Archives par mot-clé : tourisme sexuel

Le tourisme sexuel et la loi

Tout d’abord, il serait pertinent de mentionner ce qu’est le tourisme sexuel impliquant des enfants, car c’est la branche du tourisme sexuel qui est officiellement illégal au Canada. En effet, celui-ci est défini comme étant  «l’exploitation sexuelle d’enfants à des fins commerciales par des individus qui voyagent d’un endroit à l’autre et qui y ont des rapports sexuels avec des enfants» (Le Bureau international des droits des enfants, 2012). En général, même si le touriste sexuel qui ne recherche pas spécifiquement des enfants n’a pas de profil type, le touriste sexuel recherchant des enfants semble en avoir un. Ceux-ci sont souvent des hommes, dont la provenance serait l’Amérique du Nord ou encore, l’Europe de l’Ouest qui veulent voyager dans les pays en développement (Le Bureau international des droits des enfants, 2012). On constate que les Canadiens ont des préférences en matière de pays émetteurs dans lesquels il est possible de faire du tourisme sexuel impliquant des enfants. Ceux-ci se rendent plutôt dans des endroits tels que les Caraïbes ainsi que l’Amérique latine étant donné qu’ils ont l’avantage d’être plus accessibles, au niveau des coûts et aussi, au niveau géographique (Le Bureau international des droits des enfants, 2012). De plus, on observe que les victimes juvéniles des touristes sexuels canadiens ont un profil particulier. Celles-ci sont en général, «touchées par la pauvreté, issues de groupes minoritaires, dépendantes des activités économiques saisonnières, enfants victimes de violence ou de négligence familiale, orphelins atteints du virus du sida» (Le Bureau international des droits des enfants, 2012).

La loi

En 1997,  des changements ont été apportés au Code criminel du Canada pour permettre aux tribunaux canadiens de traiter les actes d’exploitation sexuelle impliquant des enfants commis à l’étranger. Cependant, aucune infraction n’a été présentée aux tribunaux jusqu’à présent, en raison d’une restriction stipulant que la plainte de l’infraction sexuelle doit être fournie par le pays étranger. Dans l’optique de corriger cette faille, le projet de loi C-15 a été présenté et est présentement en processus de révision (Balassoupramaniane, 2015).  Cette loi vise à ajouter de nouvelles infractions au Code criminel et à permettre aux tribunaux de sévir plus facilement dans les cas de tourisme sexuel impliquant des enfants et l’exploitation sexuelle d’enfants sur Internet. Elle permettrait aux tribunaux de recevoir des poursuites pour infractions sexuelles contre des enfants, sans demande du pays étranger, contre des citoyens canadiens ou des résidents permanents. Cependant, il est à remarquer que le Code criminel canadien ne pénalise pas spécifiquement le tourisme sexuel effectué sur des personnes majeures considérées consentantes (Balassoupramaniane, 2015).

Attribution : Rifqi Jamil (Own work) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons
Attribution : Rifqi Jamil (Own work) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

Cas au Canada

Depuis l’adoption de cette loi en dans les années 1997, cinq Canadiens ont été reconnus coupable d’avoir impliqué des enfants étrangers dans des activités sexuelles. En 2005, c’est la première fois qu’un individu doit faire face à cette loi. En effet, Donald Bakker, un homme de 41 ans, est accusé à Vancouver d’avoir agressé sexuellement 51 individus, mais plus particulièrement, il aurait exploité sexuellement sept enfants d’origine cambodgienne âgés entre sept et douze ans (Journal Métro Montréal, 2005). Il y avait 16 chefs d’accusation contre lui liés à l’exploitation sexuelle d’enfants et 22 autres liés à l’agression sexuelle de prostitué vivant à Vancouver , et cet homme doit faire dix ans de prison pour purger sa peine (Journal Métro Montréal, 2005). Ensuite, en 2008, il y a eu le premier cas québécois avec Denis Rochefort, accusé d’avoir agressé sexuellement six enfants haïtiens âgés entre 14 et 16 ans. Celui-ci a fait deux années de prison, car il avait six chefs d’accusation contre lui (Benjamin, 2008). Pour continuer, il y a eu le cas d’Armand Huard en 2008, condamné à 3 ans de prison (Le Bureau international des droits des enfants, 2012). Un des cas les plus récents est celui de Christopher Neil, condamné à neuf années de prison et finalement, le cas le plus récent, est celui de Kenneth Klassen accusé en 2010 d’avoir agressé sexuellement dix-sept jeunes filles dans plusieurs pays : le Cambodge, les Philippines ainsi que la Colombie. Ce dernier est condamné à onze années de prison (Le Bureau international des droits des enfants, 2012).

