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Le tourisme sexuel et la loi

Tout d’abord, il serait pertinent de mentionner ce qu’est le tourisme sexuel impliquant des enfants, car c’est la branche du tourisme sexuel qui est officiellement illégal au Canada. En effet, celui-ci est défini comme étant  «l’exploitation sexuelle d’enfants à des fins commerciales par des individus qui voyagent d’un endroit à l’autre et qui y ont des rapports sexuels avec des enfants» (Le Bureau international des droits des enfants, 2012). En général, même si le touriste sexuel qui ne recherche pas spécifiquement des enfants n’a pas de profil type, le touriste sexuel recherchant des enfants semble en avoir un. Ceux-ci sont souvent des hommes, dont la provenance serait l’Amérique du Nord ou encore, l’Europe de l’Ouest qui veulent voyager dans les pays en développement (Le Bureau international des droits des enfants, 2012). On constate que les Canadiens ont des préférences en matière de pays émetteurs dans lesquels il est possible de faire du tourisme sexuel impliquant des enfants. Ceux-ci se rendent plutôt dans des endroits tels que les Caraïbes ainsi que l’Amérique latine étant donné qu’ils ont l’avantage d’être plus accessibles, au niveau des coûts et aussi, au niveau géographique (Le Bureau international des droits des enfants, 2012). De plus, on observe que les victimes juvéniles des touristes sexuels canadiens ont un profil particulier. Celles-ci sont en général, «touchées par la pauvreté, issues de groupes minoritaires, dépendantes des activités économiques saisonnières, enfants victimes de violence ou de négligence familiale, orphelins atteints du virus du sida» (Le Bureau international des droits des enfants, 2012).

La loi

En 1997,  des changements ont été apportés au Code criminel du Canada pour permettre aux tribunaux canadiens de traiter les actes d’exploitation sexuelle impliquant des enfants commis à l’étranger. Cependant, aucune infraction n’a été présentée aux tribunaux jusqu’à présent, en raison d’une restriction stipulant que la plainte de l’infraction sexuelle doit être fournie par le pays étranger. Dans l’optique de corriger cette faille, le projet de loi C-15 a été présenté et est présentement en processus de révision (Balassoupramaniane, 2015).  Cette loi vise à ajouter de nouvelles infractions au Code criminel et à permettre aux tribunaux de sévir plus facilement dans les cas de tourisme sexuel impliquant des enfants et l’exploitation sexuelle d’enfants sur Internet. Elle permettrait aux tribunaux de recevoir des poursuites pour infractions sexuelles contre des enfants, sans demande du pays étranger, contre des citoyens canadiens ou des résidents permanents. Cependant, il est à remarquer que le Code criminel canadien ne pénalise pas spécifiquement le tourisme sexuel effectué sur des personnes majeures considérées consentantes (Balassoupramaniane, 2015).

Attribution : Rifqi Jamil (Own work) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons
Attribution : Rifqi Jamil (Own work) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

Cas au Canada

Depuis l’adoption de cette loi en dans les années 1997, cinq Canadiens ont été reconnus coupable d’avoir impliqué des enfants étrangers dans des activités sexuelles. En 2005, c’est la première fois qu’un individu doit faire face à cette loi. En effet, Donald Bakker, un homme de 41 ans, est accusé à Vancouver d’avoir agressé sexuellement 51 individus, mais plus particulièrement, il aurait exploité sexuellement sept enfants d’origine cambodgienne âgés entre sept et douze ans (Journal Métro Montréal, 2005). Il y avait 16 chefs d’accusation contre lui liés à l’exploitation sexuelle d’enfants et 22 autres liés à l’agression sexuelle de prostitué vivant à Vancouver , et cet homme doit faire dix ans de prison pour purger sa peine (Journal Métro Montréal, 2005). Ensuite, en 2008, il y a eu le premier cas québécois avec Denis Rochefort, accusé d’avoir agressé sexuellement six enfants haïtiens âgés entre 14 et 16 ans. Celui-ci a fait deux années de prison, car il avait six chefs d’accusation contre lui (Benjamin, 2008). Pour continuer, il y a eu le cas d’Armand Huard en 2008, condamné à 3 ans de prison (Le Bureau international des droits des enfants, 2012). Un des cas les plus récents est celui de Christopher Neil, condamné à neuf années de prison et finalement, le cas le plus récent, est celui de Kenneth Klassen accusé en 2010 d’avoir agressé sexuellement dix-sept jeunes filles dans plusieurs pays : le Cambodge, les Philippines ainsi que la Colombie. Ce dernier est condamné à onze années de prison (Le Bureau international des droits des enfants, 2012).

