de masse», Le Figaro, [En ligne], no. 21934 (14 février 2015), p.31, dans Eureka, (Page consultée le 21 février 2015)

COLARDELLE, Michel et Alain MONFERRAND. «Tourisme culturel», Encyclopædia Universalis, [En ligne], http://ressources.cgodin.qc.ca:2066/encyclopedie/tourisme-culturel/ (Page consultée le 19 février 2015)

MINISTÈRE DU TOURISME DU QUÉBEC.  Diagnostic – Tourisme culturel Volet industrie événementielle, [En ligne], 2010, http://www.tourisme.gouv.qc.ca/publications/media/document/etudes-statistiques/diagnostic-tourisme-culturel-2010.pdf (Page consultée le 15 mars 2015)

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. «Tourisme», Grand dictionnaire terminologique, [En ligne], http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=8355489 (Page consultée le 19 mars 2015)

ORIGET DU CLUZEAU, Claude. Texte de la 608e conférence de l’Université de tous les savoirs donnée le 12 janvier 2006- Claude Origet du Cluzeau: «Le tourisme culturel», [En ligne], 2006, http://download2.cerimes.fr/canalu/documents/utls/download/pdf/120106.pdf (Page consultée le 21 février 2015)

Cueillette de données sur les différents types de tourisme

Le phénomène du voyage a toujours existé. En effet, l’Homme a toujours été en mouvement. Migrations, conquêtes militaires, échanges commerciaux, pèlerinages, sont toutes des formes de voyage qui ont marqué l’histoire de l’humanité (WACKERMANN, 2008). D’abord destiné à la classe aisée, le tourisme est aujourd’hui  un des plus importants loisirs de masse et il engendre les plus grandes migrations que l’humanité n’ait jamais connues. Dans le cadre du cours de DIA, nous avons décidé de faire notre projet sur le tourisme et ses différentes formes, soit le tourisme culturel, humanitaire, écologique et sexuel. Ces quatre types de tourisme nous aiderons à former un portrait global de cette activité en constante évolution qu’est le tourisme et les entrevues et sondage effectués nous permettront de vérifier que la réalité est conforme à la théorie.

Entrevue sur le tourisme culturel avec une passionnée d’histoire

Droits d'auteurs: Alexe Champagne-Lessard
Droits d’auteurs: Alexe Champagne-Lessard

«Pratiquer le tourisme culturel m’apporte une richesse et des connaissances»

La personne interrogée à propos du tourisme culturel est Josée Champagne, qui pratique cette activité depuis une trentaine d’années. Cette entrevue est venue appuyer les recherches effectuées dans le cadre de ce travail, car les réponses de cette touriste allaient dans le même sens. Elle pratique effectivement le tourisme culturel pour élargir ses connaissances, car elle a un intérêt pour la culture. Elle choisit ses destinations en fonction du temps alloué au voyage et en fonction d’objets culturels précis qu’elle désire visiter. Les objets culturels quant à eux sont choisis par elle en fonction de leur potentiel de découverte et de l’histoire qui y est attachée. Elle a maintenant tendance à visiter plutôt l’extérieur du Québec, parce qu’elle a énormément visité la province précédemment et a vu beaucoup de ses attraits. Elle a donc d’abord priorisé le Québec et maintenant qu’il est visité, elle va ailleurs. Elle visite des musées et monuments et va voir quelques spectacles, mais en tant que passionnée d’histoire, elle se concentre sur les musées et monuments historiques. Madame Champagne possède un diplôme universitaire (baccalauréat et un an de maîtrise) et voyage à chaque année ou aux deux ans. Elle avoue ne pas tenir compte des impacts environnementaux de ses pratiques touristiques, puisqu’elle axe plutôt l’organisation de celles-ci sur les attraits qui l’attirent. Le tourisme culturel lui amène finalement beaucoup de culture, de connaissances et de richesses qu’elle peut utiliser dans sa vie courante.

Entrevue sur l’écotourisme avec un passionné de la nature!

