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L’immigration clandestine en Espagne: la réaction de la société espagnole

Le racisme et la xénophobie

Le gouvernement espagnol adopte différentes mesures politiques  (L’immigration clandestine en Espagne: les mesures politiques et la sécurité des frontières) dans le but d’aider les immigrants à s’intégrer dans la société et le fonctionnement de celle-ci. Cependant, la plupart d’entre elles vont s’appliquer seulement aux personnes immigrantes vivant légalement en Espagne et par conséquent, elles vont exclure les immigrants illégaux. C’est ainsi que s’installe cette haine envers les clandestins et la discrimination qui est faite envers ceux-ci. En effet, ils sont vus « comme des “mauvais” migrants » (Europe, conseil de l’Europe: Assemblée parlementaire, 1999), puisqu’ils nuisent à la migration légale et à leur intégration dans le pays.

La proximité du Maroc de l'Espagne
La proximité du Maroc de l’Espagne

Le groupe souffrant le plus de racisme et xénophobie est sans aucun doute celui des Marocains, puisque le Maroc est le pays le plus près de l’Espagne et donc, le plus grand flux migratoire provient de ce pays. Ces Marocains, communément appelés sous le terme péjoratif « los moros », sont les plus pauvres et les plus marginalisés des immigrants en Espagne. Également, ceux-ci ont l’impression d’être exclus de cette société (Khachani, 2011).

Il est donc très difficile pour ce groupe de s’intégrer à la communauté espagnole, car, en plus d’être victimes de discrimination, les Espagnols craignent que ceux-ci envahissent leur territoire. En effet, selon un sondage diffusé dans le quotidien El Pais, environ 80 % d’entres eux appréhendent le fait qu’il y a une possibilité d’une invasion de migrés (Khachani, 2011).

Une maison dans un quartier pauvre
Une maison dans un quartier pauvre

Par contre, les Marocains ne sont pas le seul groupe victime de racisme et de xénophobie dans la société. Il y a les Chinois, les Latino-américains, les roumains, etc. La plupart d’entre eux vivent, comme les Marocains, dans la pauvreté et cela va amener la formation de ghettos qui seront la cible de nombreux préjugés et de racisme comme c’est le cas de la ville de Palma ( M. Gonzales Pérez et Somoza Medina, 2004).  Dans ces quartiers, il y a énormément de ségrégation sociale, économique et culturelle basée sur l’ethnie et la culture du migrant. La situation est encore pire pour les clandestins, puisque ceux-ci n’ont pas accès aux services sociaux offerts à la population, car en arrivant au pays, ils n’ont aucun document officiel légal. Ainsi, « par leur situation juridique irrégulière [les clandestins] sont sans aucun doute ce[ux] qui souffrent le plus des situations d’exclusion sociale » (Agrela Romero, 2001).

Également, la crise économique (L’arrivée clandestine pour l’économie espagnole : un atout ou un fardeau?) de 2008 a certainement eu un impact sur cette manière de penser puisque beaucoup d’Espagnols craignent que les immigrants, légaux ou pas, « volent » leurs emplois. La discrimination faite au travail est très fréquente en Espagne parce que près de 46 % des Espagnols considèrent que le nombre d’immigrants sur leur territoire est excessif et 31 % croit qu’il est élevé. À dire vrai, « on ne te dit pas directement qu’on ne veut pas t’embaucher parce que tu es marocain, mais on t’explique qu’on préfère des gens d’ici » (De Taillac, 2010).

Finalement, ces changements de mentalité vont aussi être grandement influencés par les médias, qui créer une image très négative de l’immigration et qui sépare les étrangers de la population espagnole. Par exemple, ils présentent le « Eux » comme une menace à la culture, puisque les Marocains sont musulmans et ainsi, ils ne sont pas aptes à s’intégrer dans la population espagnole (Carnet, 2011). Les médias ont tendance à déformer l’image des immigrants illégaux en les associant, par exemple, à la criminalité, pour que la société les craigne et ne veulent pas d’eux sur leur territoire. C’est ainsi que les propos racistes et xénophobes commencent à faire surface.

La mentalité de la société espagnole a évolué et s’est modifiée à la suite de ces grands mouvements de population dans le pays.