Actions posées pour contrer le tourisme sexuel

Enfin, plusieurs organismes et groupes importants luttent contre l’abus sexuel effectué sur les enfants. Il est possible de prendre l’exemple du Bureau international des droits des enfants (IBCR), qui s’allie avec plusieurs acteurs de la société dans le but de contrer tous les types d’activités impliquant les enfants.  En effet, il s’est associé avec des organismes tels que One Child et Plan Canada, ainsi qu’avec des autorités comme le Gouvernement canadien ou encore, avec des compagnies du secteur privé tel que des agences de voyages. Cette association visait à soutenir la  campagne de sensibilisation présentée en 2010 par l’IBCR. Cette campagne visait à «[i]nformer les Canadiens des conséquences juridiques et sociales du tourisme sexuel impliquant des enfants (TSIE) ainsi que les sensibiliser sur la loi extraterritoriale du Canada» (Le Bureau international des droits des enfants, 2012). Ensuite, son deuxième but était de sensibiliser les Canadiens à rester attentif lorsqu’ils partent en voyage, afin de dénoncer toute activité sexuelle effectuée avec des enfants faits par d’autres Canadiens (Le Bureau international des droits des enfants, 2012).

Eva Lefebvre

Médiagraphie :

Document accessible par internet

BALASSOUPRAMANIANE, Indragandhi. «Le tourisme sexuel», dans Barreau du Québec, Barreau du Québec, [en ligne], http://www.barreau.qc.ca/pdf/journal/vol33/no21/tourisme.html (page consultée le 22 janvier 2015)

Le bureau international des droits des enfants, La lutte contre le tourisme sexuel impliquant des enfants avec la participation du secteur privé du tourisme et du voyage et du public canadien, [en ligne], 2012, http://www.ibcr.org/images/contenu/publications/Tourisme-sexuel-int-lowres-fr.pdf (page consultée le 25 avril 2015)

Article tiré d’une base de données

Journal Métro Montréal, «10 ans pour un touriste sexuel», Journal Métro Montréal, [en ligne], 2005, p.3, dans Eurêka (page consultée le 25 avril 2015)

Article d’un site internet

BENJAMIN, Guy. «Deux ans de pen pour Rochefort, le coopérant abuseur», dans Guy BENJAMIN, La Presse, [en ligne], http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/justice-et-faits-divers/200811/14/01-800853-deux-ans-de-pen-pour-rochefort-le-cooperant-abuseur.php (page consultée le 25 avril 2015)

 

Cueillette de données sur les différents types de tourisme

Le phénomène du voyage a toujours existé. En effet, l’Homme a toujours été en mouvement. Migrations, conquêtes militaires, échanges commerciaux, pèlerinages, sont toutes des formes de voyage qui ont marqué l’histoire de l’humanité (WACKERMANN, 2008). D’abord destiné à la classe aisée, le tourisme est aujourd’hui  un des plus importants loisirs de masse et il engendre les plus grandes migrations que l’humanité n’ait jamais connues. Dans le cadre du cours de DIA, nous avons décidé de faire notre projet sur le tourisme et ses différentes formes, soit le tourisme culturel, humanitaire, écologique et sexuel. Ces quatre types de tourisme nous aiderons à former un portrait global de cette activité en constante évolution qu’est le tourisme et les entrevues et sondage effectués nous permettront de vérifier que la réalité est conforme à la théorie.

