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Cueillette de données sur les différents types de tourisme

Le phénomène du voyage a toujours existé. En effet, l’Homme a toujours été en mouvement. Migrations, conquêtes militaires, échanges commerciaux, pèlerinages, sont toutes des formes de voyage qui ont marqué l’histoire de l’humanité (WACKERMANN, 2008). D’abord destiné à la classe aisée, le tourisme est aujourd’hui  un des plus importants loisirs de masse et il engendre les plus grandes migrations que l’humanité n’ait jamais connues. Dans le cadre du cours de DIA, nous avons décidé de faire notre projet sur le tourisme et ses différentes formes, soit le tourisme culturel, humanitaire, écologique et sexuel. Ces quatre types de tourisme nous aiderons à former un portrait global de cette activité en constante évolution qu’est le tourisme et les entrevues et sondage effectués nous permettront de vérifier que la réalité est conforme à la théorie.

Entrevue sur le tourisme culturel avec une passionnée d’histoire

Droits d'auteurs: Alexe Champagne-Lessard
Droits d’auteurs: Alexe Champagne-Lessard

«Pratiquer le tourisme culturel m’apporte une richesse et des connaissances»

La personne interrogée à propos du tourisme culturel est Josée Champagne, qui pratique cette activité depuis une trentaine d’années. Cette entrevue est venue appuyer les recherches effectuées dans le cadre de ce travail, car les réponses de cette touriste allaient dans le même sens. Elle pratique effectivement le tourisme culturel pour élargir ses connaissances, car elle a un intérêt pour la culture. Elle choisit ses destinations en fonction du temps alloué au voyage et en fonction d’objets culturels précis qu’elle désire visiter. Les objets culturels quant à eux sont choisis par elle en fonction de leur potentiel de découverte et de l’histoire qui y est attachée. Elle a maintenant tendance à visiter plutôt l’extérieur du Québec, parce qu’elle a énormément visité la province précédemment et a vu beaucoup de ses attraits. Elle a donc d’abord priorisé le Québec et maintenant qu’il est visité, elle va ailleurs. Elle visite des musées et monuments et va voir quelques spectacles, mais en tant que passionnée d’histoire, elle se concentre sur les musées et monuments historiques. Madame Champagne possède un diplôme universitaire (baccalauréat et un an de maîtrise) et voyage à chaque année ou aux deux ans. Elle avoue ne pas tenir compte des impacts environnementaux de ses pratiques touristiques, puisqu’elle axe plutôt l’organisation de celles-ci sur les attraits qui l’attirent. Le tourisme culturel lui amène finalement beaucoup de culture, de connaissances et de richesses qu’elle peut utiliser dans sa vie courante.

Entrevue sur l’écotourisme avec un passionné de la nature!

« L’écotourisme est une activité touristique                                qui est axée sur l’émerveillement des beautés naturelles, mais qui est conduite dans le respect de l’écosystème. »

Droits d'auteurs : Julie Simone Hébert
Droits d’auteurs : Julie Simone Hébert

Vincent Brodeur, un biologiste de formation âgé de 38 ans, est l’expert qui a répondu aux questions sur le tourisme écologique. Selon lui, « l’écotourisme est une activité touristique qui est axée sur l’émerveillement des beautés naturelles, mais qui est conduite dans le respect de l’écosystème ». Ainsi, c’est une façon intelligente de voyager et de découvrir la nature sans compromettre sa beauté. Son plus beau voyage écotouristique a été un voyage à vélo en Asie, où il s’est déplacé dans différents types d’écosystèmes, que ce soit sur le bord de la mer ou dans les forêts tropicales inaccessibles. Selon lui, un voyage écotouristique typique se fait grâce à une agence de voyages ou un service offert dans des parcs régionaux.