Actions posées pour contrer le tourisme sexuel

Enfin, plusieurs organismes et groupes importants luttent contre l’abus sexuel effectué sur les enfants. Il est possible de prendre l’exemple du Bureau international des droits des enfants (IBCR), qui s’allie avec plusieurs acteurs de la société dans le but de contrer tous les types d’activités impliquant les enfants.  En effet, il s’est associé avec des organismes tels que One Child et Plan Canada, ainsi qu’avec des autorités comme le Gouvernement canadien ou encore, avec des compagnies du secteur privé tel que des agences de voyages. Cette association visait à soutenir la  campagne de sensibilisation présentée en 2010 par l’IBCR. Cette campagne visait à «[i]nformer les Canadiens des conséquences juridiques et sociales du tourisme sexuel impliquant des enfants (TSIE) ainsi que les sensibiliser sur la loi extraterritoriale du Canada» (Le Bureau international des droits des enfants, 2012). Ensuite, son deuxième but était de sensibiliser les Canadiens à rester attentif lorsqu’ils partent en voyage, afin de dénoncer toute activité sexuelle effectuée avec des enfants faits par d’autres Canadiens (Le Bureau international des droits des enfants, 2012).

Eva Lefebvre

Médiagraphie :

Document accessible par internet

BALASSOUPRAMANIANE, Indragandhi. «Le tourisme sexuel», dans Barreau du Québec, Barreau du Québec, [en ligne], http://www.barreau.qc.ca/pdf/journal/vol33/no21/tourisme.html (page consultée le 22 janvier 2015)

Le bureau international des droits des enfants, La lutte contre le tourisme sexuel impliquant des enfants avec la participation du secteur privé du tourisme et du voyage et du public canadien, [en ligne], 2012, http://www.ibcr.org/images/contenu/publications/Tourisme-sexuel-int-lowres-fr.pdf (page consultée le 25 avril 2015)

Article tiré d’une base de données

Journal Métro Montréal, «10 ans pour un touriste sexuel», Journal Métro Montréal, [en ligne], 2005, p.3, dans Eurêka (page consultée le 25 avril 2015)

Article d’un site internet

BENJAMIN, Guy. «Deux ans de pen pour Rochefort, le coopérant abuseur», dans Guy BENJAMIN, La Presse, [en ligne], http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/justice-et-faits-divers/200811/14/01-800853-deux-ans-de-pen-pour-rochefort-le-cooperant-abuseur.php (page consultée le 25 avril 2015)

 

Le tourisme culturel est-il vraiment positif?

Le tourisme culturel a de nombreux avantages, tant au niveau économique que culturel. Par contre, on parle de plus en plus des effets pervers de ce phénomène et, même s’ils ne font pas l’unanimité, ils en inquiètent plus d’un. Ainsi, il est à se demander s’il s’agit vraiment d’un bon phénomène ou si ses risques dépassent ses bénéfices. C’est ce que nous tenterons d’éclaircir dans cet article.

Conséquences positives

D’abord, le tourisme culturel permet à certaines villes dont la majeure partie des attractions est semblables à celle des autres, de s’en distinguer et d’attirer plus de visiteurs par la présentation d’attraits uniques. (Origet du Cluzeau, 2006) Les lieux sont effectivement en compétition entre eux, puisque l’offre touristique augmente. Il est donc de plus en plus important pour une ville de se différencier des autres. La culture est un bon moyen de le faire, puisque chaque endroit a son identité propre, qui passe par ces monuments, mais aussi ses événements, sa langue, ses habitus et bien d’autres.