Entrevue sur le tourisme culturel avec une passionnée d’histoire

Droits d'auteurs: Alexe Champagne-Lessard
Droits d’auteurs: Alexe Champagne-Lessard

«Pratiquer le tourisme culturel m’apporte une richesse et des connaissances»

La personne interrogée à propos du tourisme culturel est Josée Champagne, qui pratique cette activité depuis une trentaine d’années. Cette entrevue est venue appuyer les recherches effectuées dans le cadre de ce travail, car les réponses de cette touriste allaient dans le même sens. Elle pratique effectivement le tourisme culturel pour élargir ses connaissances, car elle a un intérêt pour la culture. Elle choisit ses destinations en fonction du temps alloué au voyage et en fonction d’objets culturels précis qu’elle désire visiter. Les objets culturels quant à eux sont choisis par elle en fonction de leur potentiel de découverte et de l’histoire qui y est attachée. Elle a maintenant tendance à visiter plutôt l’extérieur du Québec, parce qu’elle a énormément visité la province précédemment et a vu beaucoup de ses attraits. Elle a donc d’abord priorisé le Québec et maintenant qu’il est visité, elle va ailleurs. Elle visite des musées et monuments et va voir quelques spectacles, mais en tant que passionnée d’histoire, elle se concentre sur les musées et monuments historiques. Madame Champagne possède un diplôme universitaire (baccalauréat et un an de maîtrise) et voyage à chaque année ou aux deux ans. Elle avoue ne pas tenir compte des impacts environnementaux de ses pratiques touristiques, puisqu’elle axe plutôt l’organisation de celles-ci sur les attraits qui l’attirent. Le tourisme culturel lui amène finalement beaucoup de culture, de connaissances et de richesses qu’elle peut utiliser dans sa vie courante.

Entrevue sur l’écotourisme avec un passionné de la nature!

« L’écotourisme est une activité touristique                                qui est axée sur l’émerveillement des beautés naturelles, mais qui est conduite dans le respect de l’écosystème. »

Droits d'auteurs : Julie Simone Hébert
Droits d’auteurs : Julie Simone Hébert

Vincent Brodeur, un biologiste de formation âgé de 38 ans, est l’expert qui a répondu aux questions sur le tourisme écologique. Selon lui, « l’écotourisme est une activité touristique qui est axée sur l’émerveillement des beautés naturelles, mais qui est conduite dans le respect de l’écosystème ». Ainsi, c’est une façon intelligente de voyager et de découvrir la nature sans compromettre sa beauté. Son plus beau voyage écotouristique a été un voyage à vélo en Asie, où il s’est déplacé dans différents types d’écosystèmes, que ce soit sur le bord de la mer ou dans les forêts tropicales inaccessibles. Selon lui, un voyage écotouristique typique se fait grâce à une agence de voyages ou un service offert dans des parcs régionaux.

Toujours selon ce dernier, l’écotourisme génère des avantages économiques dans certains milieux tout en protégeant leurs écosystèmes. Cependant, si ce type de tourisme n’est pas fait de façon intelligente, il peut nuire à l’intégrité du milieu naturel. Finalement, le conseil pratique de Vincent Brodeur pour celui qui désire faire un voyage écotouristique est de prendre son temps, c’est-à-dire qu’il ne faut pas avoir un horaire trop chargé lorsqu’on voyage. Il faut prendre le temps de s’arrêter, de vivre le moment présent et de rester suffisamment longtemps à un endroit pour l’apprécier à sa juste valeur.

Entrevue avec deux touristes humanitaires passionnées

Dans la recherche sur le travail humanitaire, deux personnes ont été interrogés. Il s’agit de Nelly Sprengers (50 ans), ayant fait un voyage humanitaire au Pakistan dans les années 1980, et Jessica Debanné (18 ans) ayant fait un voyage humanitaire au Sénégal en 2014.

FullSizeRender   «C’était une sœur hollandaise qui avait commencé un orphelinat pour les enfants handicapés. Je suis partie sur un coup de tête avec deux amies. Je pensais rester quelques semaines,mais j’y ai passé 6 mois- Nelly Sprengers»

L’entrevue avec ces deux personnes a permis de recueillir des informations variées sur la perception qu’elles ont eue de leur expérience en tant que touristes humanitaires et des impacts que cette activité a sur les populations aidées. Les entrevues effectuées avec ces expertes nous ont permis de faire une comparaison de la pratique entre ce qu’elle était lors de son apparition et ce qu’elle est devenue aujourd’hui. Les principales différences soulevées entre leurs expériences sont au niveau de l’organisation du tourisme humanitaire. En effet, aujourd’hui c’est souvent par l’entremise d’agences de voyages que s’organisent les voyages humanitaires, alors qu’autrefois c’était grâce à de petits organismes locaux. Cependant, les deux personnes interrogées ont relevé que leur voyage leur avait transmis des valeurs similaires, notamment l’entraide, la tolérance, la solidarité et la débrouillardise. Ainsi, même si le phénomène a changé au cours des années, ses principes fondateurs sont toujours les mêmes.

