Le français : Son importance et ses difficultés.

https://www.flickr.com/photos/woodysworld1778/2125282086/in/set-72157602097045646
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Lorsqu’on demande aux Québécois de se qualifier, ils se disent Nord-américains d’expression française (Tremblay, 1990). Cette affirmation illustre le fait que pour les Québécois, la langue fait partie de leur identité de tous les jours. De ce fait, si quelqu’un de l’extérieur veut s’intégrer dans cette société québécoise, il est primordial que cet individu apprenne cette langue afin d’avoir une certaine identité commune avec la population québécoise.

En effet, la langue française n’est pas simplement un dispositif de communication. Elle est aussi une représentation de la réalité sociale du Québec (Amireault, 2008). À travers cette langue, ces immigrants pourront socialiser avec la population locale. La socialisation est «le processus par lequel la personne humaine apprend et intériorise tout au cours de sa vie les éléments socioculturels de son milieu, les intègre à la structure de sa personnalité sous l’influence d’expériences et d’agents sociaux significatifs et par là s’adapte à l’environnement social où elle doit vivre » (Vallet, 2009). La maîtrise du français permet, donc aux immigrants d’apprendre les valeurs de la société québécoise et de les intégrer aux valeurs qu’ils avaient déjà afin de mieux s’épanouir dans leur  société d’accueil.

De plus, le français est un instrument essentiel pour exprimer son identité (JACOBS, 2000) dans toutes les sociétés. En effet, chaque personne utilise la langue pour s’exprimer et dire ce qu’il pense sur divers sujet et dire ses besoins. Or, l’intégration sociale dépend de la reconnaissance de l’identité (Nour,2009). Si l’identité de quelqu’un est marginale, c’est-à-dire qu’elle ne respecte pas les normes d’une société, il sera difficile pour cette personne de s’intégrer dans la société. La langue permet à l’individu d’exprimer son identité et si cette dernière est conforme aux normes de la société, la personne va s’intégrer plus rapidement. Mais si la personne ne connait pas la langue de cette société, il sera difficile pour lui d’exprimer son identité. En effet, si on ne maitrise pas la langue de communication d’une population, la représentation que l’on se fait de l’autre sera erronée. Le fait qu’on ne se connaît pas et qu’on ne se comprend pas peut engendre des conflits sociaux et culturels.

http://en.wikipedia.org/wiki/Grand_dictionnaire_universel_du_XIXe_si%C3%A8cle#/media/File:Grand_Larousse_du_XIXe_si%C3%A8cle_(2).JPG
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L’enseignement du français aux nouveaux arrivants est un moyen de rentrer en contact avec ces gens et de pouvoir les transmettre les valeurs québécoises à travers cette langue. « L’activité mentale de tout apprentissage est culturellement située» (Amireault, Lussier, 2008). Cela veut dire qu’à travers l’apprentissage du français, les nouveaux arrivants vont apprendre la culture québécoise. Cet apprentissage de la culture va se faire à travers la littérature québécoise qui dépeint les différentes époques de la société québécoise. Par exemple, la chanson «Dégénération» (2004) du groupe de musique Mes Aïeux présente un québécois moderne en relatant les époques importantes de l’histoire du Québec, soit la colonisation, le terroir, la Grande Noirceur, la Révolution tranquille, et pour chacune, trace le portrait typique du Québécois de ce temps.

Malgré l’importance de l’apprentissage de la  langue française pour une meilleure intégration au Québec, certains nouveaux arrivants décident d’apprendre plutôt l’anglais. En effet, il est courant d’entendre quelqu’un dire que le français est beaucoup plus difficile que l’anglais. Ce n’est pas seulement les nouveaux arrivants qui pensent ainsi. Par exemple, plusieurs étudiants collégiaux choisissent des cégeps anglophones, car ils pensent que cela rendra leur parcours scolaire plus facile. Le discours populaire sur la difficulté du français que ces immigrants entendent rend plus difficile l’apprentissage de cette langue.

Un des facteurs qui influence l’apprentissage du français pour les immigrants est la motivation à l’apprendre. En effet, le degré de motivation diffère d’un individu à l’autre. Certains immigrants voient la nécessité d’apprendre le français dès leur arrivée au Québec, car ils savent que c’est important de parler cette langue. Ils considèrent cet apprentissage comme un passage obligatoire. D’autres immigrants suivent le cours de francisation après avoir vu les difficultés qu’ils rencontrent dans la vie quotidienne. (St Laurent, El-Geledi, 2011).  Cette motivation à apprendre le français est renforcée ou amoindrie selon la perception que les immigrants se font de cette langue. Ceux qui aiment la langue en tant que telle seront plus motivés à l’apprendre que ceux qui la trouvent difficile à apprendre. La considération de la langue française comme étant difficile à maîtriser ne vient pas toujours de l’expérience que ces immigrants ont eu, mais plutôt de ces discours qu’ils entendent des autres personnes. (St Laurent, El-Geledi, 2011) Lorsqu’ils sont convaincus par les autres que l’apprentissage sera dur, ces immigrants sont découragés dès le départ.