« L’écotourisme est une activité touristique                                qui est axée sur l’émerveillement des beautés naturelles, mais qui est conduite dans le respect de l’écosystème. »

Droits d'auteurs : Julie Simone Hébert
Droits d’auteurs : Julie Simone Hébert

Vincent Brodeur, un biologiste de formation âgé de 38 ans, est l’expert qui a répondu aux questions sur le tourisme écologique. Selon lui, « l’écotourisme est une activité touristique qui est axée sur l’émerveillement des beautés naturelles, mais qui est conduite dans le respect de l’écosystème ». Ainsi, c’est une façon intelligente de voyager et de découvrir la nature sans compromettre sa beauté. Son plus beau voyage écotouristique a été un voyage à vélo en Asie, où il s’est déplacé dans différents types d’écosystèmes, que ce soit sur le bord de la mer ou dans les forêts tropicales inaccessibles. Selon lui, un voyage écotouristique typique se fait grâce à une agence de voyages ou un service offert dans des parcs régionaux.

Toujours selon ce dernier, l’écotourisme génère des avantages économiques dans certains milieux tout en protégeant leurs écosystèmes. Cependant, si ce type de tourisme n’est pas fait de façon intelligente, il peut nuire à l’intégrité du milieu naturel. Finalement, le conseil pratique de Vincent Brodeur pour celui qui désire faire un voyage écotouristique est de prendre son temps, c’est-à-dire qu’il ne faut pas avoir un horaire trop chargé lorsqu’on voyage. Il faut prendre le temps de s’arrêter, de vivre le moment présent et de rester suffisamment longtemps à un endroit pour l’apprécier à sa juste valeur.

Entrevue avec deux touristes humanitaires passionnées

Dans la recherche sur le travail humanitaire, deux personnes ont été interrogés. Il s’agit de Nelly Sprengers (50 ans), ayant fait un voyage humanitaire au Pakistan dans les années 1980, et Jessica Debanné (18 ans) ayant fait un voyage humanitaire au Sénégal en 2014.

FullSizeRender   «C’était une sœur hollandaise qui avait commencé un orphelinat pour les enfants handicapés. Je suis partie sur un coup de tête avec deux amies. Je pensais rester quelques semaines,mais j’y ai passé 6 mois- Nelly Sprengers»

L’entrevue avec ces deux personnes a permis de recueillir des informations variées sur la perception qu’elles ont eue de leur expérience en tant que touristes humanitaires et des impacts que cette activité a sur les populations aidées. Les entrevues effectuées avec ces expertes nous ont permis de faire une comparaison de la pratique entre ce qu’elle était lors de son apparition et ce qu’elle est devenue aujourd’hui. Les principales différences soulevées entre leurs expériences sont au niveau de l’organisation du tourisme humanitaire. En effet, aujourd’hui c’est souvent par l’entremise d’agences de voyages que s’organisent les voyages humanitaires, alors qu’autrefois c’était grâce à de petits organismes locaux. Cependant, les deux personnes interrogées ont relevé que leur voyage leur avait transmis des valeurs similaires, notamment l’entraide, la tolérance, la solidarité et la débrouillardise. Ainsi, même si le phénomène a changé au cours des années, ses principes fondateurs sont toujours les mêmes.

402050_10151016939073215_1637042659_n« Quand je suis partie en voyage humanitaire je pensais arriver là-bas et changer les choses. C’est pourtant l’inverse qui s’est produit : je suis sortie de mon voyage transformée. Je pense que les gens là-bas ont beaucoup à nous apprendre. –Jessica Debanné »

Sondage sur le tourisme sexuel

En ce qui a trait au tourisme sexuel, un sondage a été effectué. La population visée est les habitants de l’ouest de l’île de Montréal et l’échantillon est composé de 25 jeunes adultes de notre entourage (collègue de classe, amis, famille). Ceux-ci ont été questionnés dans le but d’avoir un portrait global des connaissances des jeunes sur ce type tourisme. En effet, nous avons pu constater que 88% des répondants savent que le tourisme sexuel est en expansion. Ensuite, seulement 32% des jeunes questionnés connaissent l’ampleur des gens qui choisissent leur destination de voyage selon l’offre sexuel. Pour continuer, la majorité (88%) sait que le tourisme sexuel est présent au Québec et la même proportion est au courant que les jeunes enfants sont touchés par cette activité. Malheureusement, l’écrasante majorité (voir graphique ci-bas)  des répondants pensent que ce type de tourisme est illégal, cependant, il ne l’est pas. Ce qui est illégal, ce sont les activités sexuelles exercées sur les enfants. De plus, la majorité des jeunes du sondage (76%) savent que le touriste sexuel peut avoir n’importe quel profil socioéconomique et qu’il n’a pas de profil type. Finalement, 52 % croit qu’on peut freiner ce problème par les lois, 36% ne pense pas que c’est possible et 12% n’est pas certain. Enfin, on constate que les jeunes ont de bonnes connaissances globales, mais moins bonnes lorsqu’on parle plus spécifiquement.