Ensuite, le tourisme culturel a de nombreux avantages économiques. Il permet en effet de stimuler l’économie d’un endroit, ce qui crée des emplois. (Origet du Cluzeau, 2006) En plus, plusieurs gouvernements, comme celui du Québec, subventionnent les attraits touristiques culturels, ce qui permet aussi de créer et maintenir des emplois et diminue de ce fait le taux de chômage. (Ministère du  tourisme du Québec, 2010)

Ce phénomène permet aussi d’augmenter le chiffre d’affaire de nombreuses entreprises. Premièrement, il augmente celui des activités touristiques culturelles telles les musées. La part de marché du tourisme culturel par rapport à l’ensemble des visiteurs de musées est très variable selon les endroits et peut atteindre 85% de touristes culturels. (Origet du Cluzeau, 2006) À titre de d’exemple, la Direction de Musées de France évalue que «60% de leur fréquentation émanerait des touristes». (Origet du Cluzeau, 2006) On peut donc conclure que «le tourisme tient une part prépondérante dans les effectifs de fréquentation de tous les sites et manifestations culturels. La survie de certains dépend d’ailleurs entièrement du tourisme.» (Origet du Cluzeau, 2006) Les retombées économiques qu’il amène sont pourtant majoritairement indirectes et le prix pour accéder aux activités ne représente que 3% du budget journalier des touristes. (Origet du Cluzeau, 2006) Ceux-ci dépensent effectivement aussi pour le transport, l’hébergement, la restauration et autres, ce qui contribue à augmenter les profits de nombreuses entreprises. (Office québécois de la langue française, 2005)

De plus, la hausse de la qualité demandée par les touristes amène une amélioration des activités culturelles. En effet, «[l]e public recherche l’insolite, l’inattendu et ne se contente plus d’être passif devant le monument». (Colardelle et Monferrand s.d.) Les activités deviennent donc de plus en plus animées et expliquées, et celles qui se conforment à cette nouvelle demande réussissent à attirer les touristes plus longtemps.

 

Conséquences négatives

Par contre, le tourisme culturel peut avoir des conséquences négatives dans certains cas. En effet, il peut amener l’augmentation des prix des biens et services et des propriétés foncières, ce qui est nuisible pour les habitants. (Origet du Cluzeau, 2006)

Source : "Angkor Wat" by Bjørn Christian Tørrissen - Own work. Licensed under GFDL via Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Angkor_Wat.jpg#/media/File:Angkor_Wat.jpg
Source : « Angkor Wat » by Bjørn Christian Tørrissen – Own work. Licensed under GFDL via Wikimedia Commons – http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Angkor_Wat.jpg#/media/File:Angkor_Wat.jpg
By Charlesjsharp (Own work) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons
By Charlesjsharp (Own work) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

Sur le plan de l’environnement, selon plusieurs, le tourisme culturel aurait des «effets négatifs sur le patrimoine», en engendrant une «usure prématurée des monuments», à cause de leur surfréquentation et des «dégradations involontaires ou [du] vandalisme». (Colardelle et Monferrand s.d.) Plusieurs touristes endommagent en effet les objets culturels qu’ils visitent, par exemple, en gravant leurs noms sur les murs de plusieurs temples comme celui d’Angkor Vat au Cambodge. (Bommelaer, 2015) Puis, même si ce n’est pas dans leur intention, les touristes contribuent à la dégradation de nombreux lieux seulement par leur présence, puisqu’ils y sont trop nombreux. Par exemple, le sol du Machu Picchu au Pérou s’effrite à cause du trop grand nombre de visiteurs. Ensuite, cette activité produit de nombreux déchets qui sont nuisibles pour l’environnement et amène une grande consommation d’eau dans les hôtels, qui draine la nappe phréatique et amène lentement les temples à s’effondrer, par exemple au Cambodge.