 

L’éducation des mineurs

Dans le but de faciliter l’accueil des jeunes immigrants dans le pays, lors de leur cours à l’école, ceux-ci apprennent tous les éléments en lien avec la culture espagnole comme la langue par exemple. Par contre, il n’est pas toujours évident pour l’enfant d’apprendre la langue, ce qui fait qu’il prend du retard dans tout le reste des autres matières qu’il voit. Également, la scolarisation est souvent tardive, due à l’accroissement du regroupement familial. Ainsi, il y a, dans la plupart des cas, un manque de motivation pour l’école, puisque ces jeunes étrangers vivent toutes sortes de situations difficiles et n’ont pas nécessairement le soutien d’une personne à les encourager à poursuivre leurs études (Garreta Bochaca et Llevot Calvet, 2001).

De plus, les immigrants, légaux ou illégaux, sont souvent victimes de discrimination pour différentes raisons. Cela est une des raisons pourquoi il est difficile pour les enfants immigrés de comprendre l’utilité de l’éducation, alors que dès qu’ils se présentent à l’école, ceux-ci sont critiqués par des propos racistes et xénophobes (Garreta Bochaca et Llevot Calvet, 2001).  Bref, il est difficile pour ces jeunes étrangers de se présenter à l’école, par crainte de représailles des autres.

Solution?

Une des solutions pour régler le problème de la clandestinité est, malgré qu’elle soit très idéaliste, d’éliminer l’inégalité des richesses dans le monde. Une des raisons qui poussent les individus à quitter leur pays est la recherche d’une vie meilleure quant à leur emploi, leur habitation, leur accès à de la nourriture, etc. (Mythes et réalité par rapport à la clandestinité). Donc, en supprimant cette inégalité, personne ne fuirait leur pays et il n’y aurait pas ou peu de clandestins dans le monde. Aussi, il y aurait moins de discrimination envers les autres.

Ashley Riley

Médiagraphie

  • AGRELA ROMERO, Belén. Politiques d’action sociale auprès de la population immigrante étrangère en Espagne : approximations du schéma d’intervention à partir du travail social, [En ligne], 2001, http://erudit.org/revue/nps/2001/v14/n1/008344ar.pdf (page consultée le 10 février 2015)
  • CARNET, Pauline. PASSER ET QUITTER LA FRONTIERE? Les migrants africains « clandestins » à la frontière sud espagnole, [En ligne], 20 septembre 2011, https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00691680/document, p. 122 (page consultée le 17 février 2015)
  • EUROPE, CONSEIL DE L’EUROPE : ASSEMBLÉE PARLEMENTAIRE. Migration clandestine du sud de la Méditerranée vers l’Europe, 21 décembre 1999, [En ligne], http://assembly.coe.int/ASP/Doc/XrefViewHTML.asp?FileID=8815&Language=fr (page consultée le 10 février 2015)
  • GARRETA BOCHACA, Jordi, et Núria LLEVOT CALVET. Immigration, éducation et intégration en Catalogne (Espagne), [En ligne], 2001, http://www2.cndp.fr/archivage/valid/22707/22707-4165-3972.pdf (page consultée le 17 février 2015)
  • GONZALES PÉREZ, Jesús M., et José SOMOZA MEDINA. « La ville multiculturelle en Espagne », dans CYBERGÉO, Territoire et immigration en Espagne. Une étude de cas en Palma de Mallorca et León, [En ligne], http://cybergeo.revues.org/2440 (page consultée le 11 février 2015)
  • KHACHANI, Mohamed. Simposio internacional : Inmigración y Globalización, Los migrantes marroquíes en España, [En ligne], 2011, http://www.funciva.org/uploads/ficheros_documentos/1296039148_m_khachani.pdf (page consultée le 10 février 2015
  • TAILLAC, Mathieu de. « L’Espagne en crise se retourne contre ses immigrés », Le figaro, 5 mars 2010, [En ligne], http://www.lefigaro.fr/international/2010/03/05/01003-20100305ARTFIG00293-l-espagne-en-crise-se-retourne-contre-ses-immigres-.php (page consultée le 11 février 2015)