Par Eva Lefebvre
Par Eva Lefebvre

En conclusion, bien que le tourisme soit un loisir de masse alimentant le rêve et une source de loisirs non négligeable dans notre univers mental, tous les types de tourisme que nous avons étudiés comptent leur lot d’effets néfastes et d’ambigüités. Le tourisme reste cependant une manifestation qui ne cessera pas de prendre de l’expansion dans les prochaines années, car il est de plus en plus facile d’accès grâce aux nouvelles infrastructures de transport. Il s’agit donc d’un phénomène d’une grande complexité, qui n’est ni tout noir ni tout blanc, et qu’il faudra apprendre à exploiter avec plus d’adresse si on veut qu’il continue de bénéficier autant aux touristes qu’aux terres d’accueil.

Alexe Champagne-Lessard, Héloïse Downs, Eva Lefebvre et Laura Wener

Éditorial sur le tourisme et ses différents types

Les humains voyagent depuis toujours sous diverses formes, telles les conquêtes militaires, les échanges commerciaux et le pèlerinage (Wackermann, s.d.). Par contre, le tourisme tel qu’on le décrit aujourd’hui, soit un «[s]ecteur d’activité économique qui regroupe l’ensemble des intervenants offrant des services dans le domaine du voyage d’agrément […]» (Office de la langue française, 2003), a fait son apparition en Angleterre à la fin du XVIIe siècle (Wackermann, s.d.). Ce phénomène croît constamment, on a ainsi pu remarquer une diversification de l’offre touristique (Colardelle et Monferrand s.d.) et plusieurs formes de tourisme se sont démarquées, dont les tourismes culturel, humanitaire, écologique et sexuel, qui feront l’objet de ce travail.

D’abord, le tourisme culturel a débuté en 1860, avec des jeunes britanniques qui ont fait le tour de l’Europe pour s’instruire (Origet du Cluzeau, 2006). Depuis, il prend constamment de l’ampleur et est maintenant défini comme «une pratique culturelle qui nécessite un déplacement, [d’au moins une nuitée], ou que le déplacement va favoriser» (Origet du Cluzeau, 2006). Le tourisme culturel a de nombreuses retombées économiques et permet entre autres la diffusion de la culture, mais engendrerait la dégradation des monuments et la diminution de l’authenticité des objets culturels (Colardelle et Monferrand, s.d.). Bien que son avenir soit assuré au Québec (Réseau de veille en tourisme de la chaire de tourisme Transat de l’Université du Québec à Montréal, 2008), les impacts négatifs de ce phénomène inquiètent de plus en plus et d’autres formes de tourisme ont donc été créées pour réduire ces effets.

Ensuite,  c’est dans les années 1980 que la notion d’écotourisme a vu le jour suite à une conscientisation générale de la population sur les nombreux impacts des activités humaines sur l’environnement. Puisque le tourisme de masse a des conséquences négatives sur les modes de vie des populations locales visitées et sur les écosystèmes, l’écotourisme s’est distingué comme outil permettant à plusieurs pays d’arriver à un compromis entre l’économie et la protection de leur région. En plus d’aider les populations locales visitées, l’écotourisme veut sensibiliser les hommes à l’importance du respect des richesses naturelles et culturelles. Nous devons donc considérer l’écotourisme comme un chemin vers le développement durable qui relie positivement l’homme, la nature, la culture et l’économie (RBIGUI, 2008). Mais il ne s’agit pas du seul type de tourisme qui respecte les populations locales.

