Droits d'auteur: Alexe Champagne-Lessard

Le tourisme culturel d’hier à aujourd’hui

 

Le tourisme culturel a une des histoires les plus longues des types de tourisme et est le plus ancien dont parle ce travail. Il a évidemment beaucoup évolué depuis ses débuts, mais n’a jamais perdu d’ampleur, et c’est à cette évolution qu’est dédiée cet article.

Il est important de mentionner que les données sur le tourisme culturel sont peu nombreuses, bien qu’on en prélève de plus en plus. (Fourteau, 2006) La France se démarque ainsi du reste du monde, car on connaît plusieurs informations à propos de ce phénomène sur son territoire. Ceci explique donc que les exemples compris dans cet article viennent majoritairement de ce pays, bien qu’ils décrivent des tendances mondiales.

Création

Le tourisme prend plusieurs formes, qui se sont développées à travers le temps. Ainsi, le second plus ancien type de tourisme, précédé par le pèlerinage, est le tourisme culturel. Ses origines premières remontent au 18e siècle, lors de l’ouverture publique de collections privées, qui constitue l’apparition des musées. (Fourteau, 2006) Le but était alors de «favoriser l’accès du plus grand nombre à la culture». ((Fourteau, 2006) Par contre, ce «plus grand nombre» désignait plutôt les citoyens d’un pays, l’objectif était donc d’éduquer sa population, et non celle de tout la planète. Cet objectif est typique de la philosophie des Lumières présente à ce moment-là, dont le but était entre autres de «[d]issiper l’ignorance» et «éveiller l’esprit public». (Fourteau, 2006) En France, la création du musée publique est une conséquence de la Révolution et avait pour but une démocratisation de la culture, qui n’était auparavant accessible qu’aux fortunés. On a donc entre autres créé le Louvre, qui suivait à la lettre cet objectif et dont le modèle a été diffusé dans toute l’Europe.

Cependant, les musées, la première forme d’objet culturel qui a permis le tourisme culturel, avaient aussi pour but de transmettre aux générations futures «les biens symboliques, inaliénables, qui concernent la mémoire et l’identité d’un ensemble social constitué». (Fourteau, 2006) De plus, bien que l’objectif était d’éduquer la population d’un même pays, tout le monde avait accès aux objets culturels et était le bienvenu.

Le tourisme culturel sous sa forme d’aujourd’hui, soit «une pratique culturelle qui nécessite un déplacement, [d’au moins une nuitée], ou que le déplacement va favoriser», (Origet du Cluzeau, 2006) a débuté en 1860, avec des jeunes britanniques qui ont fait le tour de l’Europe pour s’instruire. C’est ce phénomène, nommé cosmopolisme, qui est à l’origine du tourisme de masse, dont les conséquences seront évoquées dans cette section du travail.

Évolution

Droits d'auteur: Héloïse Downs
Droits d’auteur: Héloïse Downs

Nous savons que le tourisme culturel est en perpétuelle croissance depuis de nombreuses années, mais nous ne possédons pratiquement aucune donnée qui peut statistiquement prouver ce point. Par contre, le Louvre, ouvert en 1787, se démarque des autres objets culturels, car quelques données existent à son sujet. Nous pouvons ainsi «avancer des pistes d’interprétation sur les évolutions de la fréquentation du public et de l’évolution du tourisme depuis deux siècles». (Fourteau, 2006) Nous savons donc que ce musée national était gratuit et qu’il était énormément visité, surtout le dimanche, lorsque les classes ouvrières avaient congé. On a aussi fait des enquêtes nous apprenant qu’en novembre 1892, 80 000 personnes ont visité ce musée et que les deux-tiers de ses visiteurs étaient français, alors que le tiers restant était composé d’étrangers. Puis, en 1921, l’entrée est devenue payante, en réponse aux préoccupations économiques du gouvernement. Cela a évidemment eu pour effet de diminuer le nombre de visiteurs faisant partie des classes plus défavorisées.

Cette forme de tourisme n’a donc pas cessé de prendre de l’ampleur, comme mentionné plus haut, «surtout à partir des années 1950 où la paix et la prospérité retrouvées permettent au tourisme de reprendre son envol». (Fourteau, 2006) L’exemple du Louvre permet encore d’illustrer ce phénomène, puisqu’il y a eu 7,3 millions de visiteurs au Louvres en 2005, soit 91,25 fois plus de visiteurs que 113 ans plus tôt.