402050_10151016939073215_1637042659_n« Quand je suis partie en voyage humanitaire je pensais arriver là-bas et changer les choses. C’est pourtant l’inverse qui s’est produit : je suis sortie de mon voyage transformée. Je pense que les gens là-bas ont beaucoup à nous apprendre. –Jessica Debanné »

Sondage sur le tourisme sexuel

En ce qui a trait au tourisme sexuel, un sondage a été effectué. La population visée est les habitants de l’ouest de l’île de Montréal et l’échantillon est composé de 25 jeunes adultes de notre entourage (collègue de classe, amis, famille). Ceux-ci ont été questionnés dans le but d’avoir un portrait global des connaissances des jeunes sur ce type tourisme. En effet, nous avons pu constater que 88% des répondants savent que le tourisme sexuel est en expansion. Ensuite, seulement 32% des jeunes questionnés connaissent l’ampleur des gens qui choisissent leur destination de voyage selon l’offre sexuel. Pour continuer, la majorité (88%) sait que le tourisme sexuel est présent au Québec et la même proportion est au courant que les jeunes enfants sont touchés par cette activité. Malheureusement, l’écrasante majorité (voir graphique ci-bas)  des répondants pensent que ce type de tourisme est illégal, cependant, il ne l’est pas. Ce qui est illégal, ce sont les activités sexuelles exercées sur les enfants. De plus, la majorité des jeunes du sondage (76%) savent que le touriste sexuel peut avoir n’importe quel profil socioéconomique et qu’il n’a pas de profil type. Finalement, 52 % croit qu’on peut freiner ce problème par les lois, 36% ne pense pas que c’est possible et 12% n’est pas certain. Enfin, on constate que les jeunes ont de bonnes connaissances globales, mais moins bonnes lorsqu’on parle plus spécifiquement.

Par Eva Lefebvre
Par Eva Lefebvre

En conclusion, bien que le tourisme soit un loisir de masse alimentant le rêve et une source de loisirs non négligeable dans notre univers mental, tous les types de tourisme que nous avons étudiés comptent leur lot d’effets néfastes et d’ambigüités. Le tourisme reste cependant une manifestation qui ne cessera pas de prendre de l’expansion dans les prochaines années, car il est de plus en plus facile d’accès grâce aux nouvelles infrastructures de transport. Il s’agit donc d’un phénomène d’une grande complexité, qui n’est ni tout noir ni tout blanc, et qu’il faudra apprendre à exploiter avec plus d’adresse si on veut qu’il continue de bénéficier autant aux touristes qu’aux terres d’accueil.

Alexe Champagne-Lessard, Héloïse Downs, Eva Lefebvre et Laura Wener

Éditorial sur le tourisme et ses différents types

Les humains voyagent depuis toujours sous diverses formes, telles les conquêtes militaires, les échanges commerciaux et le pèlerinage (Wackermann, s.d.). Par contre, le tourisme tel qu’on le décrit aujourd’hui, soit un «[s]ecteur d’activité économique qui regroupe l’ensemble des intervenants offrant des services dans le domaine du voyage d’agrément […]» (Office de la langue française, 2003), a fait son apparition en Angleterre à la fin du XVIIe siècle (Wackermann, s.d.). Ce phénomène croît constamment, on a ainsi pu remarquer une diversification de l’offre touristique (Colardelle et Monferrand s.d.) et plusieurs formes de tourisme se sont démarquées, dont les tourismes culturel, humanitaire, écologique et sexuel, qui feront l’objet de ce travail.

D’abord, le tourisme culturel a débuté en 1860, avec des jeunes britanniques qui ont fait le tour de l’Europe pour s’instruire (Origet du Cluzeau, 2006). Depuis, il prend constamment de l’ampleur et est maintenant défini comme «une pratique culturelle qui nécessite un déplacement, [d’au moins une nuitée], ou que le déplacement va favoriser» (Origet du Cluzeau, 2006). Le tourisme culturel a de nombreuses retombées économiques et permet entre autres la diffusion de la culture, mais engendrerait la dégradation des monuments et la diminution de l’authenticité des objets culturels (Colardelle et Monferrand, s.d.). Bien que son avenir soit assuré au Québec (Réseau de veille en tourisme de la chaire de tourisme Transat de l’Université du Québec à Montréal, 2008), les impacts négatifs de ce phénomène inquiètent de plus en plus et d’autres formes de tourisme ont donc été créées pour réduire ces effets.

