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Le pays d’origine de l’immigrant influence-t-il son accès à un premier emploi?

 

Lighttruth, «Happy1»,[En Ligne], https://www.flickr.com/photos/58648496@N02/5379922491/
Lighttruth, «Happy1»,[En Ligne], https://www.flickr.com/photos/58648496@N02/5379922491/

Dans plusieurs reportages, que ce soit dans les chaines de diffusion continue ou dans les journaux (Radio-Canada, 2012), plusieurs déplorent qu’il existe, encore aujourd’hui, une certaine discrimination auprès des communautés immigrantes du Québec au niveau du marché du travail. Il est important de noter que la population active, c’est-à-dire les personnes en âge de travailler, immigrante représentait en 2011 plus de 563 000 personnes (gouvernement du Québec, 2011). Cette statistique montre donc l’importance de ce sujet puisque la discrimination au moment de l’embauche toucherait théoriquement plus de 563 000 nouveaux arrivants au Québec. Ainsi, il est impératif de se poser la question suivante : « Le pays d’origine de l’immigrant influence-t-il son accès à un premier emploi? ».

Tout d’abord, en ce qui concerne cet article, nous nous concentrerons sur l’une des plus grandes études qui ont été réalisées ici au Québec au sujet de l’accès à un premier emploi par la population immigrante. Cette étude a été réalisée par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse en mai 2012 et se nomme «Mesurer la discrimination à l’embauche subie par les minorités racisées : Résultats d’un « Testing » mené dans le grand Montréal ». Bien évidemment, la majorité des immigrants qui s’installent au Québec se retrouvent dans la grande région de Montréal. On apprend dans l’étude de la Commission que c’est dans la province québécoise que l’on répertorie l’écart le plus haut entre le taux de chômage de la population immigrante et de la population native. « Ainsi, en 2008, parmi les Québécois de 15 ans et plus, l’écart entre le taux de chômage des immigrants et celui des natifs était de 4,5 points de pourcentage (11,1 % contre 6,6 %), alors que, par comparaison, l’écart n’était que de 1,4 point en Ontario, et de 0,4 point en Colombie-Britannique » (CDPDJ, 2012). Il est important de noter que parmi ces immigrants, ceux qui font partie d’une communauté racisée, par exemple les Noirs ou les Arabes, connaissent plus d’obstacles au moment de l’embauche. De plus, les immigrants des minorités visibles, comme les Arabes ou les Noirs, qui possèdent des diplômes universitaires ont un taux de chômage nettement plus élevé que celui que l’on retrouve chez natifs québécois, soit d’un peu plus de 10%.

Pour continuer, l’étude nous révèle aussi des statistiques alarmantes au sujet des immigrants qui se retrouvent dans un processus d’entrevue. On remarque, selon l’étude réalisée en 2012 par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, qu’il y a un taux de discrimination à l’embauche qui s’élève à 35%. Ce pourcentage est complètement différent entre le secteur public et le secteur privé. Dans le premier cas, nous notons qu’il y a un taux de discrimination de 0% au moment de l’embauche et dans le deuxième cas, nous retrouvons un impressionnant 37%. Finalement, que ce soit pour un emploi qualifié ou non qualifié, les pourcentages sont sensiblement les mêmes. Pour ce qui est des emplois non qualifiés, le taux de discrimination chez les différents immigrants est le suivant : entre 38% et 42% chez les Africains, entre 33% et 35% chez les Arabes et entre 28% et 31% chez les Latino-Américains.

Comme dans l’article précédent portant sur la reconnaissance des diplômes et de l’expérience acquis à l’étranger, nous avons posé une question dans le sondage afin de vérifier si les divers faits se trouvant dans les études correspondent à la réalité vécue par les immigrants. Voici la question qui leur a été posée : « Après combien de temps avez-vous trouvé un emploi? ». Parmi les répondants, 6 personnes ont affirmé qu’ils ont trouvés un emploi moins d’un an après leur venue au Québec et 6 autres répondants ont affirmé qu’ils ont réussi à trouver un emploi plus d’un an après leur établissement. Par la suite, une majorité de personnes ont indiqué qu’ils ne cherchent pas d’emplois puisqu’ils suivent des cours de francisation. Il est important de noter que parmi tous ces répondants, plusieurs n’ont pas répondu à la question suivante qui portait sur la relation entre leur emploi et leur expérience. Il est donc impossible d’affirmer si l’emploi déniché par ces nouveaux immigrants est en concordance avec leurs diplômes étrangers.

Somme toute, il est facile d’établir une relation entre le pays d’origine des immigrants et leur accès au marché du travail québécois. Il est intéressant de se demander, compte tenu de multiethnicité de Montréal, s’il serait nécessaire de tenir une commission publique sur l’intégration des immigrants au Québec, mais plus précisément sur leur intégration au marché du travail qui représente une grande partie de leur vie.

Jean-Nicolas Gosselin

Médiagraphie

Images

Lighttruth, «Happy1»,[En Ligne], https://www.flickr.com/photos/58648496@N02/5379922491/

Article d’un site internet

Radio-Canada, « Étude sur la discrimination à l’embauche : mieux vaut s’appeler Bélanger que Traoré », Ici Radio-Canada, 29 mai 2012, [En ligne], http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2012/05/29/008-etude-discrimination-embauche-montreal.shtml (Page consultée le 20 avril 2015)

Document accessible par internet

Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, «Mesurer la discrimination à l’embauche subie par les minorités racisées : Résultats d’un « Testing » mené dans le grand Montréal », [En ligne], http://www.cdpdj.qc.ca/publications/etude_testing_discrimination_emploi.pdf (Page consultée le 20 avril 2015)

Ministère de l’Immigration et des Communautés Culturelles « Les immigrants et le marché du travail québécois en 2011 », [En ligne], http://www.midi.gouv.qc.ca/publications/fr/recherches-statistiques/ImmigrantsMarcheTravail2011.pdf (Page consultée le 22 février 2015)