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Les Roms d’Espagne: comment sont-ils perçus?

 

Gitano/Gypsy/Roma family, Plaza Major, Trujillo, Extremadura, Spain. Date: April 1996 Source: Photo by Joe Mabel Author: Joe Mabel Permission (Reusing this file) GFDL granted by photographer http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Trujillo_gitanos.jpg
Photo by Joe Mabel, April 1996
http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Trujillo_gitanos.jpg

En Espagne, les Roms se distinguent du reste de la communauté. Ils ne sont pas considérés tout à fait Espagnols.

Divergences

Tout d’abord, ils n’ont pas la même culture que leur pays d’adoption. Les Gitans possèdent leurs propres traditions et valeurs. La famille passe avant tout dans cette communauté. Si un individu est malade, toute la famille doit s’entraider pour le soigner. On valorise aussi le groupe avant l’individu. L’égoïsme est mal vu. La parole est plus importante que l’écrit, c’est pourquoi les femmes sont responsables de transmettre oralement les savoirs aux plus jeunes. Les aînés sont d’une importance capitale. On leur doit respect en tout temps. Les morts occupent aussi une grande place. (Gitanos, 2015) Ainsi, la culture des Roms se distingue de celle des Espagnols. Dans une société où l’individualisme est des plus présents et où les aînés sont vus comme un fardeau, un fossé se crée entre les Gitans et le reste de la population.

L’histoire des Roms aussi est différente. Leur présence en Espagne ne date que du 15e siècle. Les Gitans sont arrivés à la suite de la reconquête sur l’occupation arabe. Leur explication d’arrivée dans le pays est le désir d’effectuer un pèlerinage à St-Jacques-de-Compostelle. Selon l’auteur, ces gens seraient des musiciens qui étaient descendus jusqu’en Andalousie. À l’époque, ils allaient de ville en ville pour jouer de la musique et participer aux différentes fêtes. Ils étaient aimés, car ils divertissaient la population. (François Coupry, 2001)

Leur éducation n’est pas la même non plus. L’analphabétisme est un grand problème chez les Gitans. 40% des Tziganes ne savent ni lire, ni écrire. Cependant, ce pourcentage est en décroissance. En 1977, 80% d’entre eux se retrouvaient dans cette situation. Beaucoup d’enfants ne vont pas à l’école par obligation d’aller travailler ou par devoir d’être femme ou mère pour les filles. (Diane Cambon, 2006)

Les Roms vivent dans des quartiers réservés aux gens du voyage. Les rues y sont en asphalte défoncé, pleines de déchets, d’électroménagers endommagés et de nombreux chiens errants s’y promènent. Les maisons sont préfabriquées ou improvisées. El Vacie est le plus grand et le plus ancien bidonville d’Europe. La moitié des Gitans d’Espagne y vivent. Elle se situe dans la banlieue de Séville et le quartier s’étend sur deux kilomètres avec plus de 200 familles. (Diane Cambon, 2006)

Toutes ces divergences font en sorte que les Roms sont marginalisés en Espagne. Ils sont différents et forment donc une classe à part. C’est pourquoi ils vivent ensemble, isolés des autres. Un des problèmes dans ce pays semble être le désintérêt de la population pour les Gitans. En effet, la population gitane n’est pas une priorité. C’est donc ce qui les conduit vers l’exclusion sociale et la misère. Cependant, même s’ils sont mal vus, ils ne sont pas une cible pour les autorités. Alors qu’en France on démantèle les campements, en Espagne ils sont plus libres quant à leurs logements. Les installations sont le dernier des soucis de l’administration espagnole. Personne ne s’occupe du phénomène même si des fonds européens sont disponibles pour ce genre de cas. Leur façon de vivre en Espagne est dite inclusive. On y instaure des politiques d’intégration afin de favoriser leur accès à l’emploi, aux services de santé, aux logements et à l’éducation. (Le Huffington Post, 2013)

Intégration

Le Roms d’Espagne s’intègrent bien à leur pays contrairement à d’autres pays comme l’Italie. L’Espagne a instauré de nombreuses politiques d’intégration et mise sur la tolérance. C’est d’ailleurs ce qui fait le succès de leur intégration. Selon une étude menée par l’institut Open Society, 53% des Roms qui avaient émigré en Espagne avaient un emploi contrairement à plusieurs communautés ou le chômage est à son apogée. Leur domaine principal est l’agriculture. Les conditions de vie diffèrent dans chaque pays. Alors qu’en Roumanie et Bulgarie, seulement 20% des Roms ont accès à des toilettes correctes, en Espagne ce taux augmente à 95%. Les conditions de vie y sont meilleures. (Laurence Nauer, 2012) L’Espagne serait le pays où ils sont le mieux intégrés. Les autorités locales ont lancé un plan reposant sur quatre piliers qui a coûté plus de 100 millions d’euros. Ils misent sur l’éducation, la santé, le logement et les actions en faveur des femmes. Madrid se distingue aussi par ses enseignements basés sur l’égalité de traitement et la discrimination ethnique. (Alexandre Boudet, 2013)

Lutte

Les Gitans se reprennent peu à peu en main. Les jeunes vont en garderie et sont éduqués, les femmes militent et joignent des associations. Elles ne suivent plus la tradition pour ce qui est de leur rôle. L’éducation et la panoplie d’enfants ne semblent plus être leur priorité. Elles ont même organisé leur premier sommet à Grenade. De nombreux services sont aussi offerts à la population gitane tels des ateliers pour leur montrer qu’il y a une vie hors des quartiers. Par exemple, on leur propose « Auto estime » ou « Choisis pour toi » afin qu’ils soient plus outillés. (Diane Cambon, 2006)

Au Cégep Gérald-Godin

Nous avons effectué un sondage afin de connaître la perception des étudiants sur la population gitane.

Les résultats du sondage sont clairs. La majorité des des étudiants du Cégep Gérald-Godin ne connaissent pas les Roms.  Nous avons constaté que les préjugés sont bel et bien nombreux auprès des étudiants. Même s’ils ne connaissent pas les gens du voyage, leur perception de ceux-ci est plutôt négative. Les Roms sont vus comme voyous, voleurs, fardeaux alors que leur réalité est pourtant bien différente.

Alycia Leduc

Médiagraphie

BOUDET Alexandre. « Roms en Europe : comment les gouvernements répondent à la question », Le Huffington Post, [En ligne], http://www.huffingtonpost.fr/2013/09/29/roms-europe-gouvernements-reponse_n_3980507.html (page consultée le 15 février 2015)

CAMBON Diane. « Les Gitans en Espagne », Rencontres Tsiganes, [En ligne], http://www.rencontrestsiganes.asso.fr/spip.php?article309 (page consultée le 15 février 2015)

COUPRY François. Les Gitans, Toulouse, Les Essentiels Milan, 2001, (p. 20-21)

Le Huffington Post, « La France expulse les Roms et démantèle leurs campements, tandis que l’Espagne les ignore », Le Huffington Post, [En ligne], http://www.huffingtonpost.fr/2013/10/05/france-expulse-roms-espagne-ignore_n_4047842.html (page consultée le 15 février 2015)

NEUER Laurence. « Les Roms bulgares et roumains s’intègrent bien en Espagne selon une étude », Le Point, [En ligne], http://www.lepoint.fr/societe/les-roms-bulgares-et-roumains-s-integrent-bien-en-espagne-selon-une-etude-28-06-2012-1478716_23.php (page consultée le 15 février 2015)

« La población gitana española », Gitanos, [En ligne], http://www.gitanos.org/publicaciones/guiasalud/cultura_02 (page consultée le 15 février 2015)