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Ottawa: Territoire canadien à caractère chinois

Portrait de l’immigration chinoise au Canada

Depuis les années 1990, les immigrants d’origine chinoise forment, annuellement, la plus grosse partie de l’immigration  au Canada, soit environ 20%. (Norois, 2006) En 2011, on comptait un peu plus de 1,3 millions de Canadiens d’origine chinoise, formant 4% de la population canadienne. (Chan, 2014)

Ainsi, on ne peut nier l’importance de ce groupe au sein de la population canadienne. Par le passé, les sino-canadiens ont laissé leurs traces en sol canadien grâce, entre autres, à l’implantation de différents quartiers chinois à travers le pays. La croissance rapide du nombre de Chinois au Canada ne fera qu’accentuer les diverses conséquences occasionnées par l’augmentation importante de ce groupe d’immigrants. Donc, il est important de bien connaître ce phénomène pour s’assurer de la cohésion de la population canadienne dans le futur.

Même si la majorité des immigrants chinois se dirigent vers Toronto et Vancouver, quelques immigrants chinois ont choisi la ville d’Ottawa comme terre d’accueil modifiant ainsi l’environnement de la capitale nationale. Les modifications apportées sur la ville d’Ottawa par sa croissante communauté chinoise est un bon exemple des conséquences directes de ce flux migratoire, puisque les conséquences engendrées par l’immigration chinoise affectent majoritairement les villes d’accueil.

L’immigration chinoise d’Ottawa en chiffres

Située en Ontario et étant le centre de l’activité politique canadienne, la ville d’Ottawa et ses arrondissements comptaient, en 2006, 1 133 633 personnes (wikipédia, 2015) et formaient la quatrième région la plus peuplée au Canada. Entre 1996 et 2006, un peu plus de 7000 Chinois (Ray, 2010) se sont installés à Ottawa,soit une augmentation de 40%.(Ray, 2010) Ils forment la plus grosse communauté ethnique de la ville d’Ottawa.(city of Ottawa, 2006) De plus, ce qui est remarquable au sein de ce groupe d’immigrants est leur niveau de scolarité. En effet, 56% des Chinois habitant à Ottawa en 2006 détenaient au moins un baccalauréat et 24,5% de cette population avaient obtenu un diplôme d’un institut canadien.

La logique derrière la répartition des sino-canadiens sur le territoire d’Ottawa

Autrefois, les nouveaux arrivants d’origine chinoise étaient, pour la très grande majorité, confinés dans des secteurs clos à l’abri du reste de la population. Ces secteurs fermés sont, aujourd’hui, appelés quartiers chinois. Les sino-canadiens s’y réfugiaient pour se protéger de la population locale qui accusait les Chinois de voler leurs emplois. Ceux-ci, peu éduqués, habitués à travailler dans des conditions pitoyables et rémunérer de manière grotesque en Chine, étaient prêts à accepter n’importe quel emploi au Canada. De plus, les quartiers chinois permettent aux immigrants chinois de préserver un morceau de leur ancienne vie. Ceci était le scénario des premières vagues d’immigrants chinois.

Aujourd’hui, c’est très différent. Le profil des immigrants chinois n’est plus du tout le même. Ceux-ci possèdent, pour la plupart, un très haut niveau de scolarité et maîtrisent une des deux langues officielles. Ceux qui choisissent de se rendre à Ottawa, Vancouver et Toronto pour y habiter maîtrisent l’anglais. Ils ne choisissent pas le Québec, car la langue est une très grosse barrière à l’intégration et le fait de ne pas parler le français leurs rendraient la tâche bien plus difficile, comme l’explique madame Chung dans notre interview. Enfin, les nouveaux arrivants chinois ne sont plus portés à habiter dans les quartiers chinois, car ils s’intègrent bien mieux dans la population que leurs prédécesseurs. Ils occupent des emplois bien rémunérés demandant un haut niveau de scolarité, comme au sein de la compagnie Nortel. Cette compagnie, installée à Kanata, une banlieue d’Ottawa, a engagé près de 10 000 chinois entre 1990 et 2006. (Norois, 2006) L’immigration chinoise a causé l’apparition d’un  quartier chinois sur le territoire d’Ottawa et la suburbanisation de celui-ci.