Toujours selon ce dernier, l’écotourisme génère des avantages économiques dans certains milieux tout en protégeant leurs écosystèmes. Cependant, si ce type de tourisme n’est pas fait de façon intelligente, il peut nuire à l’intégrité du milieu naturel. Finalement, le conseil pratique de Vincent Brodeur pour celui qui désire faire un voyage écotouristique est de prendre son temps, c’est-à-dire qu’il ne faut pas avoir un horaire trop chargé lorsqu’on voyage. Il faut prendre le temps de s’arrêter, de vivre le moment présent et de rester suffisamment longtemps à un endroit pour l’apprécier à sa juste valeur.

Entrevue avec deux touristes humanitaires passionnées

Dans la recherche sur le travail humanitaire, deux personnes ont été interrogés. Il s’agit de Nelly Sprengers (50 ans), ayant fait un voyage humanitaire au Pakistan dans les années 1980, et Jessica Debanné (18 ans) ayant fait un voyage humanitaire au Sénégal en 2014.

FullSizeRender   «C’était une sœur hollandaise qui avait commencé un orphelinat pour les enfants handicapés. Je suis partie sur un coup de tête avec deux amies. Je pensais rester quelques semaines,mais j’y ai passé 6 mois- Nelly Sprengers»

L’entrevue avec ces deux personnes a permis de recueillir des informations variées sur la perception qu’elles ont eue de leur expérience en tant que touristes humanitaires et des impacts que cette activité a sur les populations aidées. Les entrevues effectuées avec ces expertes nous ont permis de faire une comparaison de la pratique entre ce qu’elle était lors de son apparition et ce qu’elle est devenue aujourd’hui. Les principales différences soulevées entre leurs expériences sont au niveau de l’organisation du tourisme humanitaire. En effet, aujourd’hui c’est souvent par l’entremise d’agences de voyages que s’organisent les voyages humanitaires, alors qu’autrefois c’était grâce à de petits organismes locaux. Cependant, les deux personnes interrogées ont relevé que leur voyage leur avait transmis des valeurs similaires, notamment l’entraide, la tolérance, la solidarité et la débrouillardise. Ainsi, même si le phénomène a changé au cours des années, ses principes fondateurs sont toujours les mêmes.

402050_10151016939073215_1637042659_n« Quand je suis partie en voyage humanitaire je pensais arriver là-bas et changer les choses. C’est pourtant l’inverse qui s’est produit : je suis sortie de mon voyage transformée. Je pense que les gens là-bas ont beaucoup à nous apprendre. –Jessica Debanné »

Sondage sur le tourisme sexuel

En ce qui a trait au tourisme sexuel, un sondage a été effectué. La population visée est les habitants de l’ouest de l’île de Montréal et l’échantillon est composé de 25 jeunes adultes de notre entourage (collègue de classe, amis, famille). Ceux-ci ont été questionnés dans le but d’avoir un portrait global des connaissances des jeunes sur ce type tourisme. En effet, nous avons pu constater que 88% des répondants savent que le tourisme sexuel est en expansion. Ensuite, seulement 32% des jeunes questionnés connaissent l’ampleur des gens qui choisissent leur destination de voyage selon l’offre sexuel. Pour continuer, la majorité (88%) sait que le tourisme sexuel est présent au Québec et la même proportion est au courant que les jeunes enfants sont touchés par cette activité. Malheureusement, l’écrasante majorité (voir graphique ci-bas)  des répondants pensent que ce type de tourisme est illégal, cependant, il ne l’est pas. Ce qui est illégal, ce sont les activités sexuelles exercées sur les enfants. De plus, la majorité des jeunes du sondage (76%) savent que le touriste sexuel peut avoir n’importe quel profil socioéconomique et qu’il n’a pas de profil type. Finalement, 52 % croit qu’on peut freiner ce problème par les lois, 36% ne pense pas que c’est possible et 12% n’est pas certain. Enfin, on constate que les jeunes ont de bonnes connaissances globales, mais moins bonnes lorsqu’on parle plus spécifiquement.

