Les Roms de Hongrie

Les Roms sont arrivés en Hongrie à la fin du Moyen-Âge, quittant l’Inde suite à des attaques musulmanes menées contre les territoires habités par leur communauté. Cette lutte territoriale a forcé le peuple à migrer en Europe occidentale, d’où ils ont été expulsés à cause de leur culture étrangère et de leur faible connaissance en agriculture. Les Roms se sont donc dispersés en Méditerranée et en Europe centrale et orientale (Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, 1998).  L’empire Habsbourg a instauré certaines politiques d’assimilation très strictes, au 18e siècle, provoquant une baisse de la population tzigane hongroise. Plus tard, vers la moitié du 19e siècle, une importante vague d’immigration a permis à la minorité d’accroitre en nombre d’habitants. Ils forment aujourd’hui quelques 12 millions de personnes dans le monde, environs 8 millions d’entre eux se situent en Europe et la Hongrie compte approximativement 400 000 à 600 000 Roms, soit la plus importante minorité ethnique du pays (Ministère des affaires étrangères Budapest, 2004).

Formant 4 à 5% de la population du pays hongrois, trois groupes de communautés tziganes se distinguent. Les Romungro sont présent partout dans le pays, les Vlash se dispersent également sur la totalité du territoire hongrois, avec une plus forte densité au nord-est, puis les Beash qui se trouvent majoritairement au sud. À Budapest, on retrouve les trois groupes. Les Sintis forment un groupe Roms ayant un dialecte allemand, que l’on peut également retrouver en Hongrie, malgré leur population très faible. Pour cette raison, on ne les compte pas comme un groupe distinct de cette minorité (Ministère des affaire étrangères Budapest, 2004).

Historiquement, la place des Roms en Hongrie est instable. Lors de la guerre contre les conquérants turcs, les tziganes avaient un rôle important dans la société, puisqu’ils ont été engagés comme artisans des outils de guerre. La plupart de ceux-ci ont donc cesser d’être nomade parce qu’ils ont trouvé avantage à avoir leur place en société, ils avaient une subsistance plus sûre. Plus tard, la reine Marie-Thérèse a interdit par décret l’appellation « Tzigane ». Ces derniers étaient désormais nommés comme « nouveaux paysans » ou encore « nouveau hongrois ». Cette politique visait l’élimination de l’identité rom par l’assimilation de ceux-ci. La reine s’est également opposée aux mariages entre Roms et a instauré une réglementation permettant à la société d’enlever les enfants de parents tziganes. Les mesures qu’a prises Marie-Thérèse se sont avérées efficaces. Par contre, plus tard encore, une ascension rom s’est fait sentir grâce à la musique, un domaine auquel les populations nomades sont fortement associées. Durant la deuxième moitié du 19e siècle, une deuxième vague de tziganes s’est fait, provenant de l’est et du sud, provoquée par le développement du capitalisme. Le mode de vie nomade ainsi que la langue des nouveaux arrivants ont créé d’innombrables conflits. Les oppressions des tziganes par la société et même par la justice ont découlé les unes après les autres. Notamment, en 1944, le gouvernement hongrois a procédé à la « Solution de la question tzigane », autrement dit, un génocide qui a tué entre 5000 et 30 000 Roms, le nombre varient selon les sources. La période démocratique entre 1945 et 1948 a apporté un changement positif aux relations entre les Roms et la société. Par contre, la situation s’est encore une fois aggravée suite à l’évaluation de la situation concernant le domaine économique du pays ainsi que le partage des grandes propriétés. Les citoyens hongrois craignaient la perte de possibilité d’emploi. En 1957, l’Association culturelle des Tziganes a été créé dans le but d’aider la communauté nomade à conserver leur langue ancestrale, à créer des emplois, à scolariser leur population, améliorer leurs conditions sanitaires et leurs conditions de vie. Quelques plaintes ont été portées à cause du fonctionnement très limité de cette association. Le 2/3 des Roms résident dans des bidonvilles. Ces derniers ont tout de même trouvé succès dans le domaine de l’art et de l’éducation populaire, mais les autres aspects de leurs conditions sont majoritairement en déficience et le stéréotype du Rom fainéant et criminel persiste. Leur niveau de vie des tziganes a rapidement reculé dû au manque de formation professionnelle des membres de la communauté. L’espoir réside dans le fait que plus le phénomène de discrimination à leur égard se multiplie, plus il y a une augmentation du nombre d’organismes civils tzigane (Ministère des affaires étrangères Budapest, 2004).

Bref, la place des Roms en Hongrie est incertaine. Le comportement cyclique du gouvernement à leur égard a de nombreuses répercussions sur la minorité.

Jeune Rom jouant de l’accordéon

Rom1

 

 

 

 

 

Mathieu GIGON, Jeune accordéoniste Rom, 2013, sur Foto Community, [En ligne], http://www.fotocommunity.fr/pc/pc/display/30073009, (page consultée le 27 avril 2015)

Arielle Desjardins

 

Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, Les roms en Hongrie, 1998, [En ligne], http://www.refworld.org/docid/3ae6a81c0.html , (page consulté le 25 avril 2015)

Ministère des affaires étrangères Budapest, Les Tsiganes/Roms en Hongrie, Dossiers sur la Hongrie, 2004, [En ligne] http://www.mfa.gov.hu/NR/rdonlyres/4B99AAD3-E9CC-4AAF-81C3-C3DE23278D91/0/Roma_fr.pdf (page consultée le 25 avril 2015)

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