Ce phénomène est illustré dans la carte d’Ottawa et ses arrondissements du site web de l’université d’Ottawa : http://artsites.uottawa.ca/ottawaproject/doc/Ottawa-Chinese-Distribution.jpg

L’apparition de la culture chinoise à Ottawa

Avant 1991, 2950 (Ray, 2010) Canadiens d’origine chinoise habitaient dans la ville d’Ottawa. À cette époque, la grosseur de la communauté chinoise était très petite comparée à celle d’aujourd’hui et la demande de produits chinois était infime à l’époque. Selon les données les plus récentes, déjà, en 2006, on comptait 12 740 sino-canadiens à Ottawa. Cette forte augmentation a eu de fortes conséquences sur, non-seulement, la demande de produits chinois, mais, aussi, sur la présence de la culture chinoise à Ottawa. Puisque le quartier chinois servait de premières destinations aux premiers immigrants chinois, il est normal que la plus vaste partie des institutions chinoises s’y soient installées. On retrouve, notamment, des groupes de support pour les nouveaux arrivants. Ces groupes permettent une transition moins brusque entre la culture chinoise et la culture canadienne.  De plus, comme plusieurs autres communautés ethniques, ils existent des écoles enseignant la culture d’origine aux plus jeunes la fin de semaine. Cela permet aux générations futurs d’immigrants de s’intégrer à la population canadienne, tout en préservant une partie de leur culture natale. On retrouve divers autres services de nature chinoise comme des restaurants chinois, des écoles d’arts martiaux, des librairies de livres chinois, des magasins de médecines chinoises et j’en passe.

Enfin, la culture chinoise n’est pas uniquement représentée par des institutions, celle-ci s’illustre aussi dans les médias et les festivals. En effet, dans la région d’Ottawa, on peut trouver cinq magazines différents qui couvrent l’actualité  chinoise. Par ailleurs,  le médium d’information de nouvelles chinoises le plus fréquenté par la société chinoise d’Ottawa est le site web comefromchina.com. Cette toile numérique d’information permet aux Canadiens d’origine chinoise de s’informer sur les nouvelles de la communauté, les prochains événements et les différentes offres d’emplois. En 2009, ce site web était fréquenté 11 500 (Ray, 2010) fois par jour et un chinois sur trois habitant dans la région d’Ottawa-Gatineau le fréquentait au moins une fois par jour. (Ray, 2010)

De plus, la culture chinoise s’illustre aussi à l’aide de différents festivals. Toutes ces fêtes, à connotation chinoise, sont tenues à Ottawa. Le plus important parmi eux est une course se nommant, The Chinese Dragon Boat Race, et se déroulant en début juin.

Voici une courte vidéo de cette fameuse course:

En somme, à l’échelle nationale, les diverses conséquences apportées par l’immigration chinoise sont semblables à celles issues au sein de la communauté chinoise d’Ottawa. Les premières vagues d’immigrants chinois créent et habitent le quartier dit chinois, tandis que les plus récents immigrants chinois, puisqu’ils ont plus de faciliter à s’intégrer, ont tendance à habiter et à développer les banlieues. Aussi, plus la communauté chinoise d’un endroit prend de l’ampleur, plus l’exposition de la culture chinoise augmente. La population chinoise ne cause aucun tort au sein de la population canadienne. Au contraire, la population chinoise contribue, participe activement au développement des centres urbains du Canada.

Simon Domaine

Médiagraphie

CHAN, Anthony B. « Sino-Canadiens »,  L’encyclopédie Canadienne, [En ligne], 2013, http://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/chinese-canadians/ (2015-02-19)

CAO, Huhua. DEHOORNE, Olivier. ROY, Vincent. « L’immigration chinoise au Canada : logiques spatiales et nouvelles territoiraleés », Norois,février 2006, [En ligne], http://norois.revues.org/1895#tocto1n2 (2015-02-21)

«Kanata», ottawa statistics, 2006, [en ligne], http://ottawa.ca/en/city-hall/get-know-your-city/statistics-and-economic-profile/11-kanata (2015-04-25)

RAY, Brian. VERONIS, Luisa. FENG, Jing. MCALONEY, Brie. «Chinese immigrants and the border», 2010, [en ligne], http://artsites.uottawa.ca/ottawaproject/doc/Chinese-2010-Feb.pdf (2015-04-25)

Le tourisme culturel est-il vraiment positif?