Par Eva Lefebvre
Par Eva Lefebvre

En conclusion, bien que le tourisme soit un loisir de masse alimentant le rêve et une source de loisirs non négligeable dans notre univers mental, tous les types de tourisme que nous avons étudiés comptent leur lot d’effets néfastes et d’ambigüités. Le tourisme reste cependant une manifestation qui ne cessera pas de prendre de l’expansion dans les prochaines années, car il est de plus en plus facile d’accès grâce aux nouvelles infrastructures de transport. Il s’agit donc d’un phénomène d’une grande complexité, qui n’est ni tout noir ni tout blanc, et qu’il faudra apprendre à exploiter avec plus d’adresse si on veut qu’il continue de bénéficier autant aux touristes qu’aux terres d’accueil.

Alexe Champagne-Lessard, Héloïse Downs, Eva Lefebvre et Laura Wener

Éditorial sur le tourisme et ses différents types

Les humains voyagent depuis toujours sous diverses formes, telles les conquêtes militaires, les échanges commerciaux et le pèlerinage (Wackermann, s.d.). Par contre, le tourisme tel qu’on le décrit aujourd’hui, soit un «[s]ecteur d’activité économique qui regroupe l’ensemble des intervenants offrant des services dans le domaine du voyage d’agrément […]» (Office de la langue française, 2003), a fait son apparition en Angleterre à la fin du XVIIe siècle (Wackermann, s.d.). Ce phénomène croît constamment, on a ainsi pu remarquer une diversification de l’offre touristique (Colardelle et Monferrand s.d.) et plusieurs formes de tourisme se sont démarquées, dont les tourismes culturel, humanitaire, écologique et sexuel, qui feront l’objet de ce travail.

D’abord, le tourisme culturel a débuté en 1860, avec des jeunes britanniques qui ont fait le tour de l’Europe pour s’instruire (Origet du Cluzeau, 2006). Depuis, il prend constamment de l’ampleur et est maintenant défini comme «une pratique culturelle qui nécessite un déplacement, [d’au moins une nuitée], ou que le déplacement va favoriser» (Origet du Cluzeau, 2006). Le tourisme culturel a de nombreuses retombées économiques et permet entre autres la diffusion de la culture, mais engendrerait la dégradation des monuments et la diminution de l’authenticité des objets culturels (Colardelle et Monferrand, s.d.). Bien que son avenir soit assuré au Québec (Réseau de veille en tourisme de la chaire de tourisme Transat de l’Université du Québec à Montréal, 2008), les impacts négatifs de ce phénomène inquiètent de plus en plus et d’autres formes de tourisme ont donc été créées pour réduire ces effets.

Ensuite,  c’est dans les années 1980 que la notion d’écotourisme a vu le jour suite à une conscientisation générale de la population sur les nombreux impacts des activités humaines sur l’environnement. Puisque le tourisme de masse a des conséquences négatives sur les modes de vie des populations locales visitées et sur les écosystèmes, l’écotourisme s’est distingué comme outil permettant à plusieurs pays d’arriver à un compromis entre l’économie et la protection de leur région. En plus d’aider les populations locales visitées, l’écotourisme veut sensibiliser les hommes à l’importance du respect des richesses naturelles et culturelles. Nous devons donc considérer l’écotourisme comme un chemin vers le développement durable qui relie positivement l’homme, la nature, la culture et l’économie (RBIGUI, 2008). Mais il ne s’agit pas du seul type de tourisme qui respecte les populations locales.

Le tourisme humanitaire correspond à une façon alternative de voyager qui n’encourage pas le phénomène du tourisme de masse et ses répercussions dévastatrices sur certaines populations. Cette forme de tourisme est en pleine expansion : chaque année, plus de 100 000 voyages humanitaires sont organisés à travers le monde (Goudreau,2011). Ce type de tourisme centré sur l’Homme se base sur le désir du citoyen d’agir localement et concrètement afin d’aider certaines populations du tiers monde et des pays en développement. L’avis des chercheurs est cependant mitigé quant aux répercussions du tourisme humanitaire, car il s’agit d’une pratique comptant son lot d’ambiguïtés, notamment vis-à-vis de la proportion d’activités récréatives pratiquées par les voyageurs et de son organisation par les agences de voyages et les organismes. Cependant, ce ne sont pas toutes les formes de tourisme qui se basent sur le respect de l’être humain.