Le tourisme humanitaire correspond à une façon alternative de voyager qui n’encourage pas le phénomène du tourisme de masse et ses répercussions dévastatrices sur certaines populations. Cette forme de tourisme est en pleine expansion : chaque année, plus de 100 000 voyages humanitaires sont organisés à travers le monde (Goudreau,2011). Ce type de tourisme centré sur l’Homme se base sur le désir du citoyen d’agir localement et concrètement afin d’aider certaines populations du tiers monde et des pays en développement. L’avis des chercheurs est cependant mitigé quant aux répercussions du tourisme humanitaire, car il s’agit d’une pratique comptant son lot d’ambiguïtés, notamment vis-à-vis de la proportion d’activités récréatives pratiquées par les voyageurs et de son organisation par les agences de voyages et les organismes. Cependant, ce ne sont pas toutes les formes de tourisme qui se basent sur le respect de l’être humain.

Effectivement, le phénomène de la mondialisation a engendré l’essor du tourisme, incluant le tourisme sexuel. Celui-ci est défini comme étant un «tourisme qui a pour but principale la réalisation de rapport sexuel dans un but commercial» (Michel, 2006). Bien qu’il soit difficile de mettre des chiffres exacts sur l’ampleur de la situation, nous savons que, dans le monde, cette industrie représente 5 milliards de dollar (Fondations Scelles, 2005).  Il existe des endroits qui sont reconnus comme destination touristique à des fins sexuels tels que la Thaïlande. Enfin, cette activité est préoccupante car elle est parfois liée aux enfants. Seulement en Thaïlande, le chiffre s’élève à 300 000 enfants prostitués en 2006 (Le devoir, 2006).

Alexe Champagne-Lessard, Héloïse Downs, Eva Lefebvre et Laura Wener

Médiagraphie :

COLARDELLE, Michel et Alain MONFERRAND. «Tourisme culturel», Encyclopædia Universalis, [En ligne], http://ressources.cgodin.qc.ca:2066/encyclopedie/tourisme-culturel/ (Page consultée le 19 février 2015)

FONDATION SCELLES. Tourisme sexuel, [En ligne], 2005, file:///C:/Users/User/Downloads/Fiche_Le_tourisme_sexuel_Fondation_Scelles%202005.pdf

GOURDEAU, Geneviève. «Tourisme humanitaire : joindre l’utile à l’agréable», Le Soleil, [En ligne],http://www.lapresse.ca/le-soleil/voyages/201104/01/01-4385782-tourisme-humanitaire-joindre-lutile-a-lagreable.php (Page consultée le 14 février 2015)

MICHEL, Franck. Voyage au bout du sexe : trafics et tourismes sexuels en Asie et ailleurs, [En ligne], Québec, Les Presses de l’Université Laval, 2006, p.103, dans Ebrary

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. «Tourisme», Grand dictionnaire terminologique, [En ligne], http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=8355489 (Page consultée le 19 mars 2015)

ORIGET DU CLUZEAU, Claude. Texte de la 608e conférence de l’Université de tous les savoirs donnée le 12 janvier 2006- Claude Origet du Cluzeau: «Le tourisme culturel», [En ligne], 2006, http://download2.cerimes.fr/canalu/documents/utls/download/pdf/120106.pdf (Page consultée le 21 février 2015)

RBIGUI, Lotfi. L’application et l’évaluation du développement durable : le cas de l’écotourisme [En ligne], mémoire de maîtrise, (sociologie), Université Laval, 2008, 87p., dans Google Scholar (Page consultée le 22 février 2015)

RÉSEAU DE VEILLE EN TOURISME DE LA CHAIRE DE TOURISME TRANSAT DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL. Faits saillants- Portrait sociodémographique et comportements de voyage des Québécois par segment démographique, [En ligne], 2008, http://www.tourisme.gouv.qc.ca/publications/media/document/etudes-statistiques/faits-saillants-demographie0803.pdf (Page consultée le 21 février 2015)

SERVICE VOLONTAIRE INTERNATIONALE. Non au tourisme humanitaire, [En ligne], http://www.servicevolontaire.org/index.php?menu_selected=46&sub_menu_selected=199&language=FR (Page consultée le 14 février 2015)

WACKERMANN, Gabriel. « TOURISME  », Encyclopædia Universalis, [En ligne],        http://www.universalis.fr/encyclopedie/tourisme/ (Page consultée le 19 février 2015)

Des enfants crient au secours, [En ligne], 2006, http://www.ledevoir.com/documents/pdf/enfants_chatelaine.pdf (pages consultée le 15 mars 2015)

Le tourisme culturel d’hier à aujourd’hui

 

Le tourisme culturel a une des histoires les plus longues des types de tourisme et est le plus ancien dont parle ce travail. Il a évidemment beaucoup évolué depuis ses débuts, mais n’a jamais perdu d’ampleur, et c’est à cette évolution qu’est dédiée cet article.

