Aperçu de la situation général des Roms en France

 

La situation à laquelle les Roms sont confrontés en Europe n’est guère reluisante. En effet, les Roms doivent passer à travers nombre d’adversités chaque jour pour arriver à survivre dans des conditions de vie plus que difficile et guère acceptable. Ces difficultés quotidiennes sont causées par une perception extrêmement négative des Roms par une large partie de la population ainsi que des classes dirigeantes. La perception des Roms par l’ensemble de la société française sera développée plus en profondeur dans un article connexe qui portera spécifiquement sur cet enjeu complexe. L’article suivant s’efforcera de tracer un rapide portrait de leur situation.

"Tziganes aux Saintes-Maries de la Mer" by Yann (talk · contribs) - Own work. Licensed under GFDL via Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Tziganes_aux_Saintes-Maries_de_la_Mer.jpg#/media/File:Tziganes_aux_Saintes-Maries_de_la_Mer.jpg
« Tziganes aux Saintes-Maries de la Mer » by Yann (talk · contribs) – Own work. Licensed under GFDL via Wikimedia Commons – http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Tziganes_aux_Saintes-Maries_de_la_Mer.jpg#/media/File:Tziganes_aux_Saintes-Maries_de_la_Mer.jpg

Selon les recensements officiels, en France, les Roms n’étaient que quelque 16 949 Roms (Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement, 2013) répartis sur l’ensemble du territoire en 394 campements. Cette population ne représente qu’une infime partie de la population totale de la France qui comptait, en date du 1er janvier 2014, 66 020 994 (France, insee,2014) personnes. La population rom représente donc moins de 0,026 % de la population globale française. Étant donné que les Roms constituent une minorité dont le pourcentage est aussi faible, on pourrait s’attendre à se que l’attention médiatique sur le groupe soit beaucoup moins élevée que la visibilité auquel ils ont droit. Cependant, les Roms sont régulièrement dans les médias qui sont un enjeu français et européen important.

Cette si grande attention médiatique est imputable à leur condition de vie inacceptable et aux politiques prises par le gouvernement français  pour régler la « question rom ». Pour les dirigeants qui se sont succédé, les Roms semblent troubler l’ordre, la sécurité et l’esthétique urbaine. Les responsables prennent donc des mesures pour régler ces trois points sans voir la question dans son ensemble. Il en résulte des politiques contreproductives et qui augmentent la visibilité médiatique négative (Legros, Olivier; Vitale Tommaso , 2011)telles que les évacuations. En effet, les évacuations forcées des campements Roms sont un moyen de signifier le retour à l’ordre en déplaçant une communauté considérer dangereuse.  (Legros, Olivier; Vitale Tommaso , 2011) Cette mesure  renforce dans l’opinion publique l’image négative attribuée au groupe.  De plus, les évacuations ne  sont que des « opérations de cosmétique urbaines ». (Legros, Olivier; Vitale Tommaso , 2011) C’est-à-dire qu’elles visent l’atteinte d’un espace propre, ordonné, paisible et homogène. Les pouvoirs publics préfèrent déloger les Roms plutôt que d’essayer de les reloger. 19 380 personnes  ont été évacuées en 2013 (LEXPRESS,2013). Des personnes ont donc été évacuées plusieurs fois au cours de l’année. L’année suivante, en 2014, il y a eu 135 expulsions soit environ 3 expulsions par semaine qui ont touché 80 % des Roms selon Philippe Goossens, reporteur à la LDH (Ligue des droits de l’Homme). La LDH est très sévère à l’égard de la France sur la question des Roms, car elle rappelle que les Roms sont rarement expulser en Espagne et qu’ils sont beaucoup mieux accepté dans la société en général.  ( Maryline Baumard, 2015)

La LDH note que les conditions de vie dans les bidonvilles sont très difficiles. Dans les bidonvilles roms, il y a au moins 1300 personnes qui vivent sans aucune forme de traitement des déchets, ce qui provoque un amoncellement des déchets et la présence de rats. En plus, il y a plus  de 3700 Roms qui vivent sans accès à de l’eau courante selon la « Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement ». Les évacuations récurrentes forcent souvent les Roms à vivre dans la rue, car ils n’ont pas de temps de prendre leur bien personnel et leur logement est détruit. ( amnistie internationale,2013) Cela a bien sûr un impact très négatif sur leur condition d’hygiène. On peut citer en exemple le cas d’un enfant de 4 ans qui « a attrapé une shigellose, maladie infectieuse liée au manque d’hygiène ».( amnistie internationale,2013)

En France, les roms, comme tout voyageur qui réside sur le territoire de façon permanente plus de 3 mois à accès à des soins de santé de base appelée « Aide médicale d’État (AME) »( amnistie internationale,2013). Cependant pour y avoir accès il faut avoir une adresse ou être domiciliées dans un centre communal d’action sociale, un centre intercommunal d’action sociale (CCAS ou CIAS)( amnistie internationale,2013) ou un organisme agréé, certaines associations par exemple. « La domiciliation administrative » reste un des freins les plus importants à un accès au soin de santé pour la population rom. En effet, plusieurs mairies demandent des critères impossibles à remplir et les Roms se voient donc refuser l’accès à « Aide médicale d’État (AME) »( amnistie internationale,2013).