Source : "Lascaux painting" por Prof saxx - Obra do próprio. Licenciado sob CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Lascaux_ painting.jpg#/media/File:Lascaux_painting.jpg
Source : « Lascaux painting » por Prof saxx – Obra do próprio. Licenciado sob CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons – http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Lascaux_ painting.jpg#/media/File:Lascaux_painting.jpg

À cause de ces problèmes, certains sites doivent être fermés pour éviter qu’ils ne soient complètement dégradés, comme la grotte de Lascaux en France, qui a été fermée suite aux nombreux dommages dues à un trop grand nombre de visiteurs. (Bommelaer, 2015) D’autres sites doivent restreindre leur accès pour ne pas aggraver leur détérioration, comme le Machu Picchu. Puis, certains sites planifient plutôt d’encourager les gens à visiter d’autres monuments pour limiter la dégradation des plus populaires, comme celui d’Angkor Vat.

Finalement, le tourisme culturel amène une vulgarisation pour être compris de tous qui rendrait selon certains les objets culturels vulgaires, au sens péjoratif du terme. Le fait de rendre plus compréhensible obligerait à diminuer l’information et l’authenticité de ceux-ci, ce qui n’est pas souhaitable aux yeux de plusieurs (Colardelle et Monferrand s.d.).

 

Conclusion

Par contre, les conséquences négatives du tourisme culturel sont loin de faire l’unanimité et plusieurs spécialistes croient qu’il s’agit de généralisations abusives, puisque ces impacts ne sont vrais que dans un pourcentage minime des cas. Surtout dans le cas de la vulgarisation, plusieurs spécialistes s’entendent pour dire qu’elle ne pose aucun problème (Colardelle et Monferrand s.d.). Par rapport aux problèmes de surfréquentation, il semble qu’elle soit à l’origine de problèmes de dégradation que pour une petite partie des objets culturels qui existent. Ainsi, il semble que de limiter l’accès aux sites pour éviter l’endommagement où cela est nécessaire serait une bonne manière de les préserver et d’équilibrer le nombre de visiteurs parmi les objets culturels. Quant à la pollution, la limitation semble aussi une bonne idée, puisqu’elle permettrait de mieux répartir les touristes et de préserver l’environnement. Ces solutions permettraient de contrer les problèmes existants, tout en préservant le tourisme culturel et ses avantages.

Selon les lectures faites dans le cadre de ce travail, le tourisme culturel semble amener plus de bénéfices que de risques, surtout que plusieurs conséquences négatives ne font pas l’unanimité des experts. Ce phénomène serait donc généralement positif.

 

Alexe Champagne-Lessard

 

Médiagraphie:

BOMMELAER, Claire. «La face noire du tourisme de masse», Le Figaro, [En ligne], no. 21934 (14 février 2015), p.31, dans Eureka, (Page consultée le 21 février 2015)

COLARDELLE, Michel et Alain MONFERRAND. «Tourisme culturel», Encyclopædia Universalis, [En ligne], http://ressources.cgodin.qc.ca:2066/encyclopedie/tourisme-culturel/ (Page consultée le 19 février 2015)

MINISTÈRE DU TOURISME DU QUÉBEC.  Diagnostic – Tourisme culturel Volet industrie événementielle, [En ligne], 2010, http://www.tourisme.gouv.qc.ca/publications/media/document/etudes-statistiques/diagnostic-tourisme-culturel-2010.pdf (Page consultée le 15 mars 2015)

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. «Tourisme», Grand dictionnaire terminologique, [En ligne], http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=8355489 (Page consultée le 19 mars 2015)

ORIGET DU CLUZEAU, Claude. Texte de la 608e conférence de l’Université de tous les savoirs donnée le 12 janvier 2006- Claude Origet du Cluzeau: «Le tourisme culturel», [En ligne], 2006, http://download2.cerimes.fr/canalu/documents/utls/download/pdf/120106.pdf (Page consultée le 21 février 2015)

Cueillette de données sur les différents types de tourisme

Le phénomène du voyage a toujours existé. En effet, l’Homme a toujours été en mouvement. Migrations, conquêtes militaires, échanges commerciaux, pèlerinages, sont toutes des formes de voyage qui ont marqué l’histoire de l’humanité (WACKERMANN, 2008). D’abord destiné à la classe aisée, le tourisme est aujourd’hui  un des plus importants loisirs de masse et il engendre les plus grandes migrations que l’humanité n’ait jamais connues. Dans le cadre du cours de DIA, nous avons décidé de faire notre projet sur le tourisme et ses différentes formes, soit le tourisme culturel, humanitaire, écologique et sexuel. Ces quatre types de tourisme nous aiderons à former un portrait global de cette activité en constante évolution qu’est le tourisme et les entrevues et sondage effectués nous permettront de vérifier que la réalité est conforme à la théorie.

