Le tourisme sexuel en général

Bien que l’origine de la prostitution remonte à l’époque de la Grèce Antique, l’origine du tourisme sexuel, quant à elle, date de l’époque de la Deuxième Guerre Mondiale (Fondation Scelles, 2005). En effet, les politiques militaires ont encouragé le développement du tourisme sexuel, parce que, dès les années 1930, des «maisons de réconfort»1 ont vu le jour en Asie du Sud-Est. Pendant la guerre du Vietnam, l’arrivée massive des soldats américains venant du front et demandant du repos en Thaïlande, leur alliée, a fait en sorte qu’il y ait une demande accru en matière de maison de ce genre. Ensuite, ces structures étant déjà en place, les touristes ont relayé les soldats.

Ce tourisme est en grande expansion, car il va de pair avec le développement des technologies et réseaux de transports et peut être défini comme  étant «un tourisme qui a pour but principal la réalisation de rapport sexuel dans un but commercial» (Michel, 2006). Même s’il est aisé de connaître les bornes de ce phénomène migratoire quant à sa définition globale, il est toutefois difficile de cerner son ampleur, étant donné qu’il est prohibé. Quelques chiffres approximés ressortent cependant. Le tourisme sexuel est une source de revenu très rentable et représente aujourd’hui dans le monde une industrie valant près de 5 milliards de dollars (Michel, 2006). Plus particulièrement, en 1995 en Thaïlande, le tourisme sexuel et la prostitution ont engendrés des recettes allant jusqu’à 7,1 milliard de dollars américain (Formos, 2001).  En effet, si l’état ne générait pas autant de recette, il pourrait risquer la faillite.  De plus, il est présent dans plusieurs régions du monde. On le retrouve en Amérique latine et dans les Caraïbes, mais il est davantage répandu dans les pays asiatiques tels les Philippines, l’Indonésie, la Malaisie et surtout, la Thaïlande. En effet, le tourisme sexuel alimente la prostitution et celle-ci contribuerait de façon éloquente au produit intérieur brut de ces pays asiatique, soit de 2% à 14% (Lévy et Lacombe, 2003). En raison de cela, il est intéressant de s’attarder davantage sur ces régions, plus précisément la Thaïlande,  où le phénomène est particulièrement présent.

Les types de touriste sexuel

Il existe plusieurs types de touriste, dont un dans lequel s’inscrit le tourisme sexuel. En premier lieu, on retrouve le «classique» qui est assez répandu. C’est le touriste qui part en vacance à l’occasion, pendant ses semaines de congés payés. Celui-ci est organisé et planifie son voyage (Michel, 2006). Ensuite, on peut distinguer le touriste qu’on nomme «aventurier», car celui-ci sort de sa zone de confort. Il est possible de le qualifié comme étant un touriste qui fait du tourisme expérimentale et donc, qui est à la recherche de nouveautés autant sur le plan culturel que social (Michel, 2006).  Enfin, le touriste sexuel est le touriste qu’on nomme «hors norme» et il est souvent défini comme étant extrême (Michel, 2006).  En effet, ce touriste enfreint certaine lois et va à l’encontre des droits humains en ayant certaines pratiques sexuelles illégales, tel que celles impliquant des enfants.

source : Eva Lefebvre
source : Eva Lefebvre

Il existe ensuite deux types de touriste sous-jacent au touriste sexuel. Le premier est le «touriste sexuel occasionnel» (Lévy et Lacombe, 2003). Ce touriste ne voyage pas dans le but ultime de rechercher de nouvelles expériences sexuelles ou d’obtenir des faveurs sexuelles quelconques. Celui-ci est un voyageur qui, à l’occasion, a des relations sexuelles avec des travailleurs du sexe locaux lorsque l’occasion se présente à eux. En bref, ils voyagent pour des raisons non sexuelles. Ce touriste est très souvent de sexe masculin, mais de plus en plus, les femmes en sont sujettes.  Ensuite, le deuxième type de touriste sous-jacent au touriste sexuel est le «touriste sexuel assidu» ou parfois nommé, hard core (Lévy et Lacombe, 2003). Ce dernier, au contraire du «touriste sexuel occasionnel», ne voyage que dans le but d’obtenir des relations sexuelles qui, dans plusieurs cas, sont prohibés dans leur pays d’origine (le voyeurisme, le tourisme sexuel impliquant des enfants, l’exhibitionnisme etc.) ou tout simplement, car ce qu’il recherche est difficile à obtenir (par exemple, une relation à plusieurs partenaire ou encore, avec des transsexuels).  Les individus de cette catégorie sont souvent identifiés comme étant des hommes (beaucoup moins les femmes) caucasien. Ils constituent cependant une minorité des touristes.

Profil sociopolitque du touriste sexuel

Son profil est profondément lié à la mentalité «suprémaciste» des blancs. Cette idéologie correspond au fait qu’un groupe d’individu croit en la supériorité d’un de ses traits de caractère (par exemple, la couleur de la peau, le sexe, la culture etc.) (Lévy et Lacombe, 2003).

En effet, le tourisme sexuel est en partie basé sur le fait que le touriste croit intrinsèquement que ses droits sont bafoués dans son pays d’origine et qu’ils méritent d’être respectés. Celui-ci croit en la supériorité des hommes blancs et croit que l’état ne respecte pas assez cette supériorité et voit cela comme une contrainte ainsi qu’une atteinte à l’expression de leur sexualité. Dans cette mentalité, les hommes croient que leurs droits naturels ne sont pas respectés. Par exemple, le fait de pouvoir traiter les femmes comme des objets et de ne pas pouvoir exercer les pratiques sexuelles désirées iraient à l’encontre des valeurs de leur position de dominant. Bref, le touriste sexuel est souvent un homme et croit en la supériorité de ces traits de caractère et désirs les faires respectés. Il est cependant à constater que généralement, le touriste sexuel n’a pas de profil type en particulier (Lévy et Lacombe, 2003). Effectivement, ils sont «hétérogènes, en termes de nationalité, de genre, d’âge, d’origine ethnique, d’orientation sexuelle, de statut socio-économique, de pratiques sexuelles et de significations qu’ils accordent à ces rencontres » (Lévy et Lacombe, 2003).

Eva Lefebvre

Médiagraphie :

Document accessible par Internet

Fondation Scelles. Tourisme sexuel, [en ligne], 2005, file:///C:/Users/User/Downloads/Fiche_Le_tourisme_sexuel_Fondation_Scelles%202005.pdf (pages consultée le 21 février 2015)

Article d’un périodique

Joseph J.LÉVY et Élyzabeth LACOMBE. «Le tourisme sexuel : ses plaisirs et ses dangers», Téoros, 2003, [en ligne], http://teoros.revues.org/1807 (page consultée le 21 février 2015)

Livre électronique accessible par une base de données

MICHEL, Franck. Voyage au bout du sexe : trafics et tourismes sexuels en Asie et ailleurs, [en ligne], Québec, Les Presses de l’Université Laval, 2006, p.103, dans Ebrary (pages consultées le 21 février 2015)

Article tiré d’une base de données

FORMOS, Bernard. «Corps étrangers, tourisme et prostitution en Thaïlande», Anthropologie et sociétés, [en ligne], vol. 25, 2001, p. 55-70, dans Érudit (pages consultées le 21 février 2015 2015)

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