Il est important de mentionner que les données sur le tourisme culturel sont peu nombreuses, bien qu’on en prélève de plus en plus. (Fourteau, 2006) La France se démarque ainsi du reste du monde, car on connaît plusieurs informations à propos de ce phénomène sur son territoire. Ceci explique donc que les exemples compris dans cet article viennent majoritairement de ce pays, bien qu’ils décrivent des tendances mondiales.

Création

Le tourisme prend plusieurs formes, qui se sont développées à travers le temps. Ainsi, le second plus ancien type de tourisme, précédé par le pèlerinage, est le tourisme culturel. Ses origines premières remontent au 18e siècle, lors de l’ouverture publique de collections privées, qui constitue l’apparition des musées. (Fourteau, 2006) Le but était alors de «favoriser l’accès du plus grand nombre à la culture». ((Fourteau, 2006) Par contre, ce «plus grand nombre» désignait plutôt les citoyens d’un pays, l’objectif était donc d’éduquer sa population, et non celle de tout la planète. Cet objectif est typique de la philosophie des Lumières présente à ce moment-là, dont le but était entre autres de «[d]issiper l’ignorance» et «éveiller l’esprit public». (Fourteau, 2006) En France, la création du musée publique est une conséquence de la Révolution et avait pour but une démocratisation de la culture, qui n’était auparavant accessible qu’aux fortunés. On a donc entre autres créé le Louvre, qui suivait à la lettre cet objectif et dont le modèle a été diffusé dans toute l’Europe.

Cependant, les musées, la première forme d’objet culturel qui a permis le tourisme culturel, avaient aussi pour but de transmettre aux générations futures «les biens symboliques, inaliénables, qui concernent la mémoire et l’identité d’un ensemble social constitué». (Fourteau, 2006) De plus, bien que l’objectif était d’éduquer la population d’un même pays, tout le monde avait accès aux objets culturels et était le bienvenu.

Le tourisme culturel sous sa forme d’aujourd’hui, soit «une pratique culturelle qui nécessite un déplacement, [d’au moins une nuitée], ou que le déplacement va favoriser», (Origet du Cluzeau, 2006) a débuté en 1860, avec des jeunes britanniques qui ont fait le tour de l’Europe pour s’instruire. C’est ce phénomène, nommé cosmopolisme, qui est à l’origine du tourisme de masse, dont les conséquences seront évoquées dans cette section du travail.

Évolution

Droits d'auteur: Héloïse Downs
Droits d’auteur: Héloïse Downs

Nous savons que le tourisme culturel est en perpétuelle croissance depuis de nombreuses années, mais nous ne possédons pratiquement aucune donnée qui peut statistiquement prouver ce point. Par contre, le Louvre, ouvert en 1787, se démarque des autres objets culturels, car quelques données existent à son sujet. Nous pouvons ainsi «avancer des pistes d’interprétation sur les évolutions de la fréquentation du public et de l’évolution du tourisme depuis deux siècles». (Fourteau, 2006) Nous savons donc que ce musée national était gratuit et qu’il était énormément visité, surtout le dimanche, lorsque les classes ouvrières avaient congé. On a aussi fait des enquêtes nous apprenant qu’en novembre 1892, 80 000 personnes ont visité ce musée et que les deux-tiers de ses visiteurs étaient français, alors que le tiers restant était composé d’étrangers. Puis, en 1921, l’entrée est devenue payante, en réponse aux préoccupations économiques du gouvernement. Cela a évidemment eu pour effet de diminuer le nombre de visiteurs faisant partie des classes plus défavorisées.

