L’intégration des enfants adoptés à l’international au point de vue sociologique

L’INTÉGRATION DES ENFANTS ADOPTÉS À L’INTERNATIONAL AU POINT DE VUE SOCIOLOGIQUE

 

Le thème global  de la migration est un sujet qui peut recouvrir plusieurs sous-thèmes en lien avec celui-ci tels que l’adoption internationale.  L’adoption est sujet intéressant, puisqu’il peut être traité par rapport à différentes perceptives. Dans cet article, l’adoption internationale sera traitée dans une perspective sociologique. Cette perspective parlera de la quête d’identité à l’adolescence par rapport aux enfants adoptés et cherchera à connaître la manière dont les enfants adoptés s’intégrèrent dans leur société.

En effet, s’attarder à l’intégration des enfants qui ont été adoptés à l’international est important, puisque l’adoption à l’internationale est un phénomène considérable.  En effet,  il y a eu 908 enfants adoptés par des parents québécois en 2003( Gouvernement du Québec,2014) . En France, il y a eu 3580 enfants adoptés à l’international par des personnes françaises en 2010 ( Gouvernement de France, 2010) . Donc, peu importe le pays ou l’endroit, il y a un grand nombre d’enfants  issus de l’adoption internationale qui doivent s’intégrer et s’adapter à leur nouvelle société. De plus, l’intégration des enfants dans leur nouvelle société est primordiale, car si l’enfant adopté n’est pas intégré dans la société, ce dernier risque de se sentir exclu de la société et mis à l’écart. Être intégré dans son milieu social à un rapport avec l’identité de l’enfant adopté et de son sentiment d’appartenance envers différentes structures sociales de son environnement. C’est pour cela qu’il est pertinent de connaître la manière dont ceux-ci s’intégrèrent dans leur société.

 

 

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Sources:INCONNU, «Masques, Mascarade, Masque, Visages, Théâtre, Tragédie», 2013, sur le site Pixabay, [En ligne], http://pixabay.com/fr/masques-mascarade-masque-visages-40963/ ( Page consultée le 18 avril 2015)

 

Pour définir les termes, en sociologie, l’identité sur le pôle individuel est ce qui nous distingue des autres et qui nous rend uniques tandis que le pôle social est une identité qui nous rend semblables aux autres. Dans le cas des enfants adoptés, l’identité sociale joue un rôle important en plus de l’identité sur le pôle individuel. En effet, chez les enfants adoptés à l’étranger,  il y a un conflit d’identité au moment de l’adolescence. Donc, la quête de l’identité  à l’adolescence chez les enfants adoptés a un lien avec la sociologie. En effet, l’enfant adopté doit s’adapter à la société sur un plan social, et à l’adolescence, il doit construire son identité.  Cependant, c’est l’adolescence que ce dernier s’aperçoit que son corps change et que son corps ne ressemble pas à ses parents adoptifs (Harf,2006).  Ce dernier ne peut pas s’identifier physiquement à ses parents adoptifs. Par exemple, c’est le cas pour un enfant qui a été adopté dans un pays asiatique et qui a des parents québécois. De ce fait, ce dernier  peut se poser des questions auxquelles les réponses ne seront jamais trouvées : «qui m’as fait ? Pourquoi ma mère m’a-t-elle abandonné?»( Le run,2005)  Suite à cela, l’adolescent peut  ressentir un sentiment de crainte de douleur et de haine face à ces questionnements sur ses origines biologiques.  La seule façon de surmonter ce genre de questionnement est d’avoir un bon lien de filiation entre les parents et l’enfant adopté.  Il faut aussi que l’enfant se sente aimé et important aux yeux de sa famille et de son entourage. ( Le run,2005)    Pour ce faire, les parents adoptifs peuvent parler à l’enfant adopté de son histoire avant son adoption. Cela fait en sorte que l’enfant adopté à l’étranger peut se situer dans son histoire et se construire une identité sur le pôle individuel (Harf,2006). Donc, la construction de l’identité de l’enfant adopté est plus facile si le lien de filiation entre les parents adoptifs et l’enfant est solide et si les parents adoptifs parlent  à l’enfant adopté de son histoire. De ce fait, l’enfant en question est bien intégré et accepté dans sa famille. Par contre, si  l’enfant a un lien d’affiliation avec ses parents adoptifs, ce dernier peut vouloir se réapproprier sa culture d’origine (Harf,2006).  Ceci peut crée des conflits d’identité d’autant plus que la couleur de peau de l’enfant adopté n’est pas la même que celle de ses parents adoptifs ( Harf,2006). Pour remédier à cette situation, il faut que le lien de filiation entre les parents adoptifs et l’enfant soit solide et fort si les parents ne veulent pas que l’enfant se réapproprie sa culture d’origine. S’il y a un lien d’affiliation, l’enfant adopté ne correspond pas à la culture québécoise, puisqu’il veut se réapproprier  sa culture d’origine. Alors, il est plus ou moins intégré dans la société québécoise et il n’a pas la même identité sur le pôle social que les Québécois. Il a plus de chance d’être marginalisé s’il s’approprie sa culture d’origine. Alors, un bon lien de filiation entre les parents et l’enfant adopté est primordial pour la construction identitaire de l’enfant.