Il faut tenir compte aussi que les besoins et les objectives des immigrants ne sont pas les mêmes. Il y en a qui seront satisfait s’ils sont capables de comprendre et de parler alors que d’autres visent un français parfait pour le bien de leur carrière professionnelle. Pour certains, l’apprentissage de l’anglais est un choix stratégique. Vu que la langue française est plus dure à apprendre que l’anglais, certains immigrants décident d’apprendre l’anglais en premier pour au moins être «fonctionnel» dans une langue officielle et si cela peut les éviter l’étape de francisation, pour certains c’est tant mieux ( St Laurent, El-Geledi, 2011).

Ce qui peut causer des problèmes au niveau de l’intégration est une maîtrise de la langue didactique, mais en étant incapable d’engager une conversation fluide avec le monde. Pouvoir parler français n’est pas suffisant pour prendre part entièrement dans une conversation. La population natale d’un pays a un vocabulaire qu’elle a acquis à travers son environnement social depuis sa naissance et les nouveaux arrivants n’ont pas encore la connaissance de ce lexique. Plusieurs immigrants ont avoué que même si elles avaient des diplômes certifiant qu’elles ont réussi les critères du gouvernement, au fond d’eux-mêmes, elles savaient qu’elles ne sont pas encore capables de bien parler.

La société d’accueil a un rôle à jouer aussi pour faciliter l’intégration de ces nouveaux arrivants. Si on a de la difficulté à parler, les gens sont moins susceptibles de partir une conversation avec vous et cela empêcher la personne qui ne parle pas la langue de se pratiquer. Cela crée un cercle vicieux, car si on ne parle pas bien, on aura de la difficulté à avoir des amis, et si on n’a pas d’amis, on ne peut pas pratiquer cette langue pour  mieux la parler.  Donc, l’ouverture de la population locale aide à l’épanouissement des immigrants.

Dans un sondage qu’on a réalisé auprès des étudiants du programme de francisation du cégep Gérald-Godin, certains candidats attribuent une notre de 4/10 à leur niveau de français alors que ça fait plus de cinq ans qu’ils vivent au Québec. D’autres s’attribuent la même note ou alors une note plus élevée alors que ça fait à peine 1 an qu’ils résident au Québec. Mais, on a constaté que plus ça faisait longtemps que la personne suit le cours de francisation, plus elle s’attribuait un meilleur résultat. Cela illustre bien l’importance de ces cours de francisation qui sont offerts aux immigrants du Québec. De plus, lors de ce sondage, la plupart des participants ont répondu que le milieu de travail est un facteur qui a facilité leur intégration. Puisque le milieu de travail favorise la communication entre individus, on peut tirer la conclusion que l’ouverture des Québécois les a aidés. En effet, presque la totalité des répondants a spécifié que les Québécois, en général, étaient ouverts envers eux.

En conclusion, l’importance de l’apprentissage du français pour mieux vivre au Québec est incontestable. Pour faciliter les nouveaux arrivant à apprendre cette langue, il faut les sensibiliser à l’importance de parler la langue commune du Québec, mais aussi les offrir des cours adaptés à leur situation.

 Remy, Ahishakiye

Médiagraphie

 

  • AMIREAULT Valérie, Représentation culturelles, expériences d’apprentissage du français et motivation des immigrants adultes en lien avec leur intégration à la société québécoise, Étude exploratoire, Québec: Bibliothèque nationale du Québec, 2008.
  • André JACOBS, La langue comme symbole et comme outil d’intégration civique, [En ligne], http://www.spl.gouv.qc.ca/fileadmin/medias/pdf/memoires/Jacob_103.pdf (page consultée le 20 mars 2015)
  • SAINT-LAURENT Nathalie, EL-GELEDI Shaha. L’intégration linguistique et professionnelle des immigrants non francophones à Montréal, [En ligne],2011, http://www.cslf.gouv.qc.ca/publications/pubf315/f315.pdf (page consultée le 15 avril 2015 )
  • Soraya NOUR ; Christian LAZZERI, Reconnaissance, identité et intégration sociale, Paris, Presses universitaires de Paris Ouest, 2009 p.193-213, (Coll. «Hors collection»)
  • TREMBLAY Gaëtan, Manuel PARÈS, « Relation entre sentiment national et langue », Autonomie et Mondialisation: Le Québec et la Catalogne à L’Heure du Libre-échange et de la communauté européenne, [En ligne], 1990, https://books.google.ca/books?id=E65iwZsZ2cYC&pg=PA326&lpg=PA326&dq=langue+comme+symbole+int%C3%A9gration&source=bl&ots=EDPqQMUvVa&sig=7F0ORAJftojB9HCoFsqfVbMiVow&hl=fr&sa=X&ei=XsUNVd6lB4eoNqGOg4AP&ved=0CCMQ6AEwAQ#v=onepage&q=langue%20comme%20symbole%20int%C3%A9gration&f=false (Page consultée le 21 mars 2013)
  • VALLET Guillaume, Corps et socialisation, [En ligne], 2009, http://www.cairn.info/zen.php?ID_ARTICLE=IDEE_158_0053, (page consultée le 22 mars 2013)

 

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