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Vancouver: Territoire canadien ou ville chinoise?

Coup d’œil sur Vancouver

Le 1ier  juillet 1997 s’avéra être une date mémorable pour la République Populaire de Chine et pour le Canada. Les citoyens du Canada, quant à eux, fêtaient la 130 ième année d’existence de leur pays. Quant aux citoyens de Hong Kong, le 1ier juillet 1997 ne représentait pas une journée toute aussi joyeuse. Ces derniers craignaient, plutôt, que les autorités communistes prennent leur capital. Cette ville, précédemment dirigée d’une manière capitaliste par les Britanniques fut léguée, en cette date, aux mains communistes de la Chine. (Vancouver Sun, 2007) Ce changement de régime politique poussa des centaines de milliers de Chinois à quitter la Chine pour venir habiter à Vancouver par peur de voir leur richesse disparaître dans les mains des communistes. Ils choisirent Vancouver comme destination à cause de sa proximité.  Près de 360 000 immigrants chinois se sont installés à Vancouver entre 1990 et 2000.

Bien qu’ils ne quittent pas la Chine pour les mêmes raisons, ces immigrants de la fin des années 90, provenant majoritairement de Hong Kong, présentent des ressemblances frappantes avec les immigrants chinois d’aujourd’hui qui s’installent un peu partout au Canada. Tous deux sont moindrement fortunés et possèdent un bon niveau de scolarité.

Cette forte augmentation de la communauté chinoise à Vancouver lors des années 2000 a fait subir des conséquences drastiques à toutes les sphères de la ville. Les répercussions de l’immigration chinoise touchent particulièrement les villes d’accueil de ces nouveaux venus. Analysons une à une les conséquences de cette quasi invasion de Vancouver afin d’éviter que ces phénomènes ne se reproduisent dans d’autres villes.

L’immobilier de Vancouver bouleversée par le raz-de-marée chinois

Le premier impact de l’immigration chinoise sur l’économie de Vancouver fut la transformation de son marché immobilier. Plusieurs de ces nouveaux arrivants détenaient des diplômes d’études supérieures. Quelques uns d’entre eux avaient étudié en architecture. De plus, ces immigrants étaient riches, donc ils détenaient le capital nécessaire pour lancer de gros projets immobiliers. Ainsi, l’architecture des projets qu’ils démarrèrent ressemblaient beaucoup à celle des infrastructures de Hong Kong, prenons comme exemple la tour Nina située à Hong Kong.  Cette transformation de l’architecture donna un nouveau cachet à la ville de Vancouver, mais elle causa aussi une augmentation de la densité de la population, particulièrement au centre-ville, en augmentant la demande immobilière dans ce secteur de la ville. Ce qui m’amène à parler du second point, l’impact sur le coût de l’immobilier. (Vancouver Sun, 2007)

crédit: Wing,  http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_tallest_buildings_in_Hong_Kong#/media/File:HK_Nina_Tower_200803.jpg
crédit: Wing,
http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_tallest_buildings_in_Hong_Kong#/media/File:HK_Nina_Tower_200803.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le second impact fut l’augmentation du coût de l’immobilier à Vancouver. En effet, le nombre d’immigrants chinois et le capital qu’ils avaient à leur disposition causèrent cette augmentation. (Vancouver Sun, 2007) Comme nous l’avons appris dans notre cours d’économie, le marché économique suit les règles de l’offre et de la demande. Si l’offre reste constante, mais que la demande augmente, le prix d’équilibre du produit, son prix de vente, augmentera. Voilà ce qui s’est produit au sein du marché immobilier de Vancouver.