Cependant, l’enfant  adopté doit aussi s’adapter et s’intégrer dans son milieu socioculturel. Même s’il a un sentiment identitaire et d’appartenance  envers son nouveau pays , un adolescent adopté à l’étranger  peut avoir un conflit d’identité culturelle.  Il peut être perçu comme un étranger aux yeux des Québécois. En effet, les Québécois à la peau blanche remarquent immédiatement la couleur de peau de l’enfant adopté et cela peut mener à d’éventuels problèmes pour l’enfant adopté tel que le racisme.

D’ailleurs, suite à ces propos, il est intéressant de constater que les propos théoriques mentionnés  ci-dessus correspondent à la réalité. En effet, une entrevue à été réalisée auprès de quatre Chinoises qui ont été adoptées par des parents québécois. Durant cette entrevue, il y avait une question qui  demandait aux participantes  si elles ressentaient  un sentiment d’appartenance par rapport à leur pays d’origine. Les quatre  participantes ont soutenu qu’elles ne s’identifiaient aucunement à son pays d’origine, car elles ont été élevées dans la culture et dans un environnement québécois. Alors elles n’ont pas connue leur culture d’origine. Une autre question de l’entrevue cherchait à savoir si la personne se sentait appréciée dans son milieu social tels que la famille, les amis, le travail. Chaque participante a répondu qu’elle se sentait appréciée par leur proche. Ceci prouve  que lien de filiation entre les parents adoptifs et l’enfant adopté est bon pour les quatre participantes, puisqu’elles ne cherchent pas à s’identifier à leur culture d’origines et elles se sentent aimées par leur entourage.

Pour finir, la vidéo de cet article présente la bande-annonce du documentaire intitulé « On me prend pour une Chinoise» ce documentaire explique la quête d’identité de cinq Québécoises d’origine chinoise qui ont été  adoptées dans les années 1990.

 

Référence : VIDEO FEMME,  « On me prend pour une chinoise !» , Youtube, [ En ligne], https://www.youtube.com/watch?v=vT3s9scvptg (page consultée le 23 mars2015)

 

Pour conclure, il y a un conflit d’identité chez les enfants adoptés lors de l’adolescence. De plus,  le lien de filiation entre les parents adoptifs et l’enfant adopté est primordial pour que l’enfant adopté puisse se construire une identité. S’il y a un lien d’affiliation entre les parents et l’enfant adopté, ce dernier peut vouloir se réapproprier sa culture d’origine. En conséquence, l’enfant aura plus de difficulté  à créer son identité et à définir son identification.

Une piste de solution pour remédier à l’affiliation entre les parents adoptifs et l’enfant serait d’informer les parents du danger d’affiliation et d’informer les parents par rapport à la quête d’identité, à l’adolescence, pour les enfants adoptés.

 

 

 

Médiagraphie, Bibliographie:

GOUVERNEMENT DU QUÉBEC, L’adoption internationale au Québec, [En ligne], 2014)  http://publications.msss.gouv.qc.ca/acrobat/f/documentation/2014/14-116-06W.pdf ( Page consultée le 18 avril 2015)

GOUVERNEMENT DE FRANCE, Statistique décembre 2010, [En ligne] 2010, http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/STAT_TG_MENSUEL.pdf ( Page consultée le 18 avril 2015)

HARF Aurélie et TAIEB Olivier, « Adolescence et adoptions internationales : une nouvelle problématique ? »,   La psychiatrie de l’enfant,  [ En ligne], vol.49 (2006),  p.320, dans Cairn (page consultée le 17 février 2015)

INCONNU, «Masques, Mascarade, Masque, Visages, Théâtre, Tragédie», 2013, sur le site Pixabay, [En ligne], http://pixabay.com/fr/masques-mascarade-masque-visages-40963/ ( Page consultée le 18 avril 2015)

INCONNU, «Monde Géographie Planète ,Terre Bleu ,Rotation», 2013, sur le site Pixabay, [En ligne], http://pixabay.com/fr/monde-g%C3%A9ographie-plan%C3%A8te-terre-41414/( Page consultée le 18 avril 2015)

LE RUN Jean-Louis,  «Adolescence et adoption», Enfances & Psy [En ligne], vol.29 ( 2005), p.127-135,dans Cairn  ( page consultée le 17 février 2015)

VIDEO FEMME,  « On me prend pour une Chinoise !» , Youtube, [ En ligne], https://www.youtube.com/watch?v=vT3s9scvptg (page consultée le 23 mars2015)

 

 

Li-Anne Archambault

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