Portrait de la France et du Maroc

Portrait de la France:

            L’immigration est une composante incontournable de la France contemporaine. En plus d’avoir la plus grande superficie des pays de l’UE, la France est aussi le deuxième pays le plus peuplé avec plus de 66 millions d’habitants. Parmi sa population, on dénombre, en 2010 selon la définition des Nations unies,  7,2 millions d’immigrants, ce qui représente 11, 1% de sa population totale. Notez que 30% de l’immigration en France proviendrait du Maghreb. Cette présence nord-africaine marquée est aussi illustrée par le fait que sur 12 000 000 musulmans d’origine immigrée sur le continent européen, on en retrouverait plus de 4 000 000 dans la République française. Cela place ainsi la France comme le pays européen accueillant le plus grand nombre d’immigrants maghrébins. Ces derniers se rassemblent majoritairement dans le sud de la France et en particulier dans la ville de Marseille: la porte d’entrée du continent européen. (Leboucher, 2015)

Renouvellement naturel de la population insuffisant

            Comme beaucoup de pays occidentaux, la France peine à renouveler naturellement sa population. Avec un taux de fécondité se situant à 1,99 en 2014, la population vieillit au fil des années. À partir de 2015, l’évolution démographique en France et dans l’ensemble de l’Union européenne sera négative. La population française a seulement augmenté de 0,42 % (280 000 personnes) dans la dernière année, ce qui constitue la croissance la moins importante depuis l’année 2000.  L’immigration ne peut contrer à elle seule le vieillissement de la population, mais reste la solution la plus efficace pour combler le déficit de naissance. (Leboucher, 2015)

Ralentissement économique causé par une baisse de population

            Cette décroissance de la population entraîne une baisse de l’économie qui nécessite un marché du travail actif pour être en expansion. L’immigration est bénéfique, car elle a un impact sur la population active. Ainsi, «sans immigration, la France comptera près de 3 millions d’actifs en moins en 2050» (Agnes et Chojnicki, 2015). Plusieurs études, dont celle de l’économiste Xavier Chojnicki, concluent que l’immigration rapporte aux coffres de l’État.  En 2005,« la population immigrée avait produit plus de richesse qu’elle n’en avait consommée avec une contribution nette de 3,9 milliards d’euros » (Agnes et Chojnicki, 2015). Ainsi, l’immigration est un moteur de croissance économique.

Manque de main d’œuvre

            Puis, les immigrants ne «volent » pas les emplois des Français, bien au contraire. De nos jours, les Français sont de plus en plus éduqués, ce qui laisse une multitude d’emplois, nécessitant une main-d’œuvre moins qualifiée, vacants. Ainsi, les immigrants d’origine maghrébine particulièrement, permettent de combler les postes, notamment dans le domaine du service, de la manœuvre et de la construction. (Leboucher, 2015)

« 3 reconduites à la frontière annulées », 2011, sur Front National du Loir-et-Cher, [En ligne], http://fn41.unblog.fr/2011/05/17/immigration-encore-3-reconduites-a-la-frontiere-annulees-en-loir-et-cher/ (Page consultée le 26 février 2015)
« 3 reconduites à la frontière annulées », 2011, sur Front National du Loir-et-Cher, [En ligne], http://fn41.unblog.fr/2011/05/17/immigration-encore-3-reconduites-a-la-frontiere-annulees-en-loir-et-cher/ (Page consultée le 26 février 2015)

Portrait du Maroc   

Ce n’est pas seulement à Marseille qu’on trouve une communauté marocaine importante, mais bien dans l’ensemble de la France d’où l’importance de comprendre le penchant des Marocains pour la République française. Du point de vue historique, la France demeure depuis toujours la première terre d’accueil des Marocains.  En 2012, selon le rapport du ministère des MRE, 1 146 652 Marocains y ont élu domicile. (Maingre, 2015) Plusieurs raisons expliquent ce phénomène de migration.