Cette forme de tourisme n’a donc pas cessé de prendre de l’ampleur, comme mentionné plus haut, «surtout à partir des années 1950 où la paix et la prospérité retrouvées permettent au tourisme de reprendre son envol». (Fourteau, 2006) L’exemple du Louvre permet encore d’illustrer ce phénomène, puisqu’il y a eu 7,3 millions de visiteurs au Louvres en 2005, soit 91,25 fois plus de visiteurs que 113 ans plus tôt.

De plus, le tourisme culturel s’est beaucoup diversifié et une grande variété d’objets culturels ont vu le jour. Ainsi, sont apparus les écomusées, les sites archéologiques, les centres d’interprétation, qui font partie du patrimoine matériel, et les objets faisant partie du patrimoine immatériel comme les spectacles et les stages artistiques et artisanaux. (Fourteau, 2006) Il existe même maintenant différentes formes de tourisme culturel, comme le tourisme littéraire, qui permet «de [se] rendre dans les lieux autrefois fréquentés par les plus grands écrivains, de visiter leur maison natale ou des musées qui leur sont entièrement consacrés». (Home Away, s.d.)

En outre, la demande de tourisme culturel augmente en même temps que celle du tourisme en général. Elle s’est aussi beaucoup diversifiée et est devenue plus exigeante, puisque les visiteurs sont de plus en plus à la recherche de visites interactives et insolites, à cause de «l’ouverture de grands lieux de culture scientifique et technique où tout est conçu pour» eux. (Colardelle et Monferrand s.d.) On assiste aussi à une «mondialisation des visiteurs», (Fourteau, 2006) puisque les gens peuvent de plus en plus facilement se déplacer d’un pays à l’autre. Pour reprendre l’exemple du Louvre, en 1992, on a remarqué une proportion de deux-tiers de visiteurs étrangers contre un-tiers de visiteurs nationaux, ce qui appuie l’idée de mondialisation des visiteurs, puisque les proportions prises cent ans plus tôt se sont inversées.

Situation actuelle

D’abord, le tourisme culturel demeure à ce jour le plus important type de tourisme. Il se démarque en effet par son caractère inter-saisonnier, qui lui permet d’attirer des touristes toute l’année et peu importe la température. (Origet du Cluzeau, 2006) De plus, ce type est souvent privilégié par les visiteurs qui viennent de loin et qui visitent le pays pour la première fois, puisqu’il permet de s’imprégner de la culture de l’endroit.

Ensuite, certaines activités, comme les musées et monuments, attirent plus de visiteurs, alors que les théâtres, bibliothèques et salles de spectacles sont peu visités. On remarque aussi que les visiteurs se concentrent sur certains monuments plus populaires et souvent dans les capitales des pays. En France, par exemple, quatre musées, le Louvre, Orsay, Versailles, le Musée national d’art moderne /Centre Georges Pompidou, se divisent 30% des visiteurs. (Origet du Cluzeau, 2006) On peut donc remarquer que le tourisme culturel n’est pas régulé «et la majorité des institutions sont à la recherche de publics plus nombreux, tandis que les autres sont submergées par l’afflux de visiteurs, au point de devoir réviser entièrement leur infrastructure». (Fourteau, 2006) Cependant, il existe à ce jour très peu d’études comme celles réalisées au Louvre, ce qui rend très difficile l’estimation du nombre de touriste culturels et leur composition.

Par contre, l’objectif d’éducation du tourisme culturel ne dicte plus l’administration de tous les objets culturels, puisque l’objectif de plusieurs est maintenant d’attirer le plus de visiteurs possibles, sans autres considérations. Cela pose des questions sur l’accessibilité de la culture, puisque «l’accès aux lieux de culture est en jeu en même temps [qu’elle]». (Fourteau, 2006) Ce dilemme est particulièrement présent dans les musées et monuments, puisqu’ils sont fréquentés par des touristes de partout dans le monde, incluant le pays où ils se trouvent, et qu’ils doivent faire le plus d’argent possible, tout en tentant constamment d’améliorer l’accès à la culture.