Entrevue sur le tourisme culturel avec une passionnée d’histoire

Droits d'auteurs: Alexe Champagne-Lessard
Droits d’auteurs: Alexe Champagne-Lessard

«Pratiquer le tourisme culturel m’apporte une richesse et des connaissances»

La personne interrogée à propos du tourisme culturel est Josée Champagne, qui pratique cette activité depuis une trentaine d’années. Cette entrevue est venue appuyer les recherches effectuées dans le cadre de ce travail, car les réponses de cette touriste allaient dans le même sens. Elle pratique effectivement le tourisme culturel pour élargir ses connaissances, car elle a un intérêt pour la culture. Elle choisit ses destinations en fonction du temps alloué au voyage et en fonction d’objets culturels précis qu’elle désire visiter. Les objets culturels quant à eux sont choisis par elle en fonction de leur potentiel de découverte et de l’histoire qui y est attachée. Elle a maintenant tendance à visiter plutôt l’extérieur du Québec, parce qu’elle a énormément visité la province précédemment et a vu beaucoup de ses attraits. Elle a donc d’abord priorisé le Québec et maintenant qu’il est visité, elle va ailleurs. Elle visite des musées et monuments et va voir quelques spectacles, mais en tant que passionnée d’histoire, elle se concentre sur les musées et monuments historiques. Madame Champagne possède un diplôme universitaire (baccalauréat et un an de maîtrise) et voyage à chaque année ou aux deux ans. Elle avoue ne pas tenir compte des impacts environnementaux de ses pratiques touristiques, puisqu’elle axe plutôt l’organisation de celles-ci sur les attraits qui l’attirent. Le tourisme culturel lui amène finalement beaucoup de culture, de connaissances et de richesses qu’elle peut utiliser dans sa vie courante.

Entrevue sur l’écotourisme avec un passionné de la nature!

« L’écotourisme est une activité touristique                                qui est axée sur l’émerveillement des beautés naturelles, mais qui est conduite dans le respect de l’écosystème. »

Droits d'auteurs : Julie Simone Hébert
Droits d’auteurs : Julie Simone Hébert

Vincent Brodeur, un biologiste de formation âgé de 38 ans, est l’expert qui a répondu aux questions sur le tourisme écologique. Selon lui, « l’écotourisme est une activité touristique qui est axée sur l’émerveillement des beautés naturelles, mais qui est conduite dans le respect de l’écosystème ». Ainsi, c’est une façon intelligente de voyager et de découvrir la nature sans compromettre sa beauté. Son plus beau voyage écotouristique a été un voyage à vélo en Asie, où il s’est déplacé dans différents types d’écosystèmes, que ce soit sur le bord de la mer ou dans les forêts tropicales inaccessibles. Selon lui, un voyage écotouristique typique se fait grâce à une agence de voyages ou un service offert dans des parcs régionaux.

Toujours selon ce dernier, l’écotourisme génère des avantages économiques dans certains milieux tout en protégeant leurs écosystèmes. Cependant, si ce type de tourisme n’est pas fait de façon intelligente, il peut nuire à l’intégrité du milieu naturel. Finalement, le conseil pratique de Vincent Brodeur pour celui qui désire faire un voyage écotouristique est de prendre son temps, c’est-à-dire qu’il ne faut pas avoir un horaire trop chargé lorsqu’on voyage. Il faut prendre le temps de s’arrêter, de vivre le moment présent et de rester suffisamment longtemps à un endroit pour l’apprécier à sa juste valeur.

Entrevue avec deux touristes humanitaires passionnées

Dans la recherche sur le travail humanitaire, deux personnes ont été interrogés. Il s’agit de Nelly Sprengers (50 ans), ayant fait un voyage humanitaire au Pakistan dans les années 1980, et Jessica Debanné (18 ans) ayant fait un voyage humanitaire au Sénégal en 2014.