Effectivement, le phénomène de la mondialisation a engendré l’essor du tourisme, incluant le tourisme sexuel. Celui-ci est défini comme étant un «tourisme qui a pour but principale la réalisation de rapport sexuel dans un but commercial» (Michel, 2006). Bien qu’il soit difficile de mettre des chiffres exacts sur l’ampleur de la situation, nous savons que, dans le monde, cette industrie représente 5 milliards de dollar (Fondations Scelles, 2005).  Il existe des endroits qui sont reconnus comme destination touristique à des fins sexuels tels que la Thaïlande. Enfin, cette activité est préoccupante car elle est parfois liée aux enfants. Seulement en Thaïlande, le chiffre s’élève à 300 000 enfants prostitués en 2006 (Le devoir, 2006).

Alexe Champagne-Lessard, Héloïse Downs, Eva Lefebvre et Laura Wener

Médiagraphie :

COLARDELLE, Michel et Alain MONFERRAND. «Tourisme culturel», Encyclopædia Universalis, [En ligne], http://ressources.cgodin.qc.ca:2066/encyclopedie/tourisme-culturel/ (Page consultée le 19 février 2015)

FONDATION SCELLES. Tourisme sexuel, [En ligne], 2005, file:///C:/Users/User/Downloads/Fiche_Le_tourisme_sexuel_Fondation_Scelles%202005.pdf

GOURDEAU, Geneviève. «Tourisme humanitaire : joindre l’utile à l’agréable», Le Soleil, [En ligne],http://www.lapresse.ca/le-soleil/voyages/201104/01/01-4385782-tourisme-humanitaire-joindre-lutile-a-lagreable.php (Page consultée le 14 février 2015)

MICHEL, Franck. Voyage au bout du sexe : trafics et tourismes sexuels en Asie et ailleurs, [En ligne], Québec, Les Presses de l’Université Laval, 2006, p.103, dans Ebrary

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. «Tourisme», Grand dictionnaire terminologique, [En ligne], http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=8355489 (Page consultée le 19 mars 2015)

ORIGET DU CLUZEAU, Claude. Texte de la 608e conférence de l’Université de tous les savoirs donnée le 12 janvier 2006- Claude Origet du Cluzeau: «Le tourisme culturel», [En ligne], 2006, http://download2.cerimes.fr/canalu/documents/utls/download/pdf/120106.pdf (Page consultée le 21 février 2015)

RBIGUI, Lotfi. L’application et l’évaluation du développement durable : le cas de l’écotourisme [En ligne], mémoire de maîtrise, (sociologie), Université Laval, 2008, 87p., dans Google Scholar (Page consultée le 22 février 2015)

RÉSEAU DE VEILLE EN TOURISME DE LA CHAIRE DE TOURISME TRANSAT DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL. Faits saillants- Portrait sociodémographique et comportements de voyage des Québécois par segment démographique, [En ligne], 2008, http://www.tourisme.gouv.qc.ca/publications/media/document/etudes-statistiques/faits-saillants-demographie0803.pdf (Page consultée le 21 février 2015)

SERVICE VOLONTAIRE INTERNATIONALE. Non au tourisme humanitaire, [En ligne], http://www.servicevolontaire.org/index.php?menu_selected=46&sub_menu_selected=199&language=FR (Page consultée le 14 février 2015)

WACKERMANN, Gabriel. « TOURISME  », Encyclopædia Universalis, [En ligne],        http://www.universalis.fr/encyclopedie/tourisme/ (Page consultée le 19 février 2015)

Des enfants crient au secours, [En ligne], 2006, http://www.ledevoir.com/documents/pdf/enfants_chatelaine.pdf (pages consultée le 15 mars 2015)