Ensuite,  c’est dans les années 1980 que la notion d’écotourisme a vu le jour suite à une conscientisation générale de la population sur les nombreux impacts des activités humaines sur l’environnement. Puisque le tourisme de masse a des conséquences négatives sur les modes de vie des populations locales visitées et sur les écosystèmes, l’écotourisme s’est distingué comme outil permettant à plusieurs pays d’arriver à un compromis entre l’économie et la protection de leur région. En plus d’aider les populations locales visitées, l’écotourisme veut sensibiliser les hommes à l’importance du respect des richesses naturelles et culturelles. Nous devons donc considérer l’écotourisme comme un chemin vers le développement durable qui relie positivement l’homme, la nature, la culture et l’économie (RBIGUI, 2008). Mais il ne s’agit pas du seul type de tourisme qui respecte les populations locales.

Le tourisme humanitaire correspond à une façon alternative de voyager qui n’encourage pas le phénomène du tourisme de masse et ses répercussions dévastatrices sur certaines populations. Cette forme de tourisme est en pleine expansion : chaque année, plus de 100 000 voyages humanitaires sont organisés à travers le monde (Goudreau,2011). Ce type de tourisme centré sur l’Homme se base sur le désir du citoyen d’agir localement et concrètement afin d’aider certaines populations du tiers monde et des pays en développement. L’avis des chercheurs est cependant mitigé quant aux répercussions du tourisme humanitaire, car il s’agit d’une pratique comptant son lot d’ambiguïtés, notamment vis-à-vis de la proportion d’activités récréatives pratiquées par les voyageurs et de son organisation par les agences de voyages et les organismes. Cependant, ce ne sont pas toutes les formes de tourisme qui se basent sur le respect de l’être humain.

Effectivement, le phénomène de la mondialisation a engendré l’essor du tourisme, incluant le tourisme sexuel. Celui-ci est défini comme étant un «tourisme qui a pour but principale la réalisation de rapport sexuel dans un but commercial» (Michel, 2006). Bien qu’il soit difficile de mettre des chiffres exacts sur l’ampleur de la situation, nous savons que, dans le monde, cette industrie représente 5 milliards de dollar (Fondations Scelles, 2005).  Il existe des endroits qui sont reconnus comme destination touristique à des fins sexuels tels que la Thaïlande. Enfin, cette activité est préoccupante car elle est parfois liée aux enfants. Seulement en Thaïlande, le chiffre s’élève à 300 000 enfants prostitués en 2006 (Le devoir, 2006).

Alexe Champagne-Lessard, Héloïse Downs, Eva Lefebvre et Laura Wener

Médiagraphie :

COLARDELLE, Michel et Alain MONFERRAND. «Tourisme culturel», Encyclopædia Universalis, [En ligne], http://ressources.cgodin.qc.ca:2066/encyclopedie/tourisme-culturel/ (Page consultée le 19 février 2015)

FONDATION SCELLES. Tourisme sexuel, [En ligne], 2005, file:///C:/Users/User/Downloads/Fiche_Le_tourisme_sexuel_Fondation_Scelles%202005.pdf

GOURDEAU, Geneviève. «Tourisme humanitaire : joindre l’utile à l’agréable», Le Soleil, [En ligne],http://www.lapresse.ca/le-soleil/voyages/201104/01/01-4385782-tourisme-humanitaire-joindre-lutile-a-lagreable.php (Page consultée le 14 février 2015)

MICHEL, Franck. Voyage au bout du sexe : trafics et tourismes sexuels en Asie et ailleurs, [En ligne], Québec, Les Presses de l’Université Laval, 2006, p.103, dans Ebrary

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. «Tourisme», Grand dictionnaire terminologique, [En ligne], http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=8355489 (Page consultée le 19 mars 2015)

ORIGET DU CLUZEAU, Claude. Texte de la 608e conférence de l’Université de tous les savoirs donnée le 12 janvier 2006- Claude Origet du Cluzeau: «Le tourisme culturel», [En ligne], 2006, http://download2.cerimes.fr/canalu/documents/utls/download/pdf/120106.pdf (Page consultée le 21 février 2015)