FullSizeRender   «C’était une sœur hollandaise qui avait commencé un orphelinat pour les enfants handicapés. Je suis partie sur un coup de tête avec deux amies. Je pensais rester quelques semaines,mais j’y ai passé 6 mois- Nelly Sprengers»

L’entrevue avec ces deux personnes a permis de recueillir des informations variées sur la perception qu’elles ont eue de leur expérience en tant que touristes humanitaires et des impacts que cette activité a sur les populations aidées. Les entrevues effectuées avec ces expertes nous ont permis de faire une comparaison de la pratique entre ce qu’elle était lors de son apparition et ce qu’elle est devenue aujourd’hui. Les principales différences soulevées entre leurs expériences sont au niveau de l’organisation du tourisme humanitaire. En effet, aujourd’hui c’est souvent par l’entremise d’agences de voyages que s’organisent les voyages humanitaires, alors qu’autrefois c’était grâce à de petits organismes locaux. Cependant, les deux personnes interrogées ont relevé que leur voyage leur avait transmis des valeurs similaires, notamment l’entraide, la tolérance, la solidarité et la débrouillardise. Ainsi, même si le phénomène a changé au cours des années, ses principes fondateurs sont toujours les mêmes.

402050_10151016939073215_1637042659_n« Quand je suis partie en voyage humanitaire je pensais arriver là-bas et changer les choses. C’est pourtant l’inverse qui s’est produit : je suis sortie de mon voyage transformée. Je pense que les gens là-bas ont beaucoup à nous apprendre. –Jessica Debanné »

Sondage sur le tourisme sexuel

En ce qui a trait au tourisme sexuel, un sondage a été effectué. La population visée est les habitants de l’ouest de l’île de Montréal et l’échantillon est composé de 25 jeunes adultes de notre entourage (collègue de classe, amis, famille). Ceux-ci ont été questionnés dans le but d’avoir un portrait global des connaissances des jeunes sur ce type tourisme. En effet, nous avons pu constater que 88% des répondants savent que le tourisme sexuel est en expansion. Ensuite, seulement 32% des jeunes questionnés connaissent l’ampleur des gens qui choisissent leur destination de voyage selon l’offre sexuel. Pour continuer, la majorité (88%) sait que le tourisme sexuel est présent au Québec et la même proportion est au courant que les jeunes enfants sont touchés par cette activité. Malheureusement, l’écrasante majorité (voir graphique ci-bas)  des répondants pensent que ce type de tourisme est illégal, cependant, il ne l’est pas. Ce qui est illégal, ce sont les activités sexuelles exercées sur les enfants. De plus, la majorité des jeunes du sondage (76%) savent que le touriste sexuel peut avoir n’importe quel profil socioéconomique et qu’il n’a pas de profil type. Finalement, 52 % croit qu’on peut freiner ce problème par les lois, 36% ne pense pas que c’est possible et 12% n’est pas certain. Enfin, on constate que les jeunes ont de bonnes connaissances globales, mais moins bonnes lorsqu’on parle plus spécifiquement.

Par Eva Lefebvre
Par Eva Lefebvre

En conclusion, bien que le tourisme soit un loisir de masse alimentant le rêve et une source de loisirs non négligeable dans notre univers mental, tous les types de tourisme que nous avons étudiés comptent leur lot d’effets néfastes et d’ambigüités. Le tourisme reste cependant une manifestation qui ne cessera pas de prendre de l’expansion dans les prochaines années, car il est de plus en plus facile d’accès grâce aux nouvelles infrastructures de transport. Il s’agit donc d’un phénomène d’une grande complexité, qui n’est ni tout noir ni tout blanc, et qu’il faudra apprendre à exploiter avec plus d’adresse si on veut qu’il continue de bénéficier autant aux touristes qu’aux terres d’accueil.