Le tourisme culturel a de nombreux avantages, tant au niveau économique que culturel. Par contre, on parle de plus en plus des effets pervers de ce phénomène et, même s’ils ne font pas l’unanimité, ils en inquiètent plus d’un. Ainsi, il est à se demander s’il s’agit vraiment d’un bon phénomène ou si ses risques dépassent ses bénéfices. C’est ce que nous tenterons d’éclaircir dans cet article.

Conséquences positives

D’abord, le tourisme culturel permet à certaines villes dont la majeure partie des attractions est semblables à celle des autres, de s’en distinguer et d’attirer plus de visiteurs par la présentation d’attraits uniques. (Origet du Cluzeau, 2006) Les lieux sont effectivement en compétition entre eux, puisque l’offre touristique augmente. Il est donc de plus en plus important pour une ville de se différencier des autres. La culture est un bon moyen de le faire, puisque chaque endroit a son identité propre, qui passe par ces monuments, mais aussi ses événements, sa langue, ses habitus et bien d’autres.

Ensuite, le tourisme culturel a de nombreux avantages économiques. Il permet en effet de stimuler l’économie d’un endroit, ce qui crée des emplois. (Origet du Cluzeau, 2006) En plus, plusieurs gouvernements, comme celui du Québec, subventionnent les attraits touristiques culturels, ce qui permet aussi de créer et maintenir des emplois et diminue de ce fait le taux de chômage. (Ministère du  tourisme du Québec, 2010)

Ce phénomène permet aussi d’augmenter le chiffre d’affaire de nombreuses entreprises. Premièrement, il augmente celui des activités touristiques culturelles telles les musées. La part de marché du tourisme culturel par rapport à l’ensemble des visiteurs de musées est très variable selon les endroits et peut atteindre 85% de touristes culturels. (Origet du Cluzeau, 2006) À titre de d’exemple, la Direction de Musées de France évalue que «60% de leur fréquentation émanerait des touristes». (Origet du Cluzeau, 2006) On peut donc conclure que «le tourisme tient une part prépondérante dans les effectifs de fréquentation de tous les sites et manifestations culturels. La survie de certains dépend d’ailleurs entièrement du tourisme.» (Origet du Cluzeau, 2006) Les retombées économiques qu’il amène sont pourtant majoritairement indirectes et le prix pour accéder aux activités ne représente que 3% du budget journalier des touristes. (Origet du Cluzeau, 2006) Ceux-ci dépensent effectivement aussi pour le transport, l’hébergement, la restauration et autres, ce qui contribue à augmenter les profits de nombreuses entreprises. (Office québécois de la langue française, 2005)

De plus, la hausse de la qualité demandée par les touristes amène une amélioration des activités culturelles. En effet, «[l]e public recherche l’insolite, l’inattendu et ne se contente plus d’être passif devant le monument». (Colardelle et Monferrand s.d.) Les activités deviennent donc de plus en plus animées et expliquées, et celles qui se conforment à cette nouvelle demande réussissent à attirer les touristes plus longtemps.

 

Conséquences négatives

Par contre, le tourisme culturel peut avoir des conséquences négatives dans certains cas. En effet, il peut amener l’augmentation des prix des biens et services et des propriétés foncières, ce qui est nuisible pour les habitants. (Origet du Cluzeau, 2006)

Source : "Angkor Wat" by Bjørn Christian Tørrissen - Own work. Licensed under GFDL via Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Angkor_Wat.jpg#/media/File:Angkor_Wat.jpg
Source : « Angkor Wat » by Bjørn Christian Tørrissen – Own work. Licensed under GFDL via Wikimedia Commons – http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Angkor_Wat.jpg#/media/File:Angkor_Wat.jpg
By Charlesjsharp (Own work) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons
By Charlesjsharp (Own work) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

Sur le plan de l’environnement, selon plusieurs, le tourisme culturel aurait des «effets négatifs sur le patrimoine», en engendrant une «usure prématurée des monuments», à cause de leur surfréquentation et des «dégradations involontaires ou [du] vandalisme». (Colardelle et Monferrand s.d.) Plusieurs touristes endommagent en effet les objets culturels qu’ils visitent, par exemple, en gravant leurs noms sur les murs de plusieurs temples comme celui d’Angkor Vat au Cambodge. (Bommelaer, 2015) Puis, même si ce n’est pas dans leur intention, les touristes contribuent à la dégradation de nombreux lieux seulement par leur présence, puisqu’ils y sont trop nombreux. Par exemple, le sol du Machu Picchu au Pérou s’effrite à cause du trop grand nombre de visiteurs. Ensuite, cette activité produit de nombreux déchets qui sont nuisibles pour l’environnement et amène une grande consommation d’eau dans les hôtels, qui draine la nappe phréatique et amène lentement les temples à s’effondrer, par exemple au Cambodge.

