Comprendre l’immigration chinoise au Canada

 

Kransky,(2007), wikepedia http://commons.wikimedia.org/wiki/File:COB_data_Canada.PNG
Kransky(2007),«Country of birth of « immigrants and non-permanent residents » in Canada in 2001 Census», Consulté sur Wikepedia le 28 avril 2015. http://commons.wikimedia.org/wiki/File:COB_data_Canada.PNG

Comprendre l’immigration chinoise au Canada

On peut constater l’ampleur de ce phénomène migratoire simplement avec les faits. Il y a déjà 1.3 million d’immigrants chinois au Canada, ce qui représente 4% de la population canadienne. De plus, leur présence au niveau national ne cesse de croître (Wang, 2005).   

Afin de se remettre des effets du ralentissement économique mondial de 2008-2009, la catégorie de l’immigrant économique est devenue très règlementée au Canada. Le gouvernement priorise les appliquants qu’ils estiment ont la capacité de s’intégrer facilement dans l’économie.  En fait, le gouvernement détermine la quantité d’immigrants qu’ils vont accueillir en vue de répondre aux besoins immédiats et à long terme du marché du travail.

En 2015, le Canada accueillera entre 260 000 et 285 000 nouveaux résidents permanents, dont 65% des admissions seront dans la catégorie d`immigrants économiques (CIC, 2014).

Afin de comprendre l’importance de ce phénomène migratoire ainsi que les avantages qu’elles engendrent au développement économique du pays, il semble fort utile de présenter et d’analyser les politiques d’immigration du Canada. Nous analyserons, en parallèle, le portrait de l’immigration chinoise au Canada.
En terme d’intérêt économique individuel, pourquoi viennent-ils au Canada?

D’après la thèse du «Wealth-maximisation» les émigrants quittent leur pays de naissance pour un autre parce que leur capital humain va être mieux rémunéré dans le pays d’accueil que dans leurs pays d’origine.(Wang, 2005)(Sauf pour les réfugiées qui quittent leur pays pour se protéger.)

Où s’installe-t-il?

95%  des immigrants chinois se sont installés dans une des 14 plus grandes métropoles au Canada, dont 40% de ceux-ci à Toronto, 31% à Vancouver et 8% à Montréal (Wang, 2005).

Le processus de sélection

Citoyenneté et immigration Canada répartit les résidents permanents en trois types de catégorie: L’immigrant économique, le regroupement familial et les personnes protégées. (Un résident permanent n’est pas encore un citoyen canadien, il peut faire une demande citoyenneté après 3 ans). La sélection des immigrants économique se fait par le biais d’une évaluation de leur capital humain et de leurs capacités à s’adapter à l’économie canadienne (CIC, 2012).

54% des immigrants chinois sont venus pour des fins économiques. Leurs compétences en termes de langue sont inférieures au reste de la population immigrante du Canada. Plus que la moitié (58%) de ceux-ci n’avait pas les compétences demandées par le gouvernement du Canada en termes de langue. Ce taux est 14% de moins que le reste de la population immigrante au Canada. De plus, seulement  1% des immigrants chinois pouvait communiquer en français lors de leurs admissions, ce qui explique leur faible présence à Montréal (Wang, 2005).

Nous analyserons chaque catégorie pour mieux comprendre l’immigration chinoise au Canada

L’immigrant économique est divisé en plusieurs sous-catégories qui présentent chacun des critères d’admissibilité différente: Le travailleur qualifié, les candidats des provinces, les membres de la catégorie de l’expérience canadienne, les aides familiaux résidants, les gens d’affaires et les membres de leur famille.)(Mulholland, 2004)

Nous nous attarderons juste sur les catégories qui jouent un rôle important pour l’immigration chinoise:

Les travailleurs qualifiés

Les travailleurs qualifiés chinois représentent 27% des immigrants chinois. 45% de ceux-ci se sont installés à Toronto et 29% à Vancouver. (Wang, 2005)

Pour les travailleurs qualifiés, la sélection se fait en fonction de leurs niveaux de scolarité, leur expérience de travail, leur âge, l’existence d’un emploi réservé et leur capacité d’adaptation. En 2015, le gouvernement estime recevoir entre 47 000 et 51 000 travailleurs qualifiés (fédéral) (CIC, 2012).

Aux termes de l’accord Canada-Québec, le Québec a le pouvoir de choisir les travailleurs qualifiés qui répondent à ses propres objectifs de langue et d’économie. En 2015, le gouvernement estime recevoir entre 26 000 et 27 000 travailleurs qualifiés au Québec). (CIC, 2012)

Les gens d’affaires ainsi que les sous-catégories 

Le gouvernement du Canada choisit les gens d’affaires immigrants en fonction de leur capacité de stimuler l’économie, soit en investissement de capitaux ou en créant des emplois.