Alexe Champagne-Lessard, Héloïse Downs, Eva Lefebvre et Laura Wener

Le tourisme culturel d’hier à aujourd’hui

 

Le tourisme culturel a une des histoires les plus longues des types de tourisme et est le plus ancien dont parle ce travail. Il a évidemment beaucoup évolué depuis ses débuts, mais n’a jamais perdu d’ampleur, et c’est à cette évolution qu’est dédiée cet article.

Il est important de mentionner que les données sur le tourisme culturel sont peu nombreuses, bien qu’on en prélève de plus en plus. (Fourteau, 2006) La France se démarque ainsi du reste du monde, car on connaît plusieurs informations à propos de ce phénomène sur son territoire. Ceci explique donc que les exemples compris dans cet article viennent majoritairement de ce pays, bien qu’ils décrivent des tendances mondiales.

Création

Le tourisme prend plusieurs formes, qui se sont développées à travers le temps. Ainsi, le second plus ancien type de tourisme, précédé par le pèlerinage, est le tourisme culturel. Ses origines premières remontent au 18e siècle, lors de l’ouverture publique de collections privées, qui constitue l’apparition des musées. (Fourteau, 2006) Le but était alors de «favoriser l’accès du plus grand nombre à la culture». ((Fourteau, 2006) Par contre, ce «plus grand nombre» désignait plutôt les citoyens d’un pays, l’objectif était donc d’éduquer sa population, et non celle de tout la planète. Cet objectif est typique de la philosophie des Lumières présente à ce moment-là, dont le but était entre autres de «[d]issiper l’ignorance» et «éveiller l’esprit public». (Fourteau, 2006) En France, la création du musée publique est une conséquence de la Révolution et avait pour but une démocratisation de la culture, qui n’était auparavant accessible qu’aux fortunés. On a donc entre autres créé le Louvre, qui suivait à la lettre cet objectif et dont le modèle a été diffusé dans toute l’Europe.

Cependant, les musées, la première forme d’objet culturel qui a permis le tourisme culturel, avaient aussi pour but de transmettre aux générations futures «les biens symboliques, inaliénables, qui concernent la mémoire et l’identité d’un ensemble social constitué». (Fourteau, 2006) De plus, bien que l’objectif était d’éduquer la population d’un même pays, tout le monde avait accès aux objets culturels et était le bienvenu.

Le tourisme culturel sous sa forme d’aujourd’hui, soit «une pratique culturelle qui nécessite un déplacement, [d’au moins une nuitée], ou que le déplacement va favoriser», (Origet du Cluzeau, 2006) a débuté en 1860, avec des jeunes britanniques qui ont fait le tour de l’Europe pour s’instruire. C’est ce phénomène, nommé cosmopolisme, qui est à l’origine du tourisme de masse, dont les conséquences seront évoquées dans cette section du travail.

Évolution

Droits d'auteur: Héloïse Downs
Droits d’auteur: Héloïse Downs

Nous savons que le tourisme culturel est en perpétuelle croissance depuis de nombreuses années, mais nous ne possédons pratiquement aucune donnée qui peut statistiquement prouver ce point. Par contre, le Louvre, ouvert en 1787, se démarque des autres objets culturels, car quelques données existent à son sujet. Nous pouvons ainsi «avancer des pistes d’interprétation sur les évolutions de la fréquentation du public et de l’évolution du tourisme depuis deux siècles». (Fourteau, 2006) Nous savons donc que ce musée national était gratuit et qu’il était énormément visité, surtout le dimanche, lorsque les classes ouvrières avaient congé. On a aussi fait des enquêtes nous apprenant qu’en novembre 1892, 80 000 personnes ont visité ce musée et que les deux-tiers de ses visiteurs étaient français, alors que le tiers restant était composé d’étrangers. Puis, en 1921, l’entrée est devenue payante, en réponse aux préoccupations économiques du gouvernement. Cela a évidemment eu pour effet de diminuer le nombre de visiteurs faisant partie des classes plus défavorisées.

Cette forme de tourisme n’a donc pas cessé de prendre de l’ampleur, comme mentionné plus haut, «surtout à partir des années 1950 où la paix et la prospérité retrouvées permettent au tourisme de reprendre son envol». (Fourteau, 2006) L’exemple du Louvre permet encore d’illustrer ce phénomène, puisqu’il y a eu 7,3 millions de visiteurs au Louvres en 2005, soit 91,25 fois plus de visiteurs que 113 ans plus tôt.

