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Entrevue avec madame Chung

Le 8 avril 2015, nous nous sommes au centre-ville au restaurant, O’burger Le Resto (1777 avenue McGill College, Montréal) , de madame Chung et monsieur Feng. Nous avons eu la chance d’interroger madame Feng sur divers aspects de l’immigration chinoise. Nous avons choisi cette personne en particulier, car elle correspondait au profil d’immigrant chinois qui nous intéressait. Elle est arrivée au Canada assez récemment, il y a un peu plus de 10 ans. Ce qui fait d’elle une immigrante chinoise de la nouvelle vague. Notamment, parce que celle-ci a fréquenté un institut d’études supérieures à l’école en Chine et elle savait se débrouiller dans les deux langues officielles du pays au moment de son admission. Elle représente l’immigrant typique de cette nouvelle vague d’immigration qui es caractérisée par des individus très scolarisés et possédant les moyens d’investir.
Quelles ont été vos raisons de quitter la Chine ?

Elle souhaitait que ses enfants soient élevés au Canada, parce qu’elle trouve que le climat est davantage favorable au développement d’un enfant. De plus, elle trouve que la Chine est devenue un pays trop pollué contrairement au Canada.
Quelles ont été vos raisons d’immigrer au Canada?
Elle a eu de la facilité à se faire accepter comme immigrante et elle aime la diversité culturelle de Montréal. De plus, la condition de l’environnement canadien est bien mieux que celui de la Chine.
À votre arrivée au Canada, maîtrisiez-vous une des langues officielles? Si oui, laquelle?
Elle a étudié l’anglais et le français en Chine. Elle maîtrisait assez bien les langues pour ce faire accepter au Canada, puis au Québec.
Où vivez-vous?
Elle vit au sud-ouest du centre-ville de Montréal. Aucune information supplémentaire n’a été fournie.
Avez-vous déjà habité dans un quartier chinois?
Non, elle n’a jamais habité dans le quartier chinois.

Pourquoi avez-vous choisi Montréal comme ville d’accueil, plutôt que Vancouver ou Toronto?
Elle est venue, car son professeur de français en Chine lui avait fortement conseillé et elle avait des amis qui avaient déjà émigré au Canada.
Aviez-vous fait des études supérieures en Chine?
Elle a étudié en commerce international.
Avez-vous fait des études supérieures au Canada?
Non, elle n’a pas fait d’études supérieures. Par contre, elle a fait une année de cours d’intégration.
Avez-vous eu de la difficulté à vous trouver un emploi?
Elle n’a pas eu de difficulté à se trouver un emploi. Aucune spécification supplémentaire
Quelles sont les principales différences dans le fonctionnement de l’économie canadienne et l’économie chinoise?
L’économie chinoise augmente beaucoup plus rapidement que celle du Canada. Par contre, elle croit que l’économie canadienne est plus stable et cela la rassure.
Êtes-vous impliqué dans la communauté chinoise?
Non, elle n’est pas active dans la communauté. Tout de même, elle a réussi à se faire un petit groupe d’amis, mais ne connait pas nécessairement les autres immigrants chinois à cause de la diversité de leur provenance à travers la Chine qui est vaste.
Entretenez-vous toujours des liens avec vos proches qui vivent toujours en Chine?
Elle n’a aucun lien avec de la famille en Chine.
Quelles sont les principales différences dans les valeurs, la culture et la population entre le Canada et la Chine?
La Chine est beaucoup plus matérialiste et les inégalités sociales sont beaucoup plus marquées. Il y a également de la discrimination envers les pauvres là-bas tandis que le Canada est beaucoup plus égalitaire.

Quelles sont les principales différences environnementales entre le Canada et la Chine?
L’environnement est beaucoup plus pollué en Chine, la Chine est beaucoup plus bruyante et les habitations en Chine sont moins spacieuses.
En somme, les diverses réponses que nous a transmises madame Feng concordent avec les recherches que nous avions fait.

Le Haut-Commissariat des réfugiés et son rôle au Canada

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Le HCR, Haut-commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés, est une agence des Nations Unies qui a été mise sur pied à la suite de la Seconde Guerre mondiale. À ses débuts, elle avait comme but d’exister pendant trois ans afin de s’occuper des dommages de la Deuxième Guerre mondiale, mais il a été conclu que son existence était justifiée lors de la révolution hongroise en 1956 (HCR, 2015). Nous avons eu la chance, dans le cadre de notre recherche, de poser quelques questions à un ancien adjoint à la protection du bureau montréalais de l’HCR, dont le nom demeure anonyme pour des raisons de confidentialité. Il nous a renseignés sur le rôle de l’HCR et les défis qu’il a relevés lors de son mandat.

UNHCR
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L’HCR au Canada occupe un rôle de surveillance afin de s’assurer que les États qui ont ratifié la Convention de 1951 sur le statut des réfugiés la respectent. L’HCR n’offre aucun service comme tel au Canada, il ne s’occupe pas de l’accueil des réfugiés ou de leur prise en charge en ce qui a trait au logement, à l’aide financière, etc. Ses fonctions sont divisées en quelques volets. Le premier correspond à son mandat de protection. Cela implique que l’HCR vérifie que le Canada respecte adéquatement la Convention, entre autres en observant les audiences servant à déterminer le statut de réfugié de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié. C’est un rôle uniquement d’observation, l’adjoint à la protection ne peut en aucun cas intervenir. Ils font aussi des observations aux frontières, par exemple lorsque quelqu’un demande l’asile à l’aéroport et qu’il y a une entrevue d’éligibilité. Ils peuvent aussi vérifier ce qui se fait à la section de l’immigration lorsque des demandeurs d’asile sont mis en détention ou lorsqu’il y a des enquêtes sur l’admissibilité d’une personne. L’HCR s’occupe aussi de réinstaller des gens admis comme réfugiés à partir de l’extérieur du pays. Ils ont aussi comme rôle de communiquer les informations qu’ils recueillent au Canada durant leurs observations et de faire des collectes de fonds.

L’HCR a une relation privilégiée avec les divers gouvernements. Il conseille et soutien le gouvernement pour l’aider à respecter les politiques internationales. C’est pourquoi les informations recueillies lors des observations sont partagées avec le gouvernement ; ce qui fonctionne bien, ce qui fonctionne moins bien et ce qui pourrait être amélioré. Le bureau de l’HCR émet aussi ses commentaires lorsque de nouveaux projets de loi en lien avec l’immigration humanitaire sortent afin de s’assurer qu’ils respectent les normes internationales.

Ensuite, en ce qui concerne les défis personnels que l’adjoint à la protection a rencontrés, le plus grand était de maintenir une certaine neutralité face à l’État. Cette personne se trouvait dans une situation privilégiée, mais celle-ci demeure une relation diplomatique et très politique. Il devait rester neutre et s’en tenir aux normes internationales, même si celles-ci ne sont pas toujours très concrètes. Ce fut pour elle un défi de discuter avec certains fonctionnaires sans pouvoir réagir avec toute la rage qu’elle ressentait, de s’exprimer contre les injustices dont elle était parfois témoin. C’était un effort constant de ne pas réagir dans une audience lorsque la personne considérait les remarques ou les questions du commissaire comme étant déplacées ou lorsqu’elle avait l’impression qu’il y avait un manque de justice.

Elmira Oskuizadeh, Ariane Primeau et Gabriel Raymond

Bibliographie:

AGENCE DES NATIONS UNIES POUR LES RÉFUGIÉS, Histoire du HCR, [En ligne], http://www.unhcr.fr/pages/4aae621e119.html, Page consultée le 27 avril 2015