 

La mondialisation du tourisme culturel, l’exemple de la France:

 

Alexe Champagne-Lessard

 

Médiagraphie:

Universalis, [En ligne], http://ressources.cgodin.qc.ca:2066/encyclopedie/tourisme-culturel/ (Page consultée le 19 février 2015)

FOURTEAU, Claude. «Texte de la 609e conférence de l’Université de tous les savoirs donnée le 13 janvier 2006», dans CANAL-U, Le tourisme et les institutions culturelles, [En ligne], http://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/le_tourisme_et_les_institutions_culturelles.1469 (Page consultée le 14 mars 2015)

HOME AWAY. Le tourisme littéraire, [En ligne], http://www.abritel.fr/info/guide/idees/vacances-culturelles/tourisme-litteraire (Page consultée le 19 avril 2015)

ORIGET DU CLUZEAU, Claude. Texte de la 608e conférence de l’Université de tous les savoirs donnée le 12 janvier 2006- Claude Origet du Cluzeau: «Le tourisme culturel», [En ligne], 2006, http://download2.cerimes.fr/canalu/documents/utls/download/pdf/120106.pdf (Page consultée le 21 février 2015)

Le tourisme sexuel en général

Bien que l’origine de la prostitution remonte à l’époque de la Grèce Antique, l’origine du tourisme sexuel, quant à elle, date de l’époque de la Deuxième Guerre Mondiale (Fondation Scelles, 2005). En effet, les politiques militaires ont encouragé le développement du tourisme sexuel, parce que, dès les années 1930, des «maisons de réconfort»1 ont vu le jour en Asie du Sud-Est. Pendant la guerre du Vietnam, l’arrivée massive des soldats américains venant du front et demandant du repos en Thaïlande, leur alliée, a fait en sorte qu’il y ait une demande accru en matière de maison de ce genre. Ensuite, ces structures étant déjà en place, les touristes ont relayé les soldats.

Ce tourisme est en grande expansion, car il va de pair avec le développement des technologies et réseaux de transports et peut être défini comme  étant «un tourisme qui a pour but principal la réalisation de rapport sexuel dans un but commercial» (Michel, 2006). Même s’il est aisé de connaître les bornes de ce phénomène migratoire quant à sa définition globale, il est toutefois difficile de cerner son ampleur, étant donné qu’il est prohibé. Quelques chiffres approximés ressortent cependant. Le tourisme sexuel est une source de revenu très rentable et représente aujourd’hui dans le monde une industrie valant près de 5 milliards de dollars (Michel, 2006). Plus particulièrement, en 1995 en Thaïlande, le tourisme sexuel et la prostitution ont engendrés des recettes allant jusqu’à 7,1 milliard de dollars américain (Formos, 2001).  En effet, si l’état ne générait pas autant de recette, il pourrait risquer la faillite.  De plus, il est présent dans plusieurs régions du monde. On le retrouve en Amérique latine et dans les Caraïbes, mais il est davantage répandu dans les pays asiatiques tels les Philippines, l’Indonésie, la Malaisie et surtout, la Thaïlande. En effet, le tourisme sexuel alimente la prostitution et celle-ci contribuerait de façon éloquente au produit intérieur brut de ces pays asiatique, soit de 2% à 14% (Lévy et Lacombe, 2003). En raison de cela, il est intéressant de s’attarder davantage sur ces régions, plus précisément la Thaïlande,  où le phénomène est particulièrement présent.

Les types de touriste sexuel

Il existe plusieurs types de touriste, dont un dans lequel s’inscrit le tourisme sexuel. En premier lieu, on retrouve le «classique» qui est assez répandu. C’est le touriste qui part en vacance à l’occasion, pendant ses semaines de congés payés. Celui-ci est organisé et planifie son voyage (Michel, 2006). Ensuite, on peut distinguer le touriste qu’on nomme «aventurier», car celui-ci sort de sa zone de confort. Il est possible de le qualifié comme étant un touriste qui fait du tourisme expérimentale et donc, qui est à la recherche de nouveautés autant sur le plan culturel que social (Michel, 2006).  Enfin, le touriste sexuel est le touriste qu’on nomme «hors norme» et il est souvent défini comme étant extrême (Michel, 2006).  En effet, ce touriste enfreint certaine lois et va à l’encontre des droits humains en ayant certaines pratiques sexuelles illégales, tel que celles impliquant des enfants.