Faits historiques:

            Il y a des faits historiques flagrants expliquant la migration marocaine constante depuis le début du 20e siècle vers la France. Rappelons-nous que les Français furent longtemps présents en Afrique du Nord pour gérer leurs colonies. Une transmission de la culture et particulièrement de la langue a eu lieu, expliquant qu’aujourd’hui, 32% de la population maîtrise le français. Durant la Première Guerre mondiale (1914-18), les autorités coloniales ont recruté des dizaines de milliers de soldats et 37 850 travailleurs coloniaux sur les sols marocains pour participer à l’effort de guerre. Cela entame un flux migratoire vers la France qui persista puisqu’après la Grande Guerre, la France souffrit d’un déficit démographique énorme se rapprochant des 3 millions et demi d’individus. L’immigration d’une main-d’œuvre étrangère fut donc encore une fois nécessaire pour reconstruire l’économie. La Seconde Guerre mondiale (1939-45) laisse place au même phénomène d’émigration « militaire » avec un minimum de 82000 Marocains enrôlés. Après 1963, l’immigration prit un rythme stable, mais croissant expliqué par la nouvelle politique officielle de la France qui signa des conventions encadrant l’immigration pour combler son besoin grandissant de main-d’œuvre. Bref, cette perspective historique de l’immigration marocaine dans la République française permet de conclure que ce sont les Français eux-mêmes qui ont provoqué ce flux migratoire et malgré leurs efforts ponctuels pour fermer les frontières, ils n’ont pas pu se débrouiller sans l’immigration maghrébine. (Bokbot et Faleh, 2015)

Recherche d’une stabilité financière

            Le Maroc est moins développé que la France bien sûr, mais aussi par rapport aux autres pays du Maghreb. Par exemple, le revenu national est très bas se situant autour de 4 050 $ en 2007. Le taux de décès infantiles autour de 40‰ est plus élevé au Maroc, signalant des conditions de vie précaires. Du côté de l’éducation, les Marocains sont moins scolarisés que les Algériennes et surtout les Tunisiennes. « Pour 10 femmes nées autour de 1980, 9 savent lire et écrire en Tunisie, 8 en Algérie, mais seulement 5,5au Maroc ». (Héran et Pison, 2015) Ainsi, il n’est pas étonnant que plusieurs Marocains cherchent à fuir leur pays de naissance pour aller là où les salaires sont plus élevés et donc là où leur avenir financier est plus sécurisant. (Héran et Pison, 2015)

L’attrait pour les avantages sociaux de la France

            Les avantages sociaux de la France attirent les immigrants marocains, dont 70 % sont âgé de moins de 45 ans. La France est un endroit de choix pour construire une vie considérant une meilleure prise en charge sociale que le Maroc et surtout une couverture médicale généreuse. Même si 17 % de cette communauté possède un baccalauréat, la majorité des immigrants marocains sont des ouvriers peu qualifiés. Ces derniers recherchent une certaine sécurité financière et surtout un pays où le salaire minimum est relativement élevé grâce aux pressions sociales importantes. (Maingre, 2015)

L’attrait pour l’Occident

            L’attraction pour l’Occident ne fait pas exception au Maroc, voulant réussir socialement, les Nord-Africains sont convaincus que c’est en vivant dans ces pays tant vantés par les médias qu’ils auront le plus de chances de s’accomplir. Aussi, les étudiants souhaitent également aller en France pour valider leur cursus scolaire qui sera bien entendu plus reconnu s’ils étudient en Europe qu’en Afrique. (Maingre, 2015)

Par Catherine Maertens

MÉDIAGRAPHIE

  1. Article périodique en ligne

AGNÈS, Laurent et Xavier CHOJNICKI, « Protection sociale et immigration: les chiffres contre les clichés » [en ligne], dans L’Express.fr,‎ 14 novembre 2012 (page consulté le 21 février 2015).

LEBOUCHER, Éric. « Les bienfaits de l’immigration », dans Slate FR, [En ligne], http://www.slate.fr/story/37345/immigration-bienfaits (page consultée le 22 février 2015)

MAINGRE, Priscilla. « Pourquoi choisissent-ils de quitter le Maroc? », dans Le Matin, [En ligne],  http://www.lematin.ma/journal/-/186394.html, (page           consultée le 22 février 2015)

2. Documents accessibles par Internet

BOKBOT, Moha et Ali FALEH, Un siècle d’émigration marocaine vers la France: aperçu historique, [En ligne], 2010, http://digitum.um.es/xmlui/bitstream/10201/14661/1/06-Moha%2055-        64.pdf, (page consultée le 19 février 2015)

HÉRAN, François et Gilles PISON, Maghreb, Maroc, Marrakech: Convergences démographiques, contrastes socio-économiques, [En ligne], 2009, http://www.ined.fr/fichier/s_rubrique/19127/popetsoc_459.fr.pdf (page consultée le 19 février 2015)

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