Source : "Lascaux painting" por Prof saxx - Obra do próprio. Licenciado sob CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Lascaux_ painting.jpg#/media/File:Lascaux_painting.jpg
Source : « Lascaux painting » por Prof saxx – Obra do próprio. Licenciado sob CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons – http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Lascaux_ painting.jpg#/media/File:Lascaux_painting.jpg

À cause de ces problèmes, certains sites doivent être fermés pour éviter qu’ils ne soient complètement dégradés, comme la grotte de Lascaux en France, qui a été fermée suite aux nombreux dommages dues à un trop grand nombre de visiteurs. (Bommelaer, 2015) D’autres sites doivent restreindre leur accès pour ne pas aggraver leur détérioration, comme le Machu Picchu. Puis, certains sites planifient plutôt d’encourager les gens à visiter d’autres monuments pour limiter la dégradation des plus populaires, comme celui d’Angkor Vat.

Finalement, le tourisme culturel amène une vulgarisation pour être compris de tous qui rendrait selon certains les objets culturels vulgaires, au sens péjoratif du terme. Le fait de rendre plus compréhensible obligerait à diminuer l’information et l’authenticité de ceux-ci, ce qui n’est pas souhaitable aux yeux de plusieurs (Colardelle et Monferrand s.d.).

 

Conclusion

Par contre, les conséquences négatives du tourisme culturel sont loin de faire l’unanimité et plusieurs spécialistes croient qu’il s’agit de généralisations abusives, puisque ces impacts ne sont vrais que dans un pourcentage minime des cas. Surtout dans le cas de la vulgarisation, plusieurs spécialistes s’entendent pour dire qu’elle ne pose aucun problème (Colardelle et Monferrand s.d.). Par rapport aux problèmes de surfréquentation, il semble qu’elle soit à l’origine de problèmes de dégradation que pour une petite partie des objets culturels qui existent. Ainsi, il semble que de limiter l’accès aux sites pour éviter l’endommagement où cela est nécessaire serait une bonne manière de les préserver et d’équilibrer le nombre de visiteurs parmi les objets culturels. Quant à la pollution, la limitation semble aussi une bonne idée, puisqu’elle permettrait de mieux répartir les touristes et de préserver l’environnement. Ces solutions permettraient de contrer les problèmes existants, tout en préservant le tourisme culturel et ses avantages.

Selon les lectures faites dans le cadre de ce travail, le tourisme culturel semble amener plus de bénéfices que de risques, surtout que plusieurs conséquences négatives ne font pas l’unanimité des experts. Ce phénomène serait donc généralement positif.

 

Alexe Champagne-Lessard

 

Médiagraphie:

BOMMELAER, Claire. «La face noire du tourisme de masse», Le Figaro, [En ligne], no. 21934 (14 février 2015), p.31, dans Eureka, (Page consultée le 21 février 2015)

COLARDELLE, Michel et Alain MONFERRAND. «Tourisme culturel», Encyclopædia Universalis, [En ligne], http://ressources.cgodin.qc.ca:2066/encyclopedie/tourisme-culturel/ (Page consultée le 19 février 2015)

MINISTÈRE DU TOURISME DU QUÉBEC.  Diagnostic – Tourisme culturel Volet industrie événementielle, [En ligne], 2010, http://www.tourisme.gouv.qc.ca/publications/media/document/etudes-statistiques/diagnostic-tourisme-culturel-2010.pdf (Page consultée le 15 mars 2015)

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. «Tourisme», Grand dictionnaire terminologique, [En ligne], http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=8355489 (Page consultée le 19 mars 2015)

ORIGET DU CLUZEAU, Claude. Texte de la 608e conférence de l’Université de tous les savoirs donnée le 12 janvier 2006- Claude Origet du Cluzeau: «Le tourisme culturel», [En ligne], 2006, http://download2.cerimes.fr/canalu/documents/utls/download/pdf/120106.pdf (Page consultée le 21 février 2015)