Un autre des enjeux pour les populations roms en France est l’accès au travail. Encore une fois, l’administration rend l’accès au travail plus difficile. Les Roms ont le droit d’être en France puisque leurs pays d’origine (la plupart des Roms français proviennent de Roumanie et de Bulgarie ( Le parisien,2013) font partie de l’UE, depuis 2007 (  Le parisien,2013). Après un séjour de plus de 3 mois, ils ont cependant des critères à remplir pour pouvoir légalement rester. Ils sont ainsi tenus de « trouver un emploi, de suivre des études ou de justifier des ressources suffisantes ainsi que d’une couverture maladie » (vosdroits.service-public.fr). Pour avoir un emploi, ils doivent tout d’abord obtenir un permis de travail. Malheureusement, les procédures sont « longues et coûteuses »(Legros, Olivier; Vitale Tommaso,2011). De plus, la demande d’autorisation de travail doit être faite par l’employeur auprès de « l’unité territoriale de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi  (Direccte) »  (  Le parisien,2013).  Les employeurs prêts à faire de telles démarches sont rares et on se retrouve ainsi avec plusieurs milliers de personnes exclues du marché du travail. (Legros, Olivier; Vitale Tommaso,2011 ) Par contre, il ne faut pas généraliser cette situation à l’ensemble des Roms. En effet, on note la présence de Roms ouvriers, commerçant ou encore artisans(Legros, Olivier; Vitale Tommaso,2011 ). Cependant, les groupes les plus récents, ceux arrivés de Roumanie et de Bulgarie, vivent dans une situation économique précaire. Ils sont donc poussés à des activités de subsistance informelle telles que « le travail de chantier non déclaré, la collecte de ferraille et les activités de rue (mendicité, musique, lavage de pare-brise de voiture, etc.) » On peut noter également un phénomène de délinquance chez les jeunes. (Legros, Olivier; Vitale Tommaso,2011 )

Bref, les Roms sont une population complexe. Ils ne sont pas tous des bandits ni des voleurs. De même ils ne sont pas tous pauvres. Cependant, la grande majorité vie, malheureusement, dans des conditions pénibles. Les préjugés, les barrières et discriminations administratives ainsi que les politiques mises en place sur les Roms sont tous des freines à une éventuelle intégration dans la société. Cette intégration est souhaitable tant pour les Roms qui pourraient ainsi sortir de la pauvreté que pour la société française en générale.

— Antoine Brouillette

Médiagraphie:

amnistie internationale, condamnée à l’errance. Les expulsions forcées de Roms en France. [En ligne], 2013, http://www.amnesty.fr/sites/default/files/Rapport_Expulsions_forc%C3%A9es_de_roms_en_France_260913.pdf Consulté le 21 février 2015).

Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement, l’anticipation et l’accompagnementdes opérations d’évacuationdes campements illicites : point d’étape, 2013(en ligne)http://www.scribd.com/doc/171189634/Roms (consulté le 22 février 2015)

France, insee, Bilan démographique 2014,( en ligne) http://www.insee.fr/fr/themes/detail.asp?ref_id=bilan-demo&reg_id=0 (page consulté le 22 février 2015)

Legros, Olivier; Vitale Tommaso « Les migrants roms dans les villes françaises et italiennes : mobilités, régulations et marginalités », géocarrefour, Vol. 86/1 [En ligne], 2011, http://geocarrefour.revues.org/8220 (Page consultée le 22 février 2015)

LEXPRESS, « 20 000 Roms évacués en 2013, soit deux fois plus que l’année précédente » dans l’express, société (en ligne) http://www.lexpress.fr/actualite/societe/roms-deux-fois-plus-de-roms-expulses-en-2013-que-l-annee-precedente_1313961.html#OKe3BzJz5TjK8qxj.99 (consulté le 19 février 2015)

Maryline Baumard, « La France a expulsé un camp de Roms tous les 3 jours en 2014 », dans le monde, société, (en ligne) http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/02/03/la-france-a-expulse-un-camp-de-rom-tous-les-3-jours-en-2014_4569112_3224.html#GIU95kbfW133yCfc.99

Le parisien. «  Roms : ce que disent les lois française et européenne » dans le parisien, politique (en ligne) http://www.leparisien.fr/politique/roms-ce-que-disent-les-lois-francaise-et-europeenne-27-09-2013-3175087.php(consulté le 21 février 2015)

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