De plus, le tourisme culturel s’est beaucoup diversifié et une grande variété d’objets culturels ont vu le jour. Ainsi, sont apparus les écomusées, les sites archéologiques, les centres d’interprétation, qui font partie du patrimoine matériel, et les objets faisant partie du patrimoine immatériel comme les spectacles et les stages artistiques et artisanaux. (Fourteau, 2006) Il existe même maintenant différentes formes de tourisme culturel, comme le tourisme littéraire, qui permet «de [se] rendre dans les lieux autrefois fréquentés par les plus grands écrivains, de visiter leur maison natale ou des musées qui leur sont entièrement consacrés». (Home Away, s.d.)

En outre, la demande de tourisme culturel augmente en même temps que celle du tourisme en général. Elle s’est aussi beaucoup diversifiée et est devenue plus exigeante, puisque les visiteurs sont de plus en plus à la recherche de visites interactives et insolites, à cause de «l’ouverture de grands lieux de culture scientifique et technique où tout est conçu pour» eux. (Colardelle et Monferrand s.d.) On assiste aussi à une «mondialisation des visiteurs», (Fourteau, 2006) puisque les gens peuvent de plus en plus facilement se déplacer d’un pays à l’autre. Pour reprendre l’exemple du Louvre, en 1992, on a remarqué une proportion de deux-tiers de visiteurs étrangers contre un-tiers de visiteurs nationaux, ce qui appuie l’idée de mondialisation des visiteurs, puisque les proportions prises cent ans plus tôt se sont inversées.

Situation actuelle

D’abord, le tourisme culturel demeure à ce jour le plus important type de tourisme. Il se démarque en effet par son caractère inter-saisonnier, qui lui permet d’attirer des touristes toute l’année et peu importe la température. (Origet du Cluzeau, 2006) De plus, ce type est souvent privilégié par les visiteurs qui viennent de loin et qui visitent le pays pour la première fois, puisqu’il permet de s’imprégner de la culture de l’endroit.

Ensuite, certaines activités, comme les musées et monuments, attirent plus de visiteurs, alors que les théâtres, bibliothèques et salles de spectacles sont peu visités. On remarque aussi que les visiteurs se concentrent sur certains monuments plus populaires et souvent dans les capitales des pays. En France, par exemple, quatre musées, le Louvre, Orsay, Versailles, le Musée national d’art moderne /Centre Georges Pompidou, se divisent 30% des visiteurs. (Origet du Cluzeau, 2006) On peut donc remarquer que le tourisme culturel n’est pas régulé «et la majorité des institutions sont à la recherche de publics plus nombreux, tandis que les autres sont submergées par l’afflux de visiteurs, au point de devoir réviser entièrement leur infrastructure». (Fourteau, 2006) Cependant, il existe à ce jour très peu d’études comme celles réalisées au Louvre, ce qui rend très difficile l’estimation du nombre de touriste culturels et leur composition.

Par contre, l’objectif d’éducation du tourisme culturel ne dicte plus l’administration de tous les objets culturels, puisque l’objectif de plusieurs est maintenant d’attirer le plus de visiteurs possibles, sans autres considérations. Cela pose des questions sur l’accessibilité de la culture, puisque «l’accès aux lieux de culture est en jeu en même temps [qu’elle]». (Fourteau, 2006) Ce dilemme est particulièrement présent dans les musées et monuments, puisqu’ils sont fréquentés par des touristes de partout dans le monde, incluant le pays où ils se trouvent, et qu’ils doivent faire le plus d’argent possible, tout en tentant constamment d’améliorer l’accès à la culture.

 

La mondialisation du tourisme culturel, l’exemple de la France:

 

Alexe Champagne-Lessard

 

Médiagraphie:

Universalis, [En ligne], http://ressources.cgodin.qc.ca:2066/encyclopedie/tourisme-culturel/ (Page consultée le 19 février 2015)

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