Portrait des Roms en Italie

Les Roms ou Sintis sont présents en Italie depuis le 15e siècle, ils proviennent pour la plupart, des régions du sud-ouest de l’Europe d’où ils ont été repoussés par l’expansion de l’Empire ottoman vers le nord. Suite à la Première Guerre mondiale, tous les Roms présents sur le territoire italien se sont vu donner la citoyenneté italienne, donc pendant quelques années, il n’y avait presque qu’aucun Rom sans papiers dans le pays. C’est seulement après des évènements comme la Deuxième Guerre mondiale; la guerre des Balkans et l’abolition du régime de visa en Italie en 2002 que de nombreuses vagues d’immigrants Roms ont eu lieu vers le pays. Au dernier recensement, on comptait environ 140 000 Roms en Italie, et de ce nombre, 80 000 avaient leur citoyenneté italienne. De plus, environ 12 000 d’entre eux vivent dans des camps aux alentours des grandes métropoles de Rome, Naples et Milan, mais ont les retrouves aussi par milliers dans les autres grandes villes du pays.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c9/Roma_boy_in_bear_costume_sm.jpg
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Un des grands problèmes dans ce pays est le fait que les Italiens ne voient pas les Roms d’un bon œil, que ce soit les autorités ou bien la population en général, ils préfèrent ne pas trop s’en approcher. En effet, les Roms sont souvent perçues comme des voleurs, des arnaqueurs, des bandits, ou simplement des hors-la-loi. Les Roms sont donc victimes de beaucoup de racisme de la part des Italiens, ils sont entre autres considérés comme des étrangers, car ils vivent, pour la plupart dans des camps en marge de la société, même si 70% de leur population est sédentaire depuis des décennies. Cela provoque des préjudices à leur égard et résulte à de la discrimination dans la vie de tous les jours, ils ont donc de la difficulté à se trouver un emploi, ils sont expulsés de plusieurs endroits public et constamment mis à l’écart par les Italiens. Donc, les Italiens attribuent souvent la communauté rom à une classe inférieure, illettrée, sans emploi, qui doit mendier et voler pour survivre et préfèrent n’être en aucun point associés à eux. (Scicluna, 2008)

À cause de cette mauvaise perception, les Roms se font constamment maltraiter par les Italiens. Il y a par ailleurs, le maire d’une ville au nord du pays qui propose que sa ville possède deux services de bus public, un pour les Italiens et un autre pour les Roms, car il affirme que les gens de sa commune ne sont pas en sécurité avec ces personnes dans les autobus. On lui reproche d’ailleurs d’agir comme en Afrique du Sud à l’époque où la ségrégation raciale était en vigueur. (2014) C’est un cas comme tant d’autres où la population exprime une certaine appréhension envers ce groupe d’individu. En Italie, même la police les maltraite, parfois les policiers amènent des Roms hors de la ville et les laisses sur le bord de la route, sans chaussures, à eux même et ils doivent revenir en marchant, parfois pendant plusieurs heures. La haine envers les Roms en Italie peut aller loin, le 14 juin 2004, cinq Italiens ont lancé des cocktails Molotov sur un camp rom et ont gravement blessé une jeune fille de 7 ans en plus de détruire la majorité de ce que possédait cette communauté. (Scicluna, 2008)

En plus de subir une discrimination de la part des Italiens, les Roms sont constamment expulsés des endroits où ils vivent et les autorités n’y vont pas de main morte pour le faire, ils commettent plusieurs violations au droit de l’homme, dont notamment, le droit à l’éducation des enfants. Même si plusieurs familles roms réussissent à envoyer leurs enfants dans les écoles publiques d’Italie, les autorités essayent de les empêcher, ils les expulsent du pays sans tenir compte des enfants, de leur famille et surtout de leur droit en tant qu’être humain. Selon Thomas Hammarberg, commissaire au droit de l’homme : « Les autorités italiennes devraient respecter les normes internationales et du Conseil de l’Europe en matière de logement et d’expulsions et rendre la situation pleinement conforme à la Charte sociale européenne révisée » (2011). M. Hammarberg n’est pas le seul à avoir critiqué les Italiens, l’«European Roma Rights Centre» est sans contre dit le joueur le plus important dans cette histoire, ce groupe a vu le jour précisément pour faire face aux problèmes que vivent les Roms à travers l’Europe.  (Scicluna, 2008)

S’il est si compliqué de régler la situation des Roms en Italie, c’est qu’il n’y a aucune loi nationale à leur sujet, c’est la responsabilité des villes de décider du sort des camps roms et de leurs habitants. La plupart des municipalités les voient comme des nuisances à la vie en société, mais au fond, les Roms ne sont que des gens qui tentent de se trouver un boulot pour pouvoir manger et se loger. (Culurgioni, 2010)

Renaud B. Leblanc

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