RBIGUI, Lotfi. L’application et l’évaluation du développement durable : le cas de l’écotourisme [En ligne], mémoire de maîtrise, (sociologie), Université Laval, 2008, 87p., dans Google Scholar (Page consultée le 22 février 2015)

RÉSEAU DE VEILLE EN TOURISME DE LA CHAIRE DE TOURISME TRANSAT DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL. Faits saillants- Portrait sociodémographique et comportements de voyage des Québécois par segment démographique, [En ligne], 2008, http://www.tourisme.gouv.qc.ca/publications/media/document/etudes-statistiques/faits-saillants-demographie0803.pdf (Page consultée le 21 février 2015)

SERVICE VOLONTAIRE INTERNATIONALE. Non au tourisme humanitaire, [En ligne], http://www.servicevolontaire.org/index.php?menu_selected=46&sub_menu_selected=199&language=FR (Page consultée le 14 février 2015)

WACKERMANN, Gabriel. « TOURISME  », Encyclopædia Universalis, [En ligne],        http://www.universalis.fr/encyclopedie/tourisme/ (Page consultée le 19 février 2015)

Des enfants crient au secours, [En ligne], 2006, http://www.ledevoir.com/documents/pdf/enfants_chatelaine.pdf (pages consultée le 15 mars 2015)

Le tourisme sexuel en général

Bien que l’origine de la prostitution remonte à l’époque de la Grèce Antique, l’origine du tourisme sexuel, quant à elle, date de l’époque de la Deuxième Guerre Mondiale (Fondation Scelles, 2005). En effet, les politiques militaires ont encouragé le développement du tourisme sexuel, parce que, dès les années 1930, des «maisons de réconfort»1 ont vu le jour en Asie du Sud-Est. Pendant la guerre du Vietnam, l’arrivée massive des soldats américains venant du front et demandant du repos en Thaïlande, leur alliée, a fait en sorte qu’il y ait une demande accru en matière de maison de ce genre. Ensuite, ces structures étant déjà en place, les touristes ont relayé les soldats.

Ce tourisme est en grande expansion, car il va de pair avec le développement des technologies et réseaux de transports et peut être défini comme  étant «un tourisme qui a pour but principal la réalisation de rapport sexuel dans un but commercial» (Michel, 2006). Même s’il est aisé de connaître les bornes de ce phénomène migratoire quant à sa définition globale, il est toutefois difficile de cerner son ampleur, étant donné qu’il est prohibé. Quelques chiffres approximés ressortent cependant. Le tourisme sexuel est une source de revenu très rentable et représente aujourd’hui dans le monde une industrie valant près de 5 milliards de dollars (Michel, 2006). Plus particulièrement, en 1995 en Thaïlande, le tourisme sexuel et la prostitution ont engendrés des recettes allant jusqu’à 7,1 milliard de dollars américain (Formos, 2001).  En effet, si l’état ne générait pas autant de recette, il pourrait risquer la faillite.  De plus, il est présent dans plusieurs régions du monde. On le retrouve en Amérique latine et dans les Caraïbes, mais il est davantage répandu dans les pays asiatiques tels les Philippines, l’Indonésie, la Malaisie et surtout, la Thaïlande. En effet, le tourisme sexuel alimente la prostitution et celle-ci contribuerait de façon éloquente au produit intérieur brut de ces pays asiatique, soit de 2% à 14% (Lévy et Lacombe, 2003). En raison de cela, il est intéressant de s’attarder davantage sur ces régions, plus précisément la Thaïlande,  où le phénomène est particulièrement présent.

Les types de touriste sexuel

Il existe plusieurs types de touriste, dont un dans lequel s’inscrit le tourisme sexuel. En premier lieu, on retrouve le «classique» qui est assez répandu. C’est le touriste qui part en vacance à l’occasion, pendant ses semaines de congés payés. Celui-ci est organisé et planifie son voyage (Michel, 2006). Ensuite, on peut distinguer le touriste qu’on nomme «aventurier», car celui-ci sort de sa zone de confort. Il est possible de le qualifié comme étant un touriste qui fait du tourisme expérimentale et donc, qui est à la recherche de nouveautés autant sur le plan culturel que social (Michel, 2006).  Enfin, le touriste sexuel est le touriste qu’on nomme «hors norme» et il est souvent défini comme étant extrême (Michel, 2006).  En effet, ce touriste enfreint certaine lois et va à l’encontre des droits humains en ayant certaines pratiques sexuelles illégales, tel que celles impliquant des enfants.