De plus, le tourisme culturel s’est beaucoup diversifié et une grande variété d’objets culturels ont vu le jour. Ainsi, sont apparus les écomusées, les sites archéologiques, les centres d’interprétation, qui font partie du patrimoine matériel, et les objets faisant partie du patrimoine immatériel comme les spectacles et les stages artistiques et artisanaux. (Fourteau, 2006) Il existe même maintenant différentes formes de tourisme culturel, comme le tourisme littéraire, qui permet «de [se] rendre dans les lieux autrefois fréquentés par les plus grands écrivains, de visiter leur maison natale ou des musées qui leur sont entièrement consacrés». (Home Away, s.d.)

En outre, la demande de tourisme culturel augmente en même temps que celle du tourisme en général. Elle s’est aussi beaucoup diversifiée et est devenue plus exigeante, puisque les visiteurs sont de plus en plus à la recherche de visites interactives et insolites, à cause de «l’ouverture de grands lieux de culture scientifique et technique où tout est conçu pour» eux. (Colardelle et Monferrand s.d.) On assiste aussi à une «mondialisation des visiteurs», (Fourteau, 2006) puisque les gens peuvent de plus en plus facilement se déplacer d’un pays à l’autre. Pour reprendre l’exemple du Louvre, en 1992, on a remarqué une proportion de deux-tiers de visiteurs étrangers contre un-tiers de visiteurs nationaux, ce qui appuie l’idée de mondialisation des visiteurs, puisque les proportions prises cent ans plus tôt se sont inversées.

Situation actuelle

D’abord, le tourisme culturel demeure à ce jour le plus important type de tourisme. Il se démarque en effet par son caractère inter-saisonnier, qui lui permet d’attirer des touristes toute l’année et peu importe la température. (Origet du Cluzeau, 2006) De plus, ce type est souvent privilégié par les visiteurs qui viennent de loin et qui visitent le pays pour la première fois, puisqu’il permet de s’imprégner de la culture de l’endroit.

Ensuite, certaines activités, comme les musées et monuments, attirent plus de visiteurs, alors que les théâtres, bibliothèques et salles de spectacles sont peu visités. On remarque aussi que les visiteurs se concentrent sur certains monuments plus populaires et souvent dans les capitales des pays. En France, par exemple, quatre musées, le Louvre, Orsay, Versailles, le Musée national d’art moderne /Centre Georges Pompidou, se divisent 30% des visiteurs. (Origet du Cluzeau, 2006) On peut donc remarquer que le tourisme culturel n’est pas régulé «et la majorité des institutions sont à la recherche de publics plus nombreux, tandis que les autres sont submergées par l’afflux de visiteurs, au point de devoir réviser entièrement leur infrastructure». (Fourteau, 2006) Cependant, il existe à ce jour très peu d’études comme celles réalisées au Louvre, ce qui rend très difficile l’estimation du nombre de touriste culturels et leur composition.

Par contre, l’objectif d’éducation du tourisme culturel ne dicte plus l’administration de tous les objets culturels, puisque l’objectif de plusieurs est maintenant d’attirer le plus de visiteurs possibles, sans autres considérations. Cela pose des questions sur l’accessibilité de la culture, puisque «l’accès aux lieux de culture est en jeu en même temps [qu’elle]». (Fourteau, 2006) Ce dilemme est particulièrement présent dans les musées et monuments, puisqu’ils sont fréquentés par des touristes de partout dans le monde, incluant le pays où ils se trouvent, et qu’ils doivent faire le plus d’argent possible, tout en tentant constamment d’améliorer l’accès à la culture.

 

La mondialisation du tourisme culturel, l’exemple de la France:

 

Alexe Champagne-Lessard

 

Médiagraphie:

Universalis, [En ligne], http://ressources.cgodin.qc.ca:2066/encyclopedie/tourisme-culturel/ (Page consultée le 19 février 2015)

FOURTEAU, Claude. «Texte de la 609e conférence de l’Université de tous les savoirs donnée le 13 janvier 2006», dans CANAL-U, Le tourisme et les institutions culturelles, [En ligne], http://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/le_tourisme_et_les_institutions_culturelles.1469 (Page consultée le 14 mars 2015)

HOME AWAY. Le tourisme littéraire, [En ligne], http://www.abritel.fr/info/guide/idees/vacances-culturelles/tourisme-litteraire (Page consultée le 19 avril 2015)

ORIGET DU CLUZEAU, Claude. Texte de la 608e conférence de l’Université de tous les savoirs donnée le 12 janvier 2006- Claude Origet du Cluzeau: «Le tourisme culturel», [En ligne], 2006, http://download2.cerimes.fr/canalu/documents/utls/download/pdf/120106.pdf (Page consultée le 21 février 2015)

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