Les immigrants entrepreneurs sont sélectionnés d’après leur expérience qu’ils possèdent dans l’exploitation d’une entreprise. Ils doivent gérer et avoir en possession un tiers des capitaux propres d’une entreprise canadienne. De plus, ils doivent créer un emploi à temps plein de plus du sien. (CIC, 2012)

2- Les immigrants investisseurs sont sélectionnés s’ils ont un avoir net minimal de 1.6 million de dollars et s’ils sont prêts à investir 800 000 de dollars pour le développement économique  du pays et pour  la création d’emplois. (CIC,2014)

Les catégories investisseurs et entrepreneurs représentent 7% des immigrants chinois au Canada

3-Les travailleurs autonomes doivent démontrer l’habileté de créer leur propre emploi (CIC, 2012).

Cette catégorie représente 2 % des immigrants chinois au Canada.

Obstacles liés à l’intégration économique des immigrants chinois

En s`attaquant aux problèmes liés à l’intégration économique, le gouvernement du Canada peut augmenter le bien-être collectif, ainsi que le PIB (Produit intérieur brute) du pays. Les principaux obstacles liés à l’intégration économique sont la langue, la reconnaissance des titres et des compétences.

La connaissance d’une des langues officielles canadiennes est primordiale afin de pouvoir s’intégrer économiquement.  On constate aussi que ce facteur à une grande influence sur la performance économique des immigrants (Wang, 2005).

Le gouvernement du Canada a pris plusieurs actions afin de diminuer cette contrainte à l’intégration (Mulholland, 2004):

  • Citoyenneté et Immigration Canada offrent des cours de français et d’anglais de base pour les immigrants, ainsi qu’une formation linguistique axée sur l’emploi.
  • De plus, ils ont modifié les critères sélections  pour augmenter le nombre d’immigrants maîtrisant une langue officielle du Canada. (Mulholland, 2004)
  • La reconnaissance des titres est aussi un problème majeur parce que plusieurs immigrants formés demeurent sous-employés. En ce sens, un grand nombre d’immigrants arrivent au Canada muni d’une  bonne formation, mais parce que leurs titres ne sont pas reconnus au Canada, ils doivent accepter  des emplois moins bien rémunérés. De même, plusieurs immigrants n’ont pas le choix de changer de secteur de travail lors de leur arrivée au Canada. C’est le cas de 60% des nouveaux immigrants.

Par ailleurs, Jeff Reitz, sociologue, estime le coût  à l’économie canadienne de 2.4 milliards de dollars par ans dû au manque d’efficacité à l’utilisation des compétences des immigrants. (Mulholland, 2004)

Critiques et solutions envisagées

Les politiques d’immigrations se montrent favorables à l’immigration chinoise, car les Chinois représentent les candidats idéals pour favoriser une croissance économique. Ils sont majoritairement des immigrants économiques et plusieurs d’eux viennent avec assez de capitaux pour créer des emplois pour les Canadiens. Par contre, un problème se pose lorsqu’on analyse leurs répartitions démographiques. Le Québec, qui a ses propres politiques d’immigrations, favorise les immigrants qui connaissent le français. On constate alors qu’il y a juste 8% des immigrants chinois qui se sont installés à Montréal. Bref, l’immigration chinoise à favoriser la croissance économique au Canada en répondant aux besoins de main-d’oeuvres et d’investisseurs, mais elle a eu une influence minime sur l’économie du Québec. Une solution pour ce problème de croissance économique pourrait être l’admission d’immigrants qui ne savent pas comment parler en Français au Québec, mais cette solution serait contre les principe québecois de la conservation de la langue française.

-Carl Kilajian

 

Médiagraphie:

1-CANADA, CITOYENNETÉ ET IMMIGRATION CANADA, Rapport ministériel sur le rendement, Ottawa, 2013.(Page 1) (Page consulté le 29 mars 2015)http://www.cic.gc.ca/francais/ressources/publications/rmr/2013/rmr.asp#strategique1-1

2-CANADA, CITOYENNETÉ ET IMMIGRATION CANADA, Résulstat stratégiques et architecture d’alignement de programme-Programme 1.1- Résident permanents profitables à l’économie, Ottawa, 2012.( Page consulté le 25 avril 2015) http://www.cic.gc.ca/francais/ministere/aap/2012/activite-11.asp#archived

3-Mulholland, Mary-Lee, et Biles, John, «Les politiques d’intégration des nouveaux arrivants au Canada», [En ligne], août 2004, http://p2pcanada.ca/files/2013/01/les-politiques-dintegration-de-nouveaux-arrivants-au-canada.pdf (Page consultée le 18 avril, 2015)

4-«À propos du PCII», Programme canadien d`intégration des immigrants, [En ligne], http://www.newcomersuccess.ca/index.php/fr (Page consultée le 26 février 2015)

5-Photo: Kransky(2007),«Country of birth of « immigrants and non-permanent residents » in Canada in 2001 Census», Consulté sur Wikepedia le 28 avril 2015. http://commons.wikimedia.org/wiki/File:COB_data_Canada.PNG

6-WANG, Shuguang, et LO, Lucia. «Chinese Immigrants In Canada: Their Changing Composition and Economic Performance», International Immigration,[En ligne], Volume 43, août 2005, (Page consultée le 18 février2015).

7- Video:  IS Projects, 2013, (3:01 minutes)

 

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