source : Eva Lefebvre
source : Eva Lefebvre

Il existe ensuite deux types de touriste sous-jacent au touriste sexuel. Le premier est le «touriste sexuel occasionnel» (Lévy et Lacombe, 2003). Ce touriste ne voyage pas dans le but ultime de rechercher de nouvelles expériences sexuelles ou d’obtenir des faveurs sexuelles quelconques. Celui-ci est un voyageur qui, à l’occasion, a des relations sexuelles avec des travailleurs du sexe locaux lorsque l’occasion se présente à eux. En bref, ils voyagent pour des raisons non sexuelles. Ce touriste est très souvent de sexe masculin, mais de plus en plus, les femmes en sont sujettes.  Ensuite, le deuxième type de touriste sous-jacent au touriste sexuel est le «touriste sexuel assidu» ou parfois nommé, hard core (Lévy et Lacombe, 2003). Ce dernier, au contraire du «touriste sexuel occasionnel», ne voyage que dans le but d’obtenir des relations sexuelles qui, dans plusieurs cas, sont prohibés dans leur pays d’origine (le voyeurisme, le tourisme sexuel impliquant des enfants, l’exhibitionnisme etc.) ou tout simplement, car ce qu’il recherche est difficile à obtenir (par exemple, une relation à plusieurs partenaire ou encore, avec des transsexuels).  Les individus de cette catégorie sont souvent identifiés comme étant des hommes (beaucoup moins les femmes) caucasien. Ils constituent cependant une minorité des touristes.

Profil sociopolitque du touriste sexuel

Son profil est profondément lié à la mentalité «suprémaciste» des blancs. Cette idéologie correspond au fait qu’un groupe d’individu croit en la supériorité d’un de ses traits de caractère (par exemple, la couleur de la peau, le sexe, la culture etc.) (Lévy et Lacombe, 2003).

En effet, le tourisme sexuel est en partie basé sur le fait que le touriste croit intrinsèquement que ses droits sont bafoués dans son pays d’origine et qu’ils méritent d’être respectés. Celui-ci croit en la supériorité des hommes blancs et croit que l’état ne respecte pas assez cette supériorité et voit cela comme une contrainte ainsi qu’une atteinte à l’expression de leur sexualité. Dans cette mentalité, les hommes croient que leurs droits naturels ne sont pas respectés. Par exemple, le fait de pouvoir traiter les femmes comme des objets et de ne pas pouvoir exercer les pratiques sexuelles désirées iraient à l’encontre des valeurs de leur position de dominant. Bref, le touriste sexuel est souvent un homme et croit en la supériorité de ces traits de caractère et désirs les faires respectés. Il est cependant à constater que généralement, le touriste sexuel n’a pas de profil type en particulier (Lévy et Lacombe, 2003). Effectivement, ils sont «hétérogènes, en termes de nationalité, de genre, d’âge, d’origine ethnique, d’orientation sexuelle, de statut socio-économique, de pratiques sexuelles et de significations qu’ils accordent à ces rencontres » (Lévy et Lacombe, 2003).

Eva Lefebvre

Médiagraphie :

Document accessible par Internet

Fondation Scelles. Tourisme sexuel, [en ligne], 2005, file:///C:/Users/User/Downloads/Fiche_Le_tourisme_sexuel_Fondation_Scelles%202005.pdf (pages consultée le 21 février 2015)

Article d’un périodique

Joseph J.LÉVY et Élyzabeth LACOMBE. «Le tourisme sexuel : ses plaisirs et ses dangers», Téoros, 2003, [en ligne], http://teoros.revues.org/1807 (page consultée le 21 février 2015)

Livre électronique accessible par une base de données

MICHEL, Franck. Voyage au bout du sexe : trafics et tourismes sexuels en Asie et ailleurs, [en ligne], Québec, Les Presses de l’Université Laval, 2006, p.103, dans Ebrary (pages consultées le 21 février 2015)

Article tiré d’une base de données

FORMOS, Bernard. «Corps étrangers, tourisme et prostitution en Thaïlande», Anthropologie et sociétés, [en ligne], vol. 25, 2001, p. 55-70, dans Érudit (pages consultées le 21 février 2015 2015)