Par ailleurs, on pourrait croire que je me contredis. Précédemment dans le texte, j’ai mentionné que les immigrants chinois lançaient de gros projets immobiliers à Vancouver. Ceci ne devrait-il pas causer une baisse au sein du marché immobilier de Vancouver à cause de l’augmentation de l’offre ? Non, puisque les nouveaux immigrants chinois ne cherchent pas à habiter n’importe où. Ceux-ci sont fortunés et ne veulent pas habiter dans le sous-sol des édifices; ils veulent le plus beau  penthouse de Vancouver. (Vancouver Sun, 2007)

Au sein de la population locale, cette hausse du coût de l’immobilier a eu un effet positif pour certains d’entre eux, mais, pour la majorité, elle a apporté de bien tristes conséquences. En effet, pour la petite partie de la population qui détenait une propriété, cette hausse fut la nouvelle du siècle pour eux, puisqu’ils ont vu la valeur de leur propriété augmentée de manière fulgurante. Par contre, pour les originaires de la région qui ne possédaient pas de propriété, la hausse de l’immobilier les obligea à quitter Vancouver.

Nouveau phénomène: les immigrants astronautes

Aujourd’hui, Vancouver n’est plus la destination primée par les nouveaux immigrants chinois. Ceux-ci préfèrent se rendre à Toronto où l’économie locale connaît un meilleur taux de croissance qu’à Vancouver. Dans la même ordre d’idée, plusieurs immigrants chinois décident de retourner en Chine, où les chances d’accéder à un bon emploi sont bien meilleures qu’à Vancouver. Par contre, ceux-ci gardent leur résidence de Vancouver et vont y vivre quelques mois par année. (Vancouver Sun, 2007) Ce phénomène occasionne des conséquences désastreuses pour la population locale qui ne peut pas bénéficier des mêmes opportunités d’emplois que les immigrants chinois. En effet, lorsque les immigrants chinois reviennent à Vancouver dépenser leur paye, ils amènent avec eux un énorme capital. Cette augmentation du capital à l’intérieur de Vancouver cause une hausse du coût de la vie. Cette hausse est occasionnée par des résidents non permanents, mais doit être subit par les originaires de la place.

Suis-je vraiment à Vancouver?

L’augmentation fulgurante de la communauté chinoise de Vancouver a profondément modifié le profil des universités de la région.

Commençons par les écoles. Évidemment, la première conséquence qu’apportera l’augmentation de la communauté chinoise sera l’augmentation du nombre de Chinois dans les classes. Par contre, la seconde conséquence est plus difficile à voir, car elle est en lien avec la culture chinoise. Les jeunes Canadiens sont reconnus pour être des enfants équilibrés. Ils étudient, pratiquent des sports et ont une vie sociale active, mais la réalité des jeunes Chinois n’est pas la même. Ceux-ci subissent souvent une pression épouvantable de la part de leurs parents pour qu’ils parviennent à exceller à l’école. Les conséquences de cette différence de mentalité est particulièrement visible dans les universités. Celles-ci sont dominées par des étudiants de descendance asiatique.

En conclusion, il est indéniable que l’ampleur de l’immigration chinoise de Vancouver soit bien différente de celle du reste du Canada. Mais, il n’en demeure pas moins intéressant d’analyser les conséquences qu’a eu ce flux migratoire sur cette ville pour ne pas reproduire les mêmes erreurs à l’échelle nationale.

Il est vrai qu’il peut être intéressant à court terme d’accueillir des immigrants très fortunés, car ceux-ci démarrent des projets, mais à long terme c’est la population locale qui en subit les conséquences. En guise de solution, le Canada devrait mettre en vigueur des politiques qui valoriseraient l’implication des immigrants chinois dans l’économie locale, pour ainsi réduire l’exode des cerveaux vers la Chine.

Simon Domaine

 

 

Médiagraphie

CAO, Huhua. DEHOORNE, Olivier. ROY, Vincent. « L’immigration chinoise au Canada : logiques spatiales et nouvelles territoriales », Norois ,février 2006, [En ligne], http://norois.revues.org/1895#tocto1n2 (2015-02-21)

CHAN, Anthony B. « Sino-Canadiens »,  L’encyclopédie Canadienne, [En ligne], 2013, http://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/chinese-canadians/ (2015-02-19)

« Chinese Vancouver : a decade of change», Vancouver Sun, Juin 2007, [en ligne], http://www.canada.com/vancouversun/story.html?id=011b7438-172c-4126-ba42-2c85828bd6ce (2015-04-26)