source : Eva Lefebvre
source : Eva Lefebvre

Il existe ensuite deux types de touriste sous-jacent au touriste sexuel. Le premier est le «touriste sexuel occasionnel» (Lévy et Lacombe, 2003). Ce touriste ne voyage pas dans le but ultime de rechercher de nouvelles expériences sexuelles ou d’obtenir des faveurs sexuelles quelconques. Celui-ci est un voyageur qui, à l’occasion, a des relations sexuelles avec des travailleurs du sexe locaux lorsque l’occasion se présente à eux. En bref, ils voyagent pour des raisons non sexuelles. Ce touriste est très souvent de sexe masculin, mais de plus en plus, les femmes en sont sujettes.  Ensuite, le deuxième type de touriste sous-jacent au touriste sexuel est le «touriste sexuel assidu» ou parfois nommé, hard core (Lévy et Lacombe, 2003). Ce dernier, au contraire du «touriste sexuel occasionnel», ne voyage que dans le but d’obtenir des relations sexuelles qui, dans plusieurs cas, sont prohibés dans leur pays d’origine (le voyeurisme, le tourisme sexuel impliquant des enfants, l’exhibitionnisme etc.) ou tout simplement, car ce qu’il recherche est difficile à obtenir (par exemple, une relation à plusieurs partenaire ou encore, avec des transsexuels).  Les individus de cette catégorie sont souvent identifiés comme étant des hommes (beaucoup moins les femmes) caucasien. Ils constituent cependant une minorité des touristes.

Profil sociopolitque du touriste sexuel

Son profil est profondément lié à la mentalité «suprémaciste» des blancs. Cette idéologie correspond au fait qu’un groupe d’individu croit en la supériorité d’un de ses traits de caractère (par exemple, la couleur de la peau, le sexe, la culture etc.) (Lévy et Lacombe, 2003).

En effet, le tourisme sexuel est en partie basé sur le fait que le touriste croit intrinsèquement que ses droits sont bafoués dans son pays d’origine et qu’ils méritent d’être respectés. Celui-ci croit en la supériorité des hommes blancs et croit que l’état ne respecte pas assez cette supériorité et voit cela comme une contrainte ainsi qu’une atteinte à l’expression de leur sexualité. Dans cette mentalité, les hommes croient que leurs droits naturels ne sont pas respectés. Par exemple, le fait de pouvoir traiter les femmes comme des objets et de ne pas pouvoir exercer les pratiques sexuelles désirées iraient à l’encontre des valeurs de leur position de dominant. Bref, le touriste sexuel est souvent un homme et croit en la supériorité de ces traits de caractère et désirs les faires respectés. Il est cependant à constater que généralement, le touriste sexuel n’a pas de profil type en particulier (Lévy et Lacombe, 2003). Effectivement, ils sont «hétérogènes, en termes de nationalité, de genre, d’âge, d’origine ethnique, d’orientation sexuelle, de statut socio-économique, de pratiques sexuelles et de significations qu’ils accordent à ces rencontres » (Lévy et Lacombe, 2003).

Eva Lefebvre

Médiagraphie :

Document accessible par Internet

Fondation Scelles. Tourisme sexuel, [en ligne], 2005, file:///C:/Users/User/Downloads/Fiche_Le_tourisme_sexuel_Fondation_Scelles%202005.pdf (pages consultée le 21 février 2015)

Article d’un périodique

Joseph J.LÉVY et Élyzabeth LACOMBE. «Le tourisme sexuel : ses plaisirs et ses dangers», Téoros, 2003, [en ligne], http://teoros.revues.org/1807 (page consultée le 21 février 2015)

Livre électronique accessible par une base de données

MICHEL, Franck. Voyage au bout du sexe : trafics et tourismes sexuels en Asie et ailleurs, [en ligne], Québec, Les Presses de l’Université Laval, 2006, p.103, dans Ebrary (pages consultées le 21 février 2015)

Article tiré d’une base de données

FORMOS, Bernard. «Corps étrangers, tourisme et prostitution en Thaïlande», Anthropologie et sociétés, [en ligne], vol. 25, 2001, p. 55-70, dans Érudit (pages consultées le 21 février 2015 2015)