LES QUARTIERS NORD DE MARSEILLE

Vivre dans la clandestinité peut représenter un défi pour certains et une chance pour d’autre. Pour un français, citoyen, en règle il s’agit plutôt d’un défi. En plus des quartiers immigrants dangereux et des conditions de vie dangereuse, un citoyen français verrait la majorité de ses droits retirés.

À Marseille, la majorité des immigrants, avec ou sans papiers se concentrent dans les quartiers nord de la ville (GUIBERT, 2015). Ces quartiers regroupent les 13e, 14e, 15e et 16e arrondissements et près du tiers de la population de la ville soit 250 000 habitants dans des conditions douteuses (WIKIPEDIA, 2014).

Bien que ces quartiers fassent partie de la ville en théorie, la réalité est tout autre. Selon Jonathan Guibert, les populations des cités de Marseille, c’est-à-dire des banlieues de la ville, vivent dans une sorte d’autarcie. Elles ont leurs propres lois, souvent différentes de celles du pays, leur propre façon de penser et le trafic d’arme et de drogue domine (GUIBERT, 2015).

Ce micro-organisme est notamment dû, toujours selon Guibert, à l’exclusion de ces populations. Ces quartiers étant considérés par les autorités comme les pires de France (GUIBERT, 2015), un cordon de sécurité a été émis autour de ces quartiers afin de protéger les populations extérieures (LEMOINE, 2012). Résultat, une séparation s’est créée entre les populations du nord et les le reste de la population marseillaise.

L’isolement que subissent ces quartiers est aussi dû au manque de services puisque les transports en commun, par exemple, est difficile d’accès car les quartiers sont mal desservis. L’enseignement aussi y passe puisque les enseignants ne restent pas très longtemps dans ces environnements plutôt hostiles aux étrangers et où la motivation scolaire est difficile à maintenir (LEMOINE, 2012).

Le décrochage scolaire est un autre fléau qui détériore encore plus la situation des 13e, 14e, 15e et 16e arrondissements. Cela s’explique principalement par la logique derrière le nord de la ville. Selon Jonathan Guibert, la ville de Marseille a installé les nouveaux arrivants à l’écart du reste de la société. Étant exclu, rien n’encourage les jeunes des cités à poursuivre leur éducation pour tenter d’améliorer leur situation puisque, comme l’explique Jonathan Guibert qui a grandi dans ces quartiers et obtenu un diplôme universitaire tout en habitant dans les cités, lorsqu’un employeur apprend l’origine populaire d’un candidat, il le rejette presque automatiquement. M. Guibert a donc été obligé d’immigrer au Canada tant à cause du taux de chômage en France qu’à cause de l’endroit où il résidait (GUIBERT, 2015).

jujuh
« Des pochoirs à Marseille …», 2007, [medium_PersonnageQuiMarche3-web.jpg], sur le site Photigule’s blog, [En ligne] http://fuligule.blogspirit.com/archive/2007/01/22/des-pochoirs-a-marseille.html (consulté le 28 avril 2015)

Chez les immigrants clandestins, le travail au noir est la seule solution possible puisque les permis de travail manquent. Les secteurs de l’hôtellerie, des cafés et de la restauration, le bâtiment et les travaux publics et l’agriculture sont des sources d’emploi pour les clandestins bien que leurs tâches se concentrent à l’écart du public. Les entreprises, désirant conserver une certaine image auprès du public, vont garder les employés clandestins cachés.

Cette difficulté à travailler entraîne donc évidemment le développement des réseaux criminels qui profitent du chômage et des difficultés économique pour recruter des nouveaux membres. Ces réseaux sont très lucratifs mais comportent des risques énormes pour les membres. Meurtre et agression sont monnaie courante dans les quartiers pris d’assaut par les réseaux criminels (LEMOINE, 2012).

Normalement, dans de telles circonstances, la police devrait intervenir afin de calmer le jeu. Cependant, toujours selon Guibert, dans ces quartiers dangereux, la police à peu d’impact et reste loin des problèmes des cités. Accueilli avec des jets de pierres, les policiers aussi bien que les pompiers et les ambulanciers sont en quelque sorte impuissants face à la situation des cités puisqu’on ne veut pas qu’ils interviennent (GUIBERT, 2015).

Vivant tous les jours dans cet isolement, les populations à l’extérieur marginalisent les cités et on voit apparaître des préjugés. Par exemple, des préconceptions par rapport aux vêtements, à la religion, surtout musulmane à Marseille, et aux coutumes alimentaires font parties des principaux préjugés. On associe aussi les musulmans aux terroristes, comme les américains, et à la racaille (GUIBERT, 2015).

Dans ce contexte, on peut comprendre la difficulté des populations des cités du nord de Marseille à se sortir de la situation plutôt précaire dans laquelle ils se sont retrouvés sans qu’il n’en soit vraiment responsable. Bien que les solutions soient plutôt limitées, une ouverture des français aux populations des quartiers nord de Marseille et leur intégration dans la société pourrit permettre de régler certains problèmes que l’on y retrouve.

Signé Justine Morasse


MÉDIAGRAPHIE

GUIBERT, Jonathan. Entrevue réalisé le 27 mars 2015 dans le cadre du cours de démarche d’intégration des acquis en sciences humaines avec Jonathan Guibert, natif de Marseille.

LEMOINE, Maurice. « Marseille, quartiers nord », dans Le Monde diplomatique, [En ligne], http://www.monde-diplomatique.fr/2012/09/LEMOINE/48118

WIKIPEDIA. « Quartiers nord (Marseille) », dans Wikipédia, [En ligne], http://fr.wikipedia.org/wiki/Quartiers_